#078 – SPECIAL PODCASTHON – Gilles GAUTHIER ou l’inclusion du handicap PAR le sport – s03e40

Saison III
Saison III
#078 - SPECIAL PODCASTHON - Gilles GAUTHIER ou l'inclusion du handicap PAR le sport - s03e40
Loading
/

đŸŽ™ïž 🌟 EPISODE SPECIAL PODCASTHON 🌟 đŸŽ™ïž

Je viens de prendre une claque đŸ€Ż Aujourd’hui, c’Ă©tait loin d’ĂȘtre un enregistrement ordinaire, et je dois te parler d’une rĂ©vĂ©lation : l’association AdaptaTeam !

Alors, prĂȘt Ă  embarquer dans une aventure oĂč le sport dĂ©passe toutes les limites ? 🚀

Adaptateam, c’est cette incroyable association qui redĂ©finit l’inclusion Ă  travers le sport, en rassemblant personnes valides et personnes en situation de handicap. Le tout ? Avec une Ă©nergie folle et une solidaritĂ© Ă  toute Ă©preuve ! đŸ’Ș

Ce qu’ils font, c’est pas du tout-du-tout ordinaire ! Ils transforment le cross-training en une expĂ©rience hors du commun, permettant Ă  chacun, peu importe son handicap, de se dĂ©passer et d’exploser ses limites physiques et mentales.

Leurs sĂ©ances ? Une vĂ©ritable explosion d’Ă©nergie positive, d’entraide, oĂč chacun trouve sa place, « Warriors » ou « Be cool », dans un esprit d’Ă©quipe qui te remplit le cƓur ! 💖

On en a parlĂ© avec Gilles GAUTHIER, son co-fondateur et moi, ça m’a touchĂ©. Voir des gens de tous horizons se retrouver, s’entraider, et surtout, repousser ensemble les frontiĂšres du possible… C’est juste magique ! ✹

Si tu veux vivre cette expĂ©rience extraordinaire et dĂ©couvrir ce monde oĂč le sport devient un vecteur d’inclusion sans pareil, fonce Ă©couter l’Ă©pisode de podcast spĂ©cialement dĂ©diĂ© Ă  AdaptaTeam. 🎧

Et toi, que penses-tu de transformer le sport en un moyen d’inclusion aussi puissant ? DĂ©jĂ  conquis ? 👀

Plonge dans l’aventure, et n’oublie pas, le vĂ©ritable exploit, c’est de faire ensemble ! 🌍

#AdaptaTeam #InclusionSportive #DépassementDeSoi #Solidarité #CrossTrainingPourTous #GillesGauthier #SapeurPompier #CoachSportif #CrossTraining #Inclusion #Handicap #Résilience #DépassementDeSoi #Altruisme #Altruwe #Podcasthon

Dans cet Ă©pisode, vous pourrez dĂ©couvrir (chapitres de l’épisode) :

  1. 00:00:11 – Introduction et CĂ©lĂ©bration de la Semaine du Podcasthon
  2. 00:02:39 – Rencontre avec Gilles Gauthier: Sapeur Pompier et Coach Sportif
  3. 00:04:55 – Altruisme et Engagement: Le Lien entre le MĂ©tier et le Podcasthon
  4. 00:07:13 – Parcours Sportif de Gilles: De l’Enfance Ă  Coach Polyvalent
  5. 00:12:42 – L’Importance de la Musculation dans la Polyvalence Sportive
  6. 00:15:06 – La PrĂ©paration Physique au Service de la Performance et de la RĂ©cupĂ©ration
  7. 00:18:07 – Introduction au Cross-Training et Ă  l’EntraĂźnement Fonctionnel
  8. 00:21:06 – Fondation de l’Association AdaptaTeam: Inclusion Ă  travers le Sport
  9. 00:23:59 – BinĂŽmes HandicapĂ©s-Valides: Vers une VĂ©ritable Inclusion
  10. 00:31:07 – Comment Rejoindre AdaptaTeam et Soutenir leur Mission
  11. 00:32:42 – Financement et Soutien
  12. 00:36:52 – Conclusion et Appel au Soutien pour les Associations et le PODCASTHON

Pour suivre et soutenir notre invité : https://www.linkedin.com/in/gilles-gauthier-b0473a82 / https://www.instagram.com/gauthier.gilles /

GrĂące Ă  Autoscript.fr, on vous propose mĂȘme de revivre l’échange que j’ai pu avoir avec Gilles.

Ermanno : salut tout le monde alors vous le savez peut-ĂȘtre pas mais on est en pleine semaine du podcast on et oui parce que pendant sept jours et bien il ya plus de 350 animatrices et animateurs de podcast podcasteuse podcaster qui se mobilisent pour mettre en valeur le monde associatif est ce que ce monde associatif dĂ©fend en gros leurs valeurs c’est une mobilisation qui nous tenait vraiment Ă  coeur de mettre en avant et donc aujourd’hui vous entendez non seulement cette intro mais aussi lĂ  oĂč trop la conclusion du podcast qui sera un petit peu diffĂ©rent de d’habitude je vous propose de dĂ©couvrir un invitĂ© qui se bat au quotidien pour son job qui est dĂ©jĂ  un marqueur de l’altruisme mais aussi pour une association qu’il a cofondĂ© et qui permet de mettre en valeur les personnes valides et non valides en tout cas de les aider Ă  collaborer et puis Ă  se dĂ©penser ensemble allez c’est fini pour cette longue intro qui n’est pas celle de d’habitude je vous propose d’Ă©couter cet Ă©pisode et puis surtout venez sur nos rĂ©seaux sociaux pour nous soutenir et nous abonner Ă  notre chaĂźne youtube et Ă  la chaĂźne youtube et Ă  la chaĂźne youtube pour nous dire ce que vous en avez pensĂ© ça me ferait super plaisir qu’on aide l’association AdaptaTeam et le podcast on Ă  mettre en valeur cette association et toutes les autres allez bon Ă©pisode salut les sportifs c’est Ermanno et je suis trĂšs heureux de vous recevoir pour un nouvel Ă©pisode du podcast dans les vestiaires aujourd’hui on va parler avec un sportif mais aussi un coach aussi un entraĂźneur un dispenseur de mĂ©thodes d’entraĂźnement en l’occurrence le cross training et oui j’ai bien dit cross training n’allez pas entendre autre chose je suis trĂšs heureux de tendre le micro Ă  l’Ă©cran j’aime bien prĂ©ciser parce que quand on a un nom qui est comme un prĂ©nom comme ça on fait pas d’amalgame on sait que ton prĂ©nom c’est bien gilles n’est ce pas c’est ça tout Ă  fait on a Ă©tĂ© mis en relation par anne emmanuel nettersheim on en parlait juste avant en off une super personne en tant que personne en elle-mĂȘme en tant que valeur qu’elle dĂ©fend en tant que pratiquante de sport en tant qu’entrepreneuse bref ceux qui Ă©couteront notre Ă©pisode auront trĂšs certainement eu la chance d’entendre celui de anne emmanuel avant ou peut-ĂȘtre un petit peu aprĂšs ça va dĂ©pendre aussi du planning Ă©ditorial bref allez foncez Ă©couter regarder anne emmanuel mĂȘme sur les rĂ©seaux allez vous renseigner vous allez voir elle est top donc anne emmanuel nous a mis en relation parce qu’on a eu l’occasion d’Ă©changer elle et moi avant d’enregistrer un Ă©pisode et puis elle m’a dit Ă©coute il faut absolument que tu tendes le micro agile parce qu’il est super engagĂ© sur un sujet qui lui tient Ă  coeur et qui me tient aussi Ă  coeur donc on va pouvoir dĂ©tailler tout ça avec toi mais tout d’abord gilles

Gilles Gauthier : qui es-tu qui est gilles gauthier acquis et gauthier gauthier et j’ai 56 ans voilĂ  je suis principalement sapeur pompier professionnel et coach sportif depuis trois dĂ©cennies voilĂ  dĂ©jĂ  pour prĂ©senter un peu le personnage sapeur pompier oĂč ça Ă  paris en banlieue parisienne au

Ermanno : sud au sud de paris donc si vous dire que tu es tu es sapeur pompier de profession dans une dans une caserne dans une brigade qui n’est pas celle des sapeurs pompiers de paris donc tu n’es

Gilles Gauthier : pas militaire non du tout du tout voilà il faut bien faire la différence entre les pompiers de paris qui comprennent certains départements de la couronne parisienne et on va dire des pompiers

Ermanno : dĂ©partementaux et c’est quoi ce mĂ©tier d’ĂȘtre sapeur pompier ça consiste en quoi parce que quand on est gamin on rĂȘve tous de devenir pompier parce qu’on voit le camion rouge on voit les les sirĂšnes on entend les sirĂšnes on a tous envie un jour de monter dans un camion pompier ou de monter d’un feu mais en fait ĂȘtre pompier c’est quoi alors je pose la question un peu innocemment mais aussi parce que j’ai eu Ă  ce podcast mathieu mario ancien sapeur pompier de paris spĂ©cialisĂ© dans le milieu aquatique qui lui Ă©tait militaire qui nous a racontĂ© un petit peu son quotidien de pompiers et qui est pas forcĂ©ment celui auquel on s’imagine quand on est gamin donc pour toi

Gilles Gauthier : gilles c’est quoi ĂȘtre sapeur pompier professionnel depuis trois dĂ©cennies bon en fait c’est une vie dynamique c’est une vie trĂšs dynamique c’est un mĂ©tier qui demande beaucoup de politique balance, c’est-Ă -dire que chaque fois que tu es de garde, chaque garde ne se ressemble pas. 85% de notre travail, c’est de secours Ă  personne Ă  domicile. AprĂšs, le reste, c’est tout ce qui est incendie, opĂ©rations diverses, accidents de la circulation, etc. Mais surtout, c’est qu’on ne s’ennuie pas parce qu’en fait… Et puis, quand je dis vie dynamique, c’est que quand le bip retentit, qui dit que tu dois partir en intervention, tu ne sais pas sur quoi tu vas tomber. En fait, ça te demande une capacitĂ© d’adaptation Ă  chaque fois. Et c’est ça qui est intĂ©ressant. Et puis, dans le travail, qui est principalement le secours Ă  personne Ă  domicile, moi, j’attache beaucoup d’importance aux relations humaines. Donc, en fait, il y a de l’altruisme, il y a tout un tas de choses

Ermanno : Ă  gĂ©rer. Alors, tu parles d’altruisme. D’ailleurs, je ne l’ai pas prĂ©cisĂ© en introduction de ce podcast, mais aujourd’hui, on enregistre un Ă©pisode pour le diffuser pendant le podcaston, qui est justement une initiative mise en place par l’association Altrui. C’est pour ça que ça m’y fait penser. Dont l’objectif est de soutenir des causes. Pendant la semaine du podcaston, on est, Ă  l’heure actuelle, plus de 350 producteurs de podcast qui faisons un Ă©pisode spĂ©cial pour cette initiative. Donc, je suis trĂšs heureux de faire ça avec toi, Gilles, et on va rentrer un petit peu plus dans le dĂ©tail de l’Ă©pisode d’aujourd’hui. Et on va, je pense, trĂšs vite comprendre pourquoi je voulais que cet Ă©pisode soit l’Ă©pisode support du podcaston pour le podcast dans les vestiaires. Donc, excuse-moi, j’ai fait une petite apartĂ©, mais je pense que c’Ă©tait nĂ©cessaire de le dire. Donc, le mĂ©tier de pompier, pour toi, c’est beaucoup d’altruisme aussi. Et comme tu dis, tu ne sais pas toujours sur quoi tu vas tomber quand le bip retentit. Tu ne sais pas si tu vas aller Ă©teindre un feu, tu ne sais pas si tu vas aller sauver quelqu’un de la noyade, tu ne sais pas si tu vas aller dĂ©crocher un chat qui est coincĂ© dans un arbre. Tout ça, tu l’apprends en fait quand tu es dans le camion avec tes frĂšres d’armes, entre guillemets.

Gilles Gauthier : Pour prĂ©ciser un peu, quand ton bip retentit, tu as ce qu’on appelle une feuille de dĂ©part qui te donne l’intitulĂ© de l’intervention. Sauf qu’entre l’intitulĂ© de l’intervention et ce qui se passe sur le terrain, c’est des fois complĂštement diffĂ©rent. C’est-Ă -dire qu’au moment oĂč tu arrives, tu rĂ©flĂ©chis un peu Ă  tes procĂ©dures, mais quand tu arrives sur place, tout peut ĂȘtre diffĂ©rent. Donc, en fait, c’est cette capacitĂ© d’adaptation qui est intĂ©ressante parce que dans les secondes qui suivent, tu dois pouvoir t’adapter pour rĂ©ussir ta mission.

Ermanno : Et c’est ça qui est chouette. AprĂšs, j’imagine aussi que tu dois t’adapter plus dans certaines situations que d’autres. Si tu vas Ă©teindre un feu, tu ne sais pas toujours sur quoi tu vas tomber. Si tu dois aller dĂ©crocher un chat dans un arbre ou mĂȘme un adolescent, parce que je crois qu’on a tous fait cette connerie lĂ , un jour monter sur un toit et puis ĂȘtre coincĂ©, tu sais Ă  peu prĂšs Ă  quoi tu vas t’attendre. Il y a peu de risques d’ĂȘtre obligĂ© d’innover, d’inventer, de crĂ©ativitĂ© pendant l’intervention.

Gilles Gauthier : Ce n’est pas la crĂ©ativitĂ©, mais disons que, comme tu dis, un incendie, au dĂ©part, tu as ton

Gilles Gauthier : processus, mais quand tu arrives sur place, tout peut changer. Il faut t’adapter, il faut rĂ©agir dans la zone. C’est ça qui est

Ermanno : chouette. Tu me dis aussi que ça fait plusieurs décennies que tu es coach. Est-ce que tu vois certaines similitudes entre le sport et ton activité

Gilles Gauthier : de pompier ? En fait, moi, en tant que coach, j’aime la polyvalence. C’est-Ă -dire que j’ai toujours Ă©tĂ© coach pour, si tu veux, dans diffĂ©rents domaines d’application, dans diffĂ©rentes activitĂ©s. C’est cette relation entre mon rĂŽle de coach et mon rĂŽle de pompier oĂč, en fait, j’essaie d’avoir un panel d’action le plus large possible. C’est ça qui m’intĂ©resse. Bien sĂ»r, il faut des spĂ©cialistes, mais dans mon fort intĂ©rieur, moi, ce qui vraiment me transcende, c’est d’aller au plus large et de m’adapter.

Ermanno : LĂ , on enregistre aussi en vidĂ©o. Podcast, par essence mĂȘme, c’est que de l’audio. Un jour, je me dis que je ferai peut-ĂȘtre quelque chose de ces enregistrements vidĂ©o. Et c’est super parce que dans la 99% des cas, dans la grande majoritĂ©, mes invitĂ©s sont tout beaux, tout propres. Toi, aujourd’hui, tu arbores un joli sweat avec marquĂ© dessus Adapteam. On va revenir dessus. AdaptaTeam, pardon. On va revenir dessus, mais tu parles d’adaptabilitĂ©. On comprend bien que c’est dans ton essence,

Gilles Gauthier : c’est dans tes valeurs. Oui, c’est ça. C’est ça. C’est qu’en fait,

Gilles Gauthier : j’aime la vie, j’aime me sentir vivant, mais se sentir vivant, c’est vivre plein d’expĂ©riences, qu’elles soient bonnes, qu’elles soient moins bonnes, et s’adapter et grandir avec ça.

Ermanno : Bon, on passera tout Ă  l’heure sur AdaptaTeam et tout ce que tu fais Ă  cĂŽtĂ©. J’aimerais qu’on revienne un petit peu sur toi et sur ta pratique ou ta rencontre du sport. Est-ce que tu te souviens quand est-ce que tu as commencĂ© Ă  faire du sport et est-ce que c’est quelque chose qui a guidĂ© tout le reste de ta vie ? Parce que quand on est pompier, en gĂ©nĂ©ral, c’est aussi qu’on est sportif.

Gilles Gauthier : Oui, tout Ă  fait. Mais oui, le sport, je veux dire, des fois, j’ai un fils de 14 ans et quand je lui parle de ça, je lui dis, Ă©coute,

Gilles Gauthier : dĂšs que j’Ă©tais en capacitĂ© de marcher, pour moi,

Gilles Gauthier : de façon mon essence mĂȘme, il fallait que je bouge. Et j’ai eu, quand j’Ă©tais gamin, je vivais un peu en rĂ©gion lyonnaise, mais dans la campagne, et pour moi, c’est venu tout de suite en moi, je bouge. C’est-Ă -dire que j’Ă©tais chez moi pour manger avec mes parents, mais dĂšs qu’il fallait que j’Ă©tais libre, ils me laissaient libre de bouger et j’Ă©tais toujours Ă  l’extĂ©rieur, Ă  essayer d’explorer, d’explorer des choses, et ça a toujours Ă©tĂ© tournĂ© vers le physique.

Ermanno : Oui, mais ça, c’Ă©tait un autre temps. Maintenant, on est un petit peu plus rĂ©ticents quand mĂȘme Ă  laisser

Gilles Gauthier : nos enfants sortir, non ? Oui, bien sĂ»r, bien sĂ»r, je comprends tout Ă  fait, la sociĂ©tĂ© n’est plus la mĂȘme. Mais si tu veux, mes parents m’ont donnĂ© l’envie de bouger tout de suite. Bon, c’est vrai que j’ai commencĂ© par le football, parce que mon pĂšre Ă©tait un fou de football, mais pareil, mĂȘme si c’Ă©tait ma spĂ©cialitĂ©, j’aimais faire beaucoup de choses en dehors que de cette spĂ©cialitĂ©.

Ermanno : Donc, tu as commencĂ© par faire un peu de football. Est-ce que tu as Ă©tĂ© visiter, voire observer d’autres activitĂ©s

Gilles Gauthier : sportives ? Oui, en fait, j’ai Ă©tĂ© dans le football jusqu’Ă  un bon niveau, jusqu’Ă  l’Ăąge de 16 ans, et aprĂšs, en fait, j’ai Ă©tĂ© saturĂ©. SaturĂ©, et ensuite, je ne suis pas rentrĂ© dans un club, j’ai explorĂ© par moi-mĂȘme. Donc, j’ai fait en fait surtout des activitĂ©s, on va dire, outdoor, que ce soit la course Ă  pied, le VTT, l’escalade, plein de choses, j’ai commencĂ© Ă  goĂ»ter

Ermanno : Ă  tout ça. Ça veut dire quoi, explorer par toi-mĂȘme ? Ça veut dire que tu y allais, mais tu n’avais pas forcĂ©ment de coach, tu n’Ă©tais pas forcĂ©ment dans un club, et puis tu essayais d’aller goĂ»ter Ă  l’essence mĂȘme

Gilles Gauthier : de ce sport ? Oui, c’est ça. En fait, moi, je joue beaucoup sur les sensations. Quand je dis explorer, il faut que j’explore pour avoir des sensations. Et actuellement, c’est le discours que je tiens quand je coache quelqu’un, je lui dis quand tu pratiques une activitĂ©, il faut que tu crĂ©es une Ă©motion. Donc, j’ai explorĂ© des choses. Il y a des choses qui m’ont moins plu, mais il y a des choses qui m’ont donnĂ© des Ă©motions fortes, et j’ai dit, il faut que je les conserve et il faut que je continue. MĂȘme si je ne les dĂ©veloppe pas Ă  l’ultime, mais il faut que je continue Ă  les vivre parce que je sais qu’elles m’apportent des Ă©motions. Et ça, c’est important. Est-ce que c’est ça aussi ? En fait, excuse-moi, je vais t’interrompre, parce que si tu crĂ©es une Ă©motion, en fait, tu as envie de recommencer. Parce que si c’est faire pour faire, ça ne va pas loin. Mais Ă  partir du moment oĂč ça crĂ©e une Ă©motion chez toi, c’est la boucle de l’apprentissage. Et quand il y a des Ă©motions, tu as envie

Ermanno : de penser. Et autres. Donc, toi, ce sont ces Ă©motions qui t’ont guidĂ© vers l’exploration, vers la pratique de tel ou tel sport. Donc, tu nous as dit football, VTT, autre chose ?

Gilles Gauthier : VTT, escalade, ensuite, j’ai fait un peu de triathlon, ensuite, beaucoup aussi de musculation. VoilĂ . Et puis, un jour, j’ai dĂ©couvert une mĂ©thode qui s’appelle l’entraĂźnement fonctionnel. Et donc, qu’on a appris, qu’on appelle maintenant le cross-training.

Ermanno : EntraĂźnement fonctionnel. Il va falloir que tu nous en dises un peu plus. Donc, tu as fait de la musculation. DĂ©jĂ , en termes de musculation, parce que je pense que pour le commun des mortels, quand on parle de muscu, on voit du Schwarzenegger, de la gonflette. Est-ce que c’Ă©tait ça, ce que tu faisais, ou c’Ă©tait plutĂŽt de la musculation pour renforcer ta musculature, ou tu cherchais Ă  avoir vraiment des belles tablettes ?

Gilles Gauthier : Non, en fait, mon premier objectif, ce n’Ă©tait pas le cĂŽtĂ© plastique. C’Ă©tait, en fait, je voulais pouvoir rĂ©pondre physiquement Ă  toute sollicitation sportive. C’est-Ă -dire ĂȘtre capable de faire un triathlon, ĂȘtre capable de soulever des charges, ĂȘtre capable de faire, je ne sais pas, du VTT longue distance, de pouvoir faire de l’escalade Ă  un bon niveau. En fait, je voulais rĂ©pondre Ă  tout. Comme j’aime explorer, je me dis, si demain, il y a quelqu’un qui me propose un challenge, je ne serai peut-ĂȘtre pas sur le podium,

Ermanno : mais je vais ĂȘtre capable de le faire. Merci. Merci, Gilles. Merci, merci, merci. Parce que c’est vrai que mĂȘme les triathlĂštes, et je suis triathlĂšte depuis 1996, oui, le siĂšcle dernier, merci. Et puis, je produis un podcast qui s’appelle Devenir triathlĂšte. J’ai Ă©changĂ© avec plus de 300 triathlĂštes ou de personnes qui gravitent autour du triathlon. Et c’est vrai que le cĂŽtĂ© musculation slash PPG slash renforcement musculaire, ça passe toujours un petit peu Ă  cĂŽtĂ©, toujours un petit peu Ă  la trappe. Toi, tu dis que tu pratiquais la musculation pour ĂȘtre prĂȘt, pour pouvoir explorer d’autres sports, ou mĂȘme pour pouvoir t’Ă©clater dans ton sport. Finalement, c’est ça, la muscu. C’est ce renforcement musculaire, c’est cette PPG, c’est prĂ©parer son corps de maniĂšre gĂ©nĂ©rale Ă  ĂȘtre prĂȘt Ă  encaisser une charge, mĂȘme sur des muscles qu’on n’a pas l’habitude d’utiliser. Je veux dire, quand tu es coureur et que tu fais de la PPG, ça va te permettre d’amĂ©liorer ta course, mais ça va te permettre, ça va te permettre aussi de travailler d’autres muscles que tu vas peut-ĂȘtre pouvoir avoir Ă  solliciter si tu veux te basculer vers le trail, par exemple.

Gilles Gauthier : C’est ça, en fait. C’est ce que je reproche un peu dans notre pays, c’est qu’on axe beaucoup sur la technique de la pratique, mais la prĂ©paration, je trouve qu’elle est Ă  un moindre niveau. Alors que c’est important. C’est important. Que tu sois spĂ©cialiste ou que tu saches faire beaucoup de choses.

Ermanno : Donc toi, cette musculation, cette pratique de la musculation complĂ©mentaire Ă  d’autres activitĂ©s, ou pour ĂȘtre prĂȘt, un petit peu finalement, ça rejoint ton mĂ©tier de pompier. Je sais que les pompiers professionnels surtout ont aussi beaucoup de temps de rĂ©cupĂ©ration aprĂšs les interventions, mais ils ont aussi beaucoup de temps pour se prĂ©parer, pour faire de la musculation, pour faire de la course Ă  pied, pour faire tout ce genre de choses. C’est pas uniquement pour ĂȘtre performant dans une activitĂ© sportive, c’est aussi pour ĂȘtre prĂȘt au moment oĂč il faut aller en intervention. Tu l’as dit au dĂ©but de cet Ă©pisode, des fois tu vas sur du feu, des fois tu vas secourir des gens chez eux, des fois tu vas secourir des gens qui sont en situation de noyade. C’est arrivĂ©, et donc la musculation Ă  toi, elle te sert Ă  ĂȘtre prĂȘt ?

Gilles Gauthier : Oui, c’est ça, Ă  ĂȘtre prĂȘt pour l’intervention, et puis surtout, sachant que je suis Ă©ducateur sportif chez les sapeurs-pompiers, le message que je donne Ă  mes collĂšgues, c’est la route est longue. La route est longue. Bien sĂ»r, les effectifs baissent, donc notre cadence de mission dans 24 heures augmente de plus en plus. Je dis, le but, c’est quoi ? C’est de rĂ©ussir sa mission, mais de pouvoir enchaĂźner la deuxiĂšme derriĂšre. C’est ça, c’est ça. Le but, c’est de ne pas avoir de sĂ©quelles. Le but, c’est de bien rĂ©cupĂ©rer, et surtout, bon, vu la conjoncture de la sociĂ©tĂ©, la retraite est de plus en plus longue. Je dis, les gars, il faut tenir. Comme disent les parachutistes, ĂȘtre et durer. Donc, en fait, c’est souvent, mes collĂšgues me disent, tu fais souvent du sport. Je dis, ouais, pas tous les jours, mais le but, c’est il faut que je me tienne en condition physique le plus longtemps possible pour que je vieillisse bien. Parce que c’est un mĂ©tier sollicitant. Parce que de tout donner pour ĂȘtre ensuite complĂštement usĂ©, je ne vois pas l’intĂ©rĂȘt.

Ermanno : Et puis, en plus, pour rester sur le thĂšme de la retraite, c’est vrai que dans la conjoncture actuelle, ça se retarde de plus en plus. Mais si, en plus, c’est pour qu’une fois que tu es Ă  la retraite, que tu as fini de travailler et que, entre guillemets, tu profites, mais que tu n’as plus la capacitĂ© de profiter parce que tu es Ă©clatĂ© de partout, parce que tu es fatiguĂ©, parce que tu tombes malade, eh bien, en fait, ça ne sert pas Ă  grand-chose.

Gilles Gauthier : Et pour te donner une petite image, je m’en rappellerai toujours, j’ai vu une vidĂ©o d’un coach, c’Ă©tait aux Etats-Unis. Alors, un coach coiffĂ© Ă  la Clint Eastwood, il avait 72 ans, mais costaud. Et il avait une classe d’Ă©lĂšves en face de lui, ils avaient minimum 75 ans. Il leur faisait faire de l’haltĂ©rophilie et du soulevĂ© de terre. Et ils avaient tous un t-shirt avec « FloquĂ© dans le dos, reste dans le combat ». J’ai trouvĂ© ça gĂ©nial.

Ermanno : Pendant que tu pratiquais la muscu, tu as dĂ©couvert l’entraĂźnement fonctionnel, mais qu’est-ce que c’est que ça ?

Gilles Gauthier : EntraĂźnement fonctionnel, entraĂźnement qui a une fonction. C’est-Ă -dire qu’en fait, tu vas utiliser une prĂ©paration physique en utilisant trois modalitĂ©s. Des exercices cardio, des exercices au poids du corps, qui s’assimilent Ă  la gymnastique, et des exercices avec des charges additionnelles, l’haltĂ©rophilie. Et le but, c’est de mĂȘler ces trois modalitĂ©s. Donc, en fait, c’est ça qui fait l’intĂ©rĂȘt. C’est-Ă -dire que ce sont des exercices qui vont te permettre d’ĂȘtre aussi bon sportivement que dans ton quotidien.

Ermanno : Mais attends, tu n’as pas oubliĂ© le quatriĂšme pilier qui est l’endurance ?

Gilles Gauthier : Oui, mais justement, ça va en faire partie. Parce que dans les exercices cardio, tu vas utiliser l’endurance. Tu vas utiliser diffĂ©rentes qualitĂ©s physiques. L’endurance, la rĂ©sistance, la puissance, etc. Mais le but, c’est de mĂȘler ces trois modalitĂ©s qui vont te permettre de faire ce qu’on va te donner, en fait. Le but, c’est de dĂ©stabiliser ton organisme pour que, finalement, il s’habitue Ă  toute sollicitation. Donc, en fait, en mĂȘlant ces trois modalitĂ©s, tu vas retrouver la qualitĂ© dont tu parlais, l’endurance et d’autres qualitĂ©s.

Ermanno : Et donc ça, tu dis que c’est ce qui a donnĂ© lieu, c’est ce qui s’est transformĂ© en cross-training, pour utiliser des termes qui sont plus connus. Donc, en gros, ça veut dire quoi, l’entraĂźnement fonctionnel slash le cross-training ? On est dans une salle de muscu et puis on suit un programme un petit peu comme tout le monde ou en individuel, on est Ă  plusieurs, il y a de la musique. Enfin, comment ça marche, en fait ? C’est quoi le concept du cross-training ?

Gilles Gauthier : Alors, dĂ©jĂ , le cross-training, en fait, cette prĂ©paration physique, elle est adaptable sur mesure, quel que soit ton Ăąge, quel que soit ta condition physique et voir, puisque mon association est pour les personnes en situation de handicap, quelles que soient tes pathologies. ‘est ça l’avantage. DĂšs 4 ans, tu peux commencer le cross-training. Tu vas l’adapter, d’accord ? En fonction des capacitĂ©s, de l’Ăąge de la personne. Et donc, quand tu arrives dans une salle de cross-training, c’est pas du tout une salle de musculation, tu vas avoir des machines. En fait, la machine, c’est toi. C’est-Ă -dire que tu vas utiliser, il y a des dalles amortissantes pour faire tout ce qui est activitĂ© gymnique, une sorte de cage mĂ©tallique oĂč tu vas faire des mouvements aussi de gym. Et puis aprĂšs, tu as toutes les charges additionnelles. Des disques, des barres, etc. Et en fait, on va utiliser tout ça et on va mĂ©langer ces 3 modalitĂ©s dans la sĂ©ance.

Ermanno : Ok. Et donc lĂ , justement, on commence Ă  arriver aussi sur le sujet du support, du soutien au podcaston. Tu l’as dit, ton association, elle est lĂ  aussi pour permettre aux personnes avec un handicap de pouvoir pratiquer cette activitĂ©. Tu peux nous expliquer d’oĂč ça vient, quoi. Quelle a Ă©tĂ© ton idĂ©e Ă  crĂ©er cette association et Ă  recevoir des personnes en situation

Gilles Gauthier : de handicap ? Alors, l’histoire, elle est tout simplement, j’avais une salle de cross-training. Et un jour, il y a un homme qui venait du fauteuil roulant qui m’a dit, Ă©coute, je suis dans une salle de musculation, rien n’est adaptĂ© pour moi. Qu’est-ce que tu peux me proposer Et lĂ , je l’ai vu en fauteuil, j’ai vu ma salle, j’avais pas de poulies hautes, comme on dit, en musculation. J’ai pris un rameur, j’ai pris un drapeau, j’ai dit, tiens, tu vois. Et puis aprĂšs, je l’ai fait tirer des sacs lestĂ©s alors qu’il Ă©tait sur son fauteuil. J’ai imaginĂ© des exercices, il a adorĂ©. Et puis, il a beaucoup transpirĂ©. Et puis, il est venu s’entraĂźner dans ma salle, je m’occupais de lui. AprĂšs, j’ai fermĂ© ma salle, on est restĂ© en contact. Et un jour, il m’appelle, je lui dis, je sais pourquoi tu m’appelles. Tu veux qu’on crĂ©e une fondation une association de cross-training pour personnes en situation de handicap. Je lui dis, banco, on y va. Je lui dis, mais, la condition, c’est qu’elle ne soit pas ouverte qu’aux personnes en situation de handicap. On va pousser l’inclusion Ă  l’extrĂȘme, on va aussi le proposer aux valides, et on va les faire s’entraĂźner ensemble. En binĂŽme, un handi et un valide.

Ermanno : Et c’Ă©tait quoi ton idĂ©e derriĂšre ça ? Parce que tu dis, on va pousser l’inclusion Ă  l’extrĂȘme. Parce que pour toi, une salle uniquement rĂ©servĂ©e aux personnes en situation de handicap, ce n’est pas inclusif ?

Gilles Gauthier : Non, parce que je le vois, j’ai regardĂ© pas mal de vidĂ©os aux Etats-Unis, ils le font depuis des annĂ©es, et ils ont une autre vision des personnes en situation de handicap. Ils leur font faire des compĂ©titions oĂč il y a des centaines, des milliers de personnes valides qui viennent les applaudir. Et nous, en France, on met trop les gens dans des cases. On les regarde…

Ermanno : Dans des boĂźtes, pour reprendre l’idĂ©e du cross-training. On les met dans des boĂźtes ou dans des cages.

Gilles Gauthier : VoilĂ , c’est ça. Et donc, j’ai dit, ben non, moi, l’inclusion, parce qu’on parle beaucoup d’inclusion en ce moment, mais on fait se rencontrer les deux mondes. Les valides qui vont voir les gens en situation de handicap. Je dis, ben non, nous, on va les faire travailler ensemble, dans ce domaine-lĂ . Et pour te dire, dans mes sĂ©ances, quand ils sont en binĂŽme, soit ils travaillent en relais, soit ils travaillent en synchro, soit je mets une contrainte physique au valide pour rĂ©duire les contraintes mĂ©caniques de l’handi. Donc, en fait, le binĂŽme est indissociable. VoilĂ , c’est ça qui est important. Ils ne sont pas lĂ  Ă  se dire, ah, ben tiens, je viens voir ton monde, je vais tenir ton fauteuil. Je dis, non, non, non, il ne va pas tenir son fauteuil. Je vais trouver un exercice pour qu’il soit en contrainte physique pour aider son coĂ©quipier handi.

Ermanno : Donc lĂ , tu parles des personnes en situation de handicap, ça veut dire que tu n’as que des gens en fauteuil ou tu as des gens qui sont en fauteuil, tu as des gens Ă  qui il manque un bras, tu as des gens qui ont un bras qui n’est pas valide, tu as des gens qui ont des problĂšmes de vue, par exemple ?

Gilles Gauthier : Ah ben oui, j’ai multi-pathologies, j’ai paraplĂ©gique, avec ou sans abdos, ça dĂ©pend de la lĂ©sion mĂ©dulaire, j’ai un tĂ©traplĂ©gique incomplet, j’ai des hĂ©miplĂ©giques, j’ai des malvoyants, j’ai vraiment de tout.

Ermanno : Et comment tu gÚres tout ça, alors ? Comment tu mets tout ça en musique ?

Gilles Gauthier : Ah, ben justement…

Ermanno : Alors ça, je veux dire tout ce petit monde et puis surtout tout le travail qu’il y a Ă  faire Ă  cĂŽtĂ© parce que tu l’as dit toi-mĂȘme, la condition c’est que les personnes en situation de handicap s’entraĂźnent avec, en mĂȘme temps, que des valides, mais donc ça veut dire qu’il faut adapter les exercices des valides aux coĂ©quipiers et puis inversement. Comment est-ce que tu gĂšres tout ça ? Comment est-ce que tu mets tout en musique ? Comment est-ce que tu prĂ©pares tout ?

Gilles Gauthier : Ah ben dĂ©jĂ , prĂ©parer une sĂ©ance, c’est un casse-tĂȘte chinois. C’est-Ă -dire, tu vas mettre 12, 12 heures Ă  prĂ©parer ta sĂ©ance, c’est-Ă -dire que moi, j’ai les gens qui sont inscrits pour la sĂ©ance du soir et une fois que j’ai ma liste, je connais les pathologies de chacun, j’ai mes valides. Tiens, pour te dire un petit apartĂ©,

Gilles Gauthier : pour ne plus ĂȘtre dans des cases, je ne les appelle plus les handis et les valides parce que sinon, je m’adresse Ă  une pathologie. Donc, les handis, c’est les warriors et les valides, c’est les be cool. VoilĂ . Donc dĂ©jĂ , on n’est plus dans des cases.

Ermanno : Oui, mine de rien, ils sont quand mĂȘme dans une case. Je veux dire, du coup, les valides, ils ne s’appellent plus valides, ils s’appellent be cool. Mais bon, ok, je comprends.

Gilles Gauthier : Oui, mais je ne m’adresse pas Ă  une pathologie, je m’adresse Ă  une personne. VoilĂ . Et donc, ensuite, une fois que j’ai ma liste, je commence Ă  faire, je trouve un format de sĂ©ance qui change Ă  chaque fois et en fonction des binĂŽmes que je vais crĂ©er moi-mĂȘme et qui changent Ă  chaque fois, eh bien, je crĂ©e les exercices avec les adaptations, pour les warriors, le bon nom en dit, et puis pour les valides, pour qu’ils se challengent aussi. Et c’est lĂ , c’est lĂ , c’est le challenge. C’est que moi, je vais arriver Ă  la fin de la sĂ©ance pour que chacun ait vraiment travaillĂ©.

Ermanno : Surtout que, bon, quand on est sportif, en gĂ©nĂ©ral, on se fixe un objectif et donc l’idĂ©e, tout au long de la saison, c’est d’atteindre un certain objectif. L’objectif qui peut ĂȘtre une compĂ©tition, mais qui peut ĂȘtre aussi de se sentir mieux, de se sentir plus fort, de se sentir plus beau, de se sentir plus musclĂ©, etc. Toi, comment est-ce que tu organises tout ça aussi ? Parce que, tu l’as dit, tu n’as pas toujours les mĂȘmes participants, tu changes les exercices systĂ©matiquement, tu changes un petit peu chaque sĂ©ance que tu prĂ©pares. Donc, comment est-ce que tu suis le fil de la prĂ©paration tout au long de l’annĂ©e ou de la saison ?

Gilles Gauthier : Alors dĂ©jĂ , la premiĂšre chose que je leur demande quand ils s’inscrivent, je leur dis, c’est la rĂ©gularitĂ© qui vous donnera des rĂ©sultats. C’est-Ă -dire qu’ils ne viennent pas quand ils ont une pulsion par pulsion, je leur demande dĂ©jĂ  de venir rĂ©guliĂšrement aux sĂ©ances. Je ne leur demande pas de venir de faire 5 sĂ©ances par semaine, ce qui est inutile. Par contre, s’ils font deux sĂ©ances qualitatives de façon rĂ©guliĂšre, on aurait des rĂ©sultats. Et ensuite, l’avantage de cette prĂ©paration physique, donc le cross-training, c’est que pour t’imaginer un peu, on te demande de prendre une charge, on te demande de l’amener le plus loin possible, le plus vite possible. En t’entraĂźnant rĂ©guliĂšrement, cette mĂȘme charge, la prochaine fois, tu vas l’emmener encore plus loin et encore plus vite. Donc, les rĂ©sultats, ils seront exponentiels. Donc, si tu veux, si une programmation, ce n’est pas comme un spĂ©cialiste qui vraiment va faire une programmation chirurgicale, mais en mĂ©langeant les modalitĂ©s dont je parlais et en s’entraĂźnant rĂ©guliĂšrement, les gens auront l’envie et leur corps demandera Ă  charger un peu plus lourd, courir un peu plus vite. Donc, les rĂ©sultats sont lĂ . Et surtout pour nos handis, en fait, comme j’utilise le moindre potentiel, le moindre potentiel qu’ils ont, en fait, ils vont avoir des rĂ©sultats. Et surtout, ça va, eux, ça va amĂ©liorer leur santĂ©. Je n’ai pas dit que ça va rĂ©soudre les problĂšmes qu’ils ont. J’ai dit que ça va amĂ©liorer leur santĂ© et ça va leur permettre d’avoir une meilleure autonomie au quotidien parce qu’ils seront plus mobiles, parce qu’ils pourront porter plus lourd. Et ça, c’est important.

Ermanno : Donc, on comprend bien un petit peu ce qu’il y a derriĂšre pour toi d’apporter tout ça aux membres de ta salle. Toi, qu’est-ce que ça t’apporte ?

Gilles Gauthier : Qu’est-ce que ça m’apporte ? Qu’est-ce que ça m’apporte ? DĂ©jĂ , je me considĂšre comme trĂšs bienveillant, mais exigeant. C’est-Ă -dire, mĂȘme si je suis bienveillant, j’en dis, on n’est pas lĂ  pour JĂ©rĂŽme Scrabble, donc je ne fais de cadeau Ă  personne. Et surtout, c’est quand j’ai JĂ©rĂ©my, qui est tĂ©traplĂ©gique incomplet, donc il a les membres infĂ©rieurs et les membres supĂ©rieurs, il s’en sert plus ou moins comme il peut. Quand tu vois, quand quand si moi, quelqu’un d’assez grand et fin, il avait pris 4 kg de masse musculaire, je me dis, mais c’est royal. C’est royal parce que pour lui, c’est important. Parce qu’il s’est senti mieux dans son corps et puis physiquement, quand il vient, il a envie de donner un maximum. Quand tu vois que j’ai un gamin qui a 12 ans, qui a un handicap cachĂ©, mais quand tu vois dans un poste que sa maman a dit, il a perdu, il a perdu 12 ans, il a perdu du poids, il a gagnĂ© en concentration, c’est cadeau. Donc, en fait, chaque progrĂšs, si minime soit-il, pour moi, comme ils m’en font part, je leur demande de me faire des retours, pour moi, le rĂ©sultat, il est lĂ . L’objectif, il est lĂ .

Ermanno : Donc, toi, ton objectif, c’est de rĂ©ussir Ă  les accompagner, Ă  se faire sentir mieux, que ce soit sur le plan physique, mais aussi mental.

Gilles Gauthier : Oui, c’est ça. C’est ça. Je leur dis, quand on a un coach, ce n’est pas toute sa vie. Moi, mon objectif, c’est surtout, leur dire, leur faire sentir

Gilles Gauthier : les choses, physiquement, mentalement, pour qu’ils trouvent eux-mĂȘmes une dynamique de vie. Et ça, c’est important.

Ermanno : Comment ça se passe, justement, si on veut rejoindre ton association, si on veut venir dans ta salle, si on veut qu’on soit un warrior ou un B-cool, participer Ă  tout ça ?

Gilles Gauthier : Tout simplement, en fait, c’est prendre contact avec nous. On est sur Facebook, on a un site Internet, AdaptaTeam, on est sur Insta. Et en fait, il suffit de nous envoyer un message, de nous appeler. Et aprĂšs, le but du jeu, c’est de venir faire une sĂ©ance d’essai, voire deux. Il faut que les gens, justement, quand je te parlais de sensation, est-ce que ça me correspond ? Est-ce que je me sens bien ? Est-ce que l’atmosphĂšre me plaĂźt ? Est-ce que les exercices me conviennent ? Et sachant que ça va ĂȘtre adaptĂ©, gĂ©nĂ©ralement, les gens mordent Ă  l’hameçon et ils continuent.

Ermanno : Et ça se trouve oĂč ?

Gilles Gauthier : À MontlhĂ©ry, dans l’Essonne, Ă  20 kilomĂštres au sud de Paris. Donc, on a la chance d’avoir une mairie qui nous soutient Ă  fond. On est en plein centre-ville. La mairie, vraiment, c’est un cadeau du ciel. Elle nous a mis Ă  disposition un local de 300 mĂštres carrĂ©s, juste pour nous. Et donc, on a une salle magnifique oĂč on peut, de toute façon, travailler de façon librement.

Ermanno : Et ton business model derriĂšre tout ça ? Parce que, OK, la mairie met Ă  dispo la salle, il faut acheter le matĂ©riel, il faut payer le ou les coachs qui sont lĂ , il faut entretenir aussi un petit peu le matĂ©riel. J’imagine qu’aprĂšs une sĂ©ance, on va Ă  la douche. Donc, il y a toutes ces choses-lĂ  qui rentrent en jeu. Donc, le business model de la salle, c’est quoi ?

Gilles Gauthier : Le business model, un peu, c’est comme toute association. On fonctionne Ă  base de subventions

Gilles Gauthier : des structures publiques. On a Ă©galement les dons privĂ©s. On a eu pas mal de subventions de dons de particuliers. Et puis ensuite, on a des partenaires comme le conseil dĂ©partemental de l’ESOM. On a la CPAM qui a Ă©tĂ© trĂšs gĂ©nĂ©reuse parce qu’elles ont adorĂ© notre concept. Et grĂące Ă  toutes ces subventions, on rĂ©ussit Ă  gĂ©rer notre business pour pouvoir acheter du matĂ©riel et pouvoir l’entretenir.

Ermanno : Tu parles des dons privĂ©s. Ça se passe oĂč, quand, comment s’il y a des auditrices, des auditeurs qui veulent justement faire un don pour l’entretenir ? AdaptaTeam ?

Gilles Gauthier : Il suffit de prendre contact avec nous. Donc, Johan Dex, le prĂ©sident, ou moi-mĂȘme, si les gens, quand ils vont sur le site Internet, ils ont les diffĂ©rents numĂ©ros de tĂ©lĂ©phone, ils ont l’adresse mail. Il suffit qu’ils nous Ă©crivent et on saura leur rĂ©pondre et les guider.

Ermanno : Écoute, Gilles, merci beaucoup pour toutes ces infos, pour cette, je ne sais pas, cette banane, cette Ă©nergie, ce plaisir que tu as de partager aussi le sport avec les autres. Est-ce qu’il y a d’autres sujets qu’on n’a pas abordĂ©s que tu aurais bien voulu voir aujourd’hui ?

Gilles Gauthier : Écoute, non, je crois que j’ai dit l’essentiel. AprĂšs, moi, ce que j’ai dit Ă  tous les auditeurs, ayez envie de bouger. Comme on dit, des fois, on le voit dans les pubs, le mouvement, c’est la vie. Et rappelez-vous une chose, dans votre quotidien, c’est 50-50. On n’est pas simplement un disque dur posĂ© sur une enveloppe corporelle. Si on n’a pas de physique, il y a un moment, le physique reprend ses droits et si ça ne va pas, le moral lĂąchera. Alors, faites les deux, s’il vous plaĂźt. Bougez. Que vous soyez valide, que vous soyez en vie, bougez.

Ermanno : Oui, et puis, il y a une marque qui a trĂšs bien compris ça, qui a fait son marketing lĂ -dessus. On ne redonnera pas les initiales, mais vous pouvez les dĂ©duire si vous voulez, mais qui cite « anima sane, incorpore sano ». En gros, un esprit sain dans un corps sain, voilĂ , bougez. Vous avez beau ĂȘtre la personne la plus intelligente du monde, si vous ne bougez pas, au bout d’un moment, vous allez vous ankyloser et le cerveau va s’ankyloser aussi.

Gilles Gauthier : Les gens pensent qu’avec le moral, tout tient, mais quand le corps reprend ses droits et on l’a maltraitĂ©, c’est mort.

Ermanno : C’est clair. Donc, on le rappelle, AdaptaTeam.fr pour trouver toutes les infos. J’ai une derniĂšre question pour toi, Gilles, que je pose Ă  tous mes invitĂ©s. Si tu pouvais te projeter Ă  cĂŽtĂ© du petit Gilles Gauthier qui navigue entre le foot, le VTT avant de devenir pompier professionnel et que lui sache exactement qui tu es et quelle vie il va avoir, qu’est-ce que tu penses qu’il dirait de toi en te voyant ?

Gilles Gauthier : Ah, c’est une bonne question.

Gilles Gauthier : Tu es cohĂ©rent, tu es juste et ce que tu fais, c’est toi-mĂȘme.

Ermanno : Et qu’est-ce que tu lui rĂ©pondrais, toi ? Ou quel conseil tu lui donnerais pour sa vie Ă  venir ? Continue.

Gilles Gauthier : Continue dans cette voie. Parce qu’en fait, comme je t’ai dit, que ce soit physiquement pour moi, je crĂ©e des Ă©motions et ce que je fais dans mon association avec ces personnes-lĂ , ça crĂ©e des Ă©motions folles. Donc, en fait, je me nourris de ça. Donc, c’est gĂ©nial.

Ermanno : Écoute, je souhaite que toutes nos auditrices et tous nos auditeurs se nourrissent aussi de toutes ces Ă©motions. J’ai eu sur le podcast des Warriors, j’ai eu sur le podcast des B-Cool, j’ai eu sur le podcast des sportives et des sportives de haut niveau. J’espĂšre que tous ceux qui sont dĂ©jĂ  passĂ©s lĂ  nous Ă©coutent et puis auront envie de venir faire un petit tour chez toi. Ça pourrait ĂȘtre sympa, tiens, ça d’ailleurs. Je me disais qu’avec tous les invitĂ©s, j’aimerais bien organiser une rencontre Ă  la fin de l’annĂ©e et aprĂšs les JO quand on sera tous un peu plus tranquilles et dĂ©tendus. Ce serait peut-ĂȘtre une bonne idĂ©e de venir la faire chez toi la rencontre, comme ça, les Warriors, les B-Cool, les Valides, les personnes en situation de handicap, tout le monde se rencontre et puis autour d’un sujet qui nous anime tous quand mĂȘme, c’est le sport.

Gilles Gauthier : Ah bah oui, ça serait gĂ©nial. Alors lĂ , ouais, ce serait fantastique. Fantastique et les portes sont grandes ouvertes et franchement, ça pourrait ĂȘtre un trĂšs bon moment.

Ermanno : TrĂšs bon moment. Je note, je note, je reviendrai vers toi d’ici le mois d’octobre. Merci beaucoup Gilles pour ce bon moment partagĂ©. Je le rappelle, c’Ă©tait un Ă©pisode spĂ©cial que j’organisais dans le cadre du Podcaston. Podcaston, si vous ne savez pas ce que c’est, je vous invite Ă  aller faire un tour sur podcaston.fr et puis Ă  aller regarder un petit peu dĂ©jĂ  ce que c’est. Si vous ĂȘtes podcastrice ou podcaster, Ă  vous engager pour l’annĂ©e prochaine et si vous ĂȘtes juste incitĂ© par les Ă©pisodes que vous entendez cette semaine, cette derniĂšre semaine du mois de mars, allez faire un tour vous verrez plein d’associations Ă  soutenir et puis si vous voulez soutenir une association, commencez par AdaptaTeam.

Gilles Gauthier : Merci beaucoup. Merci Ă  toi. Merci Ă  toi Armand.

Ermanno : A trĂšs bientĂŽt Gilles et puis chĂšres auditrices, chers auditeurs, on se donne rendez-vous pour un nouvel Ă©pisode dans quelques jours. Salut les sportifs. Salut.

Ermanno : Et voilĂ , cet Ă©pisode un peu, trĂšs beaucoup spĂ©cial touche Ă  sa fin. J’espĂšre que vous l’aurez apprĂ©ciĂ© autant que moi, j’ai adorĂ© l’enregistrer avec Gilles Gauthier. Je vous propose maintenant de le partager Ă  votre entourage, Ă  vos proches, au plus grand nombre il faut qu’on fasse du bruit, il faut que l’on parle de l’association AdaptaTeam et de toutes les autres associations que dĂ©fend le podcaston. Et d’ailleurs, le meilleur moyen de les retrouver toutes et d’aller Ă©couter les copines et les copains qui participent Ă  cette initiative, c’est d’aller sur podcaston.org ça s’Ă©crit comme podcast avec H-O-N Ă  la fin podcaston.org en gros, c’est le tĂ©lĂ©thon du podcast. Allez, plus on sera nombreux et plus on fera de bruit et plus on parlera et plus on soutiendra toutes ces belles initiatives. Allez, je vous donne rendez-vous la semaine prochaine pour un nouvel Ă©pisode et on reprendra le rythme normal, l’intro et l’outro normal. D’ailleurs, n’hĂ©sitez pas Ă  venir nous dire, Ă  venir me dire sur les rĂ©seaux sociaux si vous voulez changer un petit peu d’introduction, si vous voulez avoir un petit peu de sang neuf. Je suis Ă  votre Ă©coute. Allez, salut les sportifs.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.