#081 Jules RAOUL – De l’Ardèche aux podiums : parcours d’un jeune prodige du kayak – s03e43

Saison I
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#081 Jules RAOUL - De l'Ardèche aux podiums : parcours d'un jeune prodige du kayak - s03e43
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🏆 🛶 À seulement 17 ans, Jules RAOUL a déjà un palmarès enviable, notamment en tant que champion de France en kayak cross dans sa catégorie u18. Originaire de l’Ardèche, il partage son amour pour la sensation de glisse et les défis que le kayak propose, reflétant son engagement et sa passion dès son plus jeune âge.

💸 Découvrez le parcours étonnant de Jules, de ses premiers pas dans le kayak à l’âge de 6 ans à son entrée dans le Pôle Espoir à Oyonnax, démontrant non seulement son talent naturel mais aussi sa détermination à exceller. Jules détaille les défis qu’il a surmontés, y compris l’équilibre délicat entre les études, l’entraînement intensif et le coût financier de poursuivre un sport à haut niveau. Avec le soutien de sa famille, des sponsors, et une aide régionale, il navigue à travers ces défis avec une résilience remarquable.

🧠 Cet épisode plonge profondément dans les motivations de Jules, révélant sa quête pour non seulement briller dans les compétitions nationales mais aussi atteindre ses rêves sur la scène internationale, avec les yeux rivés sur les Jeux Olympiques.

🚀 Si vous êtes aussi captivés par l’histoire de Jules Raoul que nous, n’hésitez pas à le soutenir et à suivre son voyage.

A mettre entre toutes les mains des passionnés de sports, des jeunes athlètes en quête d’inspiration et toute personne fascinée par le dévouement nécessaire pour exceller dans le sport de haut niveau.

Chapitres à la une :

– Introduction à Jules et son choix du kayak comme passion

– Les défis du sport de haut niveau et la gestion de la carrière sportive avec les études

– Les réussites de Jules en kayak cross et sa préparation pour les futures compétitions

– Vision et aspirations futures de Jules

– Conseils pour les jeunes athlètes

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Suivez-nous pour des histoires plus inspirantes et découvrez les coulisses de la vie des athlètes hors du terrain.

Pour suivre et soutenir notre invité : https://www.instagram.com/jules.raoul / https://www.linkedin.com/in/jules-raoul-083060278 / https://www.strava.com/athletes/122398599

Grâce à Autoscript.fr, on vous propose même de revivre l’échange que j’ai pu avoir avec Jules.

Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d’informations.

Ermanno : Dis papa, ils font quoi les sportifs quand ils sont pas sur le terrain ? Et bah croyez-moi, quand votre fils vous pose cette question, ça fait réfléchir. Surtout quand on sait que pas mal d’entre eux jonglent avec un ou plusieurs jobs pour pouvoir joindre les deux bouts. Et j’ai réalisé que beaucoup d’entre nous se posent la même question. C’est pour ça qu’il y a quelques années, j’ai décidé de lancer le podcast Dans les vestiaires pour plonger dans ces doubles vies. Parce que derrière chaque athlète, il y a une histoire et parfois un autre métier. A peu près au même moment, j’ai rejoint Eplayer, un cabinet de recrutement spécialisé dans les recherches critiques. Alors moi je suis recruteur tech et avec mon associé, on aide les entreprises à trouver les perles rares. Mais on accompagne aussi les entités qui veulent définir ou redéfinir une politique de recrutement. Et je peux vous dire que des sportifs de haut niveau, croisés au gré de nos chasses de candidats, on en a vu un sacré paquet. Et oui, parce que encore une fois, vivre de son sport n’est pas si facile. Quand on n’est pas installé au plus haut des podiums depuis des années. Et encore, comme une marque bien installée, il faut y rester et se réinventer sans cesse. Du coup, à travers les histoires inspirantes de mes invités, je vous propose de découvrir comment on peut répondre à nos enfants qui se demandent encore ce que font toute la journée ces sportifs de haut niveau. Parce que oui, entre sport et entrepreneuriat, il y a beaucoup de points communs. Et avec les JO de Paris qui approchent, c’était le moment de redonner vie à ce podcast. Alors, restez avec nous. Restez après l’épisode. Je vous donne tous les détails sur notre invité. Et je vous invite à aller voir la page sur le site vestiaire.org pour pouvoir le soutenir dans ses projets. Allez, c’est parti pour un nouvel épisode.

Ermanno : Salut les sportifs, c’est Ermanno. Et je suis très heureux de vous recevoir pour un nouvel épisode du podcast Dans les Vestiaires. Aujourd’hui, on reçoit un petit jeune. Bah oui, j’ai presque l’impression de voir mon fils en face de moi qui va répondre à mes questions. Bref, on va aller sur l’eau. Pas avec un bateau à voile, mais un bateau propulsé à la force de ses bras. Je suis très heureux de recevoir. C’est Jules Raoul. Salut Jules. Salut. Bon, alors, j’ai rapidement présenté un petit peu de manière très réservée ton sport. C’est aussi pour rentrer un petit peu plus dans les détails de celui-ci avec toi. Mais juste avant, je te propose de te présenter. Dis-nous tout. Qui est Jules Raoul ?

Jules Raoul : Eh bien, je me présente. Je m’appelle Jules Raoul. J’ai 17 ans. Je suis né en Ardèche, donc en Ardèchois pure souche. J’ai commencé le kayak à mes 6 ans parce qu’un ami de mes parents m’avait fait… J’ai essayé. Et j’avais tout de suite accroché parce qu’il y a plein de sensations, des sensations de glisse, des sensations fortes.

Jules Raoul : Et heureusement, il y avait un club de kayak tout près de chez moi. Et j’ai directement accroché. Et voilà, c’est devenu ma passion.

Ermanno : Oui, et ça veut dire quoi, c’est devenu ta passion ? Parce que moi aussi, j’ai de la passion. J’aime bien le regard de tennis. J’aime bien de temps en temps essayer de toucher la balle. Mais vu que je n’y vois rien, je la laisse souvent passer à côté. Ou alors même… Je la ramène. Arrête avec ma tête plutôt qu’avec ma raquette. Mais plus sérieusement, ça veut dire quoi que le kayak est devenu ta passion ?

Jules Raoul : Au début, je ne savais pas vraiment si c’était ça que j’aimais. Donc juste, j’allais en faire le mercredi après-midi comme une activité normale, entre guillemets. Et puis petit à petit, j’ai vraiment compris que j’aimais énormément le kayak et que je voulais performer dedans. Donc rapidement, je me suis mis à m’entraîner. Beaucoup plus deux fois par semaine.

Jules Raoul : En cinquième, c’est monté à deux ou trois fois par semaine. Et puis après, ça ne fait qu’augmenter avec l’âge.

Ermanno : Et là maintenant, tu es à quel niveau de volume horaire d’entraînement ?

Jules Raoul : Ça dépend vraiment des semaines. Par exemple, là pendant les vacances, avec Noël, c’est assez compliqué. Et souvent, les gens font une coupure.

Jules Raoul : Là, pendant les vacances de Noël, c’est au max à 10-12 heures. Et sinon, il y a des semaines, ça peut aller dans les 25-27 heures, si c’est du développement. Et sinon, avant des courses, si on est plus en récupération, on sera plus dans les 15 heures. Parce que le kayak, c’est un sport où on peut pratiquer de longues heures sur l’eau sans que ça nous… Comment dire ? Ce n’est pas comme la course à pied où on peut faire beaucoup moins de volume. Le kayak, c’est un sport vraiment technique. On peut, par exemple, passer deux heures sur une seule porte à juste la répéter et sans trop nous fatiguer.

Ermanno : Je suis d’accord avec toi sur le fait que, à la différence de la course à pied, c’est moins traumatisant. Notamment parce que, tout simplement, c’est un sport qui est porté. Et puis, tu rames avec tes bras et tu n’amortis pas les chocs avec tes jambes. Mais de la même manière que la natation, c’est vrai que la natation, on peut presque la pratiquer sans se blesser. Sauf que… Sauf qu’à haute dose, ça devient un peu traumatisant quand même. Est-ce que c’est la même chose pour le kayak ? C’est-à-dire, à force de pratiquer, on finit par traumatiser un petit peu toute la chaîne postérieure, les épaules, le dos, les avant-bras, les pectoraux, tout ce genre de muscles ?

Jules Raoul : C’est sûr que oui, il y a quand même pas mal de blessures en kayak, même si ce n’est pas le sport où on se blesse le plus. Mais c’est pour ça qu’il faut quand même monter progressivement dans les entraînements. Il ne faut pas directement passer. Il faut passer de 0 à 30 heures par semaine, sinon ça lâche.

Ermanno : Alors, tu parles de kayak. Je voudrais que peut-être tu nous apportes quelques précisions. C’est souvent un petit peu flou, en tout cas pour moi, ça l’est. La différence entre canoë, entre kayak, entre canoë-kayak, et puis après dans les différentes pratiques, on entend du rafting, on entend de la descente, on entend des rapides. Qu’est-ce que c’est que le sport que toi, tu pratiques ? Et puis rapidement, on va revenir sur ces termes, canoë, kayak et autres.

Jules Raoul : Alors, moi, je pratique le kayak. Le kayak slalom est le kayak cross. Alors, dans un kayak, contrairement à un canoë, on est assis et avec une pagaie double. En canoë, on est à genoux avec une pagaie simple. Donc, le kayak slalom, on est sur un parcours chronométré d’environ 1 minute 30. Et il est délimité par des portes, entre 18 et 24 portes, vertes et rouges. Les vertes, elles sont à prendre en descente et les rouges en remontée. Et c’est celui qui arrive en bas le plus rapidement qui gagne. Et une porte touchée, c’est 2 secondes de pénalité. Et une porte loupée, c’est 50 secondes de pénalité.

Ermanno : Alors, attends, il faut que tu me donnes plus de précision. Parce que pour moi, tu vois, le kayak, c’est un peu comme le ski. C’est-à-dire, c’est souvent dans le sens de l’eau. Donc, souvent, sur une montagne ou même dans l’eau, ça descend un minimum. Ou alors, c’est plat. Comment est-ce que tu peux descendre et monter ? Est-ce que c’est une façon de parler ? Ou est-ce qu’il y a vraiment des parcours, des stades aquatiques, des stades de kayak qui sont faits pour avec des parties montantes et des parties descendantes ?

Jules Raoul : Eh bien, en fait, c’est… Comment dire ? C’est vrai que le courant, il descend. Sauf qu’en fait, les remontées, les portes en remontée, on les met derrière, par exemple, des gros blocs, un gros caillou, un bloc de béton ou un plot. Et en fait, ça fait… Ça fait un contre-courant, donc un courant qui remonte. Et donc, ça nous permet de remonter la porte. En fait, il n’y a pas que du courant qui descend. Il y a aussi un courant et des courants qui remontent. OK.

Ermanno : Bon, mais tout ça, ça veut dire que, finalement, pour pratiquer ton sport, est-ce que ça se pratique dans n’importe quel milieu naturel ou, au contraire, ça se pratique, comme je disais tout à l’heure, dans un stade aquatique prévu à cet effet-là ? Alors, je pose aussi la question parce que, pas très loin de chez moi, en bas de ma petite montagne, il y a un stade de canoë, enfin, de kayak. Et donc, est-ce que, finalement, tu peux en faire sur n’importe quelle rivière, à n’importe quel moment, même s’il y a juste quelques centimètres d’eau ? Tiens, d’ailleurs, c’est quoi le tir en dos d’un kayak ? Ou est-ce qu’il faut que ce soit sur un spot vraiment spécifique et notamment pour les portes, notamment pour ces histoires de montée et de descente avec des courants ascendants ?

Jules Raoul : Alors, l’idéal, c’est quand même de s’entraîner sur des parcours prévus à cet effet. Maintenant, par exemple, à Vers-sur-Marne, c’est moins joli, mais tout est bétonné et tout est, entre guillemets, parfait. Il y a un remont de pente, il y a un tapis roulant où juste on pose notre bateau et on remonte directement. Et puis, tout est, entre guillemets, parfait. Il y a assez de fond pour bien tourner, pour ne pas taper la pagaie. Mais après, au quotidien, on est obligé de ramer sur des endroits moins adaptés à cet effet. Comme, par exemple, je fais des séances sur le Rhône où il n’y a pas de porte. Et c’est un peu… C’est un peu moins adapté au slum, mais je peux, par exemple, faire des séances de physique dessus.

Ermanno : J’imagine que le kayak, comme tous les sports, et voire même peut-être encore plus, il y a un gros travail au niveau du hors de l’eau. Pas mal de PPG, pas mal de préparation physique généralisée avec de la muscu, que ce soit avec du matériel ou au poids de corps. Ou est-ce que c’est que du travail dans le bateau ?

Jules Raoul : Eh bien, on fait vraiment tout. On touche à tout avec le kayak. C’est ça qui est génial. C’est que là, en étant à Iona, l’hiver, on va aller faire du ski de fond, beaucoup de course à pied. On fait beaucoup d’aérobie, déjà, pour bien travailler le cardio, tout ça. Ensuite, on peut faire de la musculation, de la force, de la puissance, du poids de corps. Il faut aussi être très souple, donc faire beaucoup d’étirements, beaucoup de gainage, plein de sports. Tout…

Jules Raoul : Comment dire ? Tout est bien, en fait, pour le kayak, avec la course à pied, avec la musculation, la natation, le vélo. C’est très complémentaire.

Ermanno : Bon, écoute, je pense qu’on aura bien compris un petit peu pour la mise en situation, pour la big picture. Toi, actuellement, tu fais quoi dans ce sport ? Quel est ton niveau ? Quel est ton palmarès ? Et puis après, tu t’imagines bien que la question suivante, et que je te pose déjà tout de suite, comme ça, tu pourrais y répondre d’emblée, c’est un petit peu quels sont tes objectifs ? Quel est le graal que tu voudrais atteindre ?

Jules Raoul : Moi, là, cette année, en slalom, je suis en Pôle Espoir à Ollona, donc le Pôle Espoir de la région Auvergne-Rhône-Alpes. En gros, je suis dans le top 7 en slalom de ma catégorie, de mon âge. Et en kayak cross, cette année, j’ai fait champion de France.

Ermanno : Champion de France dans ta catégorie ou champion de France toutes catégories confondues ?

Jules Raoul : Champion de France moins de 18 ans.

Ermanno : Donc, j’imagine que les prochains objectifs, ça va être de continuer sur la lancée, éventuellement d’intégrer les grosses catégories, celles des seniors, et puis d’aller de combat, d’aller te battre avec les meilleurs, soit français, soit européens, voire même mondiaux.

Jules Raoul : Oui, exactement. Cette année, maintenant qu’on est en janvier, je suis encore en U18, donc encore en junior. Il me reste une année chez les jeunes pour concrétiser en slalom et conserver mon titre en kayak cross. Et cette année, ça va être aussi l’occasion d’aller se mesurer avec les seniors, en kayak cross. J’ai prévu d’aller faire des Coupes de France pour aller me friter avec les grands.

Jules Raoul : Et en septembre prochain, il y aura donc les… Non, en novembre prochain, il y aura les Championnats de France junior qui sont très tard dans l’année. Et l’objectif sera de conserver mon titre en kayak cross et faire un podium en slalom.

Ermanno : C’est grand, justement. Ceux qui sont sortis de la catégorie junior et qui sont sortis de la catégorie junior, qui sont dans la catégorie reine des seniors, est-ce que tu les fréquentes déjà, notamment en Pôle Espoir ? Est-ce que c’est des gens avec qui tu as l’occasion de t’entraîner ?

Jules Raoul : Alors, pas du tout, parce qu’en Pôle Espoir, maintenant, je fais partie des plus grands en Pôle Espoir, parce que le Pôle Espoir, il s’arrête en dernière année de lycée. Et donc, les grands, ce sera la surprise. On va voir s’ils sont très méchants ou pas. Et voilà, c’est tout.

Ermanno : Et ça marche justement comment pour toi ? Est-ce que tu as des clients Le Pôle Espoir, c’est synonyme de sport-études ? Ça veut dire que tu es en internat ? Ou est-ce que c’est

Ermanno : une structure qui t’accueille quand tu as besoin d’aller t’entraîner, donc qui suppose que tu n’habites pas très loin ?

Jules Raoul : Non, alors moi, j’habite assez loin de Yonah. J’habite à 5 heures de train. Donc, en fait, c’est un peu un tout, le Pôle Espoir. Je suis à l’internat et en fait, je m’entraîne tout le temps là-bas.

Ermanno : Bon, donc là, on a la chance quand on enregistre. Et pas de chance pour ceux qui nous écoutent, parce que le podcast, c’est l’audio. Mais moi, j’ai donc la chance d’être chez toi, dans ta chambre, c’est ça ?

Jules Raoul : Alors, pas du tout. Là, je suis à Yonah, je suis chez ma copine. Et ça me permet de m’entraîner en même temps.

Ermanno : Ok, bon, écoute, j’aurais essayé. Qu’est-ce que ça veut dire pour toi justement, essayer de chasser les meilleurs depuis quelques années que tu as découvert le kayak ? Comment est-ce que tu as progressé entre le moment où tu as découvert ce sport et le moment où tu as découvert le kayak ? Le moment où tu as commencé à avoir des velléités pour devenir l’un des meilleurs français, voire l’un des meilleurs mondiaux ? Et puis, aujourd’hui, alors qu’il te reste une petite saison à finir en junior ?

Jules Raoul : C’est d’abord la fixation des objectifs. Avoir des objectifs bien clairs. Donc, au début, c’était des tout petits objectifs, progresser sur quelque chose de précis. Et puis, petit à petit, une fois qu’on a atteint nos petits objectifs, nos objectifs, ils grandissent. Et en fait, on fait tout pour les réaliser. Donc, ça nous motive, ça nous permet de bien progresser, je trouve.

Ermanno : Avec, évidemment, on l’aura compris, ce passage où tu es rentré toi, c’est-à-dire le pôle espoir. Donc, ça veut dire quitter papa-maman, intégrer l’internat, non seulement pour les cours, mais aussi pour le sport. Qu’est-ce que ça veut dire au quotidien ? Parce que finalement, tu es déjà un adulte, alors que tu n’as même pas encore fini tes études.

Jules Raoul : Au quotidien, ça fait beaucoup de liberté. Il y en a pour qui c’est difficile. Moi, j’adore ça, c’est trop bien. Et ça fait aussi beaucoup de trajet pour rentrer chez moi les week-ends et tout ça. Mais c’est vraiment une expérience incroyable. On se fait beaucoup de

Ermanno : connaissances, tout ça. Par rapport aux compétitions, justement, comment est-ce que tu gères les déplacements sur les compétitions ? Est-ce que c’est pris en charge par le pôle espoir, par la fédération ? Est-ce que tu te débrouilles tout seul ?

Jules Raoul : Alors, certaines sont prises en charge par le pôle espoir. D’autres, je me déplace avec le club. Par exemple, pour le kayak cross, je vais devoir y aller moi-même, tout seul. Avec mes parents, bien sûr.

Ermanno : Parce que j’avais te demandé, tu fais comment ? Tu mets le kayak sur le vélo et puis tu pédales jusqu’au lieu de compétition ?

Jules Raoul : Ça ferait beaucoup de vélo, quand même.

Ermanno : Pour l’instant, tu restes sur des compètes en France ou tu pars un petit peu à l’étranger ?

Jules Raoul : Principalement, c’est en France. Ça m’est arrivé une fois, avec le pôle espoir. On est partis à Ivrea, en Italie, faire une course internationale de slalom. C’était une bonne expérience aussi. Il y a deux ans, maintenant.

Ermanno : Tu me disais qu’une de tes prochaines échéances, c’était en avril, les sélections pour intégrer l’équipe de France. Donc là, quelle que soit la catégorie, finalement, tu intégreras l’équipe de France avec les seniors ou ça restera l’équipe de France junior ?

Jules Raoul : Ah non, ça restera l’équipe de France junior. L’équipe de France senior est vraiment, vraiment très difficile à atteindre. Et même l’équipe de France junior, en fait, c’est vraiment un gros objectif.

Ermanno : Oui, mais tu es déjà champion de France dans ta catégorie. Donc, qu’est-ce qui te reste comme marche à franchir justement pour pouvoir aller briller au moment de ces sélections et intégrer cette équipe de France ?

Jules Raoul : La marche à franchir, en fait, c’est d’abord me sélectionner aux sélections équipe de France. C’est bizarre dit comme ça, mais il faut réussir à la mériter cette course de sélection. Et ensuite, c’est être régulier sur ces sélections. Et en fait, gagner toutes les courses pour être en équipe de France.

Ermanno : Alors, vas-y, fais-nous rêver. Ça marche comment, les sélections ? Une fois que tu t’es sélectionné, que tu n’as montré pas de blanche pour aller jusqu’au jour de la compétition pour la sélection d’équipe de France, il y a combien de courses ? Vous êtes combien, plus ou moins, au départ ? Est-ce que c’est du mixte ? Est-ce que c’est que des garçons ? Comment ça marche ?

Jules Raoul : Eh bien, pour le slalom, c’est trois jours différents. Donc, il y a trois courses. Et à chaque course, il y a une course de qualification. Si on est assez bon, on est en finale A. Sinon, on est en finale B. Et ensuite, dans la finale, on essaye de fournir le meilleur de nous-mêmes. Et après, à la fin de ces trois jours, c’est… Comment dire ? On prend les deux meilleures courses et ensuite, on regarde qui c’est… Qui est-ce qui ont fait les meilleures courses ou alors qui ont été les plus réguliers.

Ermanno : Il y a combien de places qui sont dispo pour combien de participants ?

Jules Raoul : Alors, il y en a trois en slalom. Et une ou deux en kayak cross.

Ermanno : Ok. Et tu sais combien vous êtes à peu près au départ sur la ligne ?

Jules Raoul : En slalom, en fait, à être aux sélections équipe de France en slalom, on doit être à peu près 20. Et en kayak cross, à peu près la même chose. Et sinon, par exemple, l’année dernière, je n’ai pas été pris aux sélections parce que déjà, pour y aller aux sélections, il y a une belle bagarre.

Ermanno : Et pourquoi sur trois jours différents ? Parce qu’on leur raconte… Si tu n’as pas compris, c’est des courses environ d’une minute trente. Pourquoi est-ce que c’est étalé sur trois jours ? Il y a plusieurs manches, plusieurs…

Ermanno : plusieurs poules, plusieurs manches pour pouvoir se sélectionner jusqu’à la finale ?

Jules Raoul : En fait, en slalom, c’est sur trois jours parce que c’est trois courses différentes, donc trois parcours différents qui n’ont rien à voir. Ça change du tout au tout. Ça change l’emplacement des portes, tout ça. Et en fait, c’est pour… voir qui est-ce qui est le plus régulier, en fait. Et pour voir celui qui met vraiment son niveau. Parce que des fois, il peut arriver que quelqu’un, même si c’est le meilleur, il fait la pire course de sa vie. Et donc, par exemple, qu’il prend un 50 parce qu’il a mal passé une porte. Donc là, il est relégué à la dernière place et il y en a un qui pourra avoir fait la meilleure course de sa vie et il sera en équipe de France. C’est pour ça qu’ils font un système comme ça pour voir vraiment qui est… qui a le niveau, quoi.

Ermanno : Ok. Et d’où le fait que, justement, on prenne le classement que sur les deux… Enfin, sur les deux meilleures des trois courses qui ont été faites. C’est ça. Il y a un joker. Pour marquer aussi la régularité. Ok. Ça marche. Bon, du coup, tu… Confiant, même si la marche sera un peu difficile pour atteindre les sélections, après, une fois que tu y seras, sûr d’être dans cette équipe de France, de porter le maillot ?

Jules Raoul : Sûr, on n’est jamais sûr. En somme, je sais que ça va être très difficile. Je sais que j’aurai beaucoup plus ma place parce que ça me correspond plus, on va dire. Et que…

Jules Raoul : Et que…

Jules Raoul : Et que je vais… Comment dire ? Tu vas tout donner. Ouais, voilà, exactement. Je vais tout donner.

Ermanno : Ok. Pourquoi avoir choisi, justement, deux sports dans le même sport ? T’aurais pu te spécialiser que sur le cross, que sur le slalom. Qu’est-ce qui fait que finalement, tu continues dans les deux disciplines ? Est-ce que c’est pour te donner plus de chance ? Ou est-ce que, comme tu excelles dans les deux, tu te dis que ce serait dommage d’en choisir une plutôt

Jules Raoul : qu’une autre ? Eh ben, j’ai d’abord commencé par le slalom, parce que le Khek Cross, en fait, c’est une discipline qui vient juste d’arriver pour les Jeux de 2024. Et en fait, si je fais du Khek Cross, c’est parce que je suis tout simplement meilleur qu’en slalom. Bon, ben, voilà, c’est… C’était pas fait exprès, mais… Voilà. Et le slalom, ben, j’adore ça, donc je continue d’en faire. Et en fait, les deux, c’est vachement… Comment dire ? Complémentaire. C’est vachement complémentaire, voilà. Donc, en fait, si tu fais du slalom, tu progresses aussi en Khek Cross et l’inverse. Donc, les deux, ça va bien

Ermanno : ensemble. Ok. Eh ben, écoute, tu parlais justement de cette petite fête de campagne qu’aura lieu cet été, qu’on appelle les Jeux Olympiques. C’est pas très connu comme course. Je sais pas si vous voyez toutes et tous de quoi on parle. Bon, bref, j’arrête mes bêtises.

Ermanno : Quelles sont les chances françaises d’envoyer des

Ermanno : participants en kayak cross, justement ? Et éventuellement, quelles sont tes chances à toi de pouvoir aller porter le drapeau ? Parce que mouiller le drapeau, forcément, ça tombe sous le sens vu que tu fais du kayak.

Jules Raoul : Eh ben, mes chances, je vais pas dire qu’elles sont de zéro, mais elles sont quand même très très minces. En même temps, bon, il me reste encore pas mal d’années devant moi de sport. Et…

Jules Raoul : Et… Comment dire ? D’abord, je regarde pour les sélections pour les Jeux Olympiques. Et si j’y participe, déjà, je serai très content. Et c’est un gros objectif d’y participer.

Ermanno : Parce que si t’es reçu à l’issue des sélections équipe de France, est-ce que de facto tu fais les sélections pour les Jeux Olympiques ? Ou est-ce que c’est encore une autre étape ? Et là, ça va être la FED qui décide ? Ou est-ce que c’est les résultats qui parlent ?

Jules Raoul : Alors, ça, non. Rien du tout. Je pense que ce sera la Fédération qui décidera.

Ermanno : Beaucoup d’incertitudes dans la décision des représentants du kayak cross français aux Jeux Olympiques. On en parlait en off. Tu me disais que là, pour l’instant, non seulement rien n’est fixé, mais en plus, on ne connaît pas non plus les règles. On ne sait pas qui sera choisi et sur quels critères.

Jules Raoul : Je pense que celui qui sera choisi sera le plus régulier et le plus fort. Celui qui aura gagné là où les courses de sélection. Mais par contre, on ne sait pas quand est-ce qu’elle sera. Et quels sont les modalités de participation ? Qu’est-ce qu’il faut faire ? Est-ce qu’il faut avoir fait un résultat à l’international ? Est-ce qu’ils vont prendre des petits jeunes en se disant peut-être qu’ils ont leur chance ? On ne sait pas trop.

Ermanno : Ce kayak cross qui vient d’arriver, c’est pour Paris que le kayak cross arrive aux Jeux Olympiques ou c’est juste qu’en France, c’était un sport qui n’était pas suffisamment développé ?

Jules Raoul : C’est pour Paris qu’ils ont créé ce sport parce qu’il s’avère que le kayak slalom et le kayak en général, c’est un sport qui n’est pas très

Jules Raoul : impressionnant à regarder à la télé. C’est assez difficile de le téléviser et il n’y a pas beaucoup de spectateurs. En fait, la fédération s’est dit que c’était une bonne idée d’inventer ce sport qui est un peu plus rapide. Il y a plus de

Jules Raoul : spectacles. C’est plus violent. Le public préfère ça.

Ermanno : Est-ce que tu crois que c’est un sport qui va rester ? Est-ce qu’en 2028, il y aura encore du kayak cross aux Jeux Olympiques et que ça va se pérenniser ? Ou c’est juste l’effet Paris 2024 ?

Jules Raoul : On espère bien. Je pense que ça va être un test Paris 2024 pour voir si ça amène beaucoup de spectateurs, si ça plaît bien. Mais je pense que c’est sûr que ça ira à Los Angeles parce que je ne vois pas comment ils pourraient mettre une discipline une année et l’enlever quatre ans plus tard.

Ermanno : Ça s’est vu par exemple avec le karaté à Tokyo. La seule année où le karaté a été discipline olympique, c’était à Tokyo et depuis, ça ne l’est plus. Et a priori, ce n’est pas dans les plans.

Jules Raoul : Oui, on espère alors que le kayak cross, ça reste…

Ermanno : Ok, super. Tout à l’heure, on parlait très rapidement de l’aspect logistique de ton sport où tu vis à plus de cinq heures de train de ton lieu d’entraînement, là où tu es en internat. Tout ça, ça génère beaucoup de voyages, comme tu disais. Ça génère aussi forcément des frais. Comment est-ce que tu gères le financement de ta carrière de sportif, de très haut niveau en devenir ?

Jules Raoul : Eh bien, j’ai plein de sortes de dépenses. D’abord, les dépenses liées au trajet. Donc là, pour le train, j’en ai à peu près pour 40 euros l’aller-retour, parce que j’ai des cartes de réduction, tout ça. Et j’ai 500 euros de la région d’aide pour les déplacements, en fait. Comme je suis en Pôle Esprit, ils nous donnent 500 euros.

Jules Raoul : Et après, le kayak slalom et le kayak cross, c’est un sport qui coûte assez cher en termes de matériel. Un kayak slalom, ça coûte 2500 euros. Il faut le changer tous les ans. Une pagaie, ça coûte 500 euros. Il en faut deux par an. Et ainsi de suite, ça monte très vite. Pour financer ma saison, j’ai des sponsors par exemple le département, le classeur Ardèche qui me sponsorise.

Jules Raoul : J’ai aussi la communauté des communes qui m’aide financièrement. Et après, j’ai des sponsors privés aussi qui me donnent des sous. Et bien sûr, mes parents qui aident énormément et qui me permettent de faire mon sport.

Ermanno : Effectivement, comme tu dis, il y a tes parents aussi qui sont derrière. Qui te soutiennent. Là, ça passe parce que tu es étudiant. Quels sont tes objectifs à plus long terme ? Est-ce que tu te vois dans 10 ans continuer dans le kayak ? Et qui plus est, dans le kayak cross qui sera aux Jeux Olympiques encore dans la session dans 12 ans, la troisième session après 2024. Et comment tu te vois financer tout ça ?

Jules Raoul : Eh bien, tant que ça me plaît, je continuerai. Donc si ça doit durer 10 ans, 20 ans, je continuerai. Et pour le financement, il faudra bien sûr que je trouve des sponsors à long terme et stables qui me permettront de progresser et d’aller encore plus loin dans mes performances. Et c’est sûr que pendant mes études, je ne vais pas pouvoir travailler à côté parce qu’études plus sport plus travail, ça va être un peu compliqué. Donc,

Ermanno : tu continueras à compter dans un premier temps, en tout cas sur Papa-Maman pour pouvoir assumer les frais du quotidien pendant que tu pratiques ton sport et que tu étudies, c’est ça ?

Jules Raoul : On va dire ça, oui.

Ermanno : OK.

Ermanno : Si jamais, tiens, on va se projeter un peu. Si jamais tu passes les sélections de l’équipe de France avec Brio, t’es reçu et puis les décisions tombent de la part de la FED, on sait qui on va envoyer au JO et tiens, ce sera toi. Est-ce que tu peux te projeter avec nous ? Qu’est-ce que tu imagines ressentir à ce moment-là et comment est-ce que tu te comporterais vis-à-vis de tes adversaires français qui, eux, sont seniors ? Il y a 20 minutes, tu nous disais que c’est des gens qui sont inatteignables.

Jules Raoul : Je serais assez surpris quand même. Ça me paraîtrait irréel, je pense, quand même.

Jules Raoul : Comment je me comporterais avec eux ? Je ne sais pas. Je pense que je serais un peu désolé pour eux, quand même. Ça me ferait de la peine pour eux.

Ermanno : Bon, écoute, on sent bien l’humilité et la simplicité du jeune sportif de haut niveau qui s’exprime en toi. Justement, bien que tu sois jeune, qu’est-ce que tu dirais que ces 10-12 dernières années de pratique du kayak t’ont apporté, tant au niveau sportif qu’au niveau mental ?

Jules Raoul : Eh bien, ça m’a apporté quand même beaucoup de choses comme la persévérance parce que forcément, quand on fait du sport mentalement, on s’endurcit, on devient un peu persévérant.

Jules Raoul : Il y a tellement de choses.

Jules Raoul : Je n’arrive même pas à… Comment le dire ?

Ermanno : Respire un grand coup, comme ça, ça te permet de réfléchir.

Jules Raoul : Ça nous apprend l’entraide.

Jules Raoul : Je n’ai pas trop d’idées. Je sèche.

Ermanno : écoute, je pense que c’est déjà pas mal la persévérance, l’entraide. Je ferai un petit montage, donc comme ça, on n’entendra pas trop tes hésitations. Non, écoute, c’est cool.

Ermanno : Tu te vois où, toi, justement, dans 5 ans, que ce soit en termes d’études ou en termes de sport ?

Jules Raoul : Eh bien, dans 5 ans, j’espère être… être à l’INSA. Voilà, je vais demander l’INSA de Rennes ou Toulouse. Je ne sais pas encore si je vais être accepté et si je suis accepté dans les deux à laquelle j’irai. Mais voilà, je me vois encore à l’INSA, si possible. Et au niveau sportif, j’ai un bien à être dans vraiment les meilleurs Français et performer et inspirer les jeunes.

Ermanno : Pourquoi Rennes ou Toulouse ? Est-ce que c’est… des spots aussi d’entraînement qui sont mythiques pour le kayak ?

Jules Raoul : Eh bien, c’est des villes étudiantes où il y a pas mal de monde qui font du bateau. Donc, ça fait beaucoup de partenaires d’entraînement avec des bons bassins à côté et ça permet bien de s’entraîner.

Ermanno : Eh bien, écoute, c’est tout ce qu’on te souhaite. De pire, on sera là pour suivre. Et puis, si tu passes du côté de Toulouse, fais un petit signe. Moi, je suis à Castres, donc c’est pas très loin. Ce sera l’occasion de venir te faire un petit coucou. Jules, merci beaucoup pour cet échange qu’on a pu avoir. Si tu pouvais te projeter quelques années en arrière et être à côté du petit Jules qui découvre le kayak, qu’est-ce que tu penses que lui dirait de toi en te voyant ?

Jules Raoul : Il serait content.

Jules Raoul : Fier aussi, peut-être.

Ermanno : Content ? Ah, super. Eh bien, écoute, merci encore. Où est-ce qu’on peut te suivre, t’encourager, suivre tes péripéties et puis éventuellement où est-ce qu’on peut te retrouver sur un bassin d’entraînement pour venir t’encourager ?

Jules Raoul : Eh bien, vous pouvez me suivre sur les réseaux sociaux. Sur Instagram, c’est là où je suis le plus actif parce que sinon, sur LinkedIn, j’y vais pas souvent. Mais voilà, sur Instagram, jules.raoul, tout en minuscules. Et comme bassin d’entraînement, vous pouvez me voir à Oyonnax sur l’Avancée à Epercy ou encore à Saint-Pierre-de-Boeuf. À côté de Lyon.

Ermanno : Voilà. Eh bien, écoute, c’est noté. On remettra les liens dans les notes de l’épisode pour savoir où te rejoindre sur les réseaux sociaux. Et puis, quand on sera de passage du côté d’Oyonnax, on viendra te faire un petit coucou. Merci. Merci, Jules.

Jules Raoul : À très bientôt. Encore merci. Au revoir.

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