#077 Mehdi MEKHNECHE – Du judo au conseil en stratégie – s03e39

Saison I
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#077 Mehdi MEKHNECHE - Du judo au conseil en stratégie - s03e39
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🌟Imaginez un sportif, doté d’une résilience à toute épreuve, dont chaque défi lui offre l’occasion de briller encore plus fort.🌈 Cet homme, c’est Mehdi MEKHNECHE. Dans le grand jeux de son existence, il a suivi un parcours non pas sans embûches, mais richement pavé d’apprentissages et de victoires personnelles.🥋

🏆Ancien judoka de haut niveau, Mehdi n’a jamais été étranger aux défis ou à la compétition. Il connaît le goût de la sueur, de la persévérance et, surtout, celui de la renaissance après chaque chute.💪 À l’écoute de son histoire, on plonge dans les souvenirs d’une jeunesse rythmée par le Judo, où le self-défense cède peu à peu la place à une passion dévorante. 🌍

📚Doué d’une soif d’apprendre et de se prouver à lui-même, il quitte finalement le monde du sport, non sans emporter avec lui ses précieuses leçons, pour s’engager sur un tout autre tatami : celui du monde professionnel.🌀

🌟Mais Mehdi ne se contente pas de combats physiques.

🤔Il est vrai que la question de Nicolas, entre anciens athlètes convertis dans la quête d’autres victoires, promet d’allumer une nouvelle lueur de curiosité. Serait-elle la pièce manquante permettant de dessiner plus précisément le tableau de cette transition, du judogi au costume de consultant?🔍

🎙️Dans cet épisode du podcast, il n’est pas seulement question de se souvenir mais de partager. De partager cette flamme qui ne s’est jamais éteinte en lui, celle qui éclaire aujourd’hui son chemin dans le vaste monde du conseil en stratégie, où il se prépare à relever ses nouveaux défis, à Bruxelles, tout en restant ancré dans ses racines.🌿

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#Podcast #DansLesVestiaires #Sport #Judo #Carrière #Transition #Détermination #Resilience #Inspiration #Motivation #LinkedIn #Ecriture #ConseilEnStratégie #VieProfessionnelle #SuccessStory #Ambition #Challenge #Succès

Dans cet épisode, vous pourrez découvrir (chapitres de l’épisode) :

  1. 00:03:38 – Début dans le Judo et Influence Maternelle
  2. 00:06:49 – Victoire Déterminante et Transition vers le Haut Niveau
  3. 00:10:05 – L’Impact des Blessures sur la Carrière Sportive
  4. 00:12:32 – La Psychologie du Sport et le Soutien Manquant
  5. 00:14:08 – Importance de la Préparation Mentale
  6. 00:16:33 – Les Difficultés Financières des Sportifs de Haut Niveau
  7. 00:19:43 – Le Parcours après le Judo : Transition Professionnelle
  8. 00:22:07 – Conseils pour les Jeunes Sportifs : Éducation et Préparation pour l’Avenir
  9. 00:24:29 – Le Haut Niveau dans le Sport et le Monde Professionnel
  10. 00:27:16 – Le Sport comme Élévateur Social
  11. 00:34:34 – Les Enseignements du Sport Applicables dans la Vie Professionnelle
  12. 00:39:26 – Les questions d’anciens invités du podcast
  13. 00:43:05 – L’Importance de Connaître et Dépasser ses Limites
  14. 00:44:02 – Encouragement à Écouter sa Propre Voix et à Ne Pas Abandonner

Pour suivre et soutenir notre invité : https://www.linkedin.com/in/mehdi-mekhneche / https://www.instagram.com/mekhnechito / https://www.strava.com/athletes/81580268

Grâce à Autoscript.fr, on vous propose même de revivre l’échange que j’ai pu avoir avec Mehdi.

Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d’informations.

Ermanno : Salut les sportifs, c’est Ermanno et je suis très heureux de vous recevoir comme d’habitude pour un nouvel épisode du podcast Dans les Vestiaires. Aujourd’hui, on inaugure un petit peu ce format puisque je suis en face à face avec mon invité, mais pas par caméra interposée. J’ai la chance d’être en face de Mehdi MEKHNECHE. Salut Mehdi !

Mehdi MEKHNECHE : Salut Ermanno ! Salut tout le monde !

Ermanno : Mehdi, je suis très content de te voir, surtout qu’on parle beaucoup de toi en ce moment, que ce soit dans les podcasts avec d’anciens invités, et d’ailleurs tu auras une petite surprise à la fin de l’épisode, mais aussi avec Cyril Blanchard, avec qui je suis la formation champion de ma vie. On pourra revenir un petit peu là-dessus, on pourra revenir aussi sur le talk que tu as fait, sur le côté très inspirant de ce talk, mais avant tout, ce que je te propose, c’est ce que je propose à tous mes invités, je te demande de te présenter. Donc, dis-nous tout, qui est Mehdi MEKHNECHE ?

Mehdi MEKHNECHE : Alors déjà, merci pour tes mots en amont, ça me touche, ça fait très plaisir de savoir que mes passages ou mes talks, ou mon nom arrivent à inspirer, à accompagner et à aider certaines personnes, c’est d’ailleurs le but et l’idée. Sinon pour ma part, donc comme tu l’as dit, Mehdi MEKHNECHE, j’ai 29 ans, je vis actuellement à la frontière du Luxembourg, car je travaille, ou du moins je travaillais au Luxembourg depuis deux ans et demi. J’ai décidé de quitter mon job pour en rejoindre un autre, donc passer du conseiller en management au conseiller en stratégie, quelque chose que je cherchais depuis un moment. Donc là, je rejoins Bruxelles, mais je continuerai à vivre ici pour rester prêt aussi de ma compagne. Sinon, voilà, ancien sportif de haut niveau, judoka, plus de 18 ans de judo, je pense, à peu près. Plusieurs bons moments, presque 10 ans dans le haut niveau, donc des souvenirs, des bons, des moins bons, plein d’amis, et surtout une personnalité qui s’est créée, qui s’est forgée au fur et à mesure des années et des expériences qui me permettent aujourd’hui d’être qui je suis, c’est-à-dire quelqu’un d’ambitieux, mais qui reste, je pense, simple, parce que c’est important, parce que c’est l’humain qui prime avant tout, donc voilà, rester abordable, accessible, transmettre. Je pense que si je devais définir un mot qui me parle beaucoup, c’est vraiment transmettre, parce qu’on s’enrichit beaucoup à travers la transmission. Et donc, oui, voilà à peu près dans les grandes lignes qui je suis.

Ermanno : Bon, on va rentrer un petit peu plus dans les détails, justement, dans les petites lignes de toi, de ton histoire, de ta carrière, de ta vie de sportif de haut niveau, mais pas que. On parle de sport. Comment est-ce que tu découvres le sport ?

Mehdi MEKHNECHE : Comment est-ce que je découvre le sport ? Déjà, j’ai ma mère qui était ancienne sportive de haut niveau quand elle était en Algérie. Mais comment je découvre mon sport, parce qu’elle faisait de l’athlétisme, c’est parce que ma mère voulait que je fasse du sport. Et puis pour l’anecdote, j’ai grandi dans le 20e arrondissement de Paris, près de Belleville. Et c’est vrai que ça craignait un petit peu. En tout cas, il y avait quand même dans mon école pas mal d’opposition et de tensions. Et donc, j’étais amené à me disputer très souvent. Sauf que moi, je n’étais pas du tout, du tout un garçon combatif. J’étais plutôt un fils à maman. Je pense que je le suis toujours un petit peu, dans le sens où je suis très attaché à ma mère et j’ai une relation très particulière avec elle. Mais voilà, je n’étais pas celui qui voulait absolument découdre avec tout le monde. Je revenais souvent marqué. Et ma mère disait « c’est plus possible, c’est pas possible, il faut que tu puisses te défendre ». Et elle m’a fait faire du sport, mais elle ne voulait pas que je fasse un sport en plein air ou en extérieur. Et donc, ça limite le champ du possible. Et on se retrouve à aller dans le judo parce que pour elle, c’était du self-defense et que ce n’était pas un sport de gros impacts. Elle a bien compris qu’avec le temps, ce n’était pas forcément vrai. Elle l’a d’ailleurs regretté très rapidement. Pas regretté, c’est un grand mot, mais en tout cas, elle s’est dit « mince, je pensais mettre mon fils dans un sport qui va permettre quand même de pouvoir se défendre, mais d’être au chaud, etc. ». Et au final, je tombe dans ce sport qui, à la base, ne me séduit pas du tout, que je n’ai pas aimé, que j’ai voulu arrêter, parce que moi, je voulais faire du foot. Mais mon entraîneur, Julien Nabarra, s’il m’entend…

Ermanno : J’espère bien, on va lui envoyer le podcast. Comme ça, il pourra faire ses commentaires.

Mehdi MEKHNECHE : Exact. A décelé quelque chose, un potentiel, un niveau. Et en fait, très rapidement, après pas mal de victoires, mais aussi quelques grosses défaites qui ont laissé des traces, je me suis dit « non, je ne peux pas accepter ces défaites-là ». C’est vrai que j’étais quelqu’un qui… Je ne suis pas un mauvais joueur, mais je suis très mauvais perdant. Je déteste perdre. Et je pense que c’est une des bases aussi de pas mal de sportifs, c’est détester perdre. Et du coup, je me suis dit « non, je ne peux pas accepter ces défaites-là ». Et en fait, je me suis entraîné très dur, chose que je ne faisais pas quand j’étais plus jeune. Et quand j’étais minime, j’arrive sur les championnats de Paris. Je fais troisième après avoir perdu en demi-finale et sur ma troisième demi-finale consécutive contre le même gars. Et c’est ça, en fait, que je n’ai pas toléré. Je me suis dit « ce n’est pas possible ». Je l’avais battu une première fois. Je le bats une fois, il me bat deux fois. Le deuxième combat, la première fois où il me bat, il me bat en douze secondes. Alors que moi, je l’avais battu à trois secondes de la fin sur le premier combat. Et en demi-finale des championnats de Paris, il me bat encore. Et là, je me suis dit « non, ça, ce n’est pas possible ». Je ne peux pas le tolérer. Je lui ai dit « tu fais ce que tu veux de moi, mais plus jamais je perds contre ce mec-là, ce n’est pas possible ». C’est ce que tu dis à ton coach ? Ça, c’est ce que je lui ai dit à lui. J’étais minime, je devais avoir 12-13 ans et je lui ai dit « non, c’est impossible ». Et c’est parti de là, en fait. Ce qui est marrant, peut-être pour l’anecdote, j’avais combattu au championnat de Paris en moins de 60 kilos. A l’époque, le championnat de Paris, c’était celui en Ile-de-France qui était considéré comme le moins dense en termes de niveau. Et donc, je fais trois en moins de 60. Et aux Iles-de-France, j’arrive avec 400 grammes de trop. Parce qu’à l’époque, les régimes, je ne connaissais pas. Et je ne jugeais pas pertinent d’en faire. En tout cas, juste faire attention à son poids, sauf que je n’ai jamais été très bon pour ça. Je me suis amélioré par la suite avec. Et je me retrouve à faire deuxième en moins de 66, alors que je faisais 60,3-64. Donc, je me retrouve surclassé de catégorie de poids et à faire une meilleure place que celle que j’avais faite. Comme quoi, l’entraînement et le travail, ça paye. Et ça a été un élément déclencheur pour moi. A l’époque, partir en sport d’études, c’était presque un rêve inaccessible. C’était réservé qu’aux meilleurs. Et avec cette médaille aux Iles-de-France… Vice-champion d’Ile-de-France, ça va, tu faisais quand même partie des meilleurs, du coup. À ce moment-là, oui. Mais ça, je devais être en quatrième quand ça arrivait, donc au collège. Sauf que je me rappelle des années sixièmes, cinquièmes, etc. Sport d’études, c’est incroyable. Mais sport d’études, c’est que le top du top des meilleurs, etc. Jusqu’en quatrième, avant que je fasse cette médaille, c’était encore… Mais c’est vrai que ça a ouvert le champ des possibles d’avoir fait cette première médaille. De voir toutes ces personnes-là autour de soi, en fait, sur toutes les catégories de poids, des podiums, partir en sport d’études. J’ai dit, ben en fait, moi aussi. Et je n’y suis pas parti directement. J’ai voulu terminer le collège dans lequel j’étais. C’était un bon collège avec un bon niveau. Et surtout, je ne me sentais pas prêt à partir directement, en fait. J’avais 13 ans. Ma mère, inconcevable, je pense, de partir directement. Et surtout, mon entraîneur qui me dit, fais encore une petite année au club, ça ne va pas te faire de mal, etc. Je ne sais pas ce qu’il serait passé si j’étais parti en sport d’études dès ma première année. Peut-être que j’aurais moins bien fait. Peut-être que je me serais cramé. Surtout qu’à l’époque, on pensait que le sport d’études, c’était la voie royale. Or, le temps nous a montré, surtout ces dernières années nous ont montré qu’il y a pas mal de personnes qui se sont sorties sans passer par les pôles. Donc, oui, j’y suis allé. De là, ça a déroulé. Première année qualifiée au championnat de France en KD. Derrière, première médaille de l’histoire au championnat de France de mon club. Première médaille aux Îles-de-France de l’histoire de mon club. Ensuite, première médaille au championnat de France. Ensuite, départ en pôle France. Plusieurs médailles au championnat de France par équipe. Championnat de France FSGT, universitaire. Et ensuite, d’autres rêves qui sont créés. Ensuite, une double nationalité qui a joué parce que j’ai tenté ma chance avec l’équipe nationale algérienne pour les Jeux de Rio. Des blessures, des blessures, des blessures, des blessures. C’est un sport qui amène beaucoup de blessures, je trouve. Avis personnel, des blessures qui ont fait beaucoup de mal, mais qui au final rendent plus fort. Parce que la bonne vieille expression, ce qui ne tue pas rend plus fort, est vrai. Mais il faut quand même arriver à capitaliser sur ses échecs ou sur ses difficultés pour que ça rende plus fort. Parce que j’ai connu des gens aussi que ça n’a pas rendu plus fort et au contraire ça a vulnérabilisé. Et ça, je pense que c’est un problème qu’on n’aborde pas assez dans le monde du sport. On commence à l’aborder, je l’entends très souvent maintenant. Ça me rappelle un superbe article d’un ami qui s’appelle Papdoudou Ndiaye, qui était dans ma catégorie de poids à l’époque. On s’est tiré quelques bastons ensemble. Qui lui a eu un parcours superbe, il a fait médaille au championnat du monde junior. Et qui lui parle beaucoup de ses difficultés, de la psychologie, du manque de soutien. Et de l’impact des blessures, du moral, du mental sur le sportif. Je lui passe une petite dédicace s’il l’entend aussi. Son article et son poste étaient vraiment impactants et inspirants. Et je l’ai soutenu à 200% parce que, comme je le disais au début, c’est de l’humain avant tout. Et on a tendance à l’oublier dans une ère où il y a beaucoup d’IA etc. Ça reste de l’humain avant tout à chaque fois. Donc voilà pour la petite histoire.

Ermanno : On pourra revenir un petit peu après sur l’après judo. On va y rester mais avant tu parles de ce côté humain, de ce côté blessure. Et l’impact que ça peut avoir sur le mental. Est-ce que toi à l’époque, parce qu’on l’a compris maintenant tu n’es plus sportif de haut niveau. Tu t’es orienté vers un métier de haut niveau. Mais dans le sport, est-ce qu’à l’époque tu étais accompagné par un staff et notamment un préparateur mental. Ou est-ce que ce n’était pas encore le moment de parler de tout ça ?

Mehdi MEKHNECHE : C’est vrai que la notion de préparateur mental est arrivée un petit peu après. Notamment sur mes dernières années en Pôle France. Parce que j’avais quand même remarqué que j’avais tendance parfois. En fait j’ai eu une période où j’arrivais bien à passer le bloc final. Et j’ai eu quelques compétitions où j’ai bloqué en demi à chaque fois. Et je sais que ça a laissé quelques traces. Et sur mes deux dernières années de Pôle France, il y avait un préparateur mental. En fait il y avait l’entraîneur des Pôles Espoirs. Donc nous on était en Pôle France à Strasbourg. Mais le Pôle Espoirs et le Pôle France s’entraînaient au même endroit. Et du coup l’entraîneur des Pôles Espoirs était aussi préparateur mental. Donc du coup on pouvait de temps en temps aller le voir. Et je pense qu’ils ont essayé de mettre ça en place. Je ne sais pas ce que ça donnait par la suite. Mais du coup régulièrement on était accompagné par ce préparateur là. Et c’est vrai qu’à l’époque je pense qu’on avait tous un peu une vision biaisée de ce que c’est que le préparateur mental. On pensait qu’on allait être accompagné. Un préparateur mental tu le vois parce que tu n’es pas prêt mentalement. Et ça c’est je pense la plus grosse erreur que l’on puisse faire. C’est comme si je te disais tu gères tes comptes sans gestionnaire. Enfin genre…

Ermanno : Tu feras un budget quand tu n’auras plus de sous.

Mehdi MEKHNECHE : Voilà exactement. Alors que ça n’a pas de sens. C’est quand tu as de l’argent, c’est quand tu as du mental que tu dois avoir un préparateur mental. C’est là tout le paradoxe en fait où on se dit un préparateur mental c’est parce que tu n’es pas prêt. Alors que justement c’est parce que tu es prêt que tu vas avoir un préparateur mental. Si tu n’as rien dans la tête tu ne vas pas avoir un préparateur mental.

Ermanno : Oui c’est pour mieux réorienter tes forces. Et là en l’occurrence la préparation mentale pour mieux réorienter tes forces c’est les mettre là où ça va avoir un impact. On parle de la préparation physique, on parle du coach, le préparateur physique. Le coach il est là pour mieux te préparer, pour mieux orienter tes compétences, tes capacités. Tu disais ton premier coach a vu en toi quelque chose qui fait que tu avais les capacités de devenir un grand judoka et il a appuyé là-dessus le préparateur mental. On est un peu là-dessus mais à ton époque c’était beaucoup plus biaisé et c’était tu vas avoir un préparateur mental parce que tu ne vas pas bien.

Mehdi MEKHNECHE : Enfin on avait presque honte d’y aller quoi. On n’était pas fiers d’aller le voir. Le coach j’allais pas dire que c’était un ami mais presque quoi. Dans le sens où il était quand même plutôt jeune. Nous on avait 18, 19 et lui il devait en avoir 26, 27. Donc pas un gros écartage et il était très sympa. Donc il y avait une accessibilité qui permettait, qui facilitait l’approche. Un préparateur mental officiel etc. ou pareil nutritionniste pour perdre le poids etc. Mais pas du tout, pas du tout. Certains qui écoutent ce podcast qui étaient en club avec moi ou en pôle me voyaient faire des régimes. Des régimes sur mes deux dernières années. Je pense que mon colloque il m’a vu faire des régimes de 12 kilos en une semaine et demie. Et qui laisse des traces sur le corps. Dans le sens où on fait des effets yo-yo, on perd 12 on reprend 15.

Mehdi MEKHNECHE : En fait on se rend pas compte que quelques années dans le haut niveau, mal géré et encore j’ai eu de la chance parce qu’au final j’ai plutôt bien géré ma sortie et ma transition plutôt. Mais je sais pas en fait. Je sais pas si c’était si bien géré que ça en fait, je sais pas. Mais en tout cas j’ai réussi à le faire. Et on se rend pas compte des séquelles que ça laisse physiquement sur le corps. Là j’ai les genoux, je me suis fait infiltrer les deux genoux, infiltration PRP en décembre. Parce que tu te blesses plus simplement, plus facilement. Ton corps est plus vulnérable. Encore une fois il y a plein de paradoxes dans le sport. Mais t’es censé être une machine physiquement. Et en fait tu te rends compte que tu deviens vulnérable physiquement plus rapidement.

Ermanno : Moi j’ai remarqué quelque chose avec tous les invités que j’ai pu avoir sur ce podcast et sur d’autres, c’est que vous gagnez énormément en maturité. Tu peux échanger avec des entre guillemets gamins de 20, 25 ans. T’as l’impression que certains ont déjà une bonne quarantaine d’années en termes de maturité, en termes d’expérience. Mais, et tu le dis, ça va aussi de pair avec une fatigue plus rapide, plus accrue au niveau du corps et aussi du mental. Et je suis bien content que maintenant la préparation mentale prenne un peu de l’essor et que ça rentre beaucoup plus dans les mentalités. C’est le cas de le dire. Et que ça permette d’accompagner encore mieux les jeunes sportifs et sportives.

Mehdi MEKHNECHE : Il y a une autre problématique. Même si je pense que l’aspect préparation mentale rentre en jeu, c’est la problématique des moyens. Aujourd’hui, les sportifs de haut niveau n’ont pas les moyens. C’est l’essence même de ce podcast, on va pouvoir revenir dessus.

Ermanno : Mais vas-y, vas-y, je t’en prie.

Mehdi MEKHNECHE : Parce qu’aujourd’hui, se faire accompagner, quel que soit le professionnel par qui tu t’accompagnes, il doit le payer. Dans le judo, on prend rien. J’ai l’impression, c’est peut-être qu’une impression, mais j’ai l’impression qu’aujourd’hui, ça va un peu mieux. On a un nouveau président de la FED, Stéphane Nomis, qui est l’ancien président du Flamme 91, le club dans lequel j’étais licencié.

Mehdi MEKHNECHE : Mais il faut les payer. Le problème, c’est que quand tu vis avec à peine 600, 700, 800 euros par mois, tu vas payer quoi avec ça, mis à part ce que tu vas potentiellement manger, ou pas manger d’ailleurs. C’est un vrai problème, ça. On n’a pas ce luxe, en fait. On ne s’appelle pas Novak Djokovic, ou Teddy Riner d’ailleurs. Bien sûr, il le mérite, on ne revient pas dessus. Ce n’est pas un sport où l’argent coule facilement. Au contraire. Et donc, ça pose d’autres problématiques quand on sait que plus de 70% des sportifs de haut niveau vivent en dessous du seuil de pauvreté. Dixit, on est quand même sur une année olympique. On savait déjà à l’époque que les Jeux olympiques allaient arriver en 2024. Le fait même de se dire que les sportifs de haut niveau français vivent en dessous du seuil de pauvreté, derrière, implique que tu dois faire des choix. Et c’est vrai que préparateur mental, nutritionniste, etc., tu dis ça, ça vient après. Alors qu’en fait, non, ça ne vient pas après. Ça vient en amont. Ça doit venir en amont, oui.

Ermanno : Tu parles justement de cette année olympique, de la difficulté que rencontrent les sportifs et les sportives de haut niveau pour financer leur carrière. À ce micro, j’ai eu plusieurs sportives, d’ailleurs, qui se préparent pour une qualification aux Jeux olympiques, qui m’ont dit, cette année, ça va encore. En année olympique, on a pu trouver deux, trois sponsors qui nous permettent de voir jusque aux JO. Mais après les JO, qu’est-ce qu’il en sera ?

Mehdi MEKHNECHE : Qu’est-ce qu’on fera ?

Ermanno : Est-ce qu’on sera obligés de lâcher notre sport pour se mettre à faire, entre guillemets, je mets bien des guillemets, un vrai travail ? Parce qu’on ne vit plus de sport. Toi, maintenant que tu as entamé ta transition, que tu travailles, que tu as une vie active où tu ne vis plus de ton sport, quel conseil tu pourrais donner, quelques années après, justement, à des petits jeunes qui veulent se lancer là-dedans et qui se demandent, comment je vais financer ma carrière de judoka professionnel, de karatéka professionnel, de tennisman professionnel ? Baquer aux arrières. Faites un budget et voyez un préparateur mental.

Mehdi MEKHNECHE : Baquer vos arrières dans le sens où… Je me souviens, quand j’étais au Pôle, il y avait un ancien qui est venu, qui nous a expliqué, qui nous a dit, voilà, vous êtes sportif de haut niveau, c’est un gros avantage dans votre vie, mais il va falloir bosser, il va falloir baquer vos arrières. Vous ne comprenez pas trop, je me suis dit, je m’en fous, je veux être champion du monde, je veux être champion olympique. Et en fait, tu te rends compte que déjà, la route est longue, ce n’est pas que ton travail et tes efforts, il y a aussi un coup de chance, un coup de bol, mais ça fait partie du jeu. Ça fait réellement partie du jeu. Il y a des concours de circonstances, il y a des blessures. Moi, j’avais pris le parti à l’époque de tout concilier, donc de travailler, de faire mes études, de faire du sport, sauf qu’il y a un moment, ton corps lâche. Il y a un moment, ton corps lâche, ne tient plus, tu ne tiens plus les régimes, tu te blesses de plus en plus et en fait, tu craques. Ton corps craque. Et donc, tu n’y arrives pas, mais malgré ça, j’étais bien content d’avoir fait mes études à côté. Et quand je parle d’études, je parle d’études où je n’ai pas lésigné sur les moyens au niveau des études, donc j’ai fait des bonnes études. Et ça, c’est peut-être la tendance, je me souviens, tu me fais penser à quelque chose, je suis repassé l’année dernière, il y a un an et demi, dans mon ancien pôle à Strasbourg. Et je me souviens, comme si c’était hier, d’avoir posé la question, mais parmi vous, qui pense être champion olympique ? Sur 50 gamins, il y en a un qui a levé la main. Chez les autres, vous comptez faire quoi ? Vous savez ce que vous allez faire ? Et donc, au final, il y en a un qui vient me voir après ça, un peu curieux, qui me dit, en fait, t’as raison, ce que tu viens de me dire, ça a fait un petit déclic, je ne sais pas trop quoi faire, etc. Le mec, il était en filière S, il avait 16 de moyenne, il voulait aller en BTS. Alors, je ne dénigre pas du tout les BTS, mais quand on a des capacités de haut niveau, que ce soit dans le sport ou dans les études, surtout quand on a des capacités de haut niveau, et qu’on est sportif de haut niveau, donc on a baigné dans cette mentalité, dans cette culture, on va dire, de l’élitisme du numéro 1, etc. On ne peut pas se contenter d’aller faire ça. On ne peut pas se contenter d’aller faire ça. C’est impossible. Mais le fait même qu’il ne sache pas ce qu’il y a derrière la porte du baccalauréat, c’est un problème. Et je le sais aussi, le monde du sport ne pousse pas les athlètes à aller chercher médecine, à aller chercher… Voilà, ils cherchent STAPS, les trucs qui se concilient facilement avec le sport. Non, non, non, non, non. S’il veut aller chercher le haut niveau, au final, aujourd’hui, il est en BBA à l’OM Lyon, il a plus de chances d’assurer ses arrières. Il ne va peut-être pas finir champion olympique, mais il va finir avec un bon job. Et je le dis parce que c’est important de le dire, et certaines personnes comprendront ce que je vais dire parce que je sais qu’ils ont déjà entamé cette transition. Le haut niveau, ça existe aussi dans le monde professionnel. Je vous le dis, il y a des préparations, il y a l’aspect mental qui rentre en jeu, il y a la ténacité, il y a l’abnégation. On peut faire des métiers de très très haut niveau, avec des niveaux de pression que le commun du mortel ne peut pas assumer. Et ça, ça fait partie aussi du jeu. Et c’est vrai que, tu parlais de maturité, l’avantage d’un sportif de haut niveau, c’est qu’il a fait une carrière avant une carrière. Donc, un sportif de haut niveau arrive à ressentir, à comprendre des ressentis de PDG, de CEO, de 6-8, arrive à ressentir les phrases, les expressions, les sentiments qu’ont exprimés des gens qui ont fait 25 ans d’expérience, ils vont réussir à les ressentir. Pourquoi ? Parce qu’ils ont déjà fait face à la diversité, à la compétition, à la défaite, à l’échec, qui fait partie du processus de réussite. Parce qu’on ne peut pas ressentir la douceur et le goût d’une victoire si on n’a pas goûté celle de la défaite avant. En tout cas, on ne la savoure pas de la même manière. Et ça, n’importe quel sportif qui va m’entendre, il le sait. Le goût de la victoire après avoir connu les défaites, c’est pas comparable. C’est pas comparable.

Ermanno : Tu ne peux pas toujours manger dans une cuillère en argent et après arriver dans une cuillère en aluminium et comprendre le bienfait que c’était d’avoir mangé dans une cuillère.

Mehdi MEKHNECHE : Et retrouver ensuite la cuillère en argent, c’est bon. C’était bon ça ! Donc n’importe quel sportif le reconnaît, on l’a tous ressenti après avoir perdu cruellement sur un championnat de France, l’année d’après d’aller le gagner. Aller chercher la médaille, la breloque, quand on retrouve le podium, on dit…

Ermanno : Tu en parlais tout à l’heure, ce qui a été le déclencheur chez toi, quand tu es allé au championnat de Paris. Première victoire où tu gagnes à 3 secondes de la fin du combat et ton adversaire qui apprête à laminer sur les deux prochaines rencontres. Lui, il a compris la saveur de cette victoire après sa défaite.

Mehdi MEKHNECHE : Les 12 secondes… Ah ça, il… Théo Roussel, je dis son nom, je drop son nom. D’ailleurs, il ne le sait pas, je ne sais pas s’il le sait, mais c’est quand même lui qui a déclenché derrière le parcours que j’ai pu avoir. Mais ce qui est aussi fort, et je pense que je parlais des moyens dans le sport, le peu de moyens, mais le sport est quand même un élévateur social. Il faut le dire. Moi, j’ai grandi dans un milieu précaire et le sport m’a permis de découvrir de nouvelles horizons. Il m’a permis de me dire que j’avais les moyens de faire, il m’a permis d’ignorer l’avis des gens, l’opinion des gens et m’a fait dire, ok, en fait, si tu le veux, c’est possible. Et moi, ce que je voulais, et je pense aussi que il faut comprendre quels sont les drivers de chaque personne, quels sont les motivateurs de chaque personne, parce que moi, ce qui m’importait le plus, c’était sortir ma famille et ma maman des situations précaires que l’on a pu connaître. Et c’était ça, mon vrai driver. Et au début, en étant plus jeune, je pensais que c’était en étant champion du monde et champion olympique que j’atteindrais cet objectif-là. Malheureusement, la réalité de mon sport fait que j’ai connu des champions olympiques durant mon parcours au haut niveau, j’ai connu des champions olympiques qui touchaient le chômage et qui touchaient le RSA. Donc, en fait, j’ai compris que c’est pas à travers… Et je pense que c’est un indice, c’est un… Quand on connaît bien, en fait, quand on commence à bien se connaître et avec un peu de recul, ça a peut-être déclenché quelque chose chez moi qui m’a dit, OK, en fait, il va falloir que tu trouves ce qui va te faire atteindre ton objectif, parce que là, ton objectif, tu vas pas y arriver, là, si ça continue. Et je pense que raccrocher des études, des bonnes études, en parallèle, m’a permis de me rassurer un petit peu. Donc, élévateur social dans le sens où on arrive à connaître plus de gens, on arrive à sortir des zones dans lesquelles on vit, on arrive à rencontrer des gens de classes différentes, parce que quand t’es en pôle, en fait, peu importe d’où tu viens, ce qui importe, c’est ton niveau, et on se rend compte que dans la vie, c’est pas toujours le cas, mais de le savoir, ça permet d’avancer.

Ermanno : Oui, quand t’es en pôle, vous êtes un petit peu tous sur le même pied des stades, l’objectif, c’est de monter sur la boîte, et si possible, la première marche, mais finalement, c’est un peu comme les vertus que pouvait avoir le service militaire. Quand on le faisait encore, on arrivait tous là, qu’on soit fils d’eux ou juste venir du caniveau, on se retrouvait tous là, on avait tous plus ou moins les mêmes chances à la sortie du service militaire, et ça déclenchait certaines choses chez les gens. Toi, justement, tes origines, et puis cette confrontation avec Théo Roussel, que t’as battu une première fois, après qu’il t’a laminé les deux fois d’après…

Mehdi MEKHNECHE : S’il entend le podcast, il va se dire, mais putain, mais qu’est-ce qui se passe ? Écoute, Théo, si tu nous écoutes,

Ermanno : contacte-moi, ça me ferait plaisir d’avoir ta version des faits.

Mehdi MEKHNECHE : Théo, je te remercie.

Ermanno : Toi, ça t’a permis de débloquer quelque chose chez toi, au niveau sportif. Après, tu viens de nous le dire, cette expérience, notamment en Pôle France, ça t’a permis de débloquer autre chose chez toi, de faire des études de haut niveau, et après de te lancer dans une carrière professionnelle de haut niveau. Est-ce que, quand tu t’es rendu compte, justement, que c’est pas avec le sport que tu atteindrais tes objectifs, et notamment de faire de l’argent, de sortir ta famille de la précarité, est-ce que c’est ça aussi qui t’a poussé à te relancer dans tes études, mais surtout à laisser le sport de côté, à te reconvertir ou à transitionner vers la vie active professionnelle ?

Mehdi MEKHNECHE : Il y a eu deux choses. Blessure, donc mettre fin à des ambitions olympiques, qui a été très très dur d’accepter, parce qu’on grandit avec ça, en fait. Parce que, n’empêche que, on réalise peut-être, après 15 ans, que c’est pas le sport qui va mettre le pain dans ta bouche, ou en tout cas pas forcément, mais n’empêche que pendant 15 ans, t’as rêvé d’être champion du monde ou champion olympique. Et il faut l’accepter, que ce ne sera pas le cas. Donc au final, ça a été super dur, très dur de l’accepter, mais en même temps, il y avait une petite voix dans ta tête qui te dit, en tout cas qui doit te dire, et qui au bout d’un moment finit par vraiment te le dire, il va falloir que tu te ressaisisses, parce que là, ça ne s’arrête pas. T’es qu’au début du chemin, en fait. Et donc, à partir de là, t’essaies de comprendre comment je peux capitaliser sur tout ce que j’ai appris, parce que c’est pas perdu, au contraire. C’est gagné, en fait. C’est à moi, c’est bon. Les titres que j’ai eus sont à moi, les expériences que j’ai eues, les rencontres que j’ai eues, tout ça c’est à moi. Personne ne me les enlèvera. Les médailles que j’ai, on ne me les enlèvera pas. Mais voilà. On ne m’enlèvera rien du tout. Donc, tout ce que j’ai, je l’ai. Comment je compose avec ? Et donc, c’est vrai que avoir compris que je n’atteindrai pas mon objectif final le tout dernier, c’est-à-dire être bien financièrement, te pousse, en fait, à prendre des choix. Et au final, ces choix, tu ne peux pas les regretter, même s’ils mettent fin à des ambitions que tu avais ou que tu as toujours eues. Parce que l’objectif n’est pas de réaliser tes ambitions. L’objectif, c’est d’atteindre l’objectif. C’est d’aller chercher ton titre à toi. Et c’est pour ça, d’ailleurs, que la thématique « champion de sa vie », pour moi, marchait et fonctionnait super bien parce qu’être champion, c’est bien, mais être champion d’une autre vie ou de quelque chose qui n’est pas la consécration ultime pour toi, ça ne sert à rien au final. C’est être champion de sa vie qui compte. Et donc, le comprendre permet, en fait, de plus facilement mettre de côté des échecs. Et ça, j’avais… Quand je me blesse en 2015, j’avais 21 ans. Qu’est-ce que tu sais de ça, en fait ? À 21 ans, tu as du mal à comprendre, tu as du mal à concevoir ces choses-là, donc tu te renfermes un peu sur toi-même. Et c’est ça que je dis, 21 ans, 22 ans, quand tu passes à travers ce genre d’épreuves, derrière, il y a peu de choses qui arrivent à te toucher. Et la plupart des gens que je commence à côtoyer vraiment dans le monde professionnel rencontrent ces moments de difficulté-là maintenant, donc la trentaine, à 30 ans. Je ne les ai pas encore, mais ceux que je côtoie ont 30 ans. Mais voilà, enfin, comment ça connaît l’adversité, la difficulté ? Je sais que dans ce processus-là de compréhension de mon environnement, ma compagne m’aide beaucoup à comprendre parce qu’elle a fait un parcours plus classique. Et quand moi, je ne comprends pas la méthodologie ou la façon de réfléchir de certaines personnes, elle me le traduit en disant « N’oublie pas que telle personne est pas… » Le parcours classique, c’est pas le parcours d’un sportif. Et on arrive dans un environnement à très facilement détecter ceux qui sortent un peu du lot, ceux qui ont eu des parcours atypiques, ceux qui ont des parcours particuliers, de ceux qui sont dans le moule, voilà, je suis aujourd’hui dans une ligne professionnelle où la plupart des gens sont sortis de prépa, HEC, et donc eux ont connu leurs difficultés à leur manière, mais c’est quand même un moule déjà préfait où les gens passent de bloc à bloc et moi j’arrive de manière disruptive comme ça de nulle part. Et donc, forcément, je vais pas reprendre ce qui ne tue pas en plus fort, mais je vais plutôt dire, ce qui à la base peut être une faiblesse, si t’arrives à le dompter, à le dominer, devient vraiment une force. Parce que mon parcours, que ce soit précaire, que ce soit dans l’adversité, que ce soit parfois un peu plus long, que ce soit les blessures, etc., aujourd’hui je capitalise dessus à fond. Aujourd’hui je capitalise dessus à fond, c’est-à-dire que quand on est proche d’une deadline et que tout le monde commence à paniquer, non, il n’y a pas de panique. Au pire des cas, on va mourir. Personne ne va mourir ici. Au pire des cas, c’est perdu.

Ermanno : Au pire, on décale un peu la deadline, et puis voilà.

Mehdi MEKHNECHE : C’est ça. Là où c’est infaisable ou inenvisageable pour d’autres personnes. Alors je ne dis pas qu’il ne faut pas respecter ces deadlines, mais ce que je veux dire, c’est plus qu’il faut voir qu’est-ce qui est important. Et même dans notre parcours professionnel, il y a des échéances où je me dis que ça, c’est important, et ça, on ne peut pas le rater. Et en fait, c’est tout l’art de ne pas céder à la pression, à la mauvaise pression, celle qui va plus nuire à ton activité, à ce que tu fais, plutôt que à celle qui va te galvaniser et te permettre de générer de l’adrénaline en toi. Et d’aller au bout

Ermanno : d’un combat, au bout d’une compétition, ou, comme tu dis, au bout d’une compétition professionnelle, parce que ce parcours du sportif de niveau, il existe aussi dans le monde professionnel. C’est ça.

Mehdi MEKHNECHE : Ah non, mais clairement, on le voit bien, je l’ai compris. Et je pense que c’est quand même quelque chose qui m’a fait plaisir, parce que quand t’arrêtes le sport de haut niveau, c’est dur. Parce qu’il faut le dire, quand on a grandi dans un environnement sport de haut niveau, Pôle Espoir, Pôle France, les classes spécialisées, etc., on est toujours un peu spécial. On est toujours considéré différemment, on a toujours des petits avantages, on a toujours des petits passe-droits, etc., et du jour au lendemain, tu les as plus. Tout s’arrête. Tout s’arrête. Quand je dis

Ermanno : tout s’arrête, c’est… Tu perds ton titre de noblesse et tu redeviens un citoyen…

Mehdi MEKHNECHE : Païen. Alors vraiment, là, pour le coup, tu redeviens personne dans le sens où les subventions s’arrêtent, les revenus chutent, l’entourage disparaît, les amis… Enfin, ça dépend lesquels. Il y en a qui… T’arrêtes un sport, donc tu ne viens plus aussi souvent, donc forcément, il y en a qui prennent moins de nouvelles de toi. Les entraîneurs, l’accompagnement psychologique, physique, etc., médecin, kiné, ostéo, tout ça disparaît. Mais du jour au lendemain. Donc, t’es moins entouré, en fait. Tu te sens moins considéré. Et c’est peut-être ça, le mot. Considéré. Tu te sens moins considéré. Et ça, ça fait mal. Parce que tu penses être considéré pour ce que tu es, alors qu’en fait, tu es considéré pour qui tu es, ce que tu représentes dans le système. Quand t’es sportif de haut niveau, tu représentes une chance de médaille, quelle qu’elle soit, en fait. Et donc, du coup, t’es considéré parce que tu vas permettre à d’autres personnes, une fédération, un entraîneur, un club, à atteindre des fins. Mais quand tu n’es plus dans ce système-là, tu ne leur sers plus à rien. Et c’est là, en fait, que tu te rends compte qu’il va falloir que tu te fasses toi. Parce que, à un moment, le savoir, c’est important. Parce que même si tu décides de rentrer dans ce système-là, parce que le monde professionnel, c’est la même chose. Que tu sois indépendant ou que tu sois salarié, tu fais, tu permets à des collaborateurs ou à des collègues ou des supérieurs d’atteindre des fins. Mais quand tu le sais, c’est différent. Parce que tu peux dire non plus facilement. Je veux dire, je t’emmerde. Je ne sais pas si je peux parler comme ça.

Ermanno : C’est roulible, tu fais ce que tu veux. Ça m’inspire une réflexion. Est-ce que du coup, tu pourrais revenir un petit peu avec nous sur les apprentissages encore plus, que t’ont apporté le sport de niveau dans le monde professionnel et peut-être inversement. Imaginons qu’on est dans un monde parallèle, un monde magnifique où là maintenant, tu vas commencer ton nouveau job dans quelques jours dans un nouveau pays et puis tu peux redevenir Mehdi Meknech, le judoka de haut niveau et tu peux repartir en quête

Mehdi MEKHNECHE : d’un

Ermanno : tournoi olympique. Qu’est-ce que tu penses que le monde professionnel…

Mehdi MEKHNECHE : Arrête ça, arrête ça.

Ermanno : Je t’ai mis quelques étoiles dans les yeux là. Qu’est-ce que tu penses que le monde professionnel t’a apporté dans ton statut, dans ton histoire sportive de haut niveau ce que t’as apporté dans ton monde professionnel ?

Mehdi MEKHNECHE : Je vais prendre tes questions par étape. Si on était dans un monde parallèle et que je pouvais aussi à côté reprendre une activité à haut niveau, je serais beaucoup plus apaisé parce que j’ai pu me montrer ce que j’étais capable de faire dans le monde professionnel, un monde qui lui me permet de manger. Je reviens juste sur ce que t’as dit.

Ermanno : Tu as dit, j’ai pu me montrer, c’est-à-dire pas montrer aux autres. C’est me montrer à moi ce que je suis capable de faire dans ce monde professionnel.

Mehdi MEKHNECHE : Me montrer à moi et une fois que je me suis montré à moi, je peux dire maintenant que je me le suis montré, je peux le montrer aux autres. Oui parce qu’à un moment, c’est les autres gens qui te payent. Donc il faut montrer à un moment à quelqu’un. Ce que je veux dire, c’est que t’as des achievements, t’as accompli des choses. Je pense que c’est important parce que c’est générateur de confiance. Parce que quand tu viens de nulle part et qu’en plus tu vois que ce que tu fais depuis des années n’est pas ce qui va te faire manger, à un moment tu te dis il va falloir que je trouve le truc là. Il va falloir que je le trouve, il va falloir que je montre que j’ai le niveau. Et en plus de ça, un parcours sportif de haut niveau te fait prendre du retard en termes d’années. Et donc il y a un moment, tu dois un, rattraper ce gap et deux, aller chercher ton objectif. Et je pense que si aujourd’hui je reprenais le sport, je le reprendrais plus sereinement. Pourquoi ? Parce que je me dis ok, ça va être difficile financièrement, mais j’ai déjà ça sur mon CV en fait. Donc je peux revenir, quitte à perdre une petite année ou deux, je peux revenir. C’est différent, mais ça n’a pas du tout le même impact.

Ermanno : La même saveur, pour revenir sur ce que tu disais tout à l’heure. La victoire après la défaite, ça n’a pas la même saveur.

Mehdi MEKHNECHE : C’est ça, tu viens plus apaisé là. Il y en a qui avaient besoin de chacun avait un objectif bien propre à lui-même. Chacun a un objectif bien propre à lui-même. Et moi je sais que comme mon objectif à moi c’était être bien dans la vie financièrement et du coup pas que moi mais aussi mon entourage, l’idée de ne pas faire vivre par exemple à mes enfants ou à ma famille ou à ma femme les mêmes situations que j’ai pu connaître plus jeune. Le fait de savoir que ce n’est plus le cas, d’autres c’était des points différents, d’autres c’était lié à des parents, à une légacie, un héritage. Chacun avait son point. Moi c’était celui-là. C’est pour ça que je ne veux pas rendre universel ce que je suis en train de dire, dans le sens que ce n’est pas applicable à tout le monde. C’est-à-dire que j’ai réussi à me prouver à moi bien proprement, oui. C’est vrai que c’est plus apaisant. J’ai réussi à me prouver à moi et à prouver au marché que j’avais ma place à ce niveau-là. Et là tu te dis je peux remettre les pieds dans le tas. Peut-être un peu comme Nico on en parlait tout à l’heure, il a fait une pause et maintenant il reprend le judo et il a réussi à montrer qu’il était capable et à montrer au marché, à la communauté qu’il était capable d’avoir ce niveau-là. A chacun son degré. Ce que j’aime beaucoup c’est que les jeunes de maintenant prennent plus conscience des difficultés de nos difficultés qu’on a pu avoir. Moi je sais que il y a des jeunes que je considère vraiment beaucoup, comme par exemple Nina qui est judoka, qui a fait Brittany, qui a fait Strasbourg, qui a fait l’INSEP qui s’inspire des anciens. Et je sais qu’on a une très belle relation lui et moi parce que quand il est sorti de Strasbourg j’ai tenu à l’accompagner, à lui dire tu vois là tout ça, tu le fais pas. Fais pas ces erreurs là. Fais ci, fais ça, viens là d’abord ensuite va là, va là, parce que moi j’aurais voulu qu’on me le dise. Moi j’ai dû tâtonner et trouver tout seul. Et ça c’est dur parce que tu sais pas en fait si tu vas dans le bon ou en tout cas tu vas dans ce qui te semble être le mieux. Mais personne n’était là pour me dire ah non mec, là l’école dans laquelle t’es elle est nulle. Je sais pas genre tu suis les pauvres classements que tu vois et en fait à un moment tu te rends compte que non en fait je pense pouvoir aller plus haut je pense pouvoir chercher mieux, je pense pouvoir dépasser en fait certaines limites que l’on m’a fixées et tu reproduis un modèle et c’est là en fait je voulais parler de ça pour revenir sur ta question initiale qui était quels sont les enseignements que tu tires du sport ? Bah c’est ça en fait. C’est beaucoup plus simple maintenant pour moi d’aller repousser mes limites qu’avant. Avant t’avais un consensus autour de toi que ce soit un corps médical ou un corps parental ou d’adultes en fait qui fixent ses limites pour toi et t’es censé y croire parce que eux sont grands et toi t’es petit donc par défaut tu penses qu’ils ont raison alors que non ils n’ont pas raison et pour être honnête la plupart du temps ils n’ont pas raison Ma mère que j’aime plus que tout, qui le sait très bien avait beaucoup d’opinions et d’avis qui étaient erronés qui n’étaient pas bonnes en pensant bien faire pour moi que je n’ai pas écouté et qu’au final ont été un salut pour moi Petite anecdote quand j’étais en seconde je suis passé en première S alors que moi je voulais faire une ES les professeurs ont décidé que je n’avais aucun avenir en ES et m’ont fait passer en S parce que j’avais de très bonnes notes dans les matières scientifiques j’étais pas d’accord parce que moi c’est pas ce que je voulais faire ma mère rêvait que d’une chose c’est que je sois médecin donc S c’est ce qu’il faut faire et donc les professeurs m’ont réorienté en S et pour faire appel il faut l’accord des parents et donc il y a eu une sorte de petit complot derrière mon dos qui a fait que je me suis retrouvé en première S alors que moi je voulais faire ES résultat qu’est ce qui s’est passé je termine ma première S je peux passer dans la classe suivante et moi je dis c’est simple soit je passe en première ES soit j’arrête l’école et donc au final j’ai perdu un an gratuitement alors que moi c’est pas ce que je voulais faire regarde aujourd’hui j’ai eu mon bac avec mention bien 15-6 je me suis régalé j’ai tout déchiré derrière j’ai fait une école puis une deuxième puis une troisième et aujourd’hui je suis vraiment dans le conseil en strat fallait m’écouter dès le début en fait ça aurait été plus simple

Ermanno : t’aurais gagné un an mais comme tu disais c’est peut-être comme le sport études tu disais que t’avais pas voulu faire la première année de sport études au collège et on sait pas ce que ça aurait donné est-ce que tu serais blessé avant est-ce que t’aurais progressé plus vite on saura jamais on peut pas refaire l’histoire et là cette année que t’as fait en plus

Mehdi MEKHNECHE : tu voulais pas la faire

Ermanno : mais peut-être qu’elle t’a permis aussi de gagner un an en maturité peut-être qu’elle t’a aussi assis le socle des compétences qu’on acquiert en première que ce soit en ES ou en ES et qui t’a permis après de t’exprimer ton plein potentiel en ES et peut-être aussi te consacrer un peu plus au judo cette année là puisque t’avais déjà vu le programme de première

Mehdi MEKHNECHE : je me fais l’avocat du diable mais c’est vrai c’est vrai c’est complètement vrai d’ailleurs c’est l’année où j’ai le plus performé l’année où je suis passé en première ES mais il y a eu un aspect psychologique qui était long j’ai passé 5 ans au lycée donc en lycée c’est long je peux te dire que c’est long parce que quand t’arrives normalement c’est 3 ans, quand t’arrives à ta 3ème année tu te dis je suis à la moitié j’ai cru ne jamais sortir du lycée Pasteur j’ai cru ne jamais en sortir mais ce qui est vrai c’est que ça m’a permis surtout de savoir ce que je ne veux pas et c’est hyper important de savoir ce que tu ne veux pas tout comme c’est hyper important de savoir ce que tu ne peux pas c’est hyper important savoir ce que tu ne peux pas faire il faut connaître tes limites parce qu’il faut connaître ses limites pour aller les repousser si tu penses si tu te persuades que tu es capable de le faire alors qu’en fait non tu vas aller chercher des limites encore plus haut tu vas te cramer et tu vas te tomber donc savoir ce que tu ne veux pas c’est aussi important que savoir ce que tu ne peux pas faire je ne peux pas être dans ce rétoile je ne peux pas et je ne veux pas c’est bien c’est aligné ça m’a permis d’asseoir ce socle là mais n’empêche que le résultat et je pense que c’est l’enseignement le plus important que j’ai tiré moi durant toute ma vie c’était les gens pensent avoir raison sur toi mais en fait il n’y a que toi qui sais ce que tu es capable de faire et ça j’en parlais dans mon talk il n’y a que toi qui sais ce qu’il y a à l’intérieur de toi que toi qui es capable de dire ok ça je peux ça je ne peux pas les gens aussi proches qu’ils puissent être ne peuvent pas savoir ce que tu as en toi comme ressource comme réserve mais toi tu ne te surprendras pas c’est à dire que moi quand j’ai ce que j’ai je ne suis pas surpris je peux être content mais ce n’est pas pareil que d’être surpris je ne suis pas surpris parce que je le savais je m’étais fixé cet objectif là les autres oh mais c’est incroyable pourquoi c’est incroyable parce qu’ils pensaient que je n’y arriverais pas donc si tu te mets à les écouter un si tu n’y arrives pas tu vas leur donner raison et en plus de ça si tu n’y arrives pas tu ne peux pas leur en vouloir tu vois moi quand je réussis quelque chose où les gens me disaient ah tu n’y étais pas capable je ne peux pas dire t’as vu t’as vu je n’y arriverais pas je m’en fous ils l’ont compris je n’ai pas besoin de leur dire ils l’ont compris ils le voient mais ça te fait surtout comprendre quelque chose et moi je l’ai compris très jeune parce que ça arrivait très jeune j’écoute plus que les gens je m’en fous et je vais même aller plus loin ça me motive encore plus quand quelqu’un me dit ah ouais mais non tu n’y arriveras pas ah j’y arriverais pas ah ben on verra et aujourd’hui l’étape que je suis en train de passer il y a deux ans dans mon école des professionnels de l’école qui gérait un track en stratégie m’a répondu que tu n’as pas le profil pour y rentrer et ben voilà j’ai noté et deux ans après j’y rentre

Ermanno : donc chers professionnels de l’école si tu nous écoutes toi aussi

Mehdi MEKHNECHE : tu me le donneras en off et je lui enverrai

Ermanno : super écoute Mehdi on avance je ne veux pas te prendre trop de temps comme je te le disais en off j’ai une petite surprise pour toi je voudrais avec toi inaugurer une nouvelle catégorie du podcast c’est les questions des anciens invités qui viennent du même sport que toi tu parlais de Nico tout à l’heure tu fais référence à Nicolas Bifo que j’ai reçu dans le podcast et d’ailleurs son épisode a été publié le 31 décembre pour bien finir l’année 2023 il a une question pour toi

Mehdi MEKHNECHE : là Nico t’es en train de faire de c’est chaud là ce que t’es en train de me demander l’année que j’ai passée à Bretigny a certainement été l’année la plus folle que j’ai passée dans le sport et pourquoi il me pose cette question parce qu’il sait très bien que c’est des zinzins on était des zinzins pour donner un petit point sur ma classe on était 19 redoublants

Mehdi MEKHNECHE : 26 redoublants ou 25 redoublants et 19 conseils de discipline mais je peux te dire que l’envers du décor des chiffres que je te donne c’était un bordel et une ambiance de malade et je pense que mon plus beau souvenir ça se bagarre là allez je vais sortir des sentiers battus je vais pas te dire ma première médaille en championnat de France parce que normalement c’est ça parce que j’en ai pleuré c’était des émotions de fou je vais plus sortir un point d’ambiance c’était les soirées les soirées à foutre le bordel dans l’internat mais ça c’est des souvenirs que je garderai toujours dans ma tête parce que j’ai jamais autant rigolé de ma vie que cette année là ça a été très dur parce qu’il y a eu des moments très difficiles des blessures etc non Nico l’ambiance dans l’internat c’est trop c’est pas possible

Ermanno : il y a un truc qui me choque

Mehdi MEKHNECHE : tu parles de

Ermanno : foutre le bordel à l’internat mais dans le judo il y a les valeurs du respect

Mehdi MEKHNECHE : on se respecte c’est le bordel c’est à dire que quand on se retrouve pas moi on se retrouve devant le fait accompli qu’on va se faire punir ou sanctionner parce que j’ai été viré de l’internat à la fin mais j’étais déjà médaillé au championnat de France donc je m’en foutais pour ceux qui m’entendent je le répète je m’en foutais tu restes respectueux moi j’ai jamais haussé le ton face à des profs parce que j’ai été éduqué comme ça et parce que c’est notre sport et parce que derrière on prenait cher et puis Nicolas Motion m’aurait défoncé mais n’empêche que c’était le zoo c’était le zoo on dormait il y avait des surveillants qui faisaient des rondes on les rendait malades ah oui j’ai un très bon souvenir les petits ponts massacreurs les petits ponts massacreurs c’est un concept qui est très simple c’est tout le monde qui joue avec une balle et si un gars prend un petit pont il se fait massacrer par toute la cour et je peux te dire que quand tu fais ça à Bretigny où il y a le pôle espoir de judo le pôle de foot et le pôle de rugby les petits ponts massacreurs ça massacre et puis accessoirement t’es à Bretigny au milieu du 91 avec des gens qui viennent de partout de banlieue parisienne les petits ponts massacreurs ça va très vite très loin ah oui et les baptêmes d’anniversaire moi je sais que le 26 mai le jour de mon anniversaire je sais pas si c’était comme ça chez toi à Bretigny je sais pas si c’était pour toi Nico nous à notre époque le jour de ton anniversaire tu te faisais défoncer donc il fallait me prendre congé ou être malade moi j’étais pas là le 25 je rentre chez moi je reviens le 27 en plus moi je suis de fin d’année fin d’année scolaire j’ai démonté tout le monde on a fait les pires crasses à certaines personnes il y en a qui ont pris des seaux d’urine dans leur lit moi arrivé à la fin comme ça j’allais prendre tarif je viens pas c’est simple je ne viens pas et d’ailleurs Sina si t’entends ça ça c’était aussi toi pour toi à ta génération parce que je pense que t’es de la même génération que Nico ou peut-être une génération avant mais je vous souhaite c’était pas aussi pire que nous parce que je sais que nous il y a eu une grande refonte dans le Pôle Espoir après notre année et les gens ont entendu parler quelques années après de notre génération parce que ça a été une honte

Ermanno : bon on retiendra donc comme meilleur moment au Pôle de Bretigny les petits ponts massacrés j’ai une autre question pour toi cette fois-ci qui vient d’une athlète, une judocate Anne Fatou

Mehdi MEKHNECHE : voilà sa question

Ermanno : on en a déjà un petit peu parlé tout à l’heure mais est-ce qu’il y en a une autre qui te vient cette fois-ci avec la question posée par Anne Fatou

Mehdi MEKHNECHE : ça c’est Anne Fatou plus professionnelle, plus posée ça c’est vraiment elle alors très bonne question je pense que c’est la bénégation la persévérance, rien lâcher c’est quelque chose qu’on développe très rapidement on n’a pas le choix de le développer très rapidement dans le sport parce que sinon tu vas nulle part tu fais aucune médaille, tu fais rien du tout mais qui est beaucoup plus difficile à percevoir parce que le sport c’est toi le monde professionnel c’est toi et les autres et quand je dis je parle d’humain c’est là où ça se joue et je pense que la bénégation et la persévérance, le fait de rien lâcher ça a peut-être un point plus lié au judo le judo c’est le sport individuel le plus collectif que je connais c’est simple parce que tu travailles pour toi mais tu ne peux pas travailler pour toi si tu ne fais pas travailler les autres et je pense que c’est le point que j’ai le plus gardé et qui m’a fait le plus penser à l’humain c’est que si tu ne fais pas monter en compétence les autres, tu ne monteras jamais toi ou tu ne pourras pas bien monter toi si tu t’amuses à garder tous tes secrets toutes tes techniques pour toi et que tu ne les partages pas avec les autres de peur de leur donner tes techniques eux ne développeront jamais un moyen de te contrer et toi tu ne développeras jamais un moyen de contrer leur contre et de devenir encore plus fort si tu ne fais pas monter en compétence les gens à côté de toi si tu ne prends pas le temps de comprendre les forces et les faiblesses et les drivers de chacun tu n’arriveras jamais à aller loin tu monteras vite mais tu auras un plafond de verre parce que tu n’auras pas fait monter toute une cohorte avec toi à développer leur meilleur niveau donc je pense que c’est ça c’est faire attention à l’humain et aux gens autour de toi les partager avec eux rien lâcher même si tu perds, même si ça marche pas même si tu te fais lourder de ta boîte même si tu te fais détester par plein de gens c’est pas grave parce que tant que tu gardes cette philosophie les gens qui t’adoreront à côté partager et rien lâcher c’est très bien c’est super

Ermanno : Mehdi j’ai encore deux questions pour toi la première je la pose à tous les invités si on retournait dans ce monde parallèle et tu pouvais revenir te mettre à côté du petit Mehdi qui va découvrir le judo tu sais celui où maman te dit je veux que tu fasses un sport mais t’es un petit peu mou donc un sport peut-être de combat mais un sport qui soit pas en plein air donc je vais t’emmener au judo t’arrives là, toi tu voulais pas et toi le Mehdi de maintenant t’es à côté de ce petit Mehdi qu’est-ce que tu crois que le petit Mehdi de 4-5 ans dirait en te voyant en sachant tout ce que t’as accompli et là où tu en es aujourd’hui

Mehdi MEKHNECHE : qu’est-ce que lui te dirait à toi

Ermanno : qu’est-ce qu’il penserait de toi

Mehdi MEKHNECHE : je serais super fier il dirait mais je fonce, j’y vais parce que je pensais que ta question c’était qu’est-ce que je lui dirais qu’est-ce que lui me dirait s’il avait un film de tout ce qui a été fait il foncerait il foncerait encore plus et j’espère qu’il aura bien regardé l’histoire de sa vie future pour du coup être meilleur encore et foutre encore plus le bordel à l’internat aussi parce que quitte à être viré autant vraiment foutre le bordel parce que je savais pas que j’allais être viré moi quitte à prendre cher jusqu’au bout à bien prendre cher

Ermanno : et puis dernière question où est-ce qu’on peut te suivre où est-ce qu’on peut rentrer en contact avec toi si on veut en savoir encore plus si on veut découvrir ton fameux triangle

Mehdi MEKHNECHE : des Bermuda c’est un bon truc que tu me dis parce que là j’avais pensé à publier moi cette vidéo et en fait le truc qui m’a le plus empêché de la publier c’était que sur 17 minutes j’avais la flemme de faire les sous-titres sauf que maintenant il y a de l’IA qui fait les sous-titres pour toi donc je vais la publier je vais me faire un compte YouTube donc je vais travailler la vidéo et ensuite je vais la publier mais je vais aussi couper des extraits et mettre sur Linkedin et différents supports mais ouais Linkedin déjà premier support où on peut me retrouver mais aussi pour ceux qui sont judokas il y a Instagram et YouTube bientôt ok super

Ermanno : nous on mettra ça de toute façon dans toutes les notes de l’épisode j’avais donné un challenge à Nico Bifo qui se lance aussi dans la création de contenu avec une chaîne YouTube, je lui avais dit que je publierais le podcast uniquement une fois qu’il aurait publié 2 vidéos donc je te donne le même style de challenge je publierai ce podcast quand t’auras publié ta vidéo sur ton compte YouTube, ça marche ?

Mehdi MEKHNECHE : ok j’ai pas le choix ah voilà maintenant

Ermanno : t’as un objectif, merci beaucoup Mehdi pour ce moment qu’on a passé ensemble bon courage pour la suite, bonne continuation bon voyage pour ton nouveau boulot et puis on suivra avec attention la suite et moi je reste accroché à ton talk sur la méthode Bermuda, sur le cercle des Bermuda ça m’a beaucoup inspiré

Mehdi MEKHNECHE : on sait pas que ça allait faire autant 3 ans après

Ermanno : et comme tu l’as dit la dernière fois quand on a eu l’occasion d’échanger avec Cyril Blanchard, avec d’autres formés dans la formation Champion de Ma Vie tu t’en rendais même pas compte mais en fait c’est l’un des supports de la formation

Mehdi MEKHNECHE : je savais pas du tout et pour te donner une anecdote sur le triangle des Bermuda comme le disait à chaque fois Cyril et Salah donc ils nous ont formés sur Champion de Sa Vie il y a le talk, et ça c’est important tu dois le savoir toi il y a le talk que tu veux faire il y a le talk que tu vas faire, enfin que tu fais et le talk que tu voulais faire et bien travailler son talk ça te permet en fait de pouvoir improviser quand t’es sur scène et quand tu vois mon talk tu vois qu’il y a eu de l’impro il y a eu de l’impro mais c’était je connaissais tellement mon sujet que je pouvais me permettre de faire 4 versions, 8 versions différentes que ça resterait impactant et le triangle des Bermuda je l’ai fait dans le train avant d’arriver à Lyon c’est à dire que j’ai travaillé mon talk et j’ai incorporé cette notion du triangle des Bermuda peut-être moins de 24 heures avant et c’est le truc que tout le monde a retenu c’est incroyable, j’ai travaillé mon talk pendant un an et tout le monde a retenu ce truc que j’ai fait à la dernière seconde

Ermanno : parce que le talk en lui-même est inspirant mais cette image du triangle des Bermuda ça met en lumière finalement en une image ce que ton talk raconte

Mehdi MEKHNECHE : exactement un Bermuda pour être bien dans la vie c’est ça, merci beaucoup encore

Ermanno : bonne continuation

Mehdi MEKHNECHE : merci à toi aussi Alors on est tous d’accord chaque athlète a une histoire unique

Ermanno : tout comme Mehdi Meknesh que vous venez d’entendre sur le podcast si son parcours vous a inspiré rejoignez-nous sur les réseaux sociaux du podcast pour en discuter tous les liens sont dans les notes de l’épisode pour en découvrir davantage sur Mehdi et tous les autres sportifs du podcast et les soutenir dans leurs défis visitez le site vestiaire.org on a besoin de vous chaque euro compte et 100% des dons sont directement reversés aux athlètes le podcast dans les vestiaires met en lumière ces héros du sport et ils ont besoin de votre soutien et le plus simple c’est de partager leurs histoires pour les aider à briller sur la scène internationale et puis comme ça tout le monde fera un peu partie de cette superbe aventure sportive et philanthropique partagez leurs épisodes ça nous aide et ça les aide surtout allez sportez-vous bien entraînez-vous bien et on se retrouve bientôt pour un nouvel épisode

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