🌟 Il existe des parcours qui se dessinent dès l’enfance, et celui de Gary fut tracé entre les lignes d’un terrain de basket.
🏀 Né en Guadeloupe, son histoire n’est pas celle d’une passion innée pour ce sport, mais bien celle d’une conquête, fruit d’une recommandation médicale pour contrer son asthme. Une recommandation, qui, à première vue, semblait n’être qu’une contrainte de plus, devint le premier dribble sur la route d’un destin exceptionnel.
🤔 Gary, le jeune garçon qui arriva avec un short en jean pour son premier entraînement, ne se doute alors pas des exploits qu’il accomplirait. Jouer au basket n’était pour lui qu’une épreuve de plus dans un quotidien déjà semé d’embûches. Pourtant, sa détermination et son opiniâtreté parlent pour lui.
🌴 De la Guadeloupe à Cholet, il n’y a pas qu’une distance géographique, mais aussi l’écart entre un rêve et sa réalisation. A 13 ans seulement, Gary laisse derrière lui sa famille et son île pour se plonger dans le grand bain du basket métropolitain.
📈 Sa carrière de basketteur pro, il la bâtit bloc par bloc, entraînement après entraînement, renforçant son jeu et son esprit d’équipe. Gary n’est certes pas celui que l’on remarque pour sa finesse technique ou pour les paniers qu’il marque, mais son rôle dans l’équipe est tout aussi crucial. Il incarne le cœur battant de chaque équipe pour laquelle il joue, celui qui, dans l’ombre, assure la cohésion et la tenue du groupe.
🌍 Mais la vie d’un sportif de haut niveau est une course contre soi-même, une lutte constante pour se surpasser, et surtout, pour se prouver qu’on peut toujours faire plus, faire mieux. Gary le sait, vivre de sa passion n’est pas une fin en soi, c’est une aventure faite de succès, d’échecs et de remises en question.
✨ Alors que les Jeux Olympiques de Paris se profilent, Gary se prépare à vivre cet événement d’une manière différente. Fini le temps où il défendait les couleurs de son équipe sur le parquet. Aujourd’hui, c’est en tant qu’entrepreneur et mentor qu’il soutient la nouvelle génération d’athlètes, cherchant à leur transmettre ce qu’il a appris sur le terrain et en dehors.
🚀 A travers Athléosport, il ambitionne de briser les barrières entre le monde du sport et celui de l’entreprise, en aidant les sportifs à se (re)convertir. Car si le basket a été son premier combat, aider ses pairs à réussir leur transition professionnelle est devenu sa nouvelle mission.
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Dans cet épisode, vous pourrez découvrir (chapitres de l’épisode) :
- 00:01:45 – Introduction de Gary Florimont, ancien basketteur professionnel
- 00:02:19 – Découverte du basket et début de carrière en Guadeloupe
- 00:09:29 – Premiers contrats professionnels et prêts entre clubs
- 00:14:01 – Importance de l’analyse et du collectif dans le sport
- 00:17:42 – Financement de la carrière par les clubs
- 00:21:00 – Différence de statut entre sportifs de haut niveau et professionnels
- 00:23:23 – Rapport à la performance et au jugement du public
- 00:26:59 – Premiers pas vers le haut niveau et la sélection
- 00:32:07 – Importance du collectif et des rôles complémentaires
- 00:39:29 – Rencontre avec un entraîneur monténégrin exigeant
- 00:46:14 – Fonctionnement des contrats et des prêts entre clubs
- 00:49:08 – Spécialisation des rôles et statistiques individuelles
- 00:54:33 – Préparation des Jeux Olympiques 2024 à Paris
- 00:58:15 – Importance de l’attitude plutôt que des aptitudes pour les sportifs
- 01:00:41 – Contacts et réseaux pour suivre Gary Florimont et Athléosport
Pour suivre et soutenir notre invité : https://www.linkedin.com/in/gary-florimont / https://www.instagram.com/garyflorimont / https://www.athleo-sports.fr
Grâce à Autoscript.fr, on vous propose même de revivre l’échange que j’ai pu avoir avec Gary.
Ermanno : Dis papa, ils font quoi les sportifs quand ils sont pas sur le terrain ? Et bah croyez-moi, quand votre fils vous pose cette question, ça fait réfléchir. Surtout quand on sait que pas mal d’entre eux jonglent avec un ou plusieurs jobs pour pouvoir joindre les deux bouts. Et j’ai réalisé que beaucoup d’entre nous se posent la même question. C’est pour ça qu’il y a quelques années, j’ai décidé de lancer le podcast dans les vestiaires pour plonger dans ces doubles vies. Parce que derrière chaque athlète, il y a une histoire et parfois un autre métier. A peu près au même moment, j’ai rejoint eplayer, un cabinet de recrutement spécialisé dans les recherches critiques. Alors moi, je suis recruteur tech et avec mon associé, on aide les entreprises à trouver les perles rares. Mais on accompagne aussi les entités qui veulent définir ou redéfinir une politique de recrutement. Et je peux vous dire que des sportifs de haut niveau, croisés au gré de nos chasses de candidats, on en a vu un sacré paquet. Et oui, parce que c’est une politique de recrutement. Et je peux vous dire que des sportifs de haut niveau, croisés au gré de nos chasses de candidats, on en a vu un sacré paquet. Et oui, parce que encore une fois, vivre de son sport n’est pas si facile quand on n’est pas installé au plus haut des podiums depuis des années. Et encore, comme une marque bien installée, il faut y rester et se réinventer sans cesse. Du coup, à travers les histoires inspirantes de mes invités, je vous propose de découvrir comment on peut répondre à nos enfants qui se demandent encore ce que font toute la journée ces sportifs de haut niveau. Parce que oui, entre sport et entrepreneuriat, il y a beaucoup de points communs. Et avec les JO de Paris qui approchent, c’était le moment de redonner vie à ce podcast. Alors, restez après l’épisode. Je vous donne tous les détails sur notre invité et je vous invite à aller voir la page sur le site vestiaires.org pour pouvoir le soutenir dans ses projets. Allez, c’est parti pour un nouvel épisode. Salut les sportifs, c’est Ermanno et je suis très heureux de vous recevoir pour un nouvel épisode du podcast Dans les Vestiaires. Aujourd’hui, on parle avec un ancien sportif de haut niveau, mais qui vient de m’avouer en off qu’il n’a pas lâché l’affaire. Il vient d’ailleurs de se blesser un petit peu à l’arcade sous-séniaire ce week-end parce qu’il n’a pas lâché le combat. Normalement, ce n’est pas du combat, c’est une compétition. C’est un match que tu pratiques. Mais écoute, je sais que ce sport peut être parfois assimilé à un sport de combat. Il faut défendre la balle. Allez, j’arrête avec le suspense. Je suis très heureux de recevoir Gary Fleury, mon ancien joueur de basket de haut
Gary Florimont : niveau. Salut Gary. Salut, salut. Merci de me recevoir. Merci les sportifs. Et puis, je suis
Ermanno : très ravi d’être dans le vestiaire aujourd’hui. Bon, c’est cool. Je te remercie d’avoir accepté quelques temps qu’on essaye de se capter. Moi, je suis monté au Luxembourg pendant les fêtes de fin d’année. Toi, tu n’étais pas là. On s’est croisé parce que tu nous diras, mais tu n’es pas très loin de la frontière luxembourgeoise. Maintenant, je suis revenu dans ma région castraise où je dois avoir à peu près le même temps que chez toi. Je sais qu’au luxe, il ne fait pas super beau. Il neige en ce moment. Mais bon, c’est compliqué. C’est la vague de froid sur la France. Mais il paraît que de toute façon, il n’y a pas de réchauffement climatique. Il n’y a pas
Gary Florimont : de problème. L’environnement, tout ça, tout va bien. C’est ce qu’on nous dit et il faut croire
Ermanno : ce qu’on nous dit. Je ne suis pas certain. Mais bon, il me semble aussi que tu as fait la même formation que je suis en train de faire, mais toi, en tant que sportif de niveau, à savoir la formation
Gary Florimont : champion de ma vie de Cyril Blanchard. Est-ce que je ne m’abuse ? Oui. Non, en fait, pour être tout à fait précis, je m’étais inscrit pour la faire. Malheureusement, en cours de circonstance, ça fait que je n’ai pas suivi la formation. Mais je suis ça de très près parce que j’ai pas mal de copains qui la font. C’est toujours un plaisir de voir un petit peu les thématiques, surtout qui sont abordées par les uns et les autres. Et surtout, des fois, en fait, on a des sportifs qu’on connaît de près ou de loin et on n’imagine pas les thématiques qu’ils veulent porter. Donc, c’est hyper intéressant de voir à chaque fois quelle thématique et quel message ils ont envie de pousser au plus grand nombre. Donc, je suis ça
Ermanno : avec beaucoup d’attention et qui sait, peut-être qu’un jour, je la ferai aussi. Bon, écoute, de toute façon, je pense que tu l’as dit, il y a plein de copains qui l’ont fait. Donc, ça te donnera peut-être envie. Et puis sinon, en off, j’essaierai encore plus de te donner envie. Tu vois, quand j’étais au luxe, j’en ai profité pour enregistrer avec Mehdi Meknesh, qui a fait aussi la formation.
Gary Florimont : Je suppose que vous êtes déjà croisé. Je ne l’ai pas croisé, mais moi, je le suis notamment sur LinkedIn, qui est devenu la plateforme, en fait, on va dire, de la seconde vie des athlètes, où on prend des infos. Moi, ça m’arrive souvent de rechercher des mecs avec qui j’ai joué pour voir ce qu’ils deviennent. Et Mehdi, on ne se connaît pas personnellement, mais bien évidemment, j’ai suivi son parcours qui est hyper inspirant à titre de parcours sur les études sub. Je crois qu’il vient de prendre un nouveau poste, mais en tout cas, c’est quelqu’un de super inspirant, qui était déjà un grand athlète. Et qui a fait une super reconversion. Donc, c’est vraiment cool de suivre ça de loin.
Ermanno : Bon, on parlera aussi de ta reconversion à toi. Ce que je te propose, c’est de rentrer justement dans les vestiaires, dans les vestiaires de Gary. Et sur un sport co comme le basket, les vestiaires, tu les as arpentés. Et pas que ceux des clubs où tu as joué. Mais déjà, tout d’abord, dis-nous tout, qui est Gary Florimont ? Quel âge as-tu ? Que fais-tu dans la vie ? Qu’as-tu fait ? Comment as-tu découvert le sport ? Enfin, voilà, je t’en ai jeté plein. Tu choisis celle auquel tu veux répondre. C’est la carte.
Gary Florimont : Alors, comme tu l’as dit, je suis Gary Florimont, encore une fois, pour ceux qui nous rejoignent. J’ai 36 ans. Je rentre dans ma 37e année. J’ai été basketeur professionnel pendant 18 ans. Je suis natif de la Guadeloupe. Donc, je suis arrivé en métropole, en France métropolitaine, en fait, quand j’avais 15 ans, pour intégrer un centre de formation. Donc, un parcours sport-études. Je suis arrivé dans la jolie petite ville de Fiollet pour intégrer le club de Fiollet Basket, qui est dans le milieu du basket et même de la formation. La formation, je pense, est très reconnue parce que Fiollet Basket a formé une grande majorité des athlètes français qui ont pu jouer en NBA. Donc, parmi les plus connus, tu as Rudy Gobert, tu as un mec qui s’appelle Kevin Serafin, un ami de Cono qui est un équipe de France qui joue à la Svelte. Donc, voilà. Et puis, j’en passe les meilleurs. Et donc, du coup, aujourd’hui, je suis retraité. Donc, comme tu l’as dit, je ne suis pas loin de la frontière luxembourgeoise dans la ville de Metz.
Ermanno : Je ne me serais pas permis de dire que tu étais retraité. Tu avais mis un terme à ta carrière.
Gary Florimont : Oui, je suis retraité des parquets de haut niveau parce que c’est vrai que je joue encore un peu en amateur dans un club pas loin. Donc, je suis à Metz. Donc, pas Metz comme certains peuvent prononcer. C’est bien Metz. Donc, j’ai fait l’erreur le premier jour quand je suis arrivé ici. On m’a tout de suite repris avec vigueur. Donc, c’est Metz. Donc, on est Messins. Donc, j’ai terminé ici ma carrière en quatrième division. J’avais fait le choix de quitter Orléans au club de Prendal. J’avais fait la division quand j’y étais pour rejoindre ce projet de Metz qui était un projet ambitieux, mais qui était surtout un projet en fait semi-pro qui me permettait en fait de récupérer un peu de temps. Parce que comme tu le sais, les auditeurs le savent, le sport de haut niveau, en fait, c’est quelque chose d’hyper chronophage. Les spectateurs, les aficionados nous voient le soir des matchs et des compétitions. Mais derrière, il y a pas mal de temps d’entraînement, de récupération avec les kinés, etc. Donc, c’est vrai que ce n’était pas forcément compatible en fait avec une… la préparation sereine d’une seconde vie. Donc, j’ai fait le choix de descendre et c’était le deal avec le club en fait de Metz. C’était de dire que voilà, j’avais un entraînement par semaine le soir, ce qui me laissait largement à la journée le temps de pouvoir en fait structurer, développer en fait ce qui va être ma deuxième partie de carrière.
Ermanno : C’est un choix judicieux de ta part et aussi du club de se dire bon ben voilà, on est en quatrième division. On va recruter un mec qui est en première, qui je suppose est prêt à faire un effort sur son salaire. Mais nous, on est aussi prêt à faire un effort. Non seulement en termes d’attente sur les entraînements, parce que tu l’as dit, ils ont accepté que tu ne t’entraînes qu’une fois par semaine, plus que tu sois présent au match, là où… Une fois par jour. Une fois par jour, ah ! Donc, tu as fait un petit lapsus, c’est-à-dire une fois par semaine.
Gary Florimont : Ouais, c’était une fois par jour, une fois par jour, donc le soir généralement à 18 heures, donc ce qui laissait quand même pas mal de temps. Donc, mon premier choix s’est porté en fait, parce que je voulais, j’ai fait une formation qui s’appelle l’Executive Master Management de Lyon, que j’ai terminée en 2018. Et ce qui était bien, c’est que le club me donnait à travers un de ses sponsors l’opportunité de travailler en fait en tant que responsable commercial. Donc, c’était hyper intéressant pour moi parce que ça me permettait en fait de tout de suite après ma formation de Lyon, de mettre en pratique un certain nombre en fait d’une certaine méthodologie. Donc du coup, j’ai fait ça pendant six mois. C’était hyper intéressant, mais mon objectif, c’était en fait de créer ma structure, donc d’entreprendre. Mais cet épisode, c’est un peu comme ça. En tant que responsable commercial m’a apporté beaucoup, notamment en fait dans le réseau. Tu sais que c’est hyper intéressant, mais quand t’arrives dans une ville, tout de suite de pouvoir créer un réseau en fait de partenaires, de connaissances fortes, c’est quelque chose qui prend des fois des années à se tisser. La particularité, c’est quand t’es identifié comme sportif dans un club, ça te propulse et c’est, on va dire, ça décuple un petit peu ta capacité à rencontrer du monde. Donc, c’est ce que j’ai fait. Et puis, et puis voilà, j’ai passé deux saisons dans le club. Un club de Metz avec une option pour une troisième année. Donc là, cette année, mais que j’ai décliné parce que mes projets commençaient à devenir en fait vraiment trop prenants en sachant que j’ai aussi une famille. Donc, je suis père de deux enfants, marié. Donc, l’équilibre entre projet sportif, projet pro de conversion. Donc, je dis bien conversion, je ne parle pas de reconversion. Je t’expliquerai un peu ça plus tard pour comment je vois les choses. Et projet de conversion, ça devenait vraiment très compliqué à gérer. Donc, j’ai décidé. En fait, d’arrêter avec le club et de me consacrer à 100% à mes projets pro et à ma famille.
Ermanno : Intéressant ce point de vue conversion et pas reconversion avec tous les sportifs, avec tous les sportifs et toutes les sportives avec qui j’ai eu la chance d’échanger. J’ai toujours l’impression que vous avez déjà vécu en tant que sportif de haut niveau 2, 3, 4, 5 vies. J’avais à ce micro, j’ai publié récemment son épisode Joachim Parizeau de Bayard, 23 ans. T’as l’impression qu’il a déjà vécu 4 vies. Et je pense que c’est le sport de haut niveau, OK, ça abîme parfois le corps, mais ça fait aussi grandir énormément, gagner énormément en maturité parce que vous êtes confronté à beaucoup de challenges que finalement, quand on est une personne, je mets des guillemets normales parce que vous êtes aussi des gens normaux. C’est juste que vous avez des capacités dans le sport que d’autres n’ont pas forcément. Et puis, parfois une résilience et puis un talent pour s’entraîner et puis ne rien lâcher, etc. Mais voilà, je pense que le sport a aussi cette capacité à faire gagner en maturité parce que vous êtes confronté à ça. À des épreuves que nous ne rencontrerons qu’à 30, 40 ans.
Gary Florimont : Oui, bien sûr, bien sûr, c’est le sport. En fait, ce qui est hyper intéressant dans le sport et ce que surtout je garde, les blessures, les défaites, c’est en fait la capacité à analyser, absorber l’échec. Tu vois, souvent, en fait, c’est ce que je pense qui fait vraiment la différence. C’est que dans une vie d’athlète de haut niveau, on est confronté à l’échec hyper tôt. On est confronté à la compétition hyper tôt dès le centre de formation. Tu arrives en détection, tu as 12 places, on est 50, 60. Donc, tu vois, dès 15 ans, 13 ans, tu es confronté en fait à l’échec, à l’adversité. Et je trouve que c’est quelque chose, en fait, en tout cas dans la société française, on protège beaucoup les enfants. Tu vois, on protège l’échec, ce n’est pas bien. Non, non, mais ce n’est pas bien. En fait, non, l’échec, c’est hyper intéressant. À partir du moment où on a appris, où on a développé des outils pour pouvoir analyser, avoir une vision hyper analytique de l’échec. Non, tu vois, souvent, aujourd’hui, on parle beaucoup des métiers de data analyst, etc. Et en fait, finalement, tu vois, dans le sport, tu as une notion, un rapport avec l’analyse, en fait, de ta personne, de tes performances qui est hyper développée hyper tôt. Et ça te permet, en fait, de prendre beaucoup de recul et de séparer, en fait, tes émotions de la performance. C’est vraiment de ça dont on parle. C’est pour ça que tu as l’impression souvent qu’on a vécu 20 000 vies. Mais non, on a vécu beaucoup d’échecs. Et en fait, d’où ces échecs, c’est développer une méthodologie de compréhension. Qui nous permet de très rapidement, en fait, tirer des conclusions et passer dans l’opérationnel et pouvoir apporter des réponses.
Ermanno : Je n’échoue pas, j’apprends. Et effectivement, tu l’as dit, ce ne sont pas des échecs dès lors qu’on est dans l’état d’esprit d’apprendre de ses erreurs, entre guillemets, et qu’on ne se morfond pas dans celle-ci. Et puis surtout, l’intelligence, entre guillemets, c’est de faire une erreur une fois, d’apprendre et de ne pas la reproduire. Quand on commence à la faire deux fois, on se pose la question. Trois fois, on commence à atteindre la limite de l’intelligence.
Gary Florimont : En plus, tu vois, le sport collectif, ce qui est intéressant, c’est que tu fais des échecs, mais tu fais des échecs en groupe. Tu vois, donc en fait, souvent, moi, quand je parle avec des gens, avec mes enfants, d’ailleurs, on voit que quand ils vivent un échec, un échec, ce n’est pas l’individu qui a échoué. En fait, c’est un moment et une situation qui a échoué. L’individu, en aucun cas, en fait, il est, tu vois, les enfants, ils aiment bien dire loser, tu vois. Mais en fait, la personne, un être humain n’est jamais un loser. Une personne n’est jamais un loser. Une personne et un être humain, c’est quelque chose d’extraordinaire dans sa composition, dans sa différence, dans sa faiblesse, dans sa force. Mais c’est surtout de comprendre que finalement, l’échec, c’est un manque de préparation, un manque d’analyse, un manque de stratégie avec un moment T. Et tout de suite, il faut être dans la capacité. Dans le sport collectif, c’est ce qui est intéressant, c’est qu’on a plusieurs regards. Donc, ce qui va être assimilé pour un échec pour moi, pour un coéquipier, ça va être une prise de vue différente. Et avec un entraîneur, ça va être encore plus différent. Plus de détails, plus de vues encore plus différentes. Et plus dans l’équipe, dans le staff, on s’éloigne en fait de la partie opérationnelle, plus en fait, on a de moins en moins de sentiments qui sont engagés dans le rapport. Et on a de plus en plus de détails. Et en fait, ça permet vraiment d’avoir une prise de recul hyper intéressante et hyper stratégique. C’est ça qui est vraiment cool dans le fait, quand tu fais du sport, c’est que tu es staffé, quoi. Tu es staffé émotionnellement. Tu es staffé aussi stratégiquement. Donc, c’est hyper intéressant d’avoir tant d’équipe. De tous les points de vue. Et ça ressemble beaucoup finalement à la structuration d’une entreprise. Tu vois, avec un CODI ou un COMEX qui permet en fait d’analyser les choses. Et on retrouve les mêmes principes, les mêmes modes de fonctionnement dans le sport.
Ermanno : D’où l’intérêt d’être staffé, comme tu le dis, même dans les sports individuels. D’avoir un préparateur physique, un préparateur mental, un kiné, un ostéo, un nutritionniste, un diététicien. Enfin, je dis un, mais ça peut être une d’ailleurs. Enfin, d’avoir un staff, des gens aussi où on peut éventuellement déjà avoir un point de vue différent. Et puis peut-être aussi décharger un peu la pression en se disant là, j’ai été nul, j’ai fait un match de merde. Non, tu n’as pas été nul. À cet instant-là, tu n’as pas été à la hauteur de ce que tu voulais faire. Mais ça ne veut pas dire que tu es nul. Ça veut dire qu’à un instant T, comme tu le disais, ce n’était pas le bon moment.
Gary Florimont : Oui, et puis tu sais, un athlète, une équipe, c’est comme une voiture de course. L’athlète, lui, est spécialisé en fait sur un secteur. Mais tu as plein de personnes. Je parlais du nutritionniste qui est sur l’aspect en fait purement nutrition, qui est spécialisé. Le préparateur physique. Mental. Et chacun, en fin d’exercice, en fin de championnat, de course, est chargé de analyser la partie dont il est responsable. Et d’y apporter en fait, si tu veux, une évolution. Donc, ce qui fait que l’athlète finalement, il n’est pas obligé et il n’a pas apporté toute la responsabilité. Parce que justement, et c’est là aussi que tu retrouves ça dans le sport collectif. C’est que tu as différentes positions avec différents atouts. Souvent, dans le basket, on parle des marqueurs, on parle de Jordan. Mais Michael Jordan, par exemple, n’aurait jamais fait la carrière sans Scottie Pippen. Sans Dennis Rodman. Qui était des spécialistes dans d’autres domaines. Et quand l’équipe avait fait une déroute, le grand public se disait que tiens, Jordan est passé à côté. Même s’il n’est pas passé souvent à côté. Mais finalement, ce n’est pas Jordan qui est passé à côté, c’est l’équipe. Et c’est de voir en fait, sans incriminer les individus, qui a eu du mal à tenir en fait son rôle. Et comment on pourrait faire pour l’aider à la prochaine échéance.
Ermanno : D’où la difficulté aussi, comme tu dis, dans les sports d’équipe. Parce que tu parles de Jordan, c’est vrai qu’il avait une équipe qui était soudée autour de lui. Les Chicago Bulls, la belle époque du basket américain. Mais parfois, tu ne choisis pas tes équipiers. C’est la direction, c’est le staff, c’est les agents qui font du pushing pour avoir des équipiers différents. Comment tu gères ça justement ?
Gary Florimont : En fait, pour moi, tu vois, moi qui suis passé de l’autre côté aujourd’hui, dans le monde de l’entreprise. En fait, le sport, c’est pareil. C’est la même chose que le monde de l’entreprise. C’est exactement structuré pareil. C’est-à-dire, à un moment, les gens pensent que moi je suis un sport. J’ai joué avec des coéquipiers que je détestais. Tu vois, je veux dire, humainement, on ne s’aimait pas. Mais c’est bien aussi, tu vois. Je veux dire, en fait, on est des êtres humains avec des différences, avec des spécificités. Mais on est tous là pour remplir un intérêt supérieur. Tu vois, c’est l’intérêt supérieur qui aide les gens à mettre leur ego, leurs différences de côté. Parce qu’on est là où on a choisi d’être. C’est hyper important. Et en fait, on est là pour représenter un maillot, pour représenter un club, une institution. Et nos égos doivent être mis de côté pour pouvoir, en fait, si tu veux, répondre à ce pour quoi on a été missionné. Donc, tu vois, quand tu es dans une entreprise, le matin, tes collègues, tu les vois. Tiens, quand il boit son café, en fait, il fait trop de bruit avec sa bouche. Lui, il parle trop fort. En fait, on a toutes nos différences. Mais l’intérêt supérieur, c’est l’institution. C’est ce que je dois faire pour répondre aux exigences de l’institution. C’est ce que je dois faire pour répondre à l’exigence du public. Et c’est là, en fait, toute la notion de respect du maillot. Respect, en fait, de la ville, du club rentre en jeu. Et qui te permet, en fait, de dépasser tes petites attentes individuelles. Et ce qui fait que, des fois, tu crées des événements incroyables. Quand tu vois des clubs comme le Real de Madrid et des mecs qui sont capables de baisser leur salaire pour jouer au Real. Parce que tu te dis, sur ton CV sportif, tu ne vas pas dans un club. Tu vas au Real. Tu vois, c’est différent.
Ermanno : C’est une institution, comme tu l’as dit. C’est une institution.
Gary Florimont : Exactement. Donc, c’est surtout ça qui est hyper intéressant. Et moi, en fait. Le parallèle avec mon entreprise, pour moi, il est tellement fort. Il est tellement, en fait, vibrant. Tu vois, des fois, je suis surpris que le monde de l’entreprise ne s’intéresse pas plus aux sportifs. Parce qu’il y a déjà des notions. J’appelle ça le bon sens paysan. Tu sais, des choses tellement basico-basiques. Mais sauf que nous, on a poussé ça. On a vécu ça tellement fort. On sait à quel point ça fait la différence. Que le monde de l’entreprise devrait se servir de ça. Parce que quand je vois des entreprises qui galèrent à recruter. Je me dis, vous avez des sportifs qui sont là, qui ne manquent qu’une seule. C’est de former. Donc, en fait, vous avez un vivier d’athlètes incroyable. Mais servez-vous.
Ermanno : Servez-vous. La liste des sportifs de haut niveau est publique. En tout cas, ceux qui sont listés au niveau du ministère des Sports. De notre nouvelle ministre. Et de l’éducation nationale aussi. On en parlait tout à l’heure en off sur le ton de la blague. Donc, allez vous servir. Je crois, sur l’année 2024, il y a plus de 15 000 sportifs et sportives qui sont listés.
Gary Florimont : C’est seulement ceux qui sont listés. Moi, j’ai lancé Athléosport. Qui est un cabinet, justement, de recrutement pour les athlètes de haut niveau. Moi, ça vient d’un constat individuel. C’est quand j’ai fini mon parcours à Lyon. Comme je te disais. Je me suis dit, tiens, je vais aller voir un petit peu sur les job boards ce que je vaux. Parce que c’est un marché. Je connais le marché du recrutement dans le monde du sport. Je sais comment ça fonctionne. Je connais les cotes. Je sais m’évaluer, on va dire, ma cote sur le marché. Le marché de l’emploi, je ne connais pas. Donc, je suis parti sur tous les job boards possibles. Même aujourd’hui, j’ai encore des gens qui m’appellent. Je ne sais plus où j’ai mis mon CV. Je recherche partout pour être facile. Et en fait, j’ai reçu plein d’appels. Mais une tonne d’appels. Et j’ai été très surpris de voir que tous les appels que j’avais des recruteurs, des chasseurs de tête, etc. En fait, si tu veux, ils faisaient table rase de mon parcours d’athlète de haut niveau.
Ermanno : Oui, c’est ce que j’allais te demander. Ils te contactaient parce que EM Lyon ou ils te contactaient parce que sportif de haut niveau ?
Gary Florimont : EM Lyon, ça fonctionne. Tu vois, EM Lyon, tac, les mecs, ils t’appellent. Voilà, vous voulez passer. Et en fait, je me dis, attends, pour moi, entre un candidat, un candidat en fait à même niveau en fait d’études, ce qui fait la différence, c’est ma première partie de vie qui est riche, qui est différente, hybride, qui apporte en fait une vision, comme il dit, des Américains out of the box. Et je trouvais que moi, c’était ça la partie la plus riche de mon CV. Et systématiquement, c’était cette partie en fait qui était mise de côté. Donc, je me suis dit, il y a un vrai problème de compréhension de mon profil. Et si moi, je ressens ce problème-là après avoir fait EM Lyon, je me dis qu’un sportif qui n’a pas eu le temps, le courage, l’opportunité de faire en fait une école comme celle-ci, comment lui se sent sur ce marché de l’emploi face à des personnes qui ne comprennent pas son profil ? Donc, c’est là où je me suis dit, non, il faut que je fasse quelque chose parce qu’il y a beaucoup d’acteurs qui sont là sur la partie orientation, validation avec l’expérience, etc. Mais très peu d’acteurs sont là, il y en a, mais ils ne sont pas pléthores pour vraiment aller faire cette partie acculturation auprès des entreprises, pour leur expliquer comment en fait un athlète fonctionne, quelles sont les compétences transférables et comment en fait ils peuvent participer en fait à cette conversion en fait des compétences vers le monde de l’entreprise.
Ermanno : Écoute, dans la vraie vie, en dehors du podcast, moi, je suis recruteur technique, donc je recrute des devs, des CTO et autres. Il y a quelques ponts à trouver, Gary. Et puis, notre cabinet est basé au Luxembourg, donc on continuera la discussion. T’inquiète. Non, mais tout ça pour rebondir sur ce qu’on a dit. On disait un petit peu au début de cet épisode, c’est-à-dire que les sportives et les sportives de haut niveau, vous avez déjà vécu 2, 3, 4, 5 vies avant de rentrer dans le marché du travail, dans la vie active à 25 ou 30 ans, 35 pour toi, parce que vous avez été amené justement à rencontrer tout ce que certaines personnes rencontreront beaucoup plus tard dans la vie active, être confronté à l’esprit d’équipe, à défendre le maillot ou à défendre la mission ou défendre… … … être au service du client. Finalement, c’est ça aussi dans une entreprise. Dans un sport d’équipe, tu es au service de l’équipe. Mais au final, tu es quand même au service du client parce que qui vient voir les matchs ? Tu ne joues pas par kevins. Bien sûr.
Gary Florimont : Et puis, tu sais, souvent, je disais, c’était marrant, j’avais ce parallèle. Moi, j’ai mon petit frère qui a fait un parcours, on va dire, plus conventionnel, et je lui disais, toi, par exemple, au bureau, quand tu vas faire une action, tu vas envoyer un mail, tu vas faire une photocopie, tu n’as pas 5, 6, 10 000, 15 000 personnes qui sont en train de t’applaudir ou de te cifler. tu vois nous très tôt moi j’ai commencé à jouer devant des personnes qui me jugeaient mes performances depuis que j’ai 13 ans tu vois donc en fait si tu vois le rapport avec la performance ou le fait d’être d’être ce coûté d’être jugé évalué c’est un truc que j’ai hyper bien parce que parce que je sais quelque chose qui aujourd’hui fait partie intégrante de mon parcours et qui pour moi est normal c’est à dire que à chaque fois que je fournis une prestation elle doit être analysée soit par des puristes soit par des personnes qui ont payé un ticket de match et qui de ce fait sont devenus des actionnaires d’un moment tu vois donc moi c’est comme ça que je vivais je me disais je vais dans une salle il ya x personnes ont payé un ticket c’est x personnes elles viennent actionnaire d’une société d’événementiel de 20 heures lancement du match à 22h30 coups sifflets final tu vois et pendant ces 2h30 ces personnes là elles ont payé pendant une prestation elles attendent quelque chose en retour et c’est normal qu’elle me siffle ou qu’elles m’applaudissent parce que
Ermanno : elles sont exigeantes elles et elles elles elles ont le droit de l’être j’aime bien j’aime bien cet état d’esprit il faut va falloir qu’on continue après l’épisode de podcast guerrier vraiment franchement revenons un petit peu à toi justement parce qu’on est rentré direct dans le vif du sujet tu es passé un peu vite sur sur ta jeunesse et tu as découvert du sport j’aimerais justement sur comment est-ce que tu découvres le sport et en particulier le basket en guadeloupe
Gary Florimont : c’est assez marrant moi j’arrive dans ce sport plutôt tard pourquoi c’est que je suis je suis
Ermanno : dans ma petite commune à temps c’est quoi tard c’est quoi tard parce que si à 13 ans tu arrive
Gary Florimont : en france c’était pas si tard que ça. Bon finalement quand je discute avec des sportif de niveau notamment dans le basket les mecs ils ont commencé à 6 7 ans tu vois moi même mes gamins ils ont commencé à faire du sport depuis qu’ils ont quatre cinq ans tu vois donc moi j’étais pas du tout sportif et les problème d’asthme étant jeune avec pas mal de crises d’aller-retour, des longs séjours à l’hôpital et en fait finalement j’ai une pédiatre qui conseille à mes parents, écoutez il faudrait qu’ils fassent un sport, là où souvent les asthmatiques on a tendance à non on étouffe pas que tu sois essoufflé, moi on m’a dit écoute faut que tu te mettes à un sport parce que voilà t’as des gros problèmes de santé niveau respiratoire donc du coup moi dans ma famille j’avais des cousins qui étaient complètement dingues de basket et donc du coup mon père instinctivement tu sais quoi tu vas t’inscrire au club de basket du coin avec tes cousins et tu vas faire du basket
Ermanno : et en fait je détestais ça, non mais littéralement je détestais ça parce que… Mais tu vois c’est marrant de revenir en arrière quand tu nous dis j’ai commencé j’ai détesté ça, pourtant t’as été
Gary Florimont : joueur de basket… Ouais mais clairement mais tu sais les mecs qui ont commencé avec moi en fait ils ont tous toujours rigolé de ce truc là parce qu’ils savaient que en fait j’aimais pas ça en fait et ce que j’aimais pas c’est que moi je venais d’une famille très modeste, vraiment très modeste et je suis arrivé dans cet écosystème en fait d’économie, d’économie de vie, d’économie de vie, basket où moi je te parle de ça on est dans les années début 2000 tu vois où c’est la NBA les gamins ils ont tous des maillots et en fait moi je venais d’une famille plutôt modeste et je me rappelle que mon premier entraînement je suis venu avec un short en jean, soit coupé, un jean coupé et un t-shirt en fait publicitaire tu vois donc j’avais je pense une paire de complices ou d’athénies un truc comme ça et j’arrive là-bas des gamins ils ont des maillots Jordan, Orlando Magic, des marque et tout et en fait j’ai trouvé que c’était en fait vachement porté sur l’identité sur l’apparence et en fait j’étais hyper mal déjà avec mon apparence parce que j’étais un gamin très grand pas forcément bien dans sa peau, moqué par les autres parce que bah quand tu fais pas de basket, bah tu es grand et ça sert à rien donc du coup j’arrive au premier entraînement et je me dis bon bah je vais comme d’habitude on va se moquer de moi, on va me juger et en fait bah tout le contraire parce que malgré tout j’étais quand même un gamin à assez volontaire dans l’effort. Moi, je viens d’une famille, mes parents étaient dans l’agriculture, donc la notion du travail, de l’effort, ça a toujours été quelque chose de très présent pour moi. Et donc finalement, je faisais beaucoup d’erreurs, je n’étais pas très beau à avoir joué, ça partait dans tous les sens, mais j’étais hyper généreux, il y avait un ballon, je sautais dessus. Et en fait, mes coéquipiers, ils ont su valoriser ça. Ils ont su m’apprécier et me faire m’apprécier justement pour ce que j’apportais, ce que je leur apportais. Et finalement, je me suis pris au jeu. Et quelques mois plus tard, tu as une détection dans ce qu’on appelle un pôle espoir, tu sais, c’est dans les crêpes. Et l’entraîneur de mon petit club, il me dit, écoute, il y a un grand qui s’est blessé pour la détection, si ça t’intéresse, tu peux aller faire le nombre. Donc moi, on me dit, tu peux aller faire le nombre, je vais faire le nombre, j’y vais.
Ermanno : Ça veut dire quoi, faire le nombre, pour ceux qui ne connaissent pas l’expression ?
Gary Florimont : C’est un sport collectif, donc il faut un minimum de joueurs pour faire des matchs, etc. Et en fait, il y avait un grand qui s’était blessé, donc il leur manquait un grand pour pouvoir faire du jeu, eux, pour juger les joueurs. Donc moi, je vais là-bas, j’arrive un peu sur la pointe des pieds. Et il y a un truc, encore une fois, c’est très marrant, parce qu’en Guadeloupe, je te dis, on vient des familles d’agriculteurs, et c’est ma tante qui m’a ramené en détection. Et ma tante, elle avait une sotte de Toyota, tu vois, les cabinets de Toyota, tu vois, souvent, et qui sont ouverts derrière. Et en fait, j’ai fait une heure et demie derrière la Toyota pour aller jusqu’au point de rendez-vous en Guadeloupe. Donc moi, j’arrive là-bas, et tout ça, je saute de ma Toyota en mode, tu vois, j’arrive, et en fait, je déchire tout, toujours dans ce qui me compose, c’est-à-dire, en fait, la générosité de l’effort, et puis surtout, un rapport rien à perdre, quoi. Je n’étais même pas prévu d’être là, et en fait, je tape dans l’œil du recruteur, du sélectionnaire, et je me rappelle, il vient me voir, et il me dit, à la fin, écoute, tes parents sont là, et mes parents travaillaient, donc ils n’étaient pas là. Je lui dis, non, je suis venu seul avec ma tante qui va venir me récupérer après. Il me dit, écoute, tu n’es pas très talentueux, tu es moche à avoir joué, mais tu as envie, et ça me plaît. Je veux que tu nous rejoignes, tu vois. Ça, ça a été mon premier rapport avec la sélection. Tu n’es pas au-delà.
Ermanno : Est-ce qu’à ce moment-là,
Gary Florimont : tu as commencé à plus aimer le basket ? En fait, je n’ai pas plus aimé le basket, c’est que moi, j’ai aimé la compétition. En fait, tu sais, quand à un moment, on te dit, tu ne peux pas, ça, c’est un truc que moi, j’adore. Ne tu peux pas, c’est un truc, moi, ça me transcende. Quand on me dit que tu ne peux pas faire quelque chose, je me dis, mais comment ça, je ne peux pas ? Je dis, en fait, à un moment donné, comment quelqu’un qui ne me connaît pas peut dire que je ne suis pas capable de faire quelque chose que je n’ai même pas encore entamé ? D’accord ? Il y a des choses que je ne sais pas et que je ne pourrai jamais faire. Mais à minima, j’ai essayé, je me suis rendu compte que j’étais le premier à avouer, écoute, je ne peux pas faire ça. Je suis très lucide sur mes points forts et mes points faibles. Mais j’ai cette notion, en fait, de l’essai qui est hyper présente où on me dit, tu ne peux pas ? Ben, oui, en fait, j’ai juste envie de te montrer que tu peux faire quelque chose en fait, que tu te trompes. Donc, du coup, cette notion avec la compétition, en fait, ce n’est pas le basket que j’ai aimé, en fait, c’est la notion de compétition collective. Cette notion, en fait, parce que, comme je te le dis, le premier rapport, c’est que j’ai toujours été valorisé par les autres. Je n’ai jamais été quelqu’un de talentueux. Je me suis toujours mis au service des autres. Et en fait, le sport, les coéquipiers, le collectif me l’a toujours bien rendu. Et c’est ce truc-là qui te donne, en fait, un espèce de pouvoir où tu es en train d’être un super héros et tu te dis que tant que je serai entouré de personnes bienveillantes à mon égard, en fait, je n’ai pas de limites, on n’a pas de limites. Et tu vois, c’est ces notions humanitaires, en fait, que j’ai adoré, en fait, dans ma carrière et dans le sport. C’est vraiment ce qui m’a fait durer. C’est vraiment ce qui m’a fait performer.
Ermanno : Est-ce que, justement, tu as déjà eu des moments où tu t’es retrouvé avec un collectif, une équipe qui ne te le rendait pas, le fait que tu sois au service du collectif, où tu as toujours été avec des gens, je te cite, bienveillants ?
Gary Florimont : En fait, instinctivement, je pense instinctivement, tu sais, la recette de la victoire, elle est finalement très simple. C’est-à-dire, en fait, quand tu crées un collectif, encore une fois, c’est comme une entreprise, je vais souvent faire le parallèle parce qu’il existe vraiment, c’est quand tu crées un entreprise, tout le monde ne peut pas être collaborateur de l’année. Tu vois, tu as toujours une partie invisible. Dans le sport, c’est toujours pareil. C’est qu’à un moment donné, c’est un équilibre entre ceux qui font le sale taf, le sale boulot, et ceux qui sont sous le feu des projecteurs. Et souvent, les coéquipiers, avec qui j’ai joué, en fait, moi, je défendais, je prenais des rebonds, je faisais des blocs, j’ai des écrans, je donnais mon corps à la science. Et en fait, souvent, les coéquipiers se rendent compte au début qu’ils ont plutôt l’impression que ce n’est pas valorisant, c’est du sale boulot, mais ils se rendent compte au fil de la saison, de l’année, de l’importance de ces petites tâches parce qu’eux, ils ne veulent pas les faire. Mais ça doit être fait. Donc, en fait, ils se disent, ils se rendent compte quoi ? Parce que les gens sont, l’être humain est quand même intelligent. Les gens, ils se disent quoi ? Ils se disent, si ce mec-là, il n’est pas là pour me faire des écrans, pour me libérer quand les défenseurs, ils sont à un, deux à défendre sur moi, je ne pourrais pas, moi, briller. Si ce mec-là, il n’est pas là pour défendre quand moi, je suis un peu fatigué et je veux garder un peu sous le pied pour l’attaque, je ne pourrais pas le faire. Donc, finalement, ils se rendent compte par la force des choses, de l’importance de ce que tu fais et en fait, ils finissent par l’apprécier. L’apprécier parce que ça leur permet, eux aussi, de briller. Ils se rendent compte que finalement, tu es quelqu’un qui est dédié à l’équipe, dédié à eux et finalement, ça t’est toujours mis en lumière. Et tu vois, c’est très marrant parce que toute ma carrière, il y a toujours eu deux temps dans mes saisons. C’est un premier temps où tes coéquipiers te voyaient et en fait, c’est normal, ils te jugent, ils te disent, le mec, il n’est pas hyper talentueux, ce n’est pas le meilleur joueur et en fait, au fur et à mesure dans la saison, ils se rendent compte que finalement, tu es une clé, tu es une caisse maîtresse et qu’ils doivent te prendre soin de toi parce que toi, quand tu es là, c’est 100% et tu ne comptes pas et que si tu dois aller te péter une cote sur une chaise pour sauter sur un ballon, tu iras et tu ne réfléchiras pas.
Ermanno : C’est la posture de la secrétaire ou l’assistante de la direction. C’est la personne qui est plus ou moins invisible, même si c’est souvent elle qui est en contact, qui fait barrière pour protéger le patron, le CEO et pour lui organiser son agenda. Tu te dis, bon, voilà, la secrétaire, je n’ai pas besoin de prendre une star, n’importe qui pourra faire le job. Non, en fait, la secrétaire, c’est celle justement qui va permettre
Ermanno : au patron d’être plus apaisé, d’avoir un agenda plus libre et puis de pouvoir se concentrer sur son job à lui qui est de diriger l’entreprise.
Gary Florimont : tu vois, souvent dans les clubs, dans les sports collectifs, tu as une pièce pour moi qui est une pièce maîtresse. C’est l’intendant. Tu vois, ce mec-là, tu ne l’as pas dans un club, mais ton club, il part, mais à la déroulée, il est en route parce que c’est souvent ce mec-là qui est là et c’est un père, une mère,
Gary Florimont : une épaule, une écoute, un psychologue. Et en fait, l’intendant ou l’intendante, c’est des gens qui sont très peu valorisés, qu’on ne voit que très peu, mais qui font un job mais monumental. Parce que si tu ne les as pas, en fait, tes joueurs, les petites choses du quotidien qui leur facilitent la vie, la tâche, ils n’ont plus. Et en fait, souvent, tu vois, c’est une pièce maîtresse dans les équipes qui, ça m’a toujours frustré de voir à quel point des fois, il n’était pas assez mis en avant ce poste-là d’intendant, n’était pas mis en avant. Tu vois, c’est une idée pour un podcast d’inviter un intendant pour voir comment, parce que souvent, ce mec-là, il entend tout dans le vestiaire, il entend tout dans le bureau, il voit tout dans les appartements, les voitures. Et ce mec-là, souvent, en fait, c’est un peu le disque dur de l’équipe. C’est des gens qui restent 10, 20 ans dans un club et en fait, on ne les voit pas, on ne les entend pas, mais c’est eux
Ermanno : qui maîtrisent tout. Bon, écoute, je prends, si tu as des contacts d’intendante ou d’intendant, d’intendante, tiens, ça pourrait être sympa, ça pourrait être intéressant. Je prends. Et pour revenir sur ton job avec Atleo, est-ce que, justement, si tu avais une demande un peu particulière, tu irais chercher des intendantes ou des intendants si ça correspond aux attentes de tes clients ?
Gary Florimont : Oui, clairement, parce que, si je comprends bien ta question, c’est si jamais des clubs me contactaient pour aller chercher des intendants, oui, clairement, en fait, c’est un poste, en fait, aujourd’hui, tellement vaste. C’est-à-dire, tu as quelqu’un qui, en termes de gestion de projet, doit être hyper calé, quelqu’un, souvent, qui doit être bilingue s’il est en France, français, anglais, c’est le minimum de base. C’est quelqu’un qui a aussi un rapport avec la discrétion qui est hyper développé parce qu’il voit, entend des choses. C’est quelqu’un qui est dédié, en fait, aux autres parce que, souvent, c’est des gens qui peuvent être appelés à 23h. Moi, j’ai des anecdotes incroyables avec des joueurs.
Ermanno : Vas-y, raconte, raconte. On n’est pas là pour faire du scoop, mais raconte deux, trois trucs pour se mettre dans l’ambiance.
Gary Florimont : L’intendant,
Ermanno : c’est le mec
Gary Florimont : quand un joueur plante une bagnole en sortie de boîte à 3h du mat. Le premier mec qu’il appelle, c’est l’intendant. L’intendant, c’est le mec à qui on demande le numéro d’un garagiste pour faire réparer un pare-choc avant que les dirigeants l’apprennent. En fait, l’intendant, c’est vraiment pour moi le pivot d’une équipe. Vraiment, c’est celui qui permet de faciliter, fluidifier. C’est celui quand la femme d’un joueur étranger a un problème pour aller chercher un enfant à l’école, c’est celui qu’on appelle pour aller chercher. Donc, il a l’autorisation de récupérer tous les gamins. C’est celui, généralement, qui accompagne dans les rendez-vous à la banque pour ouvrir les comptes en banque des joueurs étrangers. Quand je dis que c’est un père, c’est une mère, c’est réel. Et celui-là, je trouve que ce poste-là, par exemple, d’intendant, en fait, il est sous-estimé alors que finalement, il n’y a pas de formation. En fait, les mecs, ils viennent et tu dois apprendre plein de choses. Planification, comme je disais, gestion de projet, c’est vraiment hyper large.
Ermanno : C’est le concierge de l’équipe. Oui, clairement,
Gary Florimont : quand tu vois aujourd’hui dans les boîtes, tu vois le rôle de… Alors, on ne va pas dire que c’est un happiness officer, mais il n’est pas loin parce qu’il est garant en fait de la bonne… en tente de la bonne… le bon déroulement en fait des choses.
Ermanno : Revenons un peu à toi encore, Gary. Je recentre le débat sur toi. Bon, on n’aura pas fait très long sur ton début de carrière, mais on pourrait, je pense, faire un podcast de deux, trois heures, mais ce n’est pas l’objectif non plus. Donc, tu arrives en France quand tu es assez jeune, tu rentres au centre de formation. Après, tu commences à intégrer des équipes, des équipes de première division.
Gary Florimont : En fait, moi, je reste quatre ans à Cholet. Pendant ces quatre, quatre ans à Cholet, je suis en équipe de France junior à Espoir, donc avec des championnats d’Europe, un championnat d’Europe en fait en Turquie, un championnat d’Europe en Serbie,
Gary Florimont : où c’est des moments quand même assez forts quand tu joues la Turquie chez elle avec un stade qui est avec 10, 12 000 personnes, tu passes sur la télé nationale, c’est quand même assez incroyable. Beaucoup d’actionnaires pour ce moment-là. Oui, clairement, beaucoup d’actionnaires, mais surtout pour l’équipe turque. Mais nous, on avait, on avait, mais tu vois, quand tu, tu me rappelles, on rentre sur le terrain, on n’entendait pas le ballon rebondir. Tu vois, il y avait, tu as 12 000 personnes dans une salle, tu es là, tu as 17 ans, on est, les Français, on arrive, on se regarde, tu sais, on était mort de fouilles, tu vois, tu te dis, si jamais on gagne ce match, on ne sort pas de la salle, ce n’est pas possible, tu vois. Donc, en fait, tu joues contre des mecs qui vont être des futurs stars dans leur pays, qui sont bien reconnus, tu te rends compte qu’on parle, l’investissement pour les Turcs, c’est des malades, tu vois. Quand ils sont après leur équipe, c’est un truc de malade mental, tu vois. Et c’est des expériences incroyables. Quand tu as 17 ans, 18 ans, tu vas en Serbie faire un championnat d’Europe, c’est des choses qui te forgent un caractère. C’est des choses, en fait, où tu prends une dose, en fait, d’adrénaline incroyable. Et je pense que ça te nourrit aussi, ça nourrit le compétiteur et le champion qui est en toi parce que des moments comme ça, tu as envie de travailler dur pour les revivre à l’implique. Donc, voilà, moi, je te dis, après, je signe mon premier contrat pro à Cholet, à Cholet Basket, où j’intègre les clubs professionnels. Malheureusement, je suis prêté. Donc, en fait, il faudra qu’en pro, tu signes un contrat professionnel, mais tu peux être prêté dans un club. Donc, moi, j’ai été prêté dans un club en seconde division, le club de Poitiers, le Poitiers Basket, où j’ai passé deux ans à ne pas refaire un petit peu mon jeu. On a été champion de seconde division. Donc, ce qui voulait dire que les clubs accédaient à la première division, malheureusement, je n’ai pas été conservé. Donc, moi, j’ai enchaîné sur plusieurs clubs de seconde division par la suite. Donc, j’ai joué à Nantes, j’ai joué à Évreux, à Charleville-Mézières. Donc, j’ai beaucoup, beaucoup voyagé. Je ne vais pas tous les énumérer, mais je remonte en première division à 25 ans, à Reims, où j’ai la chance d’être refuté par un entraîneur monténégrin. Et là, je fais la rencontre de l’exigence en fait de l’exigence en fait des coachs de pays de l’Est. Et ça a été incroyable parce que je suis tombé sur une personne qui m’a fait découvrir un autre rapport en fait avec le management. C’est-à-dire que j’ai toujours eu des coachs français avant qui avaient un management très proche où on parlait beaucoup. Et là, c’était un management en fait où c’était très directif, où il y avait très peu de rapports humains. Alors, au début, ça peut être assez surprenant, mais en même temps, ça a été appréciable parce que on a eu c’était quelqu’un de très professionnel et justement, en fait, dans son rapport avec les individus, il était assez restreint parce qu’il mettait l’équipe avant tout. C’est-à-dire qu’il n’y avait pas de micro-management, il y avait un management vraiment de groupe avec un plan d’yeux, un plan d’équipe, avec des objectifs collectifs et il n’avait pas le temps à perdre en fait sur des états d’âme ou des attentes individuelles. C’était vraiment faire une espèce d’un mécanisme, une machine qui s’auto-exécute et qui est là pour répondre aux exigences d’un collectif. Donc, ça a été quelque chose d’hyper enrichissant pour moi de voir en fait ce type de management et de pouvoir finalement en fait progresser aussi de mon côté dans une atmosphère en fait hyper comment je pourrais dire ça pointue. Mais quand je dis pointue, c’est pour pied s’il était sur le trait, il ne pouvait pas être 5 centimètres à côté. C’était vraiment sur le trait. Et c’était le coach un peu le coach où il arrivait le matin, le mec se mettait en short, il s’échauffait et le mec était dans l’entraînement avec toi. Tu sais, c’était vraiment vraiment impressionnant et je te parle de ça, je te parle d’un entraîneur qui avait une soixantaine d’années. Donc, quand tu vois un entraîneur qui arrive, qui se change comme le joueur, qui s’échauffe, qui fait les exercices, qui te montre, c’est vraiment une autre culture.
Ermanno : Tu penses que ça vient de la culture vraiment ? Tous les Monténégrins ou une bonne partie sont comme ça ou ça venait de l’homme ? Les gens
Gary Florimont : ont cette connotation parce que tu sais, quand tu as un coach qui commence à te parler des jeux du basket, les mecs, c’est vraiment c’est un gars qui a été pro, qui a joué jusqu’à 41 ans et vraiment, le gars te parlait de jeux du basket, on doit prier les jeux du basket, on a demandé aux jeux du basket. En fait, c’était une approche, c’était une… le mec était dévoué mais vraiment, c’est un amour. Là, j’ai découvert un amour du basket à travers les jeux du coaching où c’était la précision, les détails. On faisait des vidéos de 2h30 où on arrêtait à chaque passe limite. Tu c’était un goût de la précision qui était poussé à un niveau incroyable. Mais en même temps, pour le jeune joueur que j’étais, c’était hyper enrichissant parce que je n’ai jamais été aussi bon que quand j’ai joué pour ce coach-là.
Ermanno : Est-ce que c’était… Alors, je n’ai pas forcément envie de faire de la psychologie de comptoir mais est-ce que c’était… Tu n’avais jamais été aussi bon parce que justement, tu trouvais quelque chose dans ce coach qui t’a intéressé, attiré, touché et tu voulais te faire tu voulais lui rendre en fait ce que lui t’apportait ou est-ce que c’est juste que c’était le bon moment, les bonnes conditions et que ça n’avait pas forcément à voir avec l’homme, le coach ? Je pense que c’est
Gary Florimont : un peu de tout ça.
Ermanno : Tu sais,
Gary Florimont : la réponse…
Ermanno : La réponse de Normand, t’as joué à Evreux. Moi, je suis Rouennais.
Gary Florimont : En fait, c’est une somme de tout ça parce que si tu veux, je te l’ai dit avant, je suis un joueur de Londres. D’accord ? Et le fait de tomber avec un entraîneur qui n’avait pas cette vision individuelle de l’équipe et qui vraiment mettait le collectif en avant, moi, ça m’a permis en quelque sorte aussi d’être mis en avant parce que finalement, je te l’ai dit, moi, je vivais à travers l’équipe et ça m’allait bien que l’équipe soit mise en avant et en fait, tu vois, c’est un mec qui m’a donné des responsabilités très tôt. Tu vois, par exemple, parce que c’était le collectif. Il n’y avait pas de place pour l’individu, pas de place pour l’état d’âme. Tu vois, j’avais des joueurs hyper talentueux qui avaient du mal à s’exprimer avec lui parce que c’est des personnes qui avaient un côté très artistique de la performance. Ils avaient besoin de beaucoup de liberté, un grand champ d’action et finalement, avec cet entraîneur-là, ça ne passait pas. C’était tu stick to the plan. Tu dois te coller au plan et rien d’autre. En fait, on n’est pas des peintres, on n’est pas des, tu vois, on n’est pas dans un aspect artistique. On est là pour faire de la précision et en fait…
Ermanno : En même temps, si tu avais été peintre, vu que tu es très grand, ça aurait peut-être aidé. Ouais,
Gary Florimont : j’aurais pu avoir une vraie carrière de peintre ou de plâtrier, tu vois, mais…
Ermanno : Non, non, mais je vois bien, c’était pour la petite blague. Et pendant tout ce temps-là, notamment quand tu as été prêté par Cholet à d’autres équipes, à Poitiers, quand tu as bougé un petit peu partout, comment est-ce que tu finances ta carrière ? Parce que, encore une fois, en sport individuel, à la limite, c’est assez simple, c’est la personne qui se finance sa carrière en allant chercher des partenaires, des sponsors. Quand on est dans un sport collectif, dans un sport d’équipe, est-ce que tu étais salarié par le club ? Est-ce que tu avais des partenaires, des sponsors en particulier ? Comment est-ce que tu vivais au quotidien, en fait ?
Gary Florimont : Alors là, c’est intéressant que tu poses ces questions parce que je pense que beaucoup de personnes qui vont nous écouter ne savent pas comment ça fonctionne.
Ermanno : Surtout, on parle basket, j’imagine que beaucoup de Français ont comme image Tipeee, donc Tony Parker, mais tout le monde n’est pas Tony Parker.
Gary Florimont : Qui est juste un homme, tu vois, et contre qui j’ai eu la chance de jouer quand il avait 16 ans. Tu m’imagines pour un mec comme moi qui est bientôt à 37 ans, tu vois, je regarde ça avec mon fils et je lui dis, tu vois, Victor Mbayama, papa, il a eu la chance de jouer contre lui. Ça, c’est…
Ermanno : Oui, mais lui, il avait 5 ans, c’est ça ?
Gary Florimont : Tu vois, tu te dis, c’est incroyable, tu vois, et il était à Nanterre, je m’écarte un peu, mais il était à Nanterre, il avait 16 ans et je te promets que je savais déjà que le mec, c’était un homme. Il avait 16 ans, quoi, 16 ans et je me rappelle d’une action avec un de mes coéquipiers, il fait un mouvement, tu vois, qui peut paraître anecdotique pour la plupart des basketeurs, mais quand on fait sa taille et qu’on a 16 ans, de faire ça, c’est juste incroyable. Et avec mon coéquipier, on se regarde en mode « Ouh ! » Tu vois, genre, c’est incroyable ce qu’il vient de faire, là, tu vois. Et donc, ça, c’est pour la petite anecdote. Alors, pour venir sur ta question, comment ça fonctionne dans le sport professionnel ? Quand tu es basketeur professionnel ou footballeur ou handballeur, en fait, on est assimilé, en fait, salarié. C’est-à-dire qu’en fin de mois, tu touches ton salaire, tu as une fiche de paye, donc, en fait, tu signes des CDD de 10 mois parce que la saison, elle dure 10 mois. Et quand ton CDD se termine, si tu n’as pas re-signé, en fait, tu vas au chômage comme tous les Français en période, en fait, de recherche d’emploi. Donc, c’est un système qui est assez simple, qui est beaucoup moins complexe que le sport individuel qui doit chercher des sponsoring, du mécénat, etc. pour se financer. Nous, de ce niveau, de ce côté-là, on est plutôt, entre guillemets, très serein, d’accord ? Je ne vais pas dire tranquille parce qu’en fait, ton salaire, il faut le mériter et que finalement, tu as quand même cette pression, en fait, de fournir des résultats, ce qui est assez particulier. Moi, je dis souvent, le basket, c’est le sport collectif le plus individuel parce que tu es parti d’une équipe, tu es salarié, mais en fin de contrat, on te recrute sur tes statistiques individuelles. Donc, c’est assez particulier. Donc, en fait…
Ermanno : Ça devait être encore plus particulier pour toi qui étais un joueur de l’ombre. Comme tu l’as dit, tu n’étais pas… Alors, je te cite, je ne me permettrais pas, mais tu n’étais pas forcément talentueux, ce n’était pas forcément beau à voir, mais par contre, tu faisais tout ce que les autres ne faisaient pas. Donc, j’imagine que tes stats n’étaient pas à la hauteur d’un victor qui, lui, ne fait que de marquer, marquer, marquer.
Gary Florimont : Après, c’est ce qu’une équipe, en fait, c’est toujours pareil. J’ai toujours eu la chance de jouer dans des bonnes équipes parce que quand un entraîneur crée un collectif, il ne fait pas une somme d’individus. C’est là souvent, en fait, les gens qui ne connaissent pas critiquent des fois l’équipe nationale où ils disent il n’a pas recruté un tel, il n’a pas recruté un tel. Quand tu fais une équipe, ce n’est pas la somme des meilleurs joueurs, c’est l’équilibre des meilleures compétences pour atteindre un objectif. Donc, souvent, l’entraîneur, bien évidemment, il va avoir un regard analytique, un regard financier parce qu’il a une enveloppe qu’il lui a attribuée pour constituer une équipe. Donc, c’est faire les choix sur les postes les plus cohérents. Donc, bien évidemment, on ne se bousculait pas pour me recruter parce que, d’abord, les entraîneurs veulent refléter leur scoreur parce que dans un basket, quand même, c’est un sport où il faut mettre des paniers. Donc, si tu fais une équipe qu’avec des Garry-Florimont, à un moment donné, les supporters vont s’ennuyer. Tu auras des scores de matchs de foot et ça ne va pas être forcément intéressant.
Ermanno : mais bon, écoute, 5-2, c’est toujours l’équipe de Garry qui gagne. Par contre,
Gary Florimont : tu verras des taquets, tu verras des coups d’épaule. Si tu aimes ça, tu vas te servir. Mais dans la constitution, tu as des temps forts dans le recrutement. Tu as des temps forts où tu as des premiers scoreurs qui sont clébiscités assez tôt pour lesquels il y a une enveloppe quand même plus importante. Donc, c’est un marché. C’est le premier marché. Ensuite, tu as un second marché. En fait, tu as plusieurs temps pendant le mercato comme ça. Et voilà. Donc, je n’ai jamais été le premier reflété, mais je n’ai jamais été non plus le dernier. Et l’intérêt, ce qui est intéressant dans les sports collectifs, c’est de se spécialiser. Moi, je me suis spécialisé je te le concède par exemple par la force des choses parce que je n’avais pas le choix. Mais je me suis spécialisé très rapidement sur la défense, sur le job de l’ombre. Et très rapidement aussi, j’ai été identifié comme un joueur comme ça. Mais ce qui a été plutôt frustrant, c’est comme tout être humain, j’ai voulu des fois upgrader un petit peu, changer de statut. Et c’est vrai que quand tu as cette image de joueur de l’ombre, c’est beaucoup plus difficile d’aller chercher des responsabilités offensives parce que ce n’est pas comme ça que les gens t’attendent. Ce n’est pas comme ça que les gens te perçoivent. Donc du coup, tu as du mal à te vendre en fait sur ce créneau-là. Donc l’intelligence d’un joueur, c’est très tôt savoir quelle va être sa spécialité. Et plus tôt tu trouves ta spécialité, plus de temps tu peux prendre à travailler pour te développer sur cet aspect spécifique. C’est comme un recruteur, c’est comme quelqu’un dans les RH, dans le commercial. Plus tôt tu connais ta spécificité, plus tôt tu peux te vendre
Ermanno : et te concentrer. Et donc pour revenir sur la question, comment est-ce que tu finances tout ça ? Tu es salarié par le club, même quand tu es prêté, alors c’est un peu pour rentrer un peu plus dans les coulisses, dans les vestiaires, mais tu es salarié par Cholet et tu es prêté à Poitiers et c’est Poitiers qui paye Cholet ou c’est Poitiers qui te paye ? Raconte-nous tout.
Gary Florimont : En fait, ça dépend. Alors il y a plusieurs choses. J’ai parlé de mon cas mais il y a aussi d’autres cas. Dans mon cas, c’est très simple, j’ai signé à Cholet Basket mon premier contrat pro parce que c’est mon club formateur et je lui dois mes trois premières années de contrat. C’est comme ça que ça fonctionne. C’est-à-dire en fait pour que le club ait une forme de dédommagement, l’athlète lui doit les trois premières années de contrat qui sont conventionnées au niveau salarial. C’est-à-dire que tu peux avoir plus mais tu ne peux pas avoir moins. Généralement, les clubs te donnent juste ce qu’ils doivent te donner. Tu vois ? À part exception Victor et Mayama, je pense pour qui on a fait une entorse mais tout le monde comprendra pourquoi. Mais généralement, tes trois premières années de contrat, en fait, tu les signes avec ton club formateur et eux décident de te garder parce que tu as le niveau, parce qu’ils croient en toi, parce que etc. Plein de raisons ou de te prêter. Dans le cas où tu es prêté dans un club, seconde ou première division, c’est le club qui te reçoit qui finance en fait ton contrat. D’accord ? Il y a eu des exceptions où des joueurs avaient des plus beaux contrats que ce que le club qui recevait le prêt pouvait financer. Donc là, il y avait en fait une entente entre les deux clubs où le club prêteur prenait en charge une partie du salaire. Mais c’est un peu comme ça à ce niveau-là en fait, tu vois. À ce niveau-là, on est les sportifs professionnels et à tort parce qu’il y a une différence et je vais me permettre d’avoir ton podcast pour le dire.
Ermanno : Vas-y, vas-y.
Gary Florimont : Tout à l’heure, on parlait de sportifs sur la liste ministérielle. Et en fait, tu vois, moi aujourd’hui qui ai monté une structure d’accompagnant pour les athlètes de haut niveau, il y a une vraie différence qui se passe et qui est pour moi en fait préjudiciable et c’est qu’aujourd’hui que tu sois un athlète de haut niveau ou que tu sois un sportif professionnel parce que c’est ça la différence athlète de haut niveau, sportif professionnel, c’est que tu as un contrat et tu as assimilé des salariés. Donc, tous les fins de mois, tu as un salaire. Athlète de haut niveau, tu fonctionnes avec des fois, tu as un emploi ou tu as du sponsoring, du mécénat. Sauf que sur le match de la fin de carrière, on est tous égaux parce que ça demande en fait les mêmes engagements. Un athlète de haut niveau, un sportif professionnel, il s’entraîne deux fois par jour à des périodes de compétition, à des contraintes familiales, de localisation, etc. Donc, tu vois, souvent, en fin de carrière, on se trouve sur un schéma où il y a des choses qui sont mises en place pour les athlètes de haut niveau qui sont sur liste ministérielle donc qui ont droit à certains, on va dire, certains ponts dans des écoles, de kiné, etc. Et on a des athlètes professionnels qui, parce qu’ils ont été assimilés en fait salariés, en fait, ne se voient pas en fait
Gary Florimont : avoir accès aux mêmes avantages que les athlètes de haut niveau. Et je trouve, je trouve que, en fait, pour moi, c’est une vraie contrainte parce que finalement, c’est des gens qui se sont investis dans leur carrière de la même façon et qui ne sont pas en fait responsables du développement de leur écosystème.
Gary Florimont : Donc, tu vois, aujourd’hui, pour moi, je trouve qu’il y a une vraie difficulté et souvent, on entend parler de SHN, sportif de haut niveau et en fait, dans ce jargon, on écarte systématiquement les sportifs professionnels.
Ermanno : Je suis d’accord avec toi sur cette différence de statut et encore une fois, on y revient souvent, on peut être sportif pro et avoir le statut de SHN, de sportif de haut niveau, mais on ne peut pas être sportif de haut niveau sans être sportif pro. Et du coup, les chances ne sont pas les mêmes pour ce qui est l’après carrière, ce que toi, tu appelles la conversion. Oui,
Gary Florimont : tout à fait, la conversion, la conversion des compétences, la conversion en fait de l’investissement. Je ne dis pas que les chances ne sont pas les mêmes, je dis juste en fait que je ne dis pas qu’il y a un statut qui est mieux qu’un autre, je dis juste que c’est un statut qu’aujourd’hui, c’est dommage qu’il n’y ait pas une homogénéisation du statut, de dire en fait que ce sont des athlètes de haut niveau, qu’il n’y ait plus de sportifs de haut niveau, plus de sportifs professionnels, qu’on est sur des individus qui ont fait des concessions du même titre, qui se sont investis dans leur carrière au même titre et qu’aujourd’hui, ils devraient tous être égaux sur les passerelles. Oui,
Ermanno : parce qu’en plus, dans le sport individuel, souvent, les sportifs de haut niveau sont des sportifs qui sont listés. Dans les sport-co, c’est plus difficile parce qu’il faut avoir été en équipe de France, etc. Donc, les conditions ne sont pas forcément les mêmes. Toi, tu as été listé, mais par exemple, j’avais à ce micro Mélissa Michaletto qui est une ancienne basketteuse pro aussi qui, elle, n’était pas listée. Oui,
Gary Florimont : ce n’est pas les mêmes parce que tu vois, tu as des accès dans des écoles de kiné, de stéo. En fait, tu as un certain nombre de choses qui sont quand même assez intéressantes en termes d’opportunités pour les athlètes au sens large du terme
Gary Florimont : archi-professionnel. Donc, ça trouve que c’est peut-être un peu dommage de ne pas mettre tout le monde sur le même piédestal. Mais encore une fois, c’est un constat individuel. Il y a des choses aujourd’hui quand même qui existent, mais on se dit qu’aujourd’hui, en fonction des fédérations, en fonction des ligues, des sports, tout le monde n’est pas… Ils ne sont pas tous égaux et c’est dommage. Oui,
Ermanno : mais c’est justement le moment d’en parler. Cette année 2024, l’année où il y a une petite fête de campagne en France, est-ce que tu seras au bord des parquets pour encourager les copines et les copains ?
Gary Florimont : Oui, écoute, je pense que j’ai beaucoup d’amis, beaucoup d’athlètes qui sont en liste pour les JO. Je pense qu’on sera à Paris pour les soutenir. Même si, moi, c’est hyper heureux pour les Français, pour le sport français que ça se passe à Paris. En même temps, j’ai quand même des grosses craintes sur l’après-JO, notamment pour les athlètes puisqu’aujourd’hui, on se rend compte que tout le monde s’en parle du sujet des JO. J’ai l’impression qu’être sportif, ça n’a jamais été aussi stylé. En France,
Ermanno : en tout cas, c’est l’effet JO.
Gary Florimont : Et ça me fait peur parce qu’il y a tout un effet marketing autour de ça. Et ça me fait peur que, de un, les sportifs ne comprennent pas et que se laissent léser et pensent que ça va durer pour l’éternité. Et que, deuxièmement, que ça retombe comme un soufflet parce qu’il y aura un avant et un après-JO. Souvent, moi, avec Athléosport, quand je discute avec des décideurs dans le monde de l’entreprise, je leur dis « Ok, mais il y a un devoir d’inclusion de ces athlètes parce que c’est bien de les supporter et d’en être fier en vue d’une compétition. Mais c’est mieux de le faire tout le temps. Et surtout, c’est encore mieux de prendre le temps de comprendre vraiment ce qui les compose pour pouvoir ensuite leur permettre de transposer. C’est pour ça que je te parle de conversion. C’est de faire converger toutes ces compétences qui ont fait deux des champions. Comment mettre en place des programmes, des parcours pour les intégrer dans le monde de l’entreprise ? Parce qu’aujourd’hui, quand on parle d’héritage, l’héritage du sport français, il se fait à travers les champions. Et les champions, comment on fait pour que ça continue d’être des champions ? En fait, c’est les intégrer dans tous les pans de la société et notamment dans le monde de l’entreprise.
Ermanno : Oui, et puis il y a beaucoup, tu l’as dit, on l’a dit de nombreuses fois sur cet épisode, il y a beaucoup de passerelles entre le monde du sport et le monde de l’entreprise et inversement. Mais souvent, les sportifs de haut niveau sont d’abord des sportifs avant d’être des entrepreneurs ou des salariés.
Gary Florimont : Bien sûr. Je dirais, avant même d’être des sportifs, je pense que c’est des performeurs. Tu vois, tout à l’heure, tu le parlais, moi, je pense que j’ai toujours été, je suis un addict en fait de la compétition, du challenge et je pense que c’est là très commun à tous les sportifs. Tout à l’heure, on parlait de différence entre sportifs de haut niveau et sportifs professionnels. Je pense que c’est les mêmes parce que c’est des performeurs et c’est des gens qui aiment le challenge, c’est des gens qui aiment le défi. Et en fait, c’est la compétence qu’on retrouve chez tous les athlètes, tous. Même un mec
Gary Florimont : qui est en France, c’est dommage qu’on se prive de ça, de personnes qui ont poussé le défi, l’amour du défi, l’amour du challenge en fait à l’extrême. Et je pense que c’est quelque chose qui est transposable en fait à tous les degrés. Bien évidemment, tout le monde n’est pas entrepreneur puisqu’on vend souvent l’entrepreneuriat comme un truc cool et stylé alors que c’est quelque chose de difficile, tu vois. C’est quelque chose sur lequel on a très peu de visibilité mais beaucoup d’athlètes aujourd’hui ont envie de faire partie d’une équipe, d’une entreprise. C’est une équipe et en tout cas, les athlètes conçoivent l’entreprise comme ça. Beaucoup d’athlètes ont l’amour en fait de l’institution. Aujourd’hui, beaucoup d’entreprises, toutes les entreprises font des institutions et je trouve que quand on parle de compétences, qu’est-ce qu’il faut de plus ? Parce que la plupart des entreprises ont un parcours d’intégration à l’interne, sont capables de former des collaborateurs sur tous les postes. Bien évidemment, quelqu’un qui n’a pas fait l’étude de comptable ne peut pas devenir comptable mais il y a un certain nombre de postes dans l’entreprise où ce qui fait la différence, ce sont l’attitude plus que les aptitudes. Donc en fait, les sportifs ont développé ces attitudes et je pense que ces attitudes sont très facilement transposables.
Ermanno : J’ai le titre du podcast. Attends, je note. Attitude versus aptitude. C’est top ça.
Gary Florimont : C’est pas mal.
Ermanno : Je vais faire un post sur Instagram avec un fondant et écrire ça. Tu as une belle punchline. Je t’enverrai la vidéo si tu veux. Comme ça, tu pourras récupérer des moments. Attitude versus aptitude. Top. Gary, je vais te donner je ne vais pas te prendre trop de temps. On arrive doucement à la fin de l’épisode. Il y a une question que je pose à tous mes invités que je pimpe un peu. Si tu pouvais, si on pouvait vivre dans un monde un peu fantastique, tu pouvais te projeter en Guadeloupe juste avant de partir en France, rejoindre le centre de formation de Cholet et que tu voyais le petit Gary de 13 ans qui sache exactement la vie que tu vas mener et qui tu es maintenant. Qu’est-ce que tu penses que lui dirait de toi en te voyant ?
Gary Florimont : Je dirais que tu me dis ça, ça me donne la chance d’être le cher de poule. C’est un des cons.
Gary Florimont : Donc, ce que tu vas dire, ça vient du cœur. Oui, clairement. Je dirais, je pense qu’il me dirait qu’il est fier de moi. Je pense parce que comme je te le dis, en fait,
Gary Florimont : rien ne me prédestinait à tout ça. Et tu vois, je me rappelle encore, je ne sais pas si mes cousins écouteront ce podcast. J’espère bien, tu leur enverras l’épisode. Je me rappelle, je devais avoir 11 ou 12 ans et quand j’ai commencé le basket, je leur ai dit je vais devenir un basketeur professionnel et ils sont tous au-dessus de ma gueule. Tu vois, c’est ça mon premier rapport avec l’objectif personnel. Tu vois, et en fait, je lui dirais, en fait, oui, je suis fier de toi que tu es devenu une belle personne, que tu n’as jamais
Gary Florimont : dérogé en fait à tes promesses. Tu ne t’es jamais menti à toi-même et je lui dirais, oui, juste, je suis fier de toi.
Ermanno : Et qu’est-ce que toi, du coup, tu lui répondrais quand il te dirait ça et que tu aurais la chair de poule ? Oui,
Gary Florimont : putain, t’es con, putain, ça ne part pas là.
Gary Florimont : Je lui dirais, en fait, ne change rien, je lui dirais, profite de tes erreurs. Profite de tes erreurs parce que tu ne les feras qu’une fois et que les erreurs que tu vas vivre vont certainement être tes plus beaux moments. Donc, profites-en un maximum. Waouh !
Ermanno : Tu vois, tu m’as filé la chair de poule aussi. Merci, Gary. Et puis, pour terminer, parce que je pense qu’on a fait un bon tour là, où est-ce qu’on te suit ? Où est-ce qu’on te contacte si justement, on veut embaucher des sportives ou des sportives de haut niveau qui soient pros ou pas, listés ou pas, des gens qui aient connu le sport de haut niveau et puis tout simplement, si on veut suivre un peu ton actualité ?
Gary Florimont : Écoute, Athléosport, A-T-H-L-E-O, plus loin, sport sur LinkedIn, pareil, sur le site Internet et sinon, sur mon LinkedIn, Gary Florimont, je pense que c’est là où tout le monde est, tout le monde se connecte. Contactez-moi pour discuter. C’est avant tout une aventure, une de mes aventures entrepreneuriales parce que j’en ai une autre aussi dans le monde de l’immobilier. Mais, c’est vraiment en fait un héritage, c’est vraiment ce que je veux laisser aux sportifs, Athléosport. Voilà, je recrute aussi des sportifs parce que c’est pour nous, par nous, c’est ça mon leitmotiv d’Athléosport et donc, n’hésitez pas à vous connecter, qu’on puisse discuter, que vous aurez un intérêt direct ou indirect, ce sera un plaisir de vous expliquer et de défendre un petit peu cette population dont j’ai et je fais partie. Gary,
Ermanno : merci beaucoup pour ce bon moment, pour ces dernières minutes pleines de chair de poule. J’espère que nos auditrices et nos auditeurs auront apprécié et puis, on se donne rendez-vous sur les réseaux. Avec plaisir,
Gary Florimont : merci de m’avoir reçu. Merci,
Ermanno : ciao.
