#073 Gary FLORIMONT – Attitude vs Aptitudes – s03e35

Saison III
Saison III
#073 Gary FLORIMONT - Attitude vs Aptitudes - s03e35
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ūüĆü Il existe des parcours qui se dessinent d√®s l’enfance, et celui de Gary fut trac√© entre les lignes d’un terrain de basket.

ūüŹÄ N√© en Guadeloupe, son histoire n’est pas celle d’une passion inn√©e pour ce sport, mais bien celle d’une conqu√™te, fruit d’une recommandation m√©dicale pour contrer son asthme. Une recommandation, qui, √† premi√®re vue, semblait n’√™tre qu’une contrainte de plus, devint le premier dribble sur la route d’un destin exceptionnel.

ūü§Ē Gary, le jeune gar√ßon qui arriva avec un short en jean pour son premier entra√ģnement, ne se doute alors pas des exploits qu’il accomplirait. Jouer au basket n’√©tait pour lui qu’une √©preuve de plus dans un quotidien d√©j√† sem√© d’emb√Ľches. Pourtant, sa d√©termination et son opini√Ętret√© parlent pour lui.

ūüĆī De la Guadeloupe √† Cholet, il n’y a pas qu’une distance g√©ographique, mais aussi l’√©cart entre un r√™ve et sa r√©alisation. A 13 ans seulement, Gary laisse derri√®re lui sa famille et son √ģle pour se plonger dans le grand bain du basket m√©tropolitain.

ūüďą Sa carri√®re de basketteur pro, il la b√Ętit bloc par bloc, entra√ģnement apr√®s entra√ģnement, renfor√ßant son jeu et son esprit d’√©quipe. Gary n’est certes pas celui que l’on remarque pour sa finesse technique ou pour les paniers qu’il marque, mais son r√īle dans l’√©quipe est tout aussi crucial. Il incarne le cŇďur battant de chaque √©quipe pour laquelle il joue, celui qui, dans l’ombre, assure la coh√©sion et la tenue du groupe.

ūüĆć Mais la vie d’un sportif de haut niveau est une course contre soi-m√™me, une lutte constante pour se surpasser, et surtout, pour se prouver qu’on peut toujours faire plus, faire mieux. Gary le sait, vivre de sa passion n’est pas une fin en soi, c’est une aventure faite de succ√®s, d’√©checs et de remises en question.

‚ú® Alors que les Jeux Olympiques de Paris se profilent, Gary se pr√©pare √† vivre cet √©v√©nement d’une mani√®re diff√©rente. Fini le temps o√Ļ il d√©fendait les couleurs de son √©quipe sur le parquet. Aujourd’hui, c’est en tant qu’entrepreneur et mentor qu’il soutient la nouvelle g√©n√©ration d’athl√®tes, cherchant √† leur transmettre ce qu’il a appris sur le terrain et en dehors.

ūüöÄ A travers Athl√©osport, il ambitionne de briser les barri√®res entre le monde du sport et celui de l’entreprise, en aidant les sportifs √† se (re)convertir. Car si le basket a √©t√© son premier combat, aider ses pairs √† r√©ussir leur transition professionnelle est devenu sa nouvelle mission.

#Athl√©osport #Conversion #Entrepreneuriat #Espritd√Čquipe #Passion #SportifsdeHautNiveau #Basket #Reconversion #JeuxOlympiquesParis #Mentorat #TeamSpirit #BeyondSport #AthleteTransition

Dans cet épisode, vous pourrez découvrir (chapitres de l’épisode) :

  1. 00:01:45 – Introduction de Gary Florimont, ancien basketteur professionnel
  2. 00:02:19 РDécouverte du basket et début de carrière en Guadeloupe
  3. 00:09:29 РPremiers contrats professionnels et prêts entre clubs
  4. 00:14:01 – Importance de l’analyse et du collectif dans le sport
  5. 00:17:42 РFinancement de la carrière par les clubs
  6. 00:21:00 РDifférence de statut entre sportifs de haut niveau et professionnels
  7. 00:23:23 РRapport à la performance et au jugement du public
  8. 00:26:59 РPremiers pas vers le haut niveau et la sélection
  9. 00:32:07 – Importance du collectif et des r√īles compl√©mentaires
  10. 00:39:29 – Rencontre avec un entra√ģneur mont√©n√©grin exigeant
  11. 00:46:14 РFonctionnement des contrats et des prêts entre clubs
  12. 00:49:08 – Sp√©cialisation des r√īles et statistiques individuelles
  13. 00:54:33 РPréparation des Jeux Olympiques 2024 à Paris
  14. 00:58:15 – Importance de l’attitude plut√īt que des aptitudes pour les sportifs
  15. 01:00:41 РContacts et réseaux pour suivre Gary Florimont et Athléosport

Pour suivre et soutenir notre invité : https://www.linkedin.com/in/gary-florimont / https://www.instagram.com/garyflorimont / https://www.athleo-sports.fr

Gr√Ęce √† Autoscript.fr, on vous propose m√™me de revivre l‚Äô√©change que j‚Äôai pu avoir avec Gary.

Ermanno : Dis papa, ils font quoi les sportifs quand ils sont pas sur le terrain ? Et bah croyez-moi, quand votre fils vous pose cette question, √ßa fait r√©fl√©chir. Surtout quand on sait que pas mal d’entre eux jonglent avec un ou plusieurs jobs pour pouvoir joindre les deux bouts. Et j’ai r√©alis√© que beaucoup d’entre nous se posent la m√™me question. C’est pour √ßa qu’il y a quelques ann√©es, j’ai d√©cid√© de lancer le podcast dans les vestiaires pour plonger dans ces doubles vies. Parce que derri√®re chaque athl√®te, il y a une histoire et parfois un autre m√©tier. A peu pr√®s au m√™me moment, j’ai rejoint eplayer, un cabinet de recrutement sp√©cialis√© dans les recherches critiques. Alors moi, je suis recruteur tech et avec mon associ√©, on aide les entreprises √† trouver les perles rares. Mais on accompagne aussi les entit√©s qui veulent d√©finir ou red√©finir une politique de recrutement. Et je peux vous dire que des sportifs de haut niveau, crois√©s au gr√© de nos chasses de candidats, on en a vu un sacr√© paquet. Et oui, parce que c’est une politique de recrutement. Et je peux vous dire que des sportifs de haut niveau, crois√©s au gr√© de nos chasses de candidats, on en a vu un sacr√© paquet. Et oui, parce que encore une fois, vivre de son sport n’est pas si facile quand on n’est pas install√© au plus haut des podiums depuis des ann√©es. Et encore, comme une marque bien install√©e, il faut y rester et se r√©inventer sans cesse. Du coup, √† travers les histoires inspirantes de mes invit√©s, je vous propose de d√©couvrir comment on peut r√©pondre √† nos enfants qui se demandent encore ce que font toute la journ√©e ces sportifs de haut niveau. Parce que oui, entre sport et entrepreneuriat, il y a beaucoup de points communs. Et avec les JO de Paris qui approchent, c’√©tait le moment de redonner vie √† ce podcast. Alors, restez apr√®s l’√©pisode. Je vous donne tous les d√©tails sur notre invit√© et je vous invite √† aller voir la page sur le site vestiaires.org pour pouvoir le soutenir dans ses projets. Allez, c’est parti pour un nouvel √©pisode. Salut les sportifs, c’est Ermanno et je suis tr√®s heureux de vous recevoir pour un nouvel √©pisode du podcast Dans les Vestiaires. Aujourd’hui, on parle avec un ancien sportif de haut niveau, mais qui vient de m’avouer en off qu’il n’a pas l√Ęch√© l’affaire. Il vient d’ailleurs de se blesser un petit peu √† l’arcade sous-s√©niaire ce week-end parce qu’il n’a pas l√Ęch√© le combat. Normalement, ce n’est pas du combat, c’est une comp√©tition. C’est un match que tu pratiques. Mais √©coute, je sais que ce sport peut √™tre parfois assimil√© √† un sport de combat. Il faut d√©fendre la balle. Allez, j’arr√™te avec le suspense. Je suis tr√®s heureux de recevoir Gary Fleury, mon ancien joueur de basket de haut

Gary Florimont : niveau. Salut Gary. Salut, salut. Merci de me recevoir. Merci les sportifs. Et puis, je suis

Ermanno : tr√®s ravi d’√™tre dans le vestiaire aujourd’hui. Bon, c’est cool. Je te remercie d’avoir accept√© quelques temps qu’on essaye de se capter. Moi, je suis mont√© au Luxembourg pendant les f√™tes de fin d’ann√©e. Toi, tu n’√©tais pas l√†. On s’est crois√© parce que tu nous diras, mais tu n’es pas tr√®s loin de la fronti√®re luxembourgeoise. Maintenant, je suis revenu dans ma r√©gion castraise o√Ļ je dois avoir √† peu pr√®s le m√™me temps que chez toi. Je sais qu’au luxe, il ne fait pas super beau. Il neige en ce moment. Mais bon, c’est compliqu√©. C’est la vague de froid sur la France. Mais il para√ģt que de toute fa√ßon, il n’y a pas de r√©chauffement climatique. Il n’y a pas

Gary Florimont : de probl√®me. L’environnement, tout √ßa, tout va bien. C’est ce qu’on nous dit et il faut croire

Ermanno : ce qu’on nous dit. Je ne suis pas certain. Mais bon, il me semble aussi que tu as fait la m√™me formation que je suis en train de faire, mais toi, en tant que sportif de niveau, √† savoir la formation

Gary Florimont : champion de ma vie de Cyril Blanchard. Est-ce que je ne m’abuse ? Oui. Non, en fait, pour √™tre tout √† fait pr√©cis, je m’√©tais inscrit pour la faire. Malheureusement, en cours de circonstance, √ßa fait que je n’ai pas suivi la formation. Mais je suis √ßa de tr√®s pr√®s parce que j’ai pas mal de copains qui la font. C’est toujours un plaisir de voir un petit peu les th√©matiques, surtout qui sont abord√©es par les uns et les autres. Et surtout, des fois, en fait, on a des sportifs qu’on conna√ģt de pr√®s ou de loin et on n’imagine pas les th√©matiques qu’ils veulent porter. Donc, c’est hyper int√©ressant de voir √† chaque fois quelle th√©matique et quel message ils ont envie de pousser au plus grand nombre. Donc, je suis √ßa

Ermanno : avec beaucoup d’attention et qui sait, peut-√™tre qu’un jour, je la ferai aussi. Bon, √©coute, de toute fa√ßon, je pense que tu l’as dit, il y a plein de copains qui l’ont fait. Donc, √ßa te donnera peut-√™tre envie. Et puis sinon, en off, j’essaierai encore plus de te donner envie. Tu vois, quand j’√©tais au luxe, j’en ai profit√© pour enregistrer avec Mehdi Meknesh, qui a fait aussi la formation.

Gary Florimont : Je suppose que vous √™tes d√©j√† crois√©. Je ne l’ai pas crois√©, mais moi, je le suis notamment sur LinkedIn, qui est devenu la plateforme, en fait, on va dire, de la seconde vie des athl√®tes, o√Ļ on prend des infos. Moi, √ßa m’arrive souvent de rechercher des mecs avec qui j’ai jou√© pour voir ce qu’ils deviennent. Et Mehdi, on ne se conna√ģt pas personnellement, mais bien √©videmment, j’ai suivi son parcours qui est hyper inspirant √† titre de parcours sur les √©tudes sub. Je crois qu’il vient de prendre un nouveau poste, mais en tout cas, c’est quelqu’un de super inspirant, qui √©tait d√©j√† un grand athl√®te. Et qui a fait une super reconversion. Donc, c’est vraiment cool de suivre √ßa de loin.

Ermanno : Bon, on parlera aussi de ta reconversion √† toi. Ce que je te propose, c’est de rentrer justement dans les vestiaires, dans les vestiaires de Gary. Et sur un sport co comme le basket, les vestiaires, tu les as arpent√©s. Et pas que ceux des clubs o√Ļ tu as jou√©. Mais d√©j√†, tout d’abord, dis-nous tout, qui est Gary Florimont ? Quel √Ęge as-tu ? Que fais-tu dans la vie ? Qu’as-tu fait ? Comment as-tu d√©couvert le sport ? Enfin, voil√†, je t’en ai jet√© plein. Tu choisis celle auquel tu veux r√©pondre. C’est la carte.

Gary Florimont : Alors, comme tu l’as dit, je suis Gary Florimont, encore une fois, pour ceux qui nous rejoignent. J’ai 36 ans. Je rentre dans ma 37e ann√©e. J’ai √©t√© basketeur professionnel pendant 18 ans. Je suis natif de la Guadeloupe. Donc, je suis arriv√© en m√©tropole, en France m√©tropolitaine, en fait, quand j’avais 15 ans, pour int√©grer un centre de formation. Donc, un parcours sport-√©tudes. Je suis arriv√© dans la jolie petite ville de Fiollet pour int√©grer le club de Fiollet Basket, qui est dans le milieu du basket et m√™me de la formation. La formation, je pense, est tr√®s reconnue parce que Fiollet Basket a form√© une grande majorit√© des athl√®tes fran√ßais qui ont pu jouer en NBA. Donc, parmi les plus connus, tu as Rudy Gobert, tu as un mec qui s’appelle Kevin Serafin, un ami de Cono qui est un √©quipe de France qui joue √† la Svelte. Donc, voil√†. Et puis, j’en passe les meilleurs. Et donc, du coup, aujourd’hui, je suis retrait√©. Donc, comme tu l’as dit, je ne suis pas loin de la fronti√®re luxembourgeoise dans la ville de Metz.

Ermanno : Je ne me serais pas permis de dire que tu étais retraité. Tu avais mis un terme à ta carrière.

Gary Florimont : Oui, je suis retrait√© des parquets de haut niveau parce que c’est vrai que je joue encore un peu en amateur dans un club pas loin. Donc, je suis √† Metz. Donc, pas Metz comme certains peuvent prononcer. C’est bien Metz. Donc, j’ai fait l’erreur le premier jour quand je suis arriv√© ici. On m’a tout de suite repris avec vigueur. Donc, c’est Metz. Donc, on est Messins. Donc, j’ai termin√© ici ma carri√®re en quatri√®me division. J’avais fait le choix de quitter Orl√©ans au club de Prendal. J’avais fait la division quand j’y √©tais pour rejoindre ce projet de Metz qui √©tait un projet ambitieux, mais qui √©tait surtout un projet en fait semi-pro qui me permettait en fait de r√©cup√©rer un peu de temps. Parce que comme tu le sais, les auditeurs le savent, le sport de haut niveau, en fait, c’est quelque chose d’hyper chronophage. Les spectateurs, les aficionados nous voient le soir des matchs et des comp√©titions. Mais derri√®re, il y a pas mal de temps d’entra√ģnement, de r√©cup√©ration avec les kin√©s, etc. Donc, c’est vrai que ce n’√©tait pas forc√©ment compatible en fait avec une… la pr√©paration sereine d’une seconde vie. Donc, j’ai fait le choix de descendre et c’√©tait le deal avec le club en fait de Metz. C’√©tait de dire que voil√†, j’avais un entra√ģnement par semaine le soir, ce qui me laissait largement √† la journ√©e le temps de pouvoir en fait structurer, d√©velopper en fait ce qui va √™tre ma deuxi√®me partie de carri√®re.

Ermanno : C’est un choix judicieux de ta part et aussi du club de se dire bon ben voil√†, on est en quatri√®me division. On va recruter un mec qui est en premi√®re, qui je suppose est pr√™t √† faire un effort sur son salaire. Mais nous, on est aussi pr√™t √† faire un effort. Non seulement en termes d’attente sur les entra√ģnements, parce que tu l’as dit, ils ont accept√© que tu ne t’entra√ģnes qu’une fois par semaine, plus que tu sois pr√©sent au match, l√† o√Ļ… Une fois par jour. Une fois par jour, ah ! Donc, tu as fait un petit lapsus, c’est-√†-dire une fois par semaine.

Gary Florimont : Ouais, c’√©tait une fois par jour, une fois par jour, donc le soir g√©n√©ralement √† 18 heures, donc ce qui laissait quand m√™me pas mal de temps. Donc, mon premier choix s’est port√© en fait, parce que je voulais, j’ai fait une formation qui s’appelle l’Executive Master Management de Lyon, que j’ai termin√©e en 2018. Et ce qui √©tait bien, c’est que le club me donnait √† travers un de ses sponsors l’opportunit√© de travailler en fait en tant que responsable commercial. Donc, c’√©tait hyper int√©ressant pour moi parce que √ßa me permettait en fait de tout de suite apr√®s ma formation de Lyon, de mettre en pratique un certain nombre en fait d’une certaine m√©thodologie. Donc du coup, j’ai fait √ßa pendant six mois. C’√©tait hyper int√©ressant, mais mon objectif, c’√©tait en fait de cr√©er ma structure, donc d’entreprendre. Mais cet √©pisode, c’est un peu comme √ßa. En tant que responsable commercial m’a apport√© beaucoup, notamment en fait dans le r√©seau. Tu sais que c’est hyper int√©ressant, mais quand t’arrives dans une ville, tout de suite de pouvoir cr√©er un r√©seau en fait de partenaires, de connaissances fortes, c’est quelque chose qui prend des fois des ann√©es √† se tisser. La particularit√©, c’est quand t’es identifi√© comme sportif dans un club, √ßa te propulse et c’est, on va dire, √ßa d√©cuple un petit peu ta capacit√© √† rencontrer du monde. Donc, c’est ce que j’ai fait. Et puis, et puis voil√†, j’ai pass√© deux saisons dans le club. Un club de Metz avec une option pour une troisi√®me ann√©e. Donc l√†, cette ann√©e, mais que j’ai d√©clin√© parce que mes projets commen√ßaient √† devenir en fait vraiment trop prenants en sachant que j’ai aussi une famille. Donc, je suis p√®re de deux enfants, mari√©. Donc, l’√©quilibre entre projet sportif, projet pro de conversion. Donc, je dis bien conversion, je ne parle pas de reconversion. Je t’expliquerai un peu √ßa plus tard pour comment je vois les choses. Et projet de conversion, √ßa devenait vraiment tr√®s compliqu√© √† g√©rer. Donc, j’ai d√©cid√©. En fait, d’arr√™ter avec le club et de me consacrer √† 100% √† mes projets pro et √† ma famille.

Ermanno : Int√©ressant ce point de vue conversion et pas reconversion avec tous les sportifs, avec tous les sportifs et toutes les sportives avec qui j’ai eu la chance d’√©changer. J’ai toujours l’impression que vous avez d√©j√† v√©cu en tant que sportif de haut niveau 2, 3, 4, 5 vies. J’avais √† ce micro, j’ai publi√© r√©cemment son √©pisode Joachim Parizeau de Bayard, 23 ans. T’as l’impression qu’il a d√©j√† v√©cu 4 vies. Et je pense que c’est le sport de haut niveau, OK, √ßa ab√ģme parfois le corps, mais √ßa fait aussi grandir √©norm√©ment, gagner √©norm√©ment en maturit√© parce que vous √™tes confront√© √† beaucoup de challenges que finalement, quand on est une personne, je mets des guillemets normales parce que vous √™tes aussi des gens normaux. C’est juste que vous avez des capacit√©s dans le sport que d’autres n’ont pas forc√©ment. Et puis, parfois une r√©silience et puis un talent pour s’entra√ģner et puis ne rien l√Ęcher, etc. Mais voil√†, je pense que le sport a aussi cette capacit√© √† faire gagner en maturit√© parce que vous √™tes confront√© √† √ßa. √Ä des √©preuves que nous ne rencontrerons qu’√† 30, 40 ans.

Gary Florimont : Oui, bien s√Ľr, bien s√Ľr, c’est le sport. En fait, ce qui est hyper int√©ressant dans le sport et ce que surtout je garde, les blessures, les d√©faites, c’est en fait la capacit√© √† analyser, absorber l’√©chec. Tu vois, souvent, en fait, c’est ce que je pense qui fait vraiment la diff√©rence. C’est que dans une vie d’athl√®te de haut niveau, on est confront√© √† l’√©chec hyper t√īt. On est confront√© √† la comp√©tition hyper t√īt d√®s le centre de formation. Tu arrives en d√©tection, tu as 12 places, on est 50, 60. Donc, tu vois, d√®s 15 ans, 13 ans, tu es confront√© en fait √† l’√©chec, √† l’adversit√©. Et je trouve que c’est quelque chose, en fait, en tout cas dans la soci√©t√© fran√ßaise, on prot√®ge beaucoup les enfants. Tu vois, on prot√®ge l’√©chec, ce n’est pas bien. Non, non, mais ce n’est pas bien. En fait, non, l’√©chec, c’est hyper int√©ressant. √Ä partir du moment o√Ļ on a appris, o√Ļ on a d√©velopp√© des outils pour pouvoir analyser, avoir une vision hyper analytique de l’√©chec. Non, tu vois, souvent, aujourd’hui, on parle beaucoup des m√©tiers de data analyst, etc. Et en fait, finalement, tu vois, dans le sport, tu as une notion, un rapport avec l’analyse, en fait, de ta personne, de tes performances qui est hyper d√©velopp√©e hyper t√īt. Et √ßa te permet, en fait, de prendre beaucoup de recul et de s√©parer, en fait, tes √©motions de la performance. C’est vraiment de √ßa dont on parle. C’est pour √ßa que tu as l’impression souvent qu’on a v√©cu 20 000 vies. Mais non, on a v√©cu beaucoup d’√©checs. Et en fait, d’o√Ļ ces √©checs, c’est d√©velopper une m√©thodologie de compr√©hension. Qui nous permet de tr√®s rapidement, en fait, tirer des conclusions et passer dans l’op√©rationnel et pouvoir apporter des r√©ponses.

Ermanno : Je n’√©choue pas, j’apprends. Et effectivement, tu l’as dit, ce ne sont pas des √©checs d√®s lors qu’on est dans l’√©tat d’esprit d’apprendre de ses erreurs, entre guillemets, et qu’on ne se morfond pas dans celle-ci. Et puis surtout, l’intelligence, entre guillemets, c’est de faire une erreur une fois, d’apprendre et de ne pas la reproduire. Quand on commence √† la faire deux fois, on se pose la question. Trois fois, on commence √† atteindre la limite de l’intelligence.

Gary Florimont : En plus, tu vois, le sport collectif, ce qui est int√©ressant, c’est que tu fais des √©checs, mais tu fais des √©checs en groupe. Tu vois, donc en fait, souvent, moi, quand je parle avec des gens, avec mes enfants, d’ailleurs, on voit que quand ils vivent un √©chec, un √©chec, ce n’est pas l’individu qui a √©chou√©. En fait, c’est un moment et une situation qui a √©chou√©. L’individu, en aucun cas, en fait, il est, tu vois, les enfants, ils aiment bien dire loser, tu vois. Mais en fait, la personne, un √™tre humain n’est jamais un loser. Une personne n’est jamais un loser. Une personne et un √™tre humain, c’est quelque chose d’extraordinaire dans sa composition, dans sa diff√©rence, dans sa faiblesse, dans sa force. Mais c’est surtout de comprendre que finalement, l’√©chec, c’est un manque de pr√©paration, un manque d’analyse, un manque de strat√©gie avec un moment T. Et tout de suite, il faut √™tre dans la capacit√©. Dans le sport collectif, c’est ce qui est int√©ressant, c’est qu’on a plusieurs regards. Donc, ce qui va √™tre assimil√© pour un √©chec pour moi, pour un co√©quipier, √ßa va √™tre une prise de vue diff√©rente. Et avec un entra√ģneur, √ßa va √™tre encore plus diff√©rent. Plus de d√©tails, plus de vues encore plus diff√©rentes. Et plus dans l’√©quipe, dans le staff, on s’√©loigne en fait de la partie op√©rationnelle, plus en fait, on a de moins en moins de sentiments qui sont engag√©s dans le rapport. Et on a de plus en plus de d√©tails. Et en fait, √ßa permet vraiment d’avoir une prise de recul hyper int√©ressante et hyper strat√©gique. C’est √ßa qui est vraiment cool dans le fait, quand tu fais du sport, c’est que tu es staff√©, quoi. Tu es staff√© √©motionnellement. Tu es staff√© aussi strat√©giquement. Donc, c’est hyper int√©ressant d’avoir tant d’√©quipe. De tous les points de vue. Et √ßa ressemble beaucoup finalement √† la structuration d’une entreprise. Tu vois, avec un CODI ou un COMEX qui permet en fait d’analyser les choses. Et on retrouve les m√™mes principes, les m√™mes modes de fonctionnement dans le sport.

Ermanno : D’o√Ļ l’int√©r√™t d’√™tre staff√©, comme tu le dis, m√™me dans les sports individuels. D’avoir un pr√©parateur physique, un pr√©parateur mental, un kin√©, un ost√©o, un nutritionniste, un di√©t√©ticien. Enfin, je dis un, mais √ßa peut √™tre une d’ailleurs. Enfin, d’avoir un staff, des gens aussi o√Ļ on peut √©ventuellement d√©j√† avoir un point de vue diff√©rent. Et puis peut-√™tre aussi d√©charger un peu la pression en se disant l√†, j’ai √©t√© nul, j’ai fait un match de merde. Non, tu n’as pas √©t√© nul. √Ä cet instant-l√†, tu n’as pas √©t√© √† la hauteur de ce que tu voulais faire. Mais √ßa ne veut pas dire que tu es nul. √áa veut dire qu’√† un instant T, comme tu le disais, ce n’√©tait pas le bon moment.

Gary Florimont : Oui, et puis tu sais, un athl√®te, une √©quipe, c’est comme une voiture de course. L’athl√®te, lui, est sp√©cialis√© en fait sur un secteur. Mais tu as plein de personnes. Je parlais du nutritionniste qui est sur l’aspect en fait purement nutrition, qui est sp√©cialis√©. Le pr√©parateur physique. Mental. Et chacun, en fin d’exercice, en fin de championnat, de course, est charg√© de analyser la partie dont il est responsable. Et d’y apporter en fait, si tu veux, une √©volution. Donc, ce qui fait que l’athl√®te finalement, il n’est pas oblig√© et il n’a pas apport√© toute la responsabilit√©. Parce que justement, et c’est l√† aussi que tu retrouves √ßa dans le sport collectif. C’est que tu as diff√©rentes positions avec diff√©rents atouts. Souvent, dans le basket, on parle des marqueurs, on parle de Jordan. Mais Michael Jordan, par exemple, n’aurait jamais fait la carri√®re sans Scottie Pippen. Sans Dennis Rodman. Qui √©tait des sp√©cialistes dans d’autres domaines. Et quand l’√©quipe avait fait une d√©route, le grand public se disait que tiens, Jordan est pass√© √† c√īt√©. M√™me s’il n’est pas pass√© souvent √† c√īt√©. Mais finalement, ce n’est pas Jordan qui est pass√© √† c√īt√©, c’est l’√©quipe. Et c’est de voir en fait, sans incriminer les individus, qui a eu du mal √† tenir en fait son r√īle. Et comment on pourrait faire pour l’aider √† la prochaine √©ch√©ance.

Ermanno : D’o√Ļ la difficult√© aussi, comme tu dis, dans les sports d’√©quipe. Parce que tu parles de Jordan, c’est vrai qu’il avait une √©quipe qui √©tait soud√©e autour de lui. Les Chicago Bulls, la belle √©poque du basket am√©ricain. Mais parfois, tu ne choisis pas tes √©quipiers. C’est la direction, c’est le staff, c’est les agents qui font du pushing pour avoir des √©quipiers diff√©rents. Comment tu g√®res √ßa justement ?

Gary Florimont : En fait, pour moi, tu vois, moi qui suis pass√© de l’autre c√īt√© aujourd’hui, dans le monde de l’entreprise. En fait, le sport, c’est pareil. C’est la m√™me chose que le monde de l’entreprise. C’est exactement structur√© pareil. C’est-√†-dire, √† un moment, les gens pensent que moi je suis un sport. J’ai jou√© avec des co√©quipiers que je d√©testais. Tu vois, je veux dire, humainement, on ne s’aimait pas. Mais c’est bien aussi, tu vois. Je veux dire, en fait, on est des √™tres humains avec des diff√©rences, avec des sp√©cificit√©s. Mais on est tous l√† pour remplir un int√©r√™t sup√©rieur. Tu vois, c’est l’int√©r√™t sup√©rieur qui aide les gens √† mettre leur ego, leurs diff√©rences de c√īt√©. Parce qu’on est l√† o√Ļ on a choisi d’√™tre. C’est hyper important. Et en fait, on est l√† pour repr√©senter un maillot, pour repr√©senter un club, une institution. Et nos √©gos doivent √™tre mis de c√īt√© pour pouvoir, en fait, si tu veux, r√©pondre √† ce pour quoi on a √©t√© missionn√©. Donc, tu vois, quand tu es dans une entreprise, le matin, tes coll√®gues, tu les vois. Tiens, quand il boit son caf√©, en fait, il fait trop de bruit avec sa bouche. Lui, il parle trop fort. En fait, on a toutes nos diff√©rences. Mais l’int√©r√™t sup√©rieur, c’est l’institution. C’est ce que je dois faire pour r√©pondre aux exigences de l’institution. C’est ce que je dois faire pour r√©pondre √† l’exigence du public. Et c’est l√†, en fait, toute la notion de respect du maillot. Respect, en fait, de la ville, du club rentre en jeu. Et qui te permet, en fait, de d√©passer tes petites attentes individuelles. Et ce qui fait que, des fois, tu cr√©es des √©v√©nements incroyables. Quand tu vois des clubs comme le Real de Madrid et des mecs qui sont capables de baisser leur salaire pour jouer au Real. Parce que tu te dis, sur ton CV sportif, tu ne vas pas dans un club. Tu vas au Real. Tu vois, c’est diff√©rent.

Ermanno : C’est une institution, comme tu l’as dit. C’est une institution.

Gary Florimont : Exactement. Donc, c’est surtout √ßa qui est hyper int√©ressant. Et moi, en fait. Le parall√®le avec mon entreprise, pour moi, il est tellement fort. Il est tellement, en fait, vibrant. Tu vois, des fois, je suis surpris que le monde de l’entreprise ne s’int√©resse pas plus aux sportifs. Parce qu’il y a d√©j√† des notions. J’appelle √ßa le bon sens paysan. Tu sais, des choses tellement basico-basiques. Mais sauf que nous, on a pouss√© √ßa. On a v√©cu √ßa tellement fort. On sait √† quel point √ßa fait la diff√©rence. Que le monde de l’entreprise devrait se servir de √ßa. Parce que quand je vois des entreprises qui gal√®rent √† recruter. Je me dis, vous avez des sportifs qui sont l√†, qui ne manquent qu’une seule. C’est de former. Donc, en fait, vous avez un vivier d’athl√®tes incroyable. Mais servez-vous.

Ermanno : Servez-vous. La liste des sportifs de haut niveau est publique. En tout cas, ceux qui sont list√©s au niveau du minist√®re des Sports. De notre nouvelle ministre. Et de l’√©ducation nationale aussi. On en parlait tout √† l’heure en off sur le ton de la blague. Donc, allez vous servir. Je crois, sur l’ann√©e 2024, il y a plus de 15 000 sportifs et sportives qui sont list√©s.

Gary Florimont : C’est seulement ceux qui sont list√©s. Moi, j’ai lanc√© Athl√©osport. Qui est un cabinet, justement, de recrutement pour les athl√®tes de haut niveau. Moi, √ßa vient d’un constat individuel. C’est quand j’ai fini mon parcours √† Lyon. Comme je te disais. Je me suis dit, tiens, je vais aller voir un petit peu sur les job boards ce que je vaux. Parce que c’est un march√©. Je connais le march√© du recrutement dans le monde du sport. Je sais comment √ßa fonctionne. Je connais les cotes. Je sais m’√©valuer, on va dire, ma cote sur le march√©. Le march√© de l’emploi, je ne connais pas. Donc, je suis parti sur tous les job boards possibles. M√™me aujourd’hui, j’ai encore des gens qui m’appellent. Je ne sais plus o√Ļ j’ai mis mon CV. Je recherche partout pour √™tre facile. Et en fait, j’ai re√ßu plein d’appels. Mais une tonne d’appels. Et j’ai √©t√© tr√®s surpris de voir que tous les appels que j’avais des recruteurs, des chasseurs de t√™te, etc. En fait, si tu veux, ils faisaient table rase de mon parcours d’athl√®te de haut niveau.

Ermanno : Oui, c’est ce que j’allais te demander. Ils te contactaient parce que EM Lyon ou ils te contactaient parce que sportif de haut niveau ?

Gary Florimont : EM Lyon, √ßa fonctionne. Tu vois, EM Lyon, tac, les mecs, ils t’appellent. Voil√†, vous voulez passer. Et en fait, je me dis, attends, pour moi, entre un candidat, un candidat en fait √† m√™me niveau en fait d’√©tudes, ce qui fait la diff√©rence, c’est ma premi√®re partie de vie qui est riche, qui est diff√©rente, hybride, qui apporte en fait une vision, comme il dit, des Am√©ricains out of the box. Et je trouvais que moi, c’√©tait √ßa la partie la plus riche de mon CV. Et syst√©matiquement, c’√©tait cette partie en fait qui √©tait mise de c√īt√©. Donc, je me suis dit, il y a un vrai probl√®me de compr√©hension de mon profil. Et si moi, je ressens ce probl√®me-l√† apr√®s avoir fait EM Lyon, je me dis qu’un sportif qui n’a pas eu le temps, le courage, l’opportunit√© de faire en fait une √©cole comme celle-ci, comment lui se sent sur ce march√© de l’emploi face √† des personnes qui ne comprennent pas son profil ? Donc, c’est l√† o√Ļ je me suis dit, non, il faut que je fasse quelque chose parce qu’il y a beaucoup d’acteurs qui sont l√† sur la partie orientation, validation avec l’exp√©rience, etc. Mais tr√®s peu d’acteurs sont l√†, il y en a, mais ils ne sont pas pl√©thores pour vraiment aller faire cette partie acculturation aupr√®s des entreprises, pour leur expliquer comment en fait un athl√®te fonctionne, quelles sont les comp√©tences transf√©rables et comment en fait ils peuvent participer en fait √† cette conversion en fait des comp√©tences vers le monde de l’entreprise.

Ermanno : √Čcoute, dans la vraie vie, en dehors du podcast, moi, je suis recruteur technique, donc je recrute des devs, des CTO et autres. Il y a quelques ponts √† trouver, Gary. Et puis, notre cabinet est bas√© au Luxembourg, donc on continuera la discussion. T’inqui√®te. Non, mais tout √ßa pour rebondir sur ce qu’on a dit. On disait un petit peu au d√©but de cet √©pisode, c’est-√†-dire que les sportives et les sportives de haut niveau, vous avez d√©j√† v√©cu 2, 3, 4, 5 vies avant de rentrer dans le march√© du travail, dans la vie active √† 25 ou 30 ans, 35 pour toi, parce que vous avez √©t√© amen√© justement √† rencontrer tout ce que certaines personnes rencontreront beaucoup plus tard dans la vie active, √™tre confront√© √† l’esprit d’√©quipe, √† d√©fendre le maillot ou √† d√©fendre la mission ou d√©fendre… … … √™tre au service du client. Finalement, c’est √ßa aussi dans une entreprise. Dans un sport d’√©quipe, tu es au service de l’√©quipe. Mais au final, tu es quand m√™me au service du client parce que qui vient voir les matchs ? Tu ne joues pas par kevins. Bien s√Ľr.

Gary Florimont : Et puis, tu sais, souvent, je disais, c’√©tait marrant, j’avais ce parall√®le. Moi, j’ai mon petit fr√®re qui a fait un parcours, on va dire, plus conventionnel, et je lui disais, toi, par exemple, au bureau, quand tu vas faire une action, tu vas envoyer un mail, tu vas faire une photocopie, tu n’as pas 5, 6, 10 000, 15 000 personnes qui sont en train de t’applaudir ou de te cifler. tu vois nous tr√®s t√īt moi j’ai commenc√© √† jouer devant des personnes qui me jugeaient mes performances depuis que j’ai 13 ans tu vois donc en fait si tu vois le rapport avec la performance ou le fait d’√™tre d’√™tre ce co√Ľt√© d’√™tre jug√© √©valu√© c’est un truc que j’ai hyper bien parce que parce que je sais quelque chose qui aujourd’hui fait partie int√©grante de mon parcours et qui pour moi est normal c’est √† dire que √† chaque fois que je fournis une prestation elle doit √™tre analys√©e soit par des puristes soit par des personnes qui ont pay√© un ticket de match et qui de ce fait sont devenus des actionnaires d’un moment tu vois donc moi c’est comme √ßa que je vivais je me disais je vais dans une salle il ya x personnes ont pay√© un ticket c’est x personnes elles viennent actionnaire d’une soci√©t√© d’√©v√©nementiel de 20 heures lancement du match √† 22h30 coups sifflets final tu vois et pendant ces 2h30 ces personnes l√† elles ont pay√© pendant une prestation elles attendent quelque chose en retour et c’est normal qu’elle me siffle ou qu’elles m’applaudissent parce que

Ermanno : elles sont exigeantes elles et elles elles elles ont le droit de l’√™tre j’aime bien j’aime bien cet √©tat d’esprit il faut va falloir qu’on continue apr√®s l’√©pisode de podcast guerrier vraiment franchement revenons un petit peu √† toi justement parce qu’on est rentr√© direct dans le vif du sujet tu es pass√© un peu vite sur sur ta jeunesse et tu as d√©couvert du sport j’aimerais justement sur comment est-ce que tu d√©couvres le sport et en particulier le basket en guadeloupe

Gary Florimont : c’est assez marrant moi j’arrive dans ce sport plut√īt tard pourquoi c’est que je suis je suis

Ermanno : dans ma petite commune √† temps c’est quoi tard c’est quoi tard parce que si √† 13 ans tu arrive

Gary Florimont : en france c’√©tait pas si tard que √ßa. Bon finalement quand je discute avec des sportif de niveau notamment dans le basket les mecs ils ont commenc√© √† 6 7 ans tu vois moi m√™me mes gamins ils ont commenc√© √† faire du sport depuis qu’ils ont quatre cinq ans tu vois donc moi j’√©tais pas du tout sportif et les probl√®me d’asthme √©tant jeune avec pas mal de crises d’aller-retour, des longs s√©jours √† l’h√īpital et en fait finalement j’ai une p√©diatre qui conseille √† mes parents, √©coutez il faudrait qu’ils fassent un sport, l√† o√Ļ souvent les asthmatiques on a tendance √† non on √©touffe pas que tu sois essouffl√©, moi on m’a dit √©coute faut que tu te mettes √† un sport parce que voil√† t’as des gros probl√®mes de sant√© niveau respiratoire donc du coup moi dans ma famille j’avais des cousins qui √©taient compl√®tement dingues de basket et donc du coup mon p√®re instinctivement tu sais quoi tu vas t’inscrire au club de basket du coin avec tes cousins et tu vas faire du basket

Ermanno : et en fait je d√©testais √ßa, non mais litt√©ralement je d√©testais √ßa parce que… Mais tu vois c’est marrant de revenir en arri√®re quand tu nous dis j’ai commenc√© j’ai d√©test√© √ßa, pourtant t’as √©t√©

Gary Florimont : joueur de basket… Ouais mais clairement mais tu sais les mecs qui ont commenc√© avec moi en fait ils ont tous toujours rigol√© de ce truc l√† parce qu’ils savaient que en fait j’aimais pas √ßa en fait et ce que j’aimais pas c’est que moi je venais d’une famille tr√®s modeste, vraiment tr√®s modeste et je suis arriv√© dans cet √©cosyst√®me en fait d’√©conomie, d’√©conomie de vie, d’√©conomie de vie, basket o√Ļ moi je te parle de √ßa on est dans les ann√©es d√©but 2000 tu vois o√Ļ c’est la NBA les gamins ils ont tous des maillots et en fait moi je venais d’une famille plut√īt modeste et je me rappelle que mon premier entra√ģnement je suis venu avec un short en jean, soit coup√©, un jean coup√© et un t-shirt en fait publicitaire tu vois donc j’avais je pense une paire de complices ou d’ath√©nies un truc comme √ßa et j’arrive l√†-bas des gamins ils ont des maillots Jordan, Orlando Magic, des marque et tout et en fait j’ai trouv√© que c’√©tait en fait vachement port√© sur l’identit√© sur l’apparence et en fait j’√©tais hyper mal d√©j√† avec mon apparence parce que j’√©tais un gamin tr√®s grand pas forc√©ment bien dans sa peau, moqu√© par les autres parce que bah quand tu fais pas de basket, bah tu es grand et √ßa sert √† rien donc du coup j’arrive au premier entra√ģnement et je me dis bon bah je vais comme d’habitude on va se moquer de moi, on va me juger et en fait bah tout le contraire parce que malgr√© tout j’√©tais quand m√™me un gamin √† assez volontaire dans l’effort. Moi, je viens d’une famille, mes parents √©taient dans l’agriculture, donc la notion du travail, de l’effort, √ßa a toujours √©t√© quelque chose de tr√®s pr√©sent pour moi. Et donc finalement, je faisais beaucoup d’erreurs, je n’√©tais pas tr√®s beau √† avoir jou√©, √ßa partait dans tous les sens, mais j’√©tais hyper g√©n√©reux, il y avait un ballon, je sautais dessus. Et en fait, mes co√©quipiers, ils ont su valoriser √ßa. Ils ont su m’appr√©cier et me faire m’appr√©cier justement pour ce que j’apportais, ce que je leur apportais. Et finalement, je me suis pris au jeu. Et quelques mois plus tard, tu as une d√©tection dans ce qu’on appelle un p√īle espoir, tu sais, c’est dans les cr√™pes. Et l’entra√ģneur de mon petit club, il me dit, √©coute, il y a un grand qui s’est bless√© pour la d√©tection, si √ßa t’int√©resse, tu peux aller faire le nombre. Donc moi, on me dit, tu peux aller faire le nombre, je vais faire le nombre, j’y vais.

Ermanno : √áa veut dire quoi, faire le nombre, pour ceux qui ne connaissent pas l’expression ?

Gary Florimont : C’est un sport collectif, donc il faut un minimum de joueurs pour faire des matchs, etc. Et en fait, il y avait un grand qui s’√©tait bless√©, donc il leur manquait un grand pour pouvoir faire du jeu, eux, pour juger les joueurs. Donc moi, je vais l√†-bas, j’arrive un peu sur la pointe des pieds. Et il y a un truc, encore une fois, c’est tr√®s marrant, parce qu’en Guadeloupe, je te dis, on vient des familles d’agriculteurs, et c’est ma tante qui m’a ramen√© en d√©tection. Et ma tante, elle avait une sotte de Toyota, tu vois, les cabinets de Toyota, tu vois, souvent, et qui sont ouverts derri√®re. Et en fait, j’ai fait une heure et demie derri√®re la Toyota pour aller jusqu’au point de rendez-vous en Guadeloupe. Donc moi, j’arrive l√†-bas, et tout √ßa, je saute de ma Toyota en mode, tu vois, j’arrive, et en fait, je d√©chire tout, toujours dans ce qui me compose, c’est-√†-dire, en fait, la g√©n√©rosit√© de l’effort, et puis surtout, un rapport rien √† perdre, quoi. Je n’√©tais m√™me pas pr√©vu d’√™tre l√†, et en fait, je tape dans l’Ňďil du recruteur, du s√©lectionnaire, et je me rappelle, il vient me voir, et il me dit, √† la fin, √©coute, tes parents sont l√†, et mes parents travaillaient, donc ils n’√©taient pas l√†. Je lui dis, non, je suis venu seul avec ma tante qui va venir me r√©cup√©rer apr√®s. Il me dit, √©coute, tu n’es pas tr√®s talentueux, tu es moche √† avoir jou√©, mais tu as envie, et √ßa me pla√ģt. Je veux que tu nous rejoignes, tu vois. √áa, √ßa a √©t√© mon premier rapport avec la s√©lection. Tu n’es pas au-del√†.

Ermanno : Est-ce qu’√† ce moment-l√†,

Gary Florimont : tu as commenc√© √† plus aimer le basket ? En fait, je n’ai pas plus aim√© le basket, c’est que moi, j’ai aim√© la comp√©tition. En fait, tu sais, quand √† un moment, on te dit, tu ne peux pas, √ßa, c’est un truc que moi, j’adore. Ne tu peux pas, c’est un truc, moi, √ßa me transcende. Quand on me dit que tu ne peux pas faire quelque chose, je me dis, mais comment √ßa, je ne peux pas ? Je dis, en fait, √† un moment donn√©, comment quelqu’un qui ne me conna√ģt pas peut dire que je ne suis pas capable de faire quelque chose que je n’ai m√™me pas encore entam√© ? D’accord ? Il y a des choses que je ne sais pas et que je ne pourrai jamais faire. Mais √† minima, j’ai essay√©, je me suis rendu compte que j’√©tais le premier √† avouer, √©coute, je ne peux pas faire √ßa. Je suis tr√®s lucide sur mes points forts et mes points faibles. Mais j’ai cette notion, en fait, de l’essai qui est hyper pr√©sente o√Ļ on me dit, tu ne peux pas ? Ben, oui, en fait, j’ai juste envie de te montrer que tu peux faire quelque chose en fait, que tu te trompes. Donc, du coup, cette notion avec la comp√©tition, en fait, ce n’est pas le basket que j’ai aim√©, en fait, c’est la notion de comp√©tition collective. Cette notion, en fait, parce que, comme je te le dis, le premier rapport, c’est que j’ai toujours √©t√© valoris√© par les autres. Je n’ai jamais √©t√© quelqu’un de talentueux. Je me suis toujours mis au service des autres. Et en fait, le sport, les co√©quipiers, le collectif me l’a toujours bien rendu. Et c’est ce truc-l√† qui te donne, en fait, un esp√®ce de pouvoir o√Ļ tu es en train d’√™tre un super h√©ros et tu te dis que tant que je serai entour√© de personnes bienveillantes √† mon √©gard, en fait, je n’ai pas de limites, on n’a pas de limites. Et tu vois, c’est ces notions humanitaires, en fait, que j’ai ador√©, en fait, dans ma carri√®re et dans le sport. C’est vraiment ce qui m’a fait durer. C’est vraiment ce qui m’a fait performer.

Ermanno : Est-ce que, justement, tu as d√©j√† eu des moments o√Ļ tu t’es retrouv√© avec un collectif, une √©quipe qui ne te le rendait pas, le fait que tu sois au service du collectif, o√Ļ tu as toujours √©t√© avec des gens, je te cite, bienveillants ?

Gary Florimont : En fait, instinctivement, je pense instinctivement, tu sais, la recette de la victoire, elle est finalement tr√®s simple. C’est-√†-dire, en fait, quand tu cr√©es un collectif, encore une fois, c’est comme une entreprise, je vais souvent faire le parall√®le parce qu’il existe vraiment, c’est quand tu cr√©es un entreprise, tout le monde ne peut pas √™tre collaborateur de l’ann√©e. Tu vois, tu as toujours une partie invisible. Dans le sport, c’est toujours pareil. C’est qu’√† un moment donn√©, c’est un √©quilibre entre ceux qui font le sale taf, le sale boulot, et ceux qui sont sous le feu des projecteurs. Et souvent, les co√©quipiers, avec qui j’ai jou√©, en fait, moi, je d√©fendais, je prenais des rebonds, je faisais des blocs, j’ai des √©crans, je donnais mon corps √† la science. Et en fait, souvent, les co√©quipiers se rendent compte au d√©but qu’ils ont plut√īt l’impression que ce n’est pas valorisant, c’est du sale boulot, mais ils se rendent compte au fil de la saison, de l’ann√©e, de l’importance de ces petites t√Ęches parce qu’eux, ils ne veulent pas les faire. Mais √ßa doit √™tre fait. Donc, en fait, ils se disent, ils se rendent compte quoi ? Parce que les gens sont, l’√™tre humain est quand m√™me intelligent. Les gens, ils se disent quoi ? Ils se disent, si ce mec-l√†, il n’est pas l√† pour me faire des √©crans, pour me lib√©rer quand les d√©fenseurs, ils sont √† un, deux √† d√©fendre sur moi, je ne pourrais pas, moi, briller. Si ce mec-l√†, il n’est pas l√† pour d√©fendre quand moi, je suis un peu fatigu√© et je veux garder un peu sous le pied pour l’attaque, je ne pourrais pas le faire. Donc, finalement, ils se rendent compte par la force des choses, de l’importance de ce que tu fais et en fait, ils finissent par l’appr√©cier. L’appr√©cier parce que √ßa leur permet, eux aussi, de briller. Ils se rendent compte que finalement, tu es quelqu’un qui est d√©di√© √† l’√©quipe, d√©di√© √† eux et finalement, √ßa t’est toujours mis en lumi√®re. Et tu vois, c’est tr√®s marrant parce que toute ma carri√®re, il y a toujours eu deux temps dans mes saisons. C’est un premier temps o√Ļ tes co√©quipiers te voyaient et en fait, c’est normal, ils te jugent, ils te disent, le mec, il n’est pas hyper talentueux, ce n’est pas le meilleur joueur et en fait, au fur et √† mesure dans la saison, ils se rendent compte que finalement, tu es une cl√©, tu es une caisse ma√ģtresse et qu’ils doivent te prendre soin de toi parce que toi, quand tu es l√†, c’est 100% et tu ne comptes pas et que si tu dois aller te p√©ter une cote sur une chaise pour sauter sur un ballon, tu iras et tu ne r√©fl√©chiras pas.

Ermanno : C’est la posture de la secr√©taire ou l’assistante de la direction. C’est la personne qui est plus ou moins invisible, m√™me si c’est souvent elle qui est en contact, qui fait barri√®re pour prot√©ger le patron, le CEO et pour lui organiser son agenda. Tu te dis, bon, voil√†, la secr√©taire, je n’ai pas besoin de prendre une star, n’importe qui pourra faire le job. Non, en fait, la secr√©taire, c’est celle justement qui va permettre

Ermanno : au patron d’√™tre plus apais√©, d’avoir un agenda plus libre et puis de pouvoir se concentrer sur son job √† lui qui est de diriger l’entreprise.

Gary Florimont : tu vois, souvent dans les clubs, dans les sports collectifs, tu as une pi√®ce pour moi qui est une pi√®ce ma√ģtresse. C’est l’intendant. Tu vois, ce mec-l√†, tu ne l’as pas dans un club, mais ton club, il part, mais √† la d√©roul√©e, il est en route parce que c’est souvent ce mec-l√† qui est l√† et c’est un p√®re, une m√®re,

Gary Florimont : une √©paule, une √©coute, un psychologue. Et en fait, l’intendant ou l’intendante, c’est des gens qui sont tr√®s peu valoris√©s, qu’on ne voit que tr√®s peu, mais qui font un job mais monumental. Parce que si tu ne les as pas, en fait, tes joueurs, les petites choses du quotidien qui leur facilitent la vie, la t√Ęche, ils n’ont plus. Et en fait, souvent, tu vois, c’est une pi√®ce ma√ģtresse dans les √©quipes qui, √ßa m’a toujours frustr√© de voir √† quel point des fois, il n’√©tait pas assez mis en avant ce poste-l√† d’intendant, n’√©tait pas mis en avant. Tu vois, c’est une id√©e pour un podcast d’inviter un intendant pour voir comment, parce que souvent, ce mec-l√†, il entend tout dans le vestiaire, il entend tout dans le bureau, il voit tout dans les appartements, les voitures. Et ce mec-l√†, souvent, en fait, c’est un peu le disque dur de l’√©quipe. C’est des gens qui restent 10, 20 ans dans un club et en fait, on ne les voit pas, on ne les entend pas, mais c’est eux

Ermanno : qui ma√ģtrisent tout. Bon, √©coute, je prends, si tu as des contacts d’intendante ou d’intendant, d’intendante, tiens, √ßa pourrait √™tre sympa, √ßa pourrait √™tre int√©ressant. Je prends. Et pour revenir sur ton job avec Atleo, est-ce que, justement, si tu avais une demande un peu particuli√®re, tu irais chercher des intendantes ou des intendants si √ßa correspond aux attentes de tes clients ?

Gary Florimont : Oui, clairement, parce que, si je comprends bien ta question, c’est si jamais des clubs me contactaient pour aller chercher des intendants, oui, clairement, en fait, c’est un poste, en fait, aujourd’hui, tellement vaste. C’est-√†-dire, tu as quelqu’un qui, en termes de gestion de projet, doit √™tre hyper cal√©, quelqu’un, souvent, qui doit √™tre bilingue s’il est en France, fran√ßais, anglais, c’est le minimum de base. C’est quelqu’un qui a aussi un rapport avec la discr√©tion qui est hyper d√©velopp√© parce qu’il voit, entend des choses. C’est quelqu’un qui est d√©di√©, en fait, aux autres parce que, souvent, c’est des gens qui peuvent √™tre appel√©s √† 23h. Moi, j’ai des anecdotes incroyables avec des joueurs.

Ermanno : Vas-y, raconte, raconte. On n’est pas l√† pour faire du scoop, mais raconte deux, trois trucs pour se mettre dans l’ambiance.

Gary Florimont : L’intendant,

Ermanno : c’est le mec

Gary Florimont : quand un joueur plante une bagnole en sortie de bo√ģte √† 3h du mat. Le premier mec qu’il appelle, c’est l’intendant. L’intendant, c’est le mec √† qui on demande le num√©ro d’un garagiste pour faire r√©parer un pare-choc avant que les dirigeants l’apprennent. En fait, l’intendant, c’est vraiment pour moi le pivot d’une √©quipe. Vraiment, c’est celui qui permet de faciliter, fluidifier. C’est celui quand la femme d’un joueur √©tranger a un probl√®me pour aller chercher un enfant √† l’√©cole, c’est celui qu’on appelle pour aller chercher. Donc, il a l’autorisation de r√©cup√©rer tous les gamins. C’est celui, g√©n√©ralement, qui accompagne dans les rendez-vous √† la banque pour ouvrir les comptes en banque des joueurs √©trangers. Quand je dis que c’est un p√®re, c’est une m√®re, c’est r√©el. Et celui-l√†, je trouve que ce poste-l√†, par exemple, d’intendant, en fait, il est sous-estim√© alors que finalement, il n’y a pas de formation. En fait, les mecs, ils viennent et tu dois apprendre plein de choses. Planification, comme je disais, gestion de projet, c’est vraiment hyper large.

Ermanno : C’est le concierge de l’√©quipe. Oui, clairement,

Gary Florimont : quand tu vois aujourd’hui dans les bo√ģtes, tu vois le r√īle de‚Ķ Alors, on ne va pas dire que c’est un happiness officer, mais il n’est pas loin parce qu’il est garant en fait de la bonne‚Ķ en tente de la bonne‚Ķ le bon d√©roulement en fait des choses.

Ermanno : Revenons un peu √† toi encore, Gary. Je recentre le d√©bat sur toi. Bon, on n’aura pas fait tr√®s long sur ton d√©but de carri√®re, mais on pourrait, je pense, faire un podcast de deux, trois heures, mais ce n’est pas l’objectif non plus. Donc, tu arrives en France quand tu es assez jeune, tu rentres au centre de formation. Apr√®s, tu commences √† int√©grer des √©quipes, des √©quipes de premi√®re division.

Gary Florimont : En fait, moi, je reste quatre ans √† Cholet. Pendant ces quatre, quatre ans √† Cholet, je suis en √©quipe de France junior √† Espoir, donc avec des championnats d’Europe, un championnat d’Europe en fait en Turquie, un championnat d’Europe en Serbie,

Gary Florimont : o√Ļ c’est des moments quand m√™me assez forts quand tu joues la Turquie chez elle avec un stade qui est avec 10, 12 000 personnes, tu passes sur la t√©l√© nationale, c’est quand m√™me assez incroyable. Beaucoup d’actionnaires pour ce moment-l√†. Oui, clairement, beaucoup d’actionnaires, mais surtout pour l’√©quipe turque. Mais nous, on avait, on avait, mais tu vois, quand tu, tu me rappelles, on rentre sur le terrain, on n’entendait pas le ballon rebondir. Tu vois, il y avait, tu as 12 000 personnes dans une salle, tu es l√†, tu as 17 ans, on est, les Fran√ßais, on arrive, on se regarde, tu sais, on √©tait mort de fouilles, tu vois, tu te dis, si jamais on gagne ce match, on ne sort pas de la salle, ce n’est pas possible, tu vois. Donc, en fait, tu joues contre des mecs qui vont √™tre des futurs stars dans leur pays, qui sont bien reconnus, tu te rends compte qu’on parle, l’investissement pour les Turcs, c’est des malades, tu vois. Quand ils sont apr√®s leur √©quipe, c’est un truc de malade mental, tu vois. Et c’est des exp√©riences incroyables. Quand tu as 17 ans, 18 ans, tu vas en Serbie faire un championnat d’Europe, c’est des choses qui te forgent un caract√®re. C’est des choses, en fait, o√Ļ tu prends une dose, en fait, d’adr√©naline incroyable. Et je pense que √ßa te nourrit aussi, √ßa nourrit le comp√©titeur et le champion qui est en toi parce que des moments comme √ßa, tu as envie de travailler dur pour les revivre √† l’implique. Donc, voil√†, moi, je te dis, apr√®s, je signe mon premier contrat pro √† Cholet, √† Cholet Basket, o√Ļ j’int√®gre les clubs professionnels. Malheureusement, je suis pr√™t√©. Donc, en fait, il faudra qu’en pro, tu signes un contrat professionnel, mais tu peux √™tre pr√™t√© dans un club. Donc, moi, j’ai √©t√© pr√™t√© dans un club en seconde division, le club de Poitiers, le Poitiers Basket, o√Ļ j’ai pass√© deux ans √† ne pas refaire un petit peu mon jeu. On a √©t√© champion de seconde division. Donc, ce qui voulait dire que les clubs acc√©daient √† la premi√®re division, malheureusement, je n’ai pas √©t√© conserv√©. Donc, moi, j’ai encha√ģn√© sur plusieurs clubs de seconde division par la suite. Donc, j’ai jou√© √† Nantes, j’ai jou√© √† √Čvreux, √† Charleville-M√©zi√®res. Donc, j’ai beaucoup, beaucoup voyag√©. Je ne vais pas tous les √©num√©rer, mais je remonte en premi√®re division √† 25 ans, √† Reims, o√Ļ j’ai la chance d’√™tre refut√© par un entra√ģneur mont√©n√©grin. Et l√†, je fais la rencontre de l’exigence en fait de l’exigence en fait des coachs de pays de l’Est. Et √ßa a √©t√© incroyable parce que je suis tomb√© sur une personne qui m’a fait d√©couvrir un autre rapport en fait avec le management. C’est-√†-dire que j’ai toujours eu des coachs fran√ßais avant qui avaient un management tr√®s proche o√Ļ on parlait beaucoup. Et l√†, c’√©tait un management en fait o√Ļ c’√©tait tr√®s directif, o√Ļ il y avait tr√®s peu de rapports humains. Alors, au d√©but, √ßa peut √™tre assez surprenant, mais en m√™me temps, √ßa a √©t√© appr√©ciable parce que on a eu c’√©tait quelqu’un de tr√®s professionnel et justement, en fait, dans son rapport avec les individus, il √©tait assez restreint parce qu’il mettait l’√©quipe avant tout. C’est-√†-dire qu’il n’y avait pas de micro-management, il y avait un management vraiment de groupe avec un plan d’yeux, un plan d’√©quipe, avec des objectifs collectifs et il n’avait pas le temps √† perdre en fait sur des √©tats d’√Ęme ou des attentes individuelles. C’√©tait vraiment faire une esp√®ce d’un m√©canisme, une machine qui s’auto-ex√©cute et qui est l√† pour r√©pondre aux exigences d’un collectif. Donc, √ßa a √©t√© quelque chose d’hyper enrichissant pour moi de voir en fait ce type de management et de pouvoir finalement en fait progresser aussi de mon c√īt√© dans une atmosph√®re en fait hyper comment je pourrais dire √ßa pointue. Mais quand je dis pointue, c’est pour pied s’il √©tait sur le trait, il ne pouvait pas √™tre 5 centim√®tres √† c√īt√©. C’√©tait vraiment sur le trait. Et c’√©tait le coach un peu le coach o√Ļ il arrivait le matin, le mec se mettait en short, il s’√©chauffait et le mec √©tait dans l’entra√ģnement avec toi. Tu sais, c’√©tait vraiment vraiment impressionnant et je te parle de √ßa, je te parle d’un entra√ģneur qui avait une soixantaine d’ann√©es. Donc, quand tu vois un entra√ģneur qui arrive, qui se change comme le joueur, qui s’√©chauffe, qui fait les exercices, qui te montre, c’est vraiment une autre culture.

Ermanno : Tu penses que √ßa vient de la culture vraiment ? Tous les Mont√©n√©grins ou une bonne partie sont comme √ßa ou √ßa venait de l’homme ? Les gens

Gary Florimont : ont cette connotation parce que tu sais, quand tu as un coach qui commence √† te parler des jeux du basket, les mecs, c’est vraiment c’est un gars qui a √©t√© pro, qui a jou√© jusqu’√† 41 ans et vraiment, le gars te parlait de jeux du basket, on doit prier les jeux du basket, on a demand√© aux jeux du basket. En fait, c’√©tait une approche, c’√©tait une‚Ķ le mec √©tait d√©vou√© mais vraiment, c’est un amour. L√†, j’ai d√©couvert un amour du basket √† travers les jeux du coaching o√Ļ c’√©tait la pr√©cision, les d√©tails. On faisait des vid√©os de 2h30 o√Ļ on arr√™tait √† chaque passe limite. Tu c’√©tait un go√Ľt de la pr√©cision qui √©tait pouss√© √† un niveau incroyable. Mais en m√™me temps, pour le jeune joueur que j’√©tais, c’√©tait hyper enrichissant parce que je n’ai jamais √©t√© aussi bon que quand j’ai jou√© pour ce coach-l√†.

Ermanno : Est-ce que c’√©tait‚Ķ Alors, je n’ai pas forc√©ment envie de faire de la psychologie de comptoir mais est-ce que c’√©tait‚Ķ Tu n’avais jamais √©t√© aussi bon parce que justement, tu trouvais quelque chose dans ce coach qui t’a int√©ress√©, attir√©, touch√© et tu voulais te faire tu voulais lui rendre en fait ce que lui t’apportait ou est-ce que c’est juste que c’√©tait le bon moment, les bonnes conditions et que √ßa n’avait pas forc√©ment √† voir avec l’homme, le coach ? Je pense que c’est

Gary Florimont : un peu de tout ça.

Ermanno : Tu sais,

Gary Florimont : la réponse…

Ermanno : La r√©ponse de Normand, t’as jou√© √† Evreux. Moi, je suis Rouennais.

Gary Florimont : En fait, c’est une somme de tout √ßa parce que si tu veux, je te l’ai dit avant, je suis un joueur de Londres. D’accord ? Et le fait de tomber avec un entra√ģneur qui n’avait pas cette vision individuelle de l’√©quipe et qui vraiment mettait le collectif en avant, moi, √ßa m’a permis en quelque sorte aussi d’√™tre mis en avant parce que finalement, je te l’ai dit, moi, je vivais √† travers l’√©quipe et √ßa m’allait bien que l’√©quipe soit mise en avant et en fait, tu vois, c’est un mec qui m’a donn√© des responsabilit√©s tr√®s t√īt. Tu vois, par exemple, parce que c’√©tait le collectif. Il n’y avait pas de place pour l’individu, pas de place pour l’√©tat d’√Ęme. Tu vois, j’avais des joueurs hyper talentueux qui avaient du mal √† s’exprimer avec lui parce que c’est des personnes qui avaient un c√īt√© tr√®s artistique de la performance. Ils avaient besoin de beaucoup de libert√©, un grand champ d’action et finalement, avec cet entra√ģneur-l√†, √ßa ne passait pas. C’√©tait tu stick to the plan. Tu dois te coller au plan et rien d’autre. En fait, on n’est pas des peintres, on n’est pas des, tu vois, on n’est pas dans un aspect artistique. On est l√† pour faire de la pr√©cision et en fait‚Ķ

Ermanno : En même temps, si tu avais été peintre, vu que tu es très grand, ça aurait peut-être aidé. Ouais,

Gary Florimont : j’aurais pu avoir une vraie carri√®re de peintre ou de pl√Ętrier, tu vois, mais‚Ķ

Ermanno : Non, non, mais je vois bien, c’√©tait pour la petite blague. Et pendant tout ce temps-l√†, notamment quand tu as √©t√© pr√™t√© par Cholet √† d’autres √©quipes, √† Poitiers, quand tu as boug√© un petit peu partout, comment est-ce que tu finances ta carri√®re ? Parce que, encore une fois, en sport individuel, √† la limite, c’est assez simple, c’est la personne qui se finance sa carri√®re en allant chercher des partenaires, des sponsors. Quand on est dans un sport collectif, dans un sport d’√©quipe, est-ce que tu √©tais salari√© par le club ? Est-ce que tu avais des partenaires, des sponsors en particulier ? Comment est-ce que tu vivais au quotidien, en fait ?

Gary Florimont : Alors l√†, c’est int√©ressant que tu poses ces questions parce que je pense que beaucoup de personnes qui vont nous √©couter ne savent pas comment √ßa fonctionne.

Ermanno : Surtout, on parle basket, j’imagine que beaucoup de Fran√ßais ont comme image Tipeee, donc Tony Parker, mais tout le monde n’est pas Tony Parker.

Gary Florimont : Qui est juste un homme, tu vois, et contre qui j’ai eu la chance de jouer quand il avait 16 ans. Tu m’imagines pour un mec comme moi qui est bient√īt √† 37 ans, tu vois, je regarde √ßa avec mon fils et je lui dis, tu vois, Victor Mbayama, papa, il a eu la chance de jouer contre lui. √áa, c’est‚Ķ

Ermanno : Oui, mais lui, il avait 5 ans, c’est √ßa ?

Gary Florimont : Tu vois, tu te dis, c’est incroyable, tu vois, et il √©tait √† Nanterre, je m’√©carte un peu, mais il √©tait √† Nanterre, il avait 16 ans et je te promets que je savais d√©j√† que le mec, c’√©tait un homme. Il avait 16 ans, quoi, 16 ans et je me rappelle d’une action avec un de mes co√©quipiers, il fait un mouvement, tu vois, qui peut para√ģtre anecdotique pour la plupart des basketeurs, mais quand on fait sa taille et qu’on a 16 ans, de faire √ßa, c’est juste incroyable. Et avec mon co√©quipier, on se regarde en mode ¬ę Ouh ! ¬Ľ Tu vois, genre, c’est incroyable ce qu’il vient de faire, l√†, tu vois. Et donc, √ßa, c’est pour la petite anecdote. Alors, pour venir sur ta question, comment √ßa fonctionne dans le sport professionnel ? Quand tu es basketeur professionnel ou footballeur ou handballeur, en fait, on est assimil√©, en fait, salari√©. C’est-√†-dire qu’en fin de mois, tu touches ton salaire, tu as une fiche de paye, donc, en fait, tu signes des CDD de 10 mois parce que la saison, elle dure 10 mois. Et quand ton CDD se termine, si tu n’as pas re-sign√©, en fait, tu vas au ch√īmage comme tous les Fran√ßais en p√©riode, en fait, de recherche d’emploi. Donc, c’est un syst√®me qui est assez simple, qui est beaucoup moins complexe que le sport individuel qui doit chercher des sponsoring, du m√©c√©nat, etc. pour se financer. Nous, de ce niveau, de ce c√īt√©-l√†, on est plut√īt, entre guillemets, tr√®s serein, d’accord ? Je ne vais pas dire tranquille parce qu’en fait, ton salaire, il faut le m√©riter et que finalement, tu as quand m√™me cette pression, en fait, de fournir des r√©sultats, ce qui est assez particulier. Moi, je dis souvent, le basket, c’est le sport collectif le plus individuel parce que tu es parti d’une √©quipe, tu es salari√©, mais en fin de contrat, on te recrute sur tes statistiques individuelles. Donc, c’est assez particulier. Donc, en fait‚Ķ

Ermanno : √áa devait √™tre encore plus particulier pour toi qui √©tais un joueur de l’ombre. Comme tu l’as dit, tu n’√©tais pas‚Ķ Alors, je te cite, je ne me permettrais pas, mais tu n’√©tais pas forc√©ment talentueux, ce n’√©tait pas forc√©ment beau √† voir, mais par contre, tu faisais tout ce que les autres ne faisaient pas. Donc, j’imagine que tes stats n’√©taient pas √† la hauteur d’un victor qui, lui, ne fait que de marquer, marquer, marquer.

Gary Florimont : Apr√®s, c’est ce qu’une √©quipe, en fait, c’est toujours pareil. J’ai toujours eu la chance de jouer dans des bonnes √©quipes parce que quand un entra√ģneur cr√©e un collectif, il ne fait pas une somme d’individus. C’est l√† souvent, en fait, les gens qui ne connaissent pas critiquent des fois l’√©quipe nationale o√Ļ ils disent il n’a pas recrut√© un tel, il n’a pas recrut√© un tel. Quand tu fais une √©quipe, ce n’est pas la somme des meilleurs joueurs, c’est l’√©quilibre des meilleures comp√©tences pour atteindre un objectif. Donc, souvent, l’entra√ģneur, bien √©videmment, il va avoir un regard analytique, un regard financier parce qu’il a une enveloppe qu’il lui a attribu√©e pour constituer une √©quipe. Donc, c’est faire les choix sur les postes les plus coh√©rents. Donc, bien √©videmment, on ne se bousculait pas pour me recruter parce que, d’abord, les entra√ģneurs veulent refl√©ter leur scoreur parce que dans un basket, quand m√™me, c’est un sport o√Ļ il faut mettre des paniers. Donc, si tu fais une √©quipe qu’avec des Garry-Florimont, √† un moment donn√©, les supporters vont s’ennuyer. Tu auras des scores de matchs de foot et √ßa ne va pas √™tre forc√©ment int√©ressant.

Ermanno : mais bon, √©coute, 5-2, c’est toujours l’√©quipe de Garry qui gagne. Par contre,

Gary Florimont : tu verras des taquets, tu verras des coups d’√©paule. Si tu aimes √ßa, tu vas te servir. Mais dans la constitution, tu as des temps forts dans le recrutement. Tu as des temps forts o√Ļ tu as des premiers scoreurs qui sont cl√©biscit√©s assez t√īt pour lesquels il y a une enveloppe quand m√™me plus importante. Donc, c’est un march√©. C’est le premier march√©. Ensuite, tu as un second march√©. En fait, tu as plusieurs temps pendant le mercato comme √ßa. Et voil√†. Donc, je n’ai jamais √©t√© le premier refl√©t√©, mais je n’ai jamais √©t√© non plus le dernier. Et l’int√©r√™t, ce qui est int√©ressant dans les sports collectifs, c’est de se sp√©cialiser. Moi, je me suis sp√©cialis√© je te le conc√®de par exemple par la force des choses parce que je n’avais pas le choix. Mais je me suis sp√©cialis√© tr√®s rapidement sur la d√©fense, sur le job de l’ombre. Et tr√®s rapidement aussi, j’ai √©t√© identifi√© comme un joueur comme √ßa. Mais ce qui a √©t√© plut√īt frustrant, c’est comme tout √™tre humain, j’ai voulu des fois upgrader un petit peu, changer de statut. Et c’est vrai que quand tu as cette image de joueur de l’ombre, c’est beaucoup plus difficile d’aller chercher des responsabilit√©s offensives parce que ce n’est pas comme √ßa que les gens t’attendent. Ce n’est pas comme √ßa que les gens te per√ßoivent. Donc du coup, tu as du mal √† te vendre en fait sur ce cr√©neau-l√†. Donc l’intelligence d’un joueur, c’est tr√®s t√īt savoir quelle va √™tre sa sp√©cialit√©. Et plus t√īt tu trouves ta sp√©cialit√©, plus de temps tu peux prendre √† travailler pour te d√©velopper sur cet aspect sp√©cifique. C’est comme un recruteur, c’est comme quelqu’un dans les RH, dans le commercial. Plus t√īt tu connais ta sp√©cificit√©, plus t√īt tu peux te vendre

Ermanno : et te concentrer. Et donc pour revenir sur la question, comment est-ce que tu finances tout √ßa ? Tu es salari√© par le club, m√™me quand tu es pr√™t√©, alors c’est un peu pour rentrer un peu plus dans les coulisses, dans les vestiaires, mais tu es salari√© par Cholet et tu es pr√™t√© √† Poitiers et c’est Poitiers qui paye Cholet ou c’est Poitiers qui te paye ? Raconte-nous tout.

Gary Florimont : En fait, √ßa d√©pend. Alors il y a plusieurs choses. J’ai parl√© de mon cas mais il y a aussi d’autres cas. Dans mon cas, c’est tr√®s simple, j’ai sign√© √† Cholet Basket mon premier contrat pro parce que c’est mon club formateur et je lui dois mes trois premi√®res ann√©es de contrat. C’est comme √ßa que √ßa fonctionne. C’est-√†-dire en fait pour que le club ait une forme de d√©dommagement, l’athl√®te lui doit les trois premi√®res ann√©es de contrat qui sont conventionn√©es au niveau salarial. C’est-√†-dire que tu peux avoir plus mais tu ne peux pas avoir moins. G√©n√©ralement, les clubs te donnent juste ce qu’ils doivent te donner. Tu vois ? √Ä part exception Victor et Mayama, je pense pour qui on a fait une entorse mais tout le monde comprendra pourquoi. Mais g√©n√©ralement, tes trois premi√®res ann√©es de contrat, en fait, tu les signes avec ton club formateur et eux d√©cident de te garder parce que tu as le niveau, parce qu’ils croient en toi, parce que etc. Plein de raisons ou de te pr√™ter. Dans le cas o√Ļ tu es pr√™t√© dans un club, seconde ou premi√®re division, c’est le club qui te re√ßoit qui finance en fait ton contrat. D’accord ? Il y a eu des exceptions o√Ļ des joueurs avaient des plus beaux contrats que ce que le club qui recevait le pr√™t pouvait financer. Donc l√†, il y avait en fait une entente entre les deux clubs o√Ļ le club pr√™teur prenait en charge une partie du salaire. Mais c’est un peu comme √ßa √† ce niveau-l√† en fait, tu vois. √Ä ce niveau-l√†, on est les sportifs professionnels et √† tort parce qu’il y a une diff√©rence et je vais me permettre d’avoir ton podcast pour le dire.

Ermanno : Vas-y, vas-y.

Gary Florimont : Tout √† l’heure, on parlait de sportifs sur la liste minist√©rielle. Et en fait, tu vois, moi aujourd’hui qui ai mont√© une structure d’accompagnant pour les athl√®tes de haut niveau, il y a une vraie diff√©rence qui se passe et qui est pour moi en fait pr√©judiciable et c’est qu’aujourd’hui que tu sois un athl√®te de haut niveau ou que tu sois un sportif professionnel parce que c’est √ßa la diff√©rence athl√®te de haut niveau, sportif professionnel, c’est que tu as un contrat et tu as assimil√© des salari√©s. Donc, tous les fins de mois, tu as un salaire. Athl√®te de haut niveau, tu fonctionnes avec des fois, tu as un emploi ou tu as du sponsoring, du m√©c√©nat. Sauf que sur le match de la fin de carri√®re, on est tous √©gaux parce que √ßa demande en fait les m√™mes engagements. Un athl√®te de haut niveau, un sportif professionnel, il s’entra√ģne deux fois par jour √† des p√©riodes de comp√©tition, √† des contraintes familiales, de localisation, etc. Donc, tu vois, souvent, en fin de carri√®re, on se trouve sur un sch√©ma o√Ļ il y a des choses qui sont mises en place pour les athl√®tes de haut niveau qui sont sur liste minist√©rielle donc qui ont droit √† certains, on va dire, certains ponts dans des √©coles, de kin√©, etc. Et on a des athl√®tes professionnels qui, parce qu’ils ont √©t√© assimil√©s en fait salari√©s, en fait, ne se voient pas en fait

Gary Florimont : avoir acc√®s aux m√™mes avantages que les athl√®tes de haut niveau. Et je trouve, je trouve que, en fait, pour moi, c’est une vraie contrainte parce que finalement, c’est des gens qui se sont investis dans leur carri√®re de la m√™me fa√ßon et qui ne sont pas en fait responsables du d√©veloppement de leur √©cosyst√®me.

Gary Florimont : Donc, tu vois, aujourd’hui, pour moi, je trouve qu’il y a une vraie difficult√© et souvent, on entend parler de SHN, sportif de haut niveau et en fait, dans ce jargon, on √©carte syst√©matiquement les sportifs professionnels.

Ermanno : Je suis d’accord avec toi sur cette diff√©rence de statut et encore une fois, on y revient souvent, on peut √™tre sportif pro et avoir le statut de SHN, de sportif de haut niveau, mais on ne peut pas √™tre sportif de haut niveau sans √™tre sportif pro. Et du coup, les chances ne sont pas les m√™mes pour ce qui est l’apr√®s carri√®re, ce que toi, tu appelles la conversion. Oui,

Gary Florimont : tout √† fait, la conversion, la conversion des comp√©tences, la conversion en fait de l’investissement. Je ne dis pas que les chances ne sont pas les m√™mes, je dis juste en fait que je ne dis pas qu’il y a un statut qui est mieux qu’un autre, je dis juste que c’est un statut qu’aujourd’hui, c’est dommage qu’il n’y ait pas une homog√©n√©isation du statut, de dire en fait que ce sont des athl√®tes de haut niveau, qu’il n’y ait plus de sportifs de haut niveau, plus de sportifs professionnels, qu’on est sur des individus qui ont fait des concessions du m√™me titre, qui se sont investis dans leur carri√®re au m√™me titre et qu’aujourd’hui, ils devraient tous √™tre √©gaux sur les passerelles. Oui,

Ermanno : parce qu’en plus, dans le sport individuel, souvent, les sportifs de haut niveau sont des sportifs qui sont list√©s. Dans les sport-co, c’est plus difficile parce qu’il faut avoir √©t√© en √©quipe de France, etc. Donc, les conditions ne sont pas forc√©ment les m√™mes. Toi, tu as √©t√© list√©, mais par exemple, j’avais √† ce micro M√©lissa Michaletto qui est une ancienne basketteuse pro aussi qui, elle, n’√©tait pas list√©e. Oui,

Gary Florimont : ce n’est pas les m√™mes parce que tu vois, tu as des acc√®s dans des √©coles de kin√©, de st√©o. En fait, tu as un certain nombre de choses qui sont quand m√™me assez int√©ressantes en termes d’opportunit√©s pour les athl√®tes au sens large du terme

Gary Florimont : archi-professionnel. Donc, √ßa trouve que c’est peut-√™tre un peu dommage de ne pas mettre tout le monde sur le m√™me pi√©destal. Mais encore une fois, c’est un constat individuel. Il y a des choses aujourd’hui quand m√™me qui existent, mais on se dit qu’aujourd’hui, en fonction des f√©d√©rations, en fonction des ligues, des sports, tout le monde n’est pas‚Ķ Ils ne sont pas tous √©gaux et c’est dommage. Oui,

Ermanno : mais c’est justement le moment d’en parler. Cette ann√©e 2024, l’ann√©e o√Ļ il y a une petite f√™te de campagne en France, est-ce que tu seras au bord des parquets pour encourager les copines et les copains ?

Gary Florimont : Oui, √©coute, je pense que j’ai beaucoup d’amis, beaucoup d’athl√®tes qui sont en liste pour les JO. Je pense qu’on sera √† Paris pour les soutenir. M√™me si, moi, c’est hyper heureux pour les Fran√ßais, pour le sport fran√ßais que √ßa se passe √† Paris. En m√™me temps, j’ai quand m√™me des grosses craintes sur l’apr√®s-JO, notamment pour les athl√®tes puisqu’aujourd’hui, on se rend compte que tout le monde s’en parle du sujet des JO. J’ai l’impression qu’√™tre sportif, √ßa n’a jamais √©t√© aussi styl√©. En France,

Ermanno : en tout cas, c’est l’effet JO.

Gary Florimont : Et √ßa me fait peur parce qu’il y a tout un effet marketing autour de √ßa. Et √ßa me fait peur que, de un, les sportifs ne comprennent pas et que se laissent l√©ser et pensent que √ßa va durer pour l’√©ternit√©. Et que, deuxi√®mement, que √ßa retombe comme un soufflet parce qu’il y aura un avant et un apr√®s-JO. Souvent, moi, avec Athl√©osport, quand je discute avec des d√©cideurs dans le monde de l’entreprise, je leur dis ¬ę Ok, mais il y a un devoir d’inclusion de ces athl√®tes parce que c’est bien de les supporter et d’en √™tre fier en vue d’une comp√©tition. Mais c’est mieux de le faire tout le temps. Et surtout, c’est encore mieux de prendre le temps de comprendre vraiment ce qui les compose pour pouvoir ensuite leur permettre de transposer. C’est pour √ßa que je te parle de conversion. C’est de faire converger toutes ces comp√©tences qui ont fait deux des champions. Comment mettre en place des programmes, des parcours pour les int√©grer dans le monde de l’entreprise ? Parce qu’aujourd’hui, quand on parle d’h√©ritage, l’h√©ritage du sport fran√ßais, il se fait √† travers les champions. Et les champions, comment on fait pour que √ßa continue d’√™tre des champions ? En fait, c’est les int√©grer dans tous les pans de la soci√©t√© et notamment dans le monde de l’entreprise.

Ermanno : Oui, et puis il y a beaucoup, tu l’as dit, on l’a dit de nombreuses fois sur cet √©pisode, il y a beaucoup de passerelles entre le monde du sport et le monde de l’entreprise et inversement. Mais souvent, les sportifs de haut niveau sont d’abord des sportifs avant d’√™tre des entrepreneurs ou des salari√©s.

Gary Florimont : Bien s√Ľr. Je dirais, avant m√™me d’√™tre des sportifs, je pense que c’est des performeurs. Tu vois, tout √† l’heure, tu le parlais, moi, je pense que j’ai toujours √©t√©, je suis un addict en fait de la comp√©tition, du challenge et je pense que c’est l√† tr√®s commun √† tous les sportifs. Tout √† l’heure, on parlait de diff√©rence entre sportifs de haut niveau et sportifs professionnels. Je pense que c’est les m√™mes parce que c’est des performeurs et c’est des gens qui aiment le challenge, c’est des gens qui aiment le d√©fi. Et en fait, c’est la comp√©tence qu’on retrouve chez tous les athl√®tes, tous. M√™me un mec

Gary Florimont : qui est en France, c’est dommage qu’on se prive de √ßa, de personnes qui ont pouss√© le d√©fi, l’amour du d√©fi, l’amour du challenge en fait √† l’extr√™me. Et je pense que c’est quelque chose qui est transposable en fait √† tous les degr√©s. Bien √©videmment, tout le monde n’est pas entrepreneur puisqu’on vend souvent l’entrepreneuriat comme un truc cool et styl√© alors que c’est quelque chose de difficile, tu vois. C’est quelque chose sur lequel on a tr√®s peu de visibilit√© mais beaucoup d’athl√®tes aujourd’hui ont envie de faire partie d’une √©quipe, d’une entreprise. C’est une √©quipe et en tout cas, les athl√®tes con√ßoivent l’entreprise comme √ßa. Beaucoup d’athl√®tes ont l’amour en fait de l’institution. Aujourd’hui, beaucoup d’entreprises, toutes les entreprises font des institutions et je trouve que quand on parle de comp√©tences, qu’est-ce qu’il faut de plus ? Parce que la plupart des entreprises ont un parcours d’int√©gration √† l’interne, sont capables de former des collaborateurs sur tous les postes. Bien √©videmment, quelqu’un qui n’a pas fait l’√©tude de comptable ne peut pas devenir comptable mais il y a un certain nombre de postes dans l’entreprise o√Ļ ce qui fait la diff√©rence, ce sont l’attitude plus que les aptitudes. Donc en fait, les sportifs ont d√©velopp√© ces attitudes et je pense que ces attitudes sont tr√®s facilement transposables.

Ermanno : J’ai le titre du podcast. Attends, je note. Attitude versus aptitude. C’est top √ßa.

Gary Florimont : C’est pas mal.

Ermanno : Je vais faire un post sur Instagram avec un fondant et √©crire √ßa. Tu as une belle punchline. Je t’enverrai la vid√©o si tu veux. Comme √ßa, tu pourras r√©cup√©rer des moments. Attitude versus aptitude. Top. Gary, je vais te donner je ne vais pas te prendre trop de temps. On arrive doucement √† la fin de l’√©pisode. Il y a une question que je pose √† tous mes invit√©s que je pimpe un peu. Si tu pouvais, si on pouvait vivre dans un monde un peu fantastique, tu pouvais te projeter en Guadeloupe juste avant de partir en France, rejoindre le centre de formation de Cholet et que tu voyais le petit Gary de 13 ans qui sache exactement la vie que tu vas mener et qui tu es maintenant. Qu’est-ce que tu penses que lui dirait de toi en te voyant ?

Gary Florimont : Je dirais que tu me dis √ßa, √ßa me donne la chance d’√™tre le cher de poule. C’est un des cons.

Gary Florimont : Donc, ce que tu vas dire, √ßa vient du cŇďur. Oui, clairement. Je dirais, je pense qu’il me dirait qu’il est fier de moi. Je pense parce que comme je te le dis, en fait,

Gary Florimont : rien ne me pr√©destinait √† tout √ßa. Et tu vois, je me rappelle encore, je ne sais pas si mes cousins √©couteront ce podcast. J’esp√®re bien, tu leur enverras l’√©pisode. Je me rappelle, je devais avoir 11 ou 12 ans et quand j’ai commenc√© le basket, je leur ai dit je vais devenir un basketeur professionnel et ils sont tous au-dessus de ma gueule. Tu vois, c’est √ßa mon premier rapport avec l’objectif personnel. Tu vois, et en fait, je lui dirais, en fait, oui, je suis fier de toi que tu es devenu une belle personne, que tu n’as jamais

Gary Florimont : d√©rog√© en fait √† tes promesses. Tu ne t’es jamais menti √† toi-m√™me et je lui dirais, oui, juste, je suis fier de toi.

Ermanno : Et qu’est-ce que toi, du coup, tu lui r√©pondrais quand il te dirait √ßa et que tu aurais la chair de poule ? Oui,

Gary Florimont : putain, t’es con, putain, √ßa ne part pas l√†.

Gary Florimont : Je lui dirais, en fait, ne change rien, je lui dirais, profite de tes erreurs. Profite de tes erreurs parce que tu ne les feras qu’une fois et que les erreurs que tu vas vivre vont certainement √™tre tes plus beaux moments. Donc, profites-en un maximum. Waouh !

Ermanno : Tu vois, tu m’as fil√© la chair de poule aussi. Merci, Gary. Et puis, pour terminer, parce que je pense qu’on a fait un bon tour l√†, o√Ļ est-ce qu’on te suit ? O√Ļ est-ce qu’on te contacte si justement, on veut embaucher des sportives ou des sportives de haut niveau qui soient pros ou pas, list√©s ou pas, des gens qui aient connu le sport de haut niveau et puis tout simplement, si on veut suivre un peu ton actualit√© ?

Gary Florimont : √Čcoute, Athl√©osport, A-T-H-L-E-O, plus loin, sport sur LinkedIn, pareil, sur le site Internet et sinon, sur mon LinkedIn, Gary Florimont, je pense que c’est l√† o√Ļ tout le monde est, tout le monde se connecte. Contactez-moi pour discuter. C’est avant tout une aventure, une de mes aventures entrepreneuriales parce que j’en ai une autre aussi dans le monde de l’immobilier. Mais, c’est vraiment en fait un h√©ritage, c’est vraiment ce que je veux laisser aux sportifs, Athl√©osport. Voil√†, je recrute aussi des sportifs parce que c’est pour nous, par nous, c’est √ßa mon leitmotiv d’Athl√©osport et donc, n’h√©sitez pas √† vous connecter, qu’on puisse discuter, que vous aurez un int√©r√™t direct ou indirect, ce sera un plaisir de vous expliquer et de d√©fendre un petit peu cette population dont j’ai et je fais partie. Gary,

Ermanno : merci beaucoup pour ce bon moment, pour ces derni√®res minutes pleines de chair de poule. J’esp√®re que nos auditrices et nos auditeurs auront appr√©ci√© et puis, on se donne rendez-vous sur les r√©seaux. Avec plaisir,

Gary Florimont : merci de m’avoir re√ßu. Merci,

Ermanno : ciao.

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