#064 Ludovic LEMOINE – Un guerrier du para-escrime sur la voie des Jeux Paralympiques de Paris – s03e26

Ludovic LEMOINE
Saison III
#064 Ludovic LEMOINE - Un guerrier du para-escrime sur la voie des Jeux Paralympiques de Paris - s03e26
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🌌 Une nuit Ă©toilĂ©e n’est pas seulement un spectacle cĂ©leste ; elle est aussi le reflet de nos propres luttes et victoires. Ainsi commence l’Ă©popĂ©e de Ludovic Lemoine, guerrier de la lumiĂšre dans l’arĂšne du para-escrime. đŸ€ș

🚀 À l’Ăąge oĂč les enfants apprennent Ă  faire du vĂ©lo, Ludovic fait face Ă  un adversaire bien plus redoutable : un cancer du fĂ©mur. Mais au lieu de se laisser submerger, il choisit de transformer cette Ă©preuve en un tremplin vers les sommets du para-escrime.

đŸ›Ąïž Chaque touche en escrime, pour Ludovic, n’est pas juste un point marquĂ©; c’est une bataille gagnĂ©e contre ses propres limites. Sa quĂȘte le mĂšne sur les podiums des plus grandes arĂšnes, des Jeux Paralympiques aux championnats EuropĂ©ens.

🧭 GuidĂ© par la lumiĂšre des modĂšles paralympiques, il trouve dans l’escrime plus qu’un sport : une voie vers la pleine expression de soi. Ludovic ne combat pas seulement ses adversaires; il dĂ©fie chaque jour la notion mĂȘme d’impossible.

🎹 La para-escrime devient sa toile, oĂč il peint avec finesse une stratĂ©gie qui Ă©quilibre la tactique et la force physique, prouvant que le terrain de jeu est Ă©gal pour tous, indĂ©pendamment des dĂ©fis personnels.

🏅 Au-delĂ  de ses succĂšs personnels, Ludovic tisse un lien profond avec la communautĂ© du parasport. Son engagement envers les Jeux Paralympiques de Paris 2024 rĂ©sonne comme un appel Ă  la reconnaissance de la richesse et de la diversitĂ© du monde sportif.

🌠 Ludovic Lemoine, Ă  travers ses voyages, ses Ă©preuves, et ses triomphes, incarne l’esprit indomptable du parasport. Son histoire est une ode Ă  la persĂ©vĂ©rance, Ă  l’excellence et Ă  l’inclusion, rappelant Ă  chacun que les vĂ©ritables limites sont celles que nous nous imposons.

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Dans cet Ă©pisode, vous pourrez dĂ©couvrir (chapitres de l’épisode) :

1. Introduction au parasport et Ă  l’invitĂ©, Ludovic Lemoine (00:00.00)

2. Présentation de Ludovic Lemoine, sa carriÚre et son histoire personnelle (00:42.76)

3. DĂ©tails sur l’amputation et la vie quotidienne de Ludovic (02:59.20)

4. Explications sur la para-escrime, ses catégories et sa pratique (06:54.60)

5. Le parcours sportif de Ludovic, du dĂ©but Ă  aujourd’hui (13:24.10)

6. La transformation physique et stratégique dans la para-escrime (18:16.22)

7. Discussion sur les différentes armes en escrime et leurs spécificités (25:51.86)

8. Le financement et soutiens de la carriĂšre sportive de Ludovic (27:41.46)

9. L’avenir et les perspectives aprĂšs Paris 2024 (36:02.52)

10. RĂ©flexion personnelle sur l’impact de sa carriĂšre (47:25.36)

Pour suivre et soutenir notre invité : https://www.instagram.com/ludo_lemoine / https://www.linkedin.com/in/ludovic-lemoine-ply-bb8a9512

GrĂące Ă  Autoscript, on vous propose mĂȘme de revivre l’échange que j’ai pu avoir avec Ludovic.

Ermanno : Salut les sportifs, c’est Ermano et je suis trĂšs heureux de vous recevoir pour un nouvel Ă©pisode du podcast Dans les Vestiaires. Aujourd’hui, on va parler d’handisport, mĂȘme si maintenant, Ă  l’approche des Jeux Ă  Paris, il paraĂźt que l’on ne parle plus d’handisport mais de parasport, on parle de para-athlĂšte. Et aujourd’hui, on va parler avec un para-escrimeur qui fait de l’escrime mais avec plusieurs armes. On en parlait un petit peu en off, je suis trĂšs heureux de recevoir Ludovic Lemoine. Salut Ludovic.

Ludovic : Salut Ermanno

Ermanno : Bon, j’espĂšre que tu ne m’en voudras pas, j’ai tendance de temps en temps Ă  raccourcir les prĂ©noms. Donc si je lĂąche un petit Ludo, ça ne te dĂ©gĂȘnera pas ?

Ludovic : Ça fait plaisir, au contraire, Ludovic c’est pour l’administratif, appelle-moi Ludo, il n’y a pas de soucis.

Ermanno : Ça va, je te propose de commencer avec la premiĂšre question que je pose Ă  tous les invitĂ©s. Dis-nous tout, qui est Ludovic Lemoine ?

Ludovic : D’accord, alors dĂ©jĂ , vaste question, donc pour me prĂ©senter, j’ai 37 ans, je suis, comme tu le dis, para-escrimeur. Donc je pratique le para-escrime ou l’escrime en handisport. On peut dire les deux. Donc je pratique ce sport depuis que j’ai 8 ans. Oui, donc j’en suis Ă  la 29e annĂ©e dans ce sport. Ça me fait 21 ans Ă  haut niveau. Et donc au fil de ma carriĂšre, j’ai eu la joie d’avoir une carriĂšre remplie de tout ce qu’un sportif peut espĂ©rer. Avec plusieurs mĂ©dailles Ă  mon palmarĂšs, mon championnat d’Europe. Mes plus belles fiertĂ©s sont les deux mĂ©dailles obtenues aux Jeux paralympiques, aux fleurs et par Ă©quipe. MĂ©daille d’argent obtenue Ă  Londres 2012 et mĂ©daille de bronze obtenue Ă  Rio 2016. Actuellement, je suis en course pour les qualifications pour les Jeux de Paris. Je rĂ©side Ă  Clermont-Ferrand et Ă  cĂŽtĂ© de l’escrime, je suis conseiller bancaire et Ă©galement mon papa d’une petite fille de 7 ans. VoilĂ , je pense que… J’ai dĂ©jĂ  donnĂ© un certain tableau. Et pour complĂ©ter, pourquoi est-ce que je dis « escrime en disport » ? C’est parce que, bien sĂ»r, ça ne peut pas se voir au micro, je suis totalement amputĂ© de la jambe droite suite Ă  un cancer du fĂ©mur qui s’est manifestĂ© quand je n’avais pas tout Ă  fait 5 ans. Et donc aprĂšs 15 mois de chimio, rayon, tous les traitements possibles, l’amputation Ă©tait la seule façon de me sauver la vie. Et du coup, j’ai Ă©tĂ© amputĂ© totalement de la jambe droite Ă  l’Ăąge de 6 ans. Et donc, suite Ă  ça, j’ai fait mon parcours de vie le plus naturellement du monde. J’ai commencĂ© l’escrime aprĂšs l’amputation. J’Ă©tais dĂ©jĂ  handicapĂ© quand j’ai commencĂ© l’escrime. Et puis ensuite, j’ai avancĂ© au fil des annĂ©es.

Ermanno : Alors, ça veut dire quoi, amputer complĂštement de la jambe droite ? C’est Ă  quel niveau que c’est coupĂ© ? Ça veut dire aussi, est-ce que tu te dĂ©places en fauteuil ? Tu te dĂ©places avec des bĂ©quilles, avec une prothĂšse ? Comment ça marche ? Enfin, si je peux me permettre.

Ludovic : Oui, avec plaisir, aucun souci. C’est que, quand je suis totalement amputĂ©, c’est que je suis vraiment coupĂ© au ras de la hanche. Moi, la partie qui Ă©tait malade, c’Ă©tait vraiment la tĂȘte du fĂ©mur, la partie qui Ă©tait vraiment Ă  l’insertion avec la hanche. Donc, ce qu’on appelle une dĂ©sarticulation de la hanche, c’est que je n’ai plus rien, du tout, du tout, du tout, plus aucun moignon de la jambe droite. Donc, en fait, suite Ă  ça, j’ai eu une prothĂšse, tous les jours d’Ă©cole, du CP jusqu’au bac, parce que c’Ă©tait important. Donc, pendant que je grandissais, de garder le dos le plus droit possible, et pour Ă©viter les problĂšmes de scoliose et autres. Mais le problĂšme, c’est que, comme je n’ai aucun moignon, la seule façon de faire tenir la prothĂšse, c’Ă©tait d’avoir tout un corset qui me prenait tout le bassin. Et du coup, je n’ai jamais Ă©tĂ© Ă  l’aise. Je boitais, je ne pouvais pas aller ni trĂšs vite, ni trĂšs loin. Quand je revenais de l’Ă©cole, j’avais des marques bleu-noir, ça me faisait mal. Enfin, voilĂ , c’Ă©tait la galĂšre. Donc, quand j’ai eu 18 ans, j’ai eu un petit peu de contrĂŽle. Les mĂ©decins m’ont dit, « Bon, tu as fini de grandir. Si tu veux continuer de mettre la prothĂšse, il n’y a pas de souci. Mais si tu veux arrĂȘter de la mettre, maintenant, c’est comme tu veux. » Et du jour oĂč on m’a dit ça, je l’ai mise dans un placard, je ne l’ai plus jamais touchĂ©e. Donc, en fait, je me dĂ©place avec des bĂ©quilles.

Ludovic : Souvent, avec les bĂ©quilles et un sac Ă  dos, ça me permet d’ĂȘtre vraiment tout terrain. Donc, je peux tenir, j’ai beaucoup de marches. Et au fil du temps, je suis vraiment, j’ai remplacĂ©, je pense, sur tous les terrains possibles, en montagne, dans le sable, dans la neige. J’ai visitĂ© une bonne partie des capitales europĂ©ennes. J’ai traversĂ© la ThaĂŻlande avec un sac Ă  dos. J’ai grimpĂ© plusieurs fois le Puy de DĂŽme Ă  cĂŽtĂ© de chez moi Ă  pied. Enfin, voilĂ , je me dĂ©brouille sans aucun problĂšme lĂ -dessus.

Ludovic : Et quand je suis chez moi, par contre, sur les toutes petites distances, quand je suis Ă  domicile, la plupart du temps, en fait, je laisse les bĂ©quilles dans un coin et je fais toute mon activitĂ© quotidienne Ă  cloche-pied. Y compris, de toute façon, tout ce qui va ĂȘtre les tĂąches quotidiennes, l’entretien de la maison, je peux faire tout ce qui va ĂȘtre les cuisines, le mĂ©nage, etc. Ça, je peux trĂšs bien le faire sur un pied. Et puis, voilĂ . Le fauteuil. Alors, j’ai un fauteuil de ville, mais qui ne me sert vraiment que de façon trĂšs exceptionnelle. C’est vraiment quand je sais Ă  l’avance que je vais avoir des longues distances plates, sans escalier, sans quoi que ce soit. Ce sont les rares cas oĂč je prends le fauteuil, mais c’est vraiment pas souvent. Bon, aprĂšs, l’Ăąge avançant, je sais qu’il faudra que je le prenne de plus en plus, mais bon, j’en suis pas encore tout Ă  fait lĂ .

Ermanno : Moi, j’imagine que, du coup, ça t’oblige Ă  avoir une certaine dextĂ©ritĂ© au niveau de la jambe gauche, qui n’est pas malade. Et puis, t’as dĂ©veloppĂ©… Enfin, ça doit t’aider Ă  dĂ©velopper toute la partie renforcement musculaire, PPG, au niveau du haut du corps, Ă  force de porter les bĂ©quilles.

Ludovic : Bah, c’est surtout… Sur les bĂ©quilles, peut-ĂȘtre un petit… Oui, peut-ĂȘtre un petit peu au niveau Ă©paule, mais… Mais aprĂšs, c’est sĂ»r que oui, je pense que j’ai un sens de l’Ă©quilibre oĂč je peux dĂ©fier pas mal de monde. Euh… Et… Et c’est vrai que oui. Les bĂ©quilles, effectivement, m’ont permis d’avoir quand mĂȘme un renforcement d’Ă©paule. Bon, pour autant, je pense que j’ai quand mĂȘme le haut du corps qui est un peu moins… Enfin, si c’Ă©tait que par les bĂ©quilles, il y a un haut du corps qui est un peu moins dĂ©veloppĂ© que des personnes qui sont en fauteuil. Euh… Et puis, surtout, aussi, ce qui m’a aidĂ©, le fait d’ĂȘtre sur une jambe, c’est tout ce qui va ĂȘtre sur le gainage des abdos profonds, euh… Qui m’est utile aussi dans l’escrime pour faire mes attaques et mes retraites, quoi.

Ermanno : En escrime, en para-escrime, dans ta catĂ©gorie, t’es en fauteuil,

Ludovic : t’es debout ? En fait, donc, l’escrime handisport ou para-escrime, tout le monde est en fauteuil, quel que soit le type de handicap. Pour lisser les… Lisser, justement, les diffĂ©rentes situations, on se pose pas la question. Tout le monde se met dans un fauteuil et les fauteuils sont immobilisĂ©s sur des plaques. Tout le monde pense qu’avec les fauteuils, on se fonce dessus et tout. Non, non. Les fauteuils sont immobilisĂ©s sur des plaques, ils ne bougent pas du tout. Et entre les plaques, il y a une partie transversale qui va permettre de rĂ©gler la bonne distance de combat au dĂ©part et qui permet aussi de garder toujours le bon angle de combat tout au long du match. Une fois que la distance est fixĂ©e avant de commencer, aprĂšs, elle ne bouge plus du tout. Donc aprĂšs, tout notre jeu, ça va ĂȘtre justement de faire des bascules de corps. Avec une main, on tient son arme. Avec l’autre main, on tient une poignĂ©e sur le cĂŽtĂ© du fauteuil. Et on va faire des translations de corps, des bascules pour attaquer et se dĂ©fendre. Euh… Dans l’escrime handisport, on a… Alors, il y a trois catĂ©gories. On va dire qu’il y a deux catĂ©gories principales de handicap. CatĂ©gorie A, donc comme moi, les athlĂštes qui ont des abdos et donc qui peuvent vraiment bouger assez rapidement sur le fauteuil. Pour le faire de façon trĂšs caricaturale, euh… Ce sont les personnes, les athlĂštes qui peuvent marcher au quotidien. Souvent, ça peut ĂȘtre ça. Et ensuite, on a une catĂ©gorie B, les personnes qui ont moins d’un certain seuil d’abdos. Et lĂ  aussi, pour le faire trĂšs rĂ©sumĂ©, ce sont les personnes qui sont en fauteuil roulant au quotidien. Euh… VoilĂ . Et on a aussi… Donc, on a une troisiĂšme catĂ©gorie. C’est pour les personnes, pour les athlĂštes qui sont tĂ©traplĂ©giques. Donc, il y a aussi une infirmitĂ© en termes de mobilitĂ© de bras. Mais on va dire que c’est une catĂ©gorie qui est nettement moins reprĂ©sentĂ©e, qui n’est pas au programme des Jeux Paralympiques. Donc, voilĂ . C’est une catĂ©gorie un petit peu en marge.

Ermanno : Donc, ce qui veut dire que, sur… sur le para-escrime, ce sont que des gens qui sont… Enfin, qui… Soit qui ont… Qui se dĂ©placent en fauteuil, soit qui peuvent marcher… Enfin, qui ont des abdos, mais… Euh… Mais… Euh… Mais qui… Qui, j’imagine, ont un membre en moins. Euh… On va pas avoir des… Euh… Des gens qui sont Ă  table de… Qui sont atteints de handicap non moteur, mais plutĂŽt d’handicap cĂ©rĂ©braux ?

Ludovic : Non, effectivement, ça, on en a pas. Oui, nous, c’est vraiment sur du handicap moteur. AprĂšs… AprĂšs, tu vois, bah, dans ma catĂ©gorie, euh… Bah, comme je l’ai dit, donc, moi, je suis amputĂ©, du coup, totalement de la jambe droite. Je vais… Si je peux ĂȘtre en concurrence avec des athlĂštes, euh… Bah, qui… Qui ont peut-ĂȘtre… Bah, qui sont amputĂ©s aussi, mais moins haut que moi, peut-ĂȘtre, par exemple, qui sont amputĂ©s au niveau du genou, ou peut-ĂȘtre seulement au niveau de la cheville, euh… Ou des athlĂštes qui n’ont pas du tout l’heure de jambe, ou des athlĂštes qui ont l’heure de jambe, mais, par exemple, type, les infirmes moteurs cĂ©rĂ©braux, ou quoi que ce soit, qui ont des problĂšmes, euh… Qui ont des problĂšmes pour la marche, euh… Ouais, qui ont un handicap de marche, mais qui ont quand mĂȘme, ben, l’heure de bras, l’heure de jambe, voilĂ , on est tous ensemble dans la mĂȘme catĂ©gorie. AprĂšs, dire mĂȘme pour, euh… Enfin, peut-ĂȘtre que je devance dĂ©jĂ , peut-ĂȘtre, un peu, une future question, euh… Aussi, ce qui est, ben, ce qui est vraiment top, je trouve, dans l’escrime en e-sport, c’est que le fait, comme ça, euh… Que les fauteuils ne bougent pas, eh ben, en fait, euh… N’importe quel escrimeur ou escrimeuse valide peut s’asseoir d’un fauteuil roulant en face de moi, ça annule son avantage de jambe, et aprĂšs, on fait que travailler sur la technique de main. Et, euh… Donc, bien sĂ»r, au dĂ©but, ça est dĂ©stabilisĂ© un petit peu, mais aprĂšs, quand ils prennent l’habitude, on s’en… VoilĂ , on s’envoie des super matchs, et, euh… Et, euh… Je veux dire, enfin, que ça soit moi ou tous mes coĂ©quipiers de l’Ă©quipe de France, on s’entraĂźne tous dans nos clubs respectifs, uniquement, enfin, avec des valides. Euh… Et moi, donc, mon… Mon entraĂźneur, mon maĂźtre d’armes, c’est un valide, mes partenaires, ce sont des valides, et pour eux, maintenant, c’est aussi naturel de faire des escrimes debout que assis. VoilĂ . Ils font… Ils font trois matchs debout, ils viennent s’asseoir, ils repartent debout, etc. Et, euh… Et, du coup, le travail de… De techniques de main qui sont obligĂ©es de faire contre moi, euh… Ça les… Ça les permet, aprĂšs, d’utiliser ce travail pour ĂȘtre plus efficace quand ils retournent faire de l’escrime debout. Donc, voilĂ . C’est vraiment ça, sur le cĂŽtĂ© inclusion. L’escrime handisport, c’est pas un athlĂšte… Enfin, je veux dire, c’est pas un… Oui, un athlĂšte valide qui va venir rendre service Ă  un handicapĂ©. C’est vraiment gagnant-gagnant.

Ermanno : Est-ce que ça voudrait dire que… On pourrait mĂȘme imaginer que des athlĂštes valides pratiquent le para-escrime, mĂȘme au JO, sans avoir de handicap. Ou c’est vraiment, euh… Des sports qui sont rĂ©servĂ©s, en tout cas, dans les compĂ©titions internationales, pour les gens porteurs de handicap.

Ludovic : Aujourd’hui, Ă  ce jour, nous, Ă  l’international, c’est rĂ©servĂ© au handicap. VoilĂ . Il faut pas… VoilĂ . Parce que si… Enfin… C’est… C’est quand mĂȘme le… Quand mĂȘme l’essence, un peu, de notre sport. C’est quand mĂȘme, justement, de permettre l’expression des athlĂštes en situation de handicap. Pour autant, lĂ  oĂč, effectivement, nous… Nous, on a poussĂ© le curseur en France. À ma connaissance, je pense, on est peut-ĂȘtre bien le seul pays Ă  avoir dĂ©veloppĂ© ça. Nous, toutes nos compĂ©titions de circuit national en dehors du championnat de France sont ouvertes Ă  tous les athlĂštes valides qui souhaitent y participer. Donc… Donc, on a eu… On a une petite dizaine d’Ă©preuves nationales chaque annĂ©e. Tous les athlĂštes du club qui organise, en gĂ©nĂ©ral, ou des clubs Ă  l’entrĂ©e, Ă  l’entour, ou des fois, nous aussi, ben, si… Si le peuple, on aime bien ramener nos sparrings pour qu’ils voient un petit peu des jeux diffĂ©rents. Euh… Comme ça, du coup, ben, les athlĂštes valides se mettent dans la condition du fauteuil. Et c’est dĂ©jĂ  arrivĂ© que ça soit un athlĂšte valide qui gagne la compĂ©tition en e-sport. Il s’est mis en condition. Il a Ă©tĂ© meilleur. Point. C’est tout. Il n’y a pas de… Il n’y a pas de problĂšme.

Ermanno : Écoute, c’est super intĂ©ressant. Tu vois, c’est des Ă©lĂ©ments qu’on ne connaĂźt pas forcĂ©ment du para-escrime, de l’escrime en e-sport. Et je pense que c’Ă©tait nĂ©cessaire de revenir dessus.

Ermanno : On y reviendra un peu aprĂšs. J’aimerais dĂ©jĂ  qu’on revienne un petit peu sur toi, parce qu’on s’est Ă©parpillĂ© sur le sport. Mais, euh… Donc, toi, tu dĂ©couvres l’escrime en e-sport Ă  8 ans. Tu Ă©tais dĂ©jĂ  en situation de handicap. Tu avais dĂ©jĂ … On t’avait dĂ©jĂ  amputĂ© de la jambe. Comment est-ce que tu es venu Ă  l’escrime ? Comment est-ce que tu es venu Ă  ce sport pour un gamin de 8 ans ? Est-ce que tu as dĂ©jĂ  pratiquĂ© d’autres sports avant ? Est-ce que c’est tes parents qui t’ont dit, tiens, Ludo, tu nous casses les pieds, tu es trop agitĂ©, on va te faire faire un sport. Et ils sont tombĂ©s sur l’escrime. Enfin, comment est-ce que l’escrime

Ludovic : est venu Ă  toi ? Alors, souvent, c’est que… Euh… Enfin, dĂ©jĂ , on va dire, en gĂ©nĂ©ral, je pense que tu as dĂ©jĂ  dĂ» l’entendre dans tes interviews. Beaucoup d’athlĂštes te disent, voilĂ , c’est un coup de chance, la bonne rencontre, etc. Donc, je pense, Ă©videmment, c’est souvent vrai. Mais je pense, lĂ , pour le coup, enfin, je peux… Il n’y a pas d’autres mots. C’est vraiment cette situation-lĂ . Euh… Donc, pour reprendre, euh… Donc, en fait, suite Ă  mon amputation, mes parents ont tout de suite compris, Ă©tant dans une famille assez sportive, ils ont tout de suite saisi que le sport serait vraiment un excellent moyen de m’aider, ben, du coup, Ă  apprĂ©hender ce nouveau corps, Ă  me dĂ©penser, Ă  me dĂ©fouler, Ă  prendre confiance en moi, Ă  me faire des nouveaux copains, Ă  repousser les limites, enfin, tous les bienfaits physiques et mentaux qu’on peut trouver dans le sport. Et, euh… Et, ben, Ă©tant, eux, assez versĂ©s, ben, dans les… dans les arts martiaux, donc, ben, depuis tout petit, je baignais dans cet univers-lĂ . Et, du coup, je voulais faire des arts martiaux comme papa et maman. Bon. Du coup, bon, ils m’ont inscrit, euh, au judo, Ă  l’Ăąge, voilĂ , Ă  l’Ăąge de 7 ans. Euh… Et, bon, au dĂ©but, on va dire, Ă  cet Ăąge-lĂ , comme c’est des petits jeux et tout, bon, ça, ça se faisait bien, c’est pas le souci. Mais, bon, on… on le voyait bien, et puis moi-mĂȘme, j’en Ă©tais conscient, euh, on va dire, ben, un sport oĂč il faut faire tomber l’autre quand on est soi-mĂȘme sur une patte, bon, ça sentait bien que la marge de manƓuvre, elle Ă©tait, elle Ă©tait pas Ă©norme. Donc, ils ont contactĂ© la FĂ©dĂ©ration Handisport, qui leur a dit, ben, tiens, dans votre ville, Ă  Vannes, en Bretagne, il y a un club d’escrime handisport, avec, euh, un homme et une femme, champion paralympique, champion du monde, et tout, et la maĂźtre d’armes qui leur a tout appris. Donc, euh, donc, ben, du coup, j’ai dĂ©barquĂ© dans ce club Ă  l’Ăąge de 8 ans, et, euh, et, ben, du coup, d’avoir les grands champions, euh, devant les yeux, euh, tout de suite, bon, moi, c’Ă©tait, ouais, c’Ă©tait, euh, euh, c’Ă©tait, voilĂ , des, des, des modĂšles, hein, sans pire, je les voyais partir en compĂ©tition et tout, et… et dĂšs que, et dĂšs qu’on m’a mis un fleurĂ© dans la main, c’Ă©tait le coup de foudre immĂ©diat, voilĂ , je me suis pris pour un chevalier, enfin, voilĂ , tous les… C’est ça, toute la, toute la magie de l’escrime, et j’ai, j’ai tout de suite trouvĂ© dans l’escrime tout ce que j’attends, moi, d’un sport, euh, pour me… tout ce qui peut me faire du bien, quoi. Donc…

Ermanno : Et justement, qu’est-ce que tu y trouves, dans un sport qui te fait du bien ?

Ludovic : Ben, pour moi, c’est, surtout, c’est que l’escrime, alors, dĂ©jĂ , c’est un sport qui est extrĂȘmement technique, euh, mĂȘme si, ben, je pense que aujourd’hui, avec mon… avec mon, mon anciennetĂ©, et tout, enfin, voilĂ , je pense que, aujourd’hui, je sais tout faire, et dans le haut niveau, tous les athlĂštes savent tout faire, mais on ne peut jamais maĂźtriser parfaitement toutes les techniques Ă  tout instant. On va toujours avoir un moment oĂč il va y avoir, un peu, ben, un point fort, euh… et puis, du coup, ben, on va avoir une lacune, peut-ĂȘtre, dans un certain jeu dĂ©fensif, du coup, ben, on va retravailler ce petit point faible, mais, du coup, qui va… cette… cette attention qu’on porte sur l’entraĂźnement, ben, du coup, on la porte plus ailleurs, et il faut retravailler un autre point, et comme ça, c’est toujours, toujours en train, euh, du… c’est… d’avoir un… un cycle tournant sur les… sur les points d’entraĂźnement qu’on… qu’on travaille. Donc, voilĂ , on n’en fait jamais totalement le tour. Euh… en plus de ça, donc, ben, du coup, euh… je sais pas si t’as vu des images, euh… des vidĂ©os d’escrime en e-sport, euh… ouais, c’est extrĂȘmement physique, euh… on peut vraiment aller Ă  fond, comme les fauteuils sont… sont arrimĂ©s, on peut vraiment, euh… basculer le corps dans tous les sens, et c’est extrĂȘmement sollicitant pour tous les muscles au-dessus de la ceinture, donc c’est… c’est vraiment une dimension physique qui compte, euh… et puis moi, ce qui me plaĂźt beaucoup aussi, c’est tout le cĂŽtĂ©, surtout stratĂ©gique, euh… c’est vraiment, ben, comme tous les sports d’opposition, hein, c’est un peu… c’est… c’est une partie d’Ă©chec qui va… qui va Ă  100 Ă  l’heure, encore plus, lĂ , avec le cĂŽtĂ© handisport, oĂč la distance entre les adversaires est plus petite, et plus rapprochĂ©e que en escrime valide, donc, euh… donc faut vraiment, euh… faut vraiment essayer d’avoir un coup d’avance sur son adversaire, lui tendre… lui tendre des piĂšges, dĂ©jouer les piĂšges que l’adversaire nous tend, s’adapter en permanence, etc., etc. Et… c’est ça que je trouve cool, c’est que, ben, moi, avec mes partenaires, euh… on peut aligner des centaines d’heures d’entraĂźnement, on n’aura jamais deux fois le mĂȘme match parfaitement identique, donc ça Ă©vite aussi, Ă  mon sens, un cĂŽtĂ©… un cĂŽtĂ© lassitude. Et… et enfin, je trouve que ce qui est quand mĂȘme important, c’est que, euh… ben, contrairement peut-ĂȘtre Ă  d’autres sports, euh… ben, peut-ĂȘtre typiquement arts martiaux ou quoi que ce soit, ou faut qu’on… si on peut pas faire attention Ă  nos gestes ou quoi, euh… potentiellement, ça peut… ça peut faire vraiment mal Ă … Ă  son adversaire. LĂ , pour le coup, avec les protections, les Ă©quipements, le masque, les vestes, les gants et tout qu’on a, on peut vraiment… on… on peut y aller pleinement dans le cĂŽtĂ© combat, euh… dans le pire des cas, je vais faire trouble Ă  mon adversaire, mais je ne… avec mon sabre, je ne peux pas lui casser le bras, je peux pas lui casser l’Ă©paule, je peux pas lui faire vraiment mal. Donc, on… on peut vraiment

Ermanno : y aller Ă  fond en toute sĂ©curitĂ©. C’est bien, tu peux te… tu peux te dĂ©fouler, euh… en fait, en sachant que tu ne vas pas faire mal Ă  l’adversaire.

Ludovic : Exactement, c’est ça. Ou dans… dans le pire des cas, mĂȘme s’il y a un moment, ça tape un peu fort, euh… on est… de toute façon, enfin, je… je reviens toujours de l’entraĂźnement avec deux ou trois marques, hein, c’est pas… je peux pas dire qu’il y a rien, mais, euh… mais, ouais, c’est… c’est… ce sont jamais, euh… il n’y a jamais de blessure grave, euh… encore une fois, donc, nous… pour nous, le pire risque qui puisse arriver, ça serait que, ben, que la lame se casse, auquel cas, ça devient un vrai pic Ă  brochettes, et c’est lĂ  que, du coup, c’est pour ça que, euh… dans ces moments-lĂ , on arrĂȘte tout de suite l’action, et que si jamais il y a besoin, on a… notre Ă©quipement est dans un textile spĂ©cial pour faire en sorte de pas ĂȘtre transpercĂ©. Donc, euh… tout est fait pour sĂ©curiser au maximum, euh… ouais, je vais pas te dire que il y a jamais eu… jamais eu d’accident en escrime, il y en a dĂ©jĂ  eu, oui, certes, euh… mais pour autant, euh… ouais, c’est un risque sur je sais pas combien de millions, enfin, c’est… et dans l’escrime handisport, j’en ai jamais vu, donc oui, oui, c’est vraiment, vraiment, vraiment Ă  la marge.

Ermanno : Toi, tu pratiques, tu nous as dit, le fleuret et le sabre, euh… je disais tout Ă  l’heure qu’il y avait plusieurs disciplines dans l’esprit… dans l’escrime handisport, comme dans l’escrime valide, avec une diffĂ©rence, et on en parlait en off, c’est que, euh… ben, dans l’escrime valide, en gĂ©nĂ©ral, les combattants se spĂ©cialisent sur une arme, alors que dans l’escrime handisport, vous pratiquez rarement une seule arme, mais souvent deux, voire trois, c’est ça ?

Ludovic : C’est ça, exactement, ouais, nous, on a, on a la possibilitĂ©, euh… de, voilĂ , de pratiquer, de pratiquer plusieurs armes, comme tu dis, donc, euh… donc, l’immense majoritĂ© des athlĂštes sur le circuit pratiquent deux armes, certains choisissent, euh… assument Ă  fond leur spĂ©cialisation et n’en pratiquent qu’une seule, euh… certains, certains, ben, au contraire, jouent l’ouverture et vont tenter, tenter de jouer, euh… de jouer sur les trois armes, bon, voilĂ , mais, euh… moi, bon, moi, je suis dans, je suis dans le cadre de la majoritĂ©, donc je pratique deux armes, euh… mais mĂȘme si on en pratique deux, lĂ , l’immense majoritĂ© des athlĂštes, en gĂ©nĂ©ral, on a souvent une arme de spĂ©cialisation, enfin, voilĂ , une arme de prĂ©dilection en termes de rĂ©sultats, et la deuxiĂšme arme oĂč, voilĂ , on est, on… on peut toujours faire un bon coup une fois de temps en temps, mais c’est que c’est plus compliquĂ© d’ĂȘtre, d’ĂȘtre constant sur la, sur la deuxiĂšme arme, quoi, donc, euh… et tu vois, et… et puis aussi, ça peut varier entre, des fois, les Ă©preuves individuelles, les Ă©preuves des Ă©quipes, euh… donc, bah, moi, mes, mes deux mĂ©dailles paralympiques, je les ai obtenues au fleuret par Ă©quipe, euh… pour autant, lĂ , mes… depuis ces derniĂšres annĂ©es, ma dynamique individuelle,

Ermanno : elle est portĂ©e sur le sabre. Et quel, quel intĂ©rĂȘt ? Ou pourquoi avoir, justement, une spĂ©cialisation sur deux, voire trois armes, plutĂŽt qu’une seule, comme en escrime individuelle ? Est-ce que c’est parce que vous avez plus de combats, plus de possibilitĂ©s ? Est-ce que ça, euh… ça a rapport aussi aux sĂ©lections pour les Ă©preuves internationales, et en particulier les Jeux Paralympiques,

Ludovic : ? Bah, y… oui, effectivement, nous, ça peut, alors, y a… enfin, y a un petit peu tout qui rentre en ligne de compte dans ce que, dans ce que tu viens de… dans tes, tes propositions, euh… c’est que, bah, dĂ©jĂ , si… si jamais on peut, euh… si jamais on peut rĂ©ussir Ă  claquer une perf, euh… dans l’arme oĂč on est un peu moins attendu, bah, pourquoi s’en priver ? Ça serait toujours dommage de se priver d’une mĂ©daille. Euh… On a aussi, euh… bon, la notion d’Ă©quipe, oĂč, bah, mĂȘme si, individuellement, euh… c’est peut-ĂȘtre parfois, hein, on est peut-ĂȘtre un petit peu plus en difficultĂ© individuellement, mais, euh… mais, bah, du coup, la somme d’un collectif, ça peut quand mĂȘme donner une Ă©quipe trĂšs intĂ©ressante, et aussi, bah, ouais, donc, par rapport, nous, Ă  la notion, bah, des sĂ©lections pour les Jeux Paralympiques, euh… ça peut aussi avoir un impact, euh… donc, lĂ , tu prends, bah, nous, pour les Jeux de Paris, euh… typiquement, lĂ  oĂč, moi, ma situation, elle est un peu plus dĂ©licate, c’est que, euh… au programme des Jeux, donc, y a le fleuret, l’Ă©pĂ©e, le sabre en individuel, par contre, dans les Ă©preuves d’Ă©quipe, on ne va avoir que du fleuret par Ă©quipe, et de l’Ă©pĂ©e par Ă©quipe. Le sabre, par Ă©quipe, n’est pas au programme des Jeux. Donc, euh… donc, c’est lĂ  aussi, bah, qu’on essaye de jouer sur plusieurs tableaux, parce que, euh… lĂ , actuellement, on va dire, bah, j’espĂšre pouvoir dĂ©crocher ma qualification individuelle, par le… par le sabre, et… bon, le fleuret, c’est un petit peu plus compliquĂ©. Pour autant, quand j’Ă©tais en dĂ©but de cycle de sĂ©lection, bah, je pouvais pas savoir si le sabre allait si bien marcher, peut-ĂȘtre que le fleuret, justement, ça serait un peu mieux passĂ©, et aurait pu aller me permettre d’aller chercher, comme ça, un repĂȘchage par les Ă©quipes, voilĂ , y a plusieurs situations possibles, quoi. Et… et je vais prendre aussi, par exemple, un peu un exemple, moi, d’un… bah, d’un championnat d’Europe qui avait Ă©tĂ© Ă  Strasbourg en 2014, oĂč, vraiment, pour moi, c’Ă©tait, euh… j’avais vraiment mis… mis tous mes espoirs, moi, sur le sabre individuel, et, euh… et bah, rĂ©sultat, manque de bol, je me prends un peu les pieds dans le tapis au sabre individuel, je termine 5e de l’Ă©preuve, bonne position, mais pas sur le podium, et, Ă  surprise gĂ©nĂ©rale, euh… bah, le lendemain, je fais… je fais bronze au fleuret individuel, ce qui Ă©tait contre toute attente. Donc… bon, bah… quand, des fois, on peut faire un bon rĂ©sultat,

Ermanno : pourquoi pas. C’est sĂ»r, on va pas s’en priver. Rapidement, parce qu’on avait dĂ©jĂ  eu Margot Rivkis Ă  ce podcast, qui, elle, est escrimeuse et sabreuse en individuel, mais, rapidement, la diffĂ©rence, et surtout la diffĂ©rence en en escrime, en e-sport, entre les 3 armes, ça va ĂȘtre une question de de poids, de positionnement, d’esquive,

Ludovic : oĂč est-ce que ça se joue ? Alors, pour te le dire, trĂšs… ouais, c’est de le faire trĂšs rapidement, j’essaie de rĂ©pondre en moins de 2h, euh… non, l’Ă©pĂ©e, c’est l’arme, on va dire, la plus simple, c’est que on ne peut toucher qu’avec la pointe, et, pour le coup, y’a pas de rĂšgle, on va dire, spĂ©cifique, c’est le premier qui touche a le point, voilĂ , c’est tout. Et si les deux se touchent ensemble, chacun marque un point. Euh… l’Ă©pĂ©e, c’est l’unique euh… point de rĂšglement oĂč on a fait une adaptation entre l’escrime valide et l’escrime handisport, parce qu’en escrime valide, Ă  l’Ă©pĂ©e, on peut on peut toucher n’importe oĂč des pieds Ă  la tĂȘte. Alors que, dans le handisport, bah, les jambes ou le fauteuil, ça serait trop facile Ă  toucher. Donc, on rajoute un tablier isolant, qui va couvrir les jambes et le fauteuil, et, de cette façon-lĂ , euh… Ă  l’Ă©pĂ©e handisport, les les zones valables, c’est au-dessus de la ceinture. VoilĂ . Ensuite, le fleuret, euh… comme Ă  l’Ă©pĂ©e, on ne peut toucher qu’avec la pointe. Par contre, on ne va viser que le tronc. Donc, vraiment, le torse, le ventre, les Ă©paules et le dos. Et, euh… et par contre, on va avoir des rĂšgles de prioritĂ©. C’est-Ă -dire que si tu m’attaques, je dois d’abord me dĂ©fendre avant d’avoir le droit de riposter. Et c’est lĂ  que l’arbitre a un rĂŽle trĂšs important, puisque, bah, il faut que l’arbitre dĂ©termine qui a pris l’initiative de l’attaque, euh… ou qui, voilĂ , ou si l’autre s’est bien dĂ©fendu, qui a pris le droit de marquer le point. Donc, c’est lĂ  que c’est pas Ă©vident. Et, euh… et la troisiĂšme arme, donc, c’est le sabre, oĂč on retrouve ces notions de attaque, parade, riposte, euh… pour marquer un point. Mais Ă  la diffĂ©rence du fleuret, on peut toucher avec toute la lame, et on va toucher Ă©galement partout au-dessus de la ceinture. Donc, contrairement au fleuret, on va rajouter

Ermanno : la tĂȘte et les bras. VoilĂ , c’est trĂšs clair. J’imagine qu’il y a aussi une diffĂ©rence en termes de poids, au niveau des armes, et en termes de prise ?

Ludovic : Effectivement, oui. L’Ă©pĂ©e est une arme un peu plus lourde, elle pĂšse 750 grammes, et, euh… alors que le fleuret et le sabre sont plus lĂ©gers, ils pĂšsent 500 grammes. Et, oui, alors, en termes de prise, alors… enfin, en termes de poignĂ©e, souvent, on va dire, bah, c’est plus… alors, euh… l’Ă©pĂ©e, il y en a qui ont des poignĂ©es ergonomiques, oĂč, voilĂ , on peut vraiment caler les doigts, ou, euh… oĂč il y en a qui prĂ©fĂšrent ĂȘtre en poignĂ©e… ce qu’on appelle une poignĂ©e droite, de toute façon, c’est juste, euh… voilĂ , juste le prolongement de la lame qui va tout droit, ça leur permet d’avoir plus de souplesse dans le jeu, ça dĂ©pend vraiment des jeux Ă  l’Ă©pĂ©e, euh… et alors qu’au fleuret, on est vraiment tous en poignĂ©e, euh… justement, en poignĂ©e ergonomique pour vraiment caler les doigts, ce qui permet d’avoir un peu plus de force pour taper la lame de l’adversaire, et… et le sabre, par contre, on est… le sabre, c’est vraiment, euh… ben, le sabre un peu de cavalerie, voilĂ , avec une poignĂ©e simple, euh… ce qui permet d’avoir les mouvements les plus naturels pour aller, ensuite, ben, faire des coups, des coups de taille, euh… de tranchant sur l’adversaire.

Ermanno : Bon, si nos auditeurs se demandent, se disent « Ouais, 750 grammes, ça va, c’est pas si lourd que ça », je vous invite Ă  prendre une bouteille d’eau, la vider Ă  moitiĂ©, et puis vous amuser Ă  faire des… Ă  faire des mouvements avec votre main pour faire bouger la bouteille toute la journĂ©e, vous verrez si c’est pas si lourd que ça, 750 grammes.

Ludovic : C’est ça, voilĂ , c’est ça, pendant… alors, on n’a pas dans la main toute la journĂ©e, mais oui, pendant un match, euh… un match qui dure plusieurs minutes, ça devient vite trĂšs long,

Ermanno : en fait, effectivement. Bon, et encore, vous, vous vous ĂȘtes entraĂźnĂ©. Écoute, merci beaucoup pour toutes ces prĂ©cisions, dĂ©jĂ , sur toi et sur le sabre, euh… on est revenu aussi un petit peu sur ton palmarĂšs, euh… l’essence mĂȘme du podcast, c’est quand mĂȘme de… de revenir aussi sur le financement des carriĂšres des sportives et sportives de haut niveau, qu’ils soient valides ou handisports, euh… toi, Ă  l’heure actuelle, comment est-ce que tu finances ta carriĂšre ?

Ludovic : Alors, c’Ă©tait un… c’Ă©tait effectivement un grand sujet, euh… parce que, si tu veux, en fait, euh… euh… donc, pour remonter un petit peu, du coup, sur le fil de ma carriĂšre, donc, il y a eu les cycles de… de Londres, de… de Rio, et tout, euh… on va dire, j’ai marquĂ© un petit… enfin, un temps de pause, honnĂȘtement, je me suis cru retraitĂ© sorti des Jeux de Rio, parce que, donc, je t’ai expliquĂ© en off les parcours de sĂ©lection qui sont extrĂȘmement longs et Ă©prouvants, et j’avais vraiment besoin de prendre du recul sur mon sport, et, euh… et puis, bon, j’ai eu la naissance de ma fille, voilĂ , il y a eu tout un tas d’Ă©vĂ©nements qui se sont tĂ©lescopĂ©s Ă  la sortie des Jeux de Rio, et, euh… et j’avais vraiment besoin de prendre du recul. Et, euh… et, bah, un an aprĂšs Rio, en 2017, bah, Paris a Ă©tĂ© Ă©lu. Et, du coup, lĂ , je me suis dit, ah, ouais, mais, quand mĂȘme, les Jeux Ă  domicile, ça serait quand mĂȘme dommage de louper ça. Donc, euh… donc, bon, je me suis… je me suis remis d’attaque, alors, petit Ă  petit, euh… donc, la FĂ©dĂ©ration m’a convaincu d’essayer de me remettre dans le processus de sĂ©lection de Tokyo. Ça, c’Ă©tait fin 2018. Euh… donc, bon, j’ai essayĂ© de… de regrimper les… on va gagner des crans petit Ă  petit, mais, bon, il m’a fallu, comme, du… du temps pour retrouver, bah, mes repĂšres, mon efficacitĂ©, et, euh… et, du coup, bon, j’ai… j’ai loupĂ©, euh… j’ai loupĂ©, peut-ĂȘtre, de pas grand-chose, mais, enfin, en tous les cas, j’ai loupĂ© la sĂ©lection pour les Jeux de Tokyo. Bon. Euh… En soi, bon, je m’Ă©tais dit, bon, c’est pas… c’est pas un drame. Bon, de toute façon, moi, j’avais vraiment pariĂ© en livre de mire, et je m’Ă©tais dit, de toute façon, bon, le travail que j’ai mis en place, euh, sur mon Escrime, ça va me servir pour le cycle Paris. Ça va OK. Et, du coup, je suis sorti, euh… enfin, voilĂ , on va dire que les Jeux de Tokyo sont passĂ©s, je me suis posĂ© un petit peu, et je me suis dit, bon, vis-Ă -vis de… de Paris, est-ce que je veux vraiment faire les Jeux ? Oui, vraiment, j’en ai… j’en ai vraiment envie. OK. Euh… donc, par rapport au boulot, comment ça se passe ? Bon, il va falloir qu’on… il va falloir que je nĂ©gocie avec le boulot, ce qui peut se voir comme… comme dĂ©tachement, vis-Ă -vis de ce… vis-Ă -vis de… de ce… de ce cycle. Et, euh… et, ben, du coup, quel… qu’est-ce que j’ai en partenaires, en budget, etc., pour… pour financer… qu’est-ce que… qu’est-ce que j’ai de… de financement garanti pour prĂ©parer les compĂštes ? RĂ©sultat, zĂ©ro. Ah. Bon. Qu’est-ce qu’on fait ? VoilĂ . Pour autant, ben, malgrĂ©… on va dire malgrĂ©, ben, mon palmarĂšs, mon expĂ©rience et tout, voilĂ , j’ai pas… j’ai pas de partenaires spĂ©cifiquement identifiĂ©s, il y avait rien de… voilĂ , il y avait tout Ă  faire. Donc, euh… donc, moi, vraiment, toute la dĂ©marche que j’ai eue, ça a Ă©tĂ© de me dire, ben, il y a quelque chose, on va dire, ben, que… que, moi, j’ai pas spĂ©cialement dĂ©veloppĂ© et qu’il y a peut-ĂȘtre un petit peu zone d’ombre, enfin, je sais que nous, on va dire, dans… dans… dans notre Ă©quipe, c’est pas… ça… c’Ă©tait pas un… ça a jamais Ă©tĂ© un sujet extrĂȘmement prĂ©gnant, c’Ă©tait, bon, ben, essayer d’exister par les rĂ©seaux sociaux. Euh… ça fait… voilĂ , aujourd’hui, c’est un incontournable pour essayer d’exister dans le… dans le paysage. Euh… et du coup, donc, ben, je me suis rapprochĂ©, justement, ben, de… de quelqu’un que… que je connais bien, dont c’est le mĂ©tier, hein, bien sĂ»r, euh… justement, de… de gĂ©rer ces… ces aspects-lĂ , et, euh… et ben, du coup, donc, on s’est mis Ă  travailler ensemble, Ă  la fois, ben, pour, voilĂ , crĂ©er une vitrine rĂ©seaux sociaux, euh… peut-ĂȘtre vraiment Ă  la fermeture, pour monter en puissance petit Ă  petit, et, Ă  cĂŽtĂ© de ça, euh… vraiment… vraiment, enfin… me donner toutes les armes pour… pour maximiser mes chances. Donc, on a structurĂ© le discours, euh… vraiment… vraiment fait la liste, ben, des contreparties que je pourrais apporter Ă … Ă  des partenaires, euh… montĂ© un dossier de partenariat, euh… refondu le site internet de fond en comble, etc., et… et ensuite, ben, du coup, ça a Ă©tĂ©, ben, de la prospection, vraiment, tout azimut, pour rĂ©ussir Ă  dĂ©marcher des entreprises, des partenaires, euh… voilĂ , trouv… trouver des… des partenaires qui souhaitaient bien me rejoindre dans l’aventure. Donc, euh… Donc, ça m’a pris, voilĂ , ça m’a pris beaucoup de temps, euh… enfin, voilĂ , de temps et d’Ă©nergie, euh… lĂ  oĂč je suis surtout… lĂ  oĂč je suis trĂšs content, c’est que, ben, maintenant… maintenant, effectivement, le projet a Ă©tĂ©… l’enveloppe a Ă©tĂ©… a Ă©tĂ© sĂ©curisĂ©e,

Ludovic : mais, on va dire, ben, je recueille, euh… allez, on va dire, lĂ , surtout, ça, c’est… c’est un peu fini de se sĂ©curiser depuis, peut-ĂȘtre, quatre mois, Ă  peu prĂšs, euh… mais, du coup, lĂ , je… enfin, je recueille les fruits de deux ans de travail, vraiment, absolument quotidien, quotidien, tous les jours, tous les soirs, tous les week-ends, de travailler sur l’ordinateur, d’animer les… justement, de faire… faire mes articles, euh… pour les rĂ©seaux sociaux, de dĂ©marcher, d’envoyer des mails, d’Ă©couter les phones avec les entreprises, rencontrer… rencontrer les dirigeants, contractualiser, suivre les relations, proposer les contreparties, etc., etc., etc. Donc, euh… donc, ouais, je suis content parce que tout ce que j’ai travaillĂ© et, euh… et puis, ben, aussi, voilĂ , j’ai mis aussi un petit peu d’argent pour, justement, refaire le site internet, tous ces… ben, justement, la rĂ©munĂ©ration de la personne qui m’accompagne, etc., enfin, je l’ai vu comme un investissement, mais, euh… mais quand je me suis lancĂ©, je savais pas du tout si j’allais avoir le retour Ă  ce comtĂ©, quoi. Bon, ça a marchĂ©, j’en suis content, mais, euh… mais oui, c’est… c’est un travail considĂ©rable, et c’est autant de temps et d’Ă©nergie, ben, que je ne peux mettre ni, euh… ni dans mon entraĂźnement d’escrime, ni auprĂšs de ma famille, euh… mais… mais c’est incontournable.

Ermanno : C’est le… le parcours du combattant, du sportif de haut niveau, euh… et en… est-ce que t’as l’impression aussi, parce que on en parle aujourd’hui, justement, que c’est encore plus difficile pour les…

Ludovic : les athlĂštes handisport ? Alors, aujourd’hui, limite peut-ĂȘtre, on… j’allais dire peut-ĂȘtre, on n’a peut-ĂȘtre jamais eu une aussi bonne chance d’exister. Euh… on sent bien que, voilĂ , que, ben, les Jeux de Paris approchent, euh… donc on sent bien… il y a une belle Ă©nergie qui est en train de monter de toutes parts, vraiment, je… euh… on voit qu’on a beaucoup plus de sollicitations, euh… on sait aussi que les… enfin, voilĂ , que la mĂ©diatisation, aussi, sera trĂšs trĂšs forte sur les Jeux, il y aura… il va y avoir 300 heures de direct sur France TĂ©lĂ©visions pour aller aux Paralympiques, c’est le triple de ce qui Ă©tait Ă  Rio et Tokyo, euh… et, euh… et aujourd’hui, vraiment, on… enfin, je pense que le public est prĂȘt Ă … est conscient des performances des athlĂštes paralympiques, a envie de dĂ©couvrir les images, et, euh… et ça crĂ©e une dynamique, et aujourd’hui, euh… enfin, ben, on va dire, enfin, tant mieux, on… l’inclusion, la prise en compte du handicap, aujourd’hui, c’est un sujet, euh… prĂ©gnant, c’est un thĂšme de sociĂ©tĂ©, c’est… c’est une thĂ©matique rĂ©currente pour les politiques RH des entreprises, pour les politiques RSE, et, euh… Ă  la limite, je pense, on a… aujourd’hui, on Ă©tait bien, peut-ĂȘtre, en position un peu plus favorable, euh… nous, les athlĂštes handisport, peut-ĂȘtre, par rapport Ă  des athlĂštes valides, oĂč, justement, ben, on peut… on peut mettre en avant ce cĂŽtĂ© rĂ©silience, dĂ©passement du handicap, etc., euh… bon, qui peut… qui peut matcher pas mal auprĂšs… auprĂšs d’Ă©quipes professionnelles et… auprĂšs des entreprises qui s’y intĂ©ressent, quoi.

Ermanno : Alors, toi, t’as une particularitĂ©, tu l’as dit, c’est que tes conseillers… euh… clientĂšle dans une banque, et… et ça te permet d’avoir, quand mĂȘme, un minimum de salaire. Alors, je sais pas si, du coup, t’as rĂ©ussi Ă  nĂ©gocier avec ton employeur pour avoir un certain dĂ©tachement, une certaine forme de dĂ©tachement, et donc, ne pas travailler, euh… Ă  temps plein, 35 heures, tout en… en maintenant ton salaire. Donc, ce qui veut dire que, toi, t’as sĂ©curisĂ© ton budget pour aller, Ă©ventuellement, jusqu’Ă  Paris, on en parlait en off, les systĂšmes de… de qualification, de sĂ©lection sont un peu compliquĂ©s, euh… on va peut-ĂȘtre pas revenir lĂ -dessus aujourd’hui, mais on pourra faire un Ă©pisode aprĂšs, euh… Ă  la fin des JO pour en reparler. Mais, euh… donc, toi, t’as sĂ©curisĂ© ton budget, donc, toi, si tu vas jusqu’aux JO, tout va bien. Mais y’a d’autres athlĂštes, la fin du tunnel n’est pas encore visible, on voit pas encore la lumiĂšre, parce que ils sĂ©curisent leur budget jusqu’aux JO, et aprĂšs, Ă  partir du mois de septembre 2024, qu’est-ce qu’on fait ? On se reconvertit, ou on se convertit, parce que y’en a, ils ont… c’est mĂȘme pas une question de reconversion, c’est une question de se lancer dans la vie active, et puis d’arrĂȘter, euh… le sport, euh… c’est… c’est aussi un problĂšme ?

Ludovic : Bah, c’est pas… c’est sĂ»r, ben, les… les… l’air, euh… le cĂŽtĂ© reconversion, ça, c’est forcĂ©ment pas Ă©vident. Alors, pour te… pour rĂ©pondre dĂ©jĂ  un petit peu sur ta premiĂšre partie de question, euh… effectivement, oui, j’ai… j’ai la… j’ai vraiment, vraiment la chance d’avoir un super employeur, je sais pas si je peux le citer, hein, la… Ah, tu peux citer, et j’allais te dire aussi

Ermanno : que tu peux citer celui qui t’accompagne sur la partie,

Ludovic : euh… rĂ©seaux sociaux. C’est ça, voilĂ , donc, euh… donc, mais, voilĂ , vraiment, enfin, moi, la… moi, c’est la banque LCL, euh… ou que, vraiment, je remercie du fond du cƓur, hein, parce que mes… c’est… il me… il me donne vraiment de… de fantastiques facilitĂ©s pour me permettre de mener pleinement ce projet Paris, et… et, clairement, je… j’ai pas beaucoup de… de collĂšgues qui ont d’aussi bonnes dispositions professionnelles que moi pour… pour avancer, et, du coup, donc, lĂ , j’ai un… j’ai un dĂ©tachement, euh… lĂ , qui a quasiment, euh… lĂ , tu vois, pour… pour l’annĂ©e 2024, je vais avoir un dĂ©tachement de 90% sur l’annĂ©e, euh… professionnel, ce qui fait que, lĂ , l’idĂ©e, en gros, c’est que, euh… ben, lĂ , je ne vais… je vais rester pleinement concentrĂ© sur l’escrime jusqu’au jeu, et je reprendrai, du coup, mon activitĂ© professionnelle Ă  la fin de l’annĂ©e. Et, au moins, ça me permet de vraiment me projeter, comme ça, sur mon… sur le cĂŽtĂ© sportif, et, euh… et ça, sans perdre de salaire. Donc, au moins, vraiment, euh… je peux… quand… quand je pars sur les compĂ©titions, les entraĂźnements et tout, j’ai pas le problĂšme de me dire, euh… comment est-ce que… comment est-ce que je vais… je vais payer le loyer ce mois-ci, les courses, ou quoi que ce soit, euh… je suis payĂ© comme si j’Ă©tais Ă  temps plein au bureau, et ça, c’est un… c’est un avantage qui est prodigieux. VoilĂ . Euh… aprĂšs, donc, comme je te dis, voilĂ , quand je te parlais, donc, du financement, ce sont, dans tous les Ă -cĂŽtĂ©s, c’Ă©tait, ben, du coup, les dĂ©placements sur les compĂ©titions, euh… justement, donc, la…

Ludovic : la rĂ©munĂ©ration, donc, du… justement, du… de mon… de mon prĂ©parateur physique, du… des personnes qui m’accompagnent sur les rĂ©seaux, etc., le matĂ©riel, les soins, voilĂ , tout… tous les postes de dĂ©penses qui sont… qui sont Ă  cĂŽtĂ©. Euh… AprĂšs, ben, comme tu dis…

Ermanno : Et ça… ça… je peux… je peux te demander, euh…

Ludovic : quel budget ça reprĂ©sente ? Alors, moi, si tu veux, j’ai… ce qu’on a… ce qu’on a dĂ©fini, alors, je sais pas en termes de saison, mais pour moi, c’Ă©tait vraiment le projet Paris global, donc, qui Ă©tait un projet d’Ă  peu prĂšs 3 ans, euh… pour ĂȘtre en situation de confort, on avait budgĂ©tĂ©

Ermanno : c’est ce qui… Hors salaire. Donc, ça, c’est… ça, c’est en dehors de ton salaire, c’est tous les Ă -cĂŽtĂ©s qu’il y a, euh… dans les frais que tu… qui sont gĂ©nĂ©rĂ©s par ta pratique sportive

Ludovic : Ă  haut niveau. C’est ça, voilĂ , et tenir compte, et, Ă  mon sens, d’avoir aussi, ben, la juste rĂ©munĂ©ration des personnes autour de moi qui m’accompagnent sur le projet, euh… Euh… Et pour… pour moi, c’Ă©tait vraiment aussi… aussi… aussi important d’avoir ces aspects-lĂ , ce que je veux dire, enfin, mon… mon entraĂźneur, mon maĂźtre d’armes, voilĂ , c’est donc… Bon, la rĂ©munĂ©ration d’un maĂźtre d’armes, c’est pas extraordinaire, euh… Je sais qu’il fait, en plus, un petit… un petit job Ă  cĂŽtĂ© pour… pour complĂ©ter, enfin, voilĂ , il… il court dans tous les sens, c’est… VoilĂ , si je peux lui dĂ©gager quelque chose en plus pour l’aider, ça… Vu tout ce qu’il aura investi en temps et en Ă©nergie pour… pour me… pour me lancer vers les Jeux, ça… ça sera bien la moindre des choses, quoi. Donc, euh… Donc, euh, voilĂ , et aprĂšs, oui, donc, pour te… Donc, pour rĂ©pondre Ă  ce que… Ă  ce que tu disais, le… Euh, effectivement, le… le cĂŽtĂ©, ben, oui, euh… l’aprĂšs-jeu, c’est pas forcĂ©ment Ă©vident, euh… surtout quand on est pris, ben, qu’on a… on a tout… pendant des annĂ©es, on a une ligne d’horizon qu’on a devant soi, devant soi, et, euh… et quand cette ligne d’horizon, elle est passĂ©e, euh… bon, ben, c’est, voilĂ , savoir comment… comment on se retourne aprĂšs, euh… donc, ben, comme tu dis, moi, j’ai le… j’ai la chance, du coup, d’avoir… d’avoir, ben, dĂ©jĂ  un emploi qui m’attend, et, du coup, j’ai… j’ai toujours menĂ© de front, comme ça, une activitĂ© professionnelle avec ma… ma vie sportive, euh… mais c’est sĂ»r que, ben, pour des athlĂštes, euh… si… si… voilĂ , si… si des athlĂštes n’ont jamais eu d’activitĂ© professionnelle Ă  cĂŽtĂ©, ça peut faire un sacrĂ© saut dans le vide, et c’est pas Ă©vident Ă  nĂ©gocier.

Ermanno : Euh… et c’est l’essence mĂȘme de ce podcast, c’est d’ĂȘtre lĂ  pour les mettre en avant et pour les aider aussi, euh… dĂ©jĂ  par la communication, mais aussi, euh… en mettant en place des systĂšmes de collecte de fonds, ben, Ă  financer leur carriĂšre. Alors, pour toi, c’est pas la peine, puisque t’as rĂ©ussi Ă  boucler le budget, mais, euh… on en reparlera peut-ĂȘtre, euh… l’annĂ©e prochaine, euh… vers… la route vers Los Angeles 2000… euh… 2028, non ?

Ludovic : Non, ça va aller, c’est bon, c’est bon.

Ludovic : Surtout, en fait, c’est que, si tu veux, euh… donc, euh… ça me fait… si je suis sĂ©lectionnĂ© pour Paris, ça serait ma troisiĂšme participation. Participation, oui. Mais, en fait, des campagnes, si tu veux, moi, je suis sur la… je suis sur le… le haut niveau, je suis arrivĂ© en 2003, alors, bon, pour AthĂšnes, j’Ă©tais un petit peu juste, ok. AprĂšs, j’ai fait pleinement le parcours de qualification pour PĂ©kin. Euh… ouais, j’ai manquĂ©… j’ai manquĂ© coche de PĂ©kin Ă  vraiment pas grand-chose, et puis je voulais privilĂ©gier des Ă©tudes et tout, bon, PĂ©kin, ok, tant pis. AprĂšs, il y a eu Londres, il y a eu Rio, je me suis remis Ă  cheval pour Tokyo, bon, ça s’est manquĂ©. LĂ , il y a eu Paris. Donc, en fait, en soi, j’ai dĂ©jĂ … moi, j’ai fait cinq… Ça fait six campagnes. Ouais, j’ai… ouais, c’est… euh… quasiment six, ouais. Donc, au final, euh… au final, bon, c’est… ouais, c’est bon, j’aurais… j’aurais ma donne, et puis… et puis, Ă  mon sens, euh… enfin, dĂ©jĂ , plusieurs raisons, c’est que, Ă  la fois, vis-Ă -vis du boulot, de la famille, euh… bon, dĂ©jĂ , c’est… enfin, ça a Ă©tĂ©, effectivement, ça a Ă©tĂ©, ben, des… des nĂ©gociations, enfin, mais de vraiment se poser, se dire, OK, est-ce qu’on se lance sur le projet Paris ? Allez, on se donne les moyens, c’est reparti. Mais, euh… mais, c’est… c’est vraiment l’idĂ©e que… que, ben, Paris, c’est… c’est comme un Ă©vĂ©nement exceptionnel, euh… et c’est… c’est des gros sacrifices, vraiment, pour tout le monde, ben, pour ma compagne, pour ma fille, euh… non, ben, c’est… c’est… c’est… c’est quand mĂȘme quelque chose qui… qui est pas Ă©vident Ă  vivre, donc, aussi, de… de… de leur cĂŽtĂ©. Euh… Je sens aussi, moi, que… ben, que physiquement, il y a de plus en plus de petites blessures, de petits pĂ©pins, et, euh… et, voilĂ , ça devient… ça devient vraiment compliquĂ©. Alors, lĂ , pour les mois qui restent, je vais tenir, c’est pas un souci, mais, euh… mais de lĂ  Ă  repartir quatre ans supplĂ©mentaires, ça serait… physiquement… rien que physiquement, ça serait quand mĂȘme vraiment pas Ă©vident. Euh… Ouais, je le… je le sens bien que sur… que sur les compĂ©titions, faut… faut… faut que je fasse de plus en plus appel Ă  ma… Ă  ma roublardise, et je peux de moins en moins faire appel Ă  mon endurance. Et, euh… et puis, au-delĂ  de ça, euh… je pense que, si tu veux, pour se lancer sur un projet comme les… ben, comme les… les Jeux Olympiques ou Paralympiques, euh… faut… c’est… c’est pas juste se dire, ouais, je fais trois compĂ©titions, puis je verrai oĂč ça me mĂšne, et puis… puis, ben, on verra bien, quoi. Non, c’est… faut… faut vraiment, euh… faut vraiment le prendre en amont, euh… Ă  mon sens, c’est vraiment, ben, essayer de… d’identifier toutes les… tous les aspects qu’il va y avoir Ă  prendre en compte, euh… encore une fois, voilĂ , le boulot, la famille, les finances, euh… des Ă©vĂ©nements perso, des… des contraintes, enfin, vraiment, essayer de… des solutions, quelles solutions d’entraĂźnement on peut trouver, s’il y a… s’il y a des contraintes, voilĂ , toutes les choses Ă  mettre ensemble. Et… et c’est quelque chose qui… qui prend tellement corps et Ăąme, euh… que je pense, voilĂ , il faut… il faut qu’on ait un supplĂ©ment d’Ăąme, il faut vraiment que ça vienne du fond du cƓur pour se lancer dans une aventure comme ça. Et moi, si tu veux, pour moi, les Jeux de Londres, c’Ă©tait… c’Ă©tait le rĂȘve de gosse, euh… vraiment, vraiment de… de 11 Ă … de 11 Ă  26 ans, ma participation, je pense que quasiment tous les jours, euh… j’exagĂšre Ă  peine en te disant que tous les jours, je me suis rĂ©veillĂ© en me disant un jour, je serai dans le stade et je verrai la flamme s’allumer, c’Ă©tait vraiment le… c’Ă©tait vraiment le… le… le rĂȘve… le rĂȘve d’enfant que je voulais vivre. En plus, honnĂȘtement, quand j’Ă©tais petit, je m’Ă©tais dit, ah, je serai champion paralympique, etc., bon, en grandeur, en 10 ans, et avec la rĂ©alitĂ© du haut niveau, c’est quand mĂȘme pas si simple, euh… mais de… mais de revenir de Londres, en plus, mĂ©daille d’argent, enfin, pour moi, elle vaut de l’or, cette mĂ©daille, quoi, elle est… c’Ă©tait vraiment le rĂȘve Ă©veillĂ©, donc, euh… donc, pour moi, j’Ă©tais vraiment arrivĂ© au bout de mon parcours individuel, euh… aprĂšs, quand je me suis relancĂ© sur Rio, c’Ă©tait, euh… me dire, ok, ben, j’ai fait le tour de ce que je pouvais espĂ©rer dans mon sport, euh… maintenant, qu’est-ce que je pourrais… comment… quelle pierre supplĂ©mentaire je pourrais apporter Ă  l’Ă©difice ? Euh… et ce que, ben, j’ai souhaitĂ©, c’Ă©tait, ben, d’aider au mieux, ben… les copains, les copines de l’Ă©quipe, enfin, le groupe, l’Ă©quipe de France, Ă  essayer de porter le plus haut possible, et, euh… et, ben, donc, du coup, j’ai postulĂ©, j’ai postulĂ©, j’ai Ă©tĂ© Ă©lu par mes… par mes collĂšgues, capitaine de l’Ă©quipe de France pour le cycle de Rio. Donc, j’ai eu Ă  cƓur, pendant 4 ans, euh… ben, de… d’essayer de mettre les coĂ©quipiers dans les meilleures dispositions possibles pour qu’ils puissent performer, euh… je faisais l’interface avec les entraĂźneurs, avec la fĂ©dĂ©ration, euh… j’ai dĂ©veloppĂ© aussi, ben, une page Facebook pour, euh… Ă  l’Ă©poque, pour mettre en valeur l’Ă©quipe de France, voilĂ , je faisais tout ce… tout ce travail-lĂ . Et du coup, ben, comme je te disais, euh… aprĂšs Rio, je suis sorti, du coup, complĂštement rincĂ© du… de tout ce cycle, avec tous ces… Ă  la fois, ben, sur mon propre… ma propre vie sportive, et ce cĂŽtĂ© capitaine qui m’avait pompĂ© aussi pas mal d’Ă©nergie, et, euh… et maintenant, moi, ce qui me donne faim pour Paris, c’est parce que c’est Ă  domicile. C’est… c’est une chance unique, euh… ça se reproduira pas, j’ai… c’est… on va dire, c’est entre guillemets miraculeux que ça puisse m’arriver Ă  un si bon moment dans ma vie, euh… tu vois, je vais avoir 38 ans pour les Jeux, j’ai, euh… j’ai encore toutes mes capacitĂ©s physiques, mĂȘme s’il est temps que ça s’arrĂȘte, mais bon, ça va… pour l’instant, ça va… ça va encore sans problĂšme, euh… j’ai 20… j’ai 20 ans d’expĂ©rience, euh… enfin, voilĂ , toutes les paramĂštres sont… sont rĂ©unis, euh… pour… pour que je puisse tenter l’aventure, euh… j’ai pas 60 ans, j’en ai pas 10, c’est le bon moment, et des Jeux, ouais, des Jeux Ă  domicile, euh… bah, tu le sais mieux que moi, ça va ĂȘtre la premiĂšre fois qu’on va voir les Jeux… les Jeux d’Ă©tĂ©, euh… depuis 100 ans, euh… pour les Jeux olympiques, c’est la premiĂšre fois de l’histoire qu’on va voir les Jeux paralympiques, euh… ouais, devant… devant le public, en France, enfin, pour moi, c’Ă©tait… c’Ă©tait impossible que je… que je tente pas ma chance, et, enfin, vraiment, euh… quand je me suis lancĂ© sur le dĂ©but du cycle, euh… c’Ă©tait, euh… j’avais vraiment… vraiment cette sensation, au fond de moi, de me dire que, euh… si dans 10 ans, ma fille vient me voir, et me dit, euh… bah, et toi, papa, pour Paris, t’Ă©tais oĂč ? Si je lui dis que j’Ă©tais dans mon canapĂ© et que j’ai rien fait pour essayer d’y ĂȘtre, euh… j’aurais regrettĂ© jusqu’Ă  la fin de mes jours. Donc, euh… donc, ouais, pour moi, c’Ă©tait vraiment l’idĂ©e de ce cycle, c’Ă©tait, bah, je peux pas savoir Ă  l’avance si… si je ferais forcĂ©ment les Jeux, parce que de toute façon, ça dĂ©pend des sĂ©lections, mais j’ai pas le droit de pas tout mettre en place pour essayer. VoilĂ . Et… je suis peut-ĂȘtre un peu caricatural dans mon… dans mon discours, mais je pense peut-ĂȘtre mĂȘme pas, je pense, on va dire, il y a des gĂ©nĂ©rations entiĂšres d’athlĂštes français qui sont nĂ©s et morts en espĂ©rant voir les Jeux Ă  domicile, ils auront jamais pu le voir ou le vivre, euh… bah, moi, j’ai cette chance-lĂ , j’ai pas… j’ai pas le droit de pas… de pas apporter ma pierre Ă  des fils pour cet Ă©vĂ©nement, quoi.

Ermanno : C’est le pire qu’on te souhaite d’ĂȘtre sĂ©lectionnĂ©, de pouvoir y aller, et mĂȘme, je dirais mĂȘme que le pire du pire, ce serait que tu sois champion olympique en individuel, tu rĂ©aliserais ton rĂȘve de gosse.

Ludovic : OulĂ , oui, voilĂ  mon rĂȘve. Ça va pas ĂȘtre si simple que ça.

Ermanno : En parlant de rĂȘve de gosse, si tu pouvais, euh… si on pouvait vivre dans un monde un peu parallĂšle, si tu pouvais te projeter Ă  cĂŽtĂ© du petit Ludovic Lemoine de 8 ans, au moment oĂč tu vas commencer les scrims en e-sport, et que lui, en fait, il te connaisse, il sache exactement quelle vie tu as eu, donc quelle vie il va avoir. Qu’est-ce que tu penses que lui dirait de toi en te voyant ? Qu’est-ce qu’il te dirait ?

Ludovic : Non, t’es pas Ă  me poser une question comme ça. Je peux prendre 4 heures et une copie double pour…

Ermanno : Ça va, on rĂ©enregistre dans 4 heures si tu veux.

Ludovic : Non, mais euh… Qu’est-ce qu’il me dirait ? Enfin…

Ludovic : Je pense qu’il me dirait… Ben voilĂ , c’est… VoilĂ , t’es devenu ce que j’espĂ©rais devenir, et enfin voilĂ , il dit je suis… Je pense qu’il me dirait juste ben je suis fier de ce que t’es devenu, quoi. Je suis fier de tout ce que t’as fait. C’est surtout… C’est surtout ça, quoi. Et enfin, surtout de tout ce que t’as fait, et euh… Et euh… Et Ă  la fois pas sur le cĂŽtĂ© rĂ©sultat sportif aussi, essayer d’ĂȘtre fier aussi, ben, de ma maniĂšre d’ĂȘtre… Euh… D’ĂȘtre, ben, de prĂ©senter, de reprĂ©senter mon sport, d’essayer d’ĂȘtre, ben, du… On va dire le plus vivable possible avec mon entourage, voilĂ , d’essayer de… De ne pas… De ne pas non plus perdre pied aussi sur certains aspects, quoi.

Ermanno : Et qu’est-ce que tu penses que tu lui rĂ©pondrais, du coup ? Ou quels conseils tu pourrais lui donner ?

Ludovic : Ben, comme je sais qu’il va faire tout ce que j’ai fait, je sais, je suis pas inquiet. Mais je lui dirais, il dirait, t’en fais pas, va y avoir beaucoup de moments difficiles, ça va… Va y avoir des moments, ça va ĂȘtre fatigant, ça va ĂȘtre douloureux, il y aura Ă©normĂ©ment de moments de doute, mais ça va passer.

Ermanno : Super, ben Ă©coute Ludovic, merci beaucoup pour cette presque heure qu’on a passĂ©e ensemble. Pour finir, tu parlais des rĂ©seaux sociaux tout Ă  l’heure. D’ailleurs, tu nous as pas donnĂ© le nom de la personne qui t’accompagne, enfin, libre Ă  toi de le dire si tu veux.

Ludovic : Oui, mais c’est… Oui, Ă©videmment, il s’appelle Romain Le Callonnec, qui travaille sur Bordeaux, et… VoilĂ , si vous souhaitez faire appel Ă  ses services…

Ermanno : Et du coup, toi, si on veut regarder ce que ça donne, tes rĂ©seaux sociaux, si on veut te contacter, si on veut t’encourager, si on veut te soutenir pour Paris 2024, mĂȘme si on sait que les sĂ©lections tomberont fin juin, mais en tout cas, on croit dans ton projet, donc si on veut te le… te faire signe, ça se passe oĂč ?

Ludovic : Eh bien, suivez, donc, sur mon Insta, Ludo underscore Lemoine, c’est vraiment que lĂ , vous trouverez le plus d’actualitĂ©s, il y a la page athlĂšte aussi sur Facebook, et… et sur mon site internet, n’hĂ©sitez pas Ă  aller voir pour… pour retrouver un peu plus d’Ă©lĂ©ments sur mon parcours, sur mon palmarĂšs, voilĂ , tous les… voir, dĂ©couvrir tous les partenaires qui m’accompagnent sur mon site internet, donc ludovic-lemoine.fr, et vous aurez aussi tous les Ă©lĂ©ments pour me contacter, m’envoyer un mail, n’hĂ©sitez pas Ă  m’envoyer un message, ça me fera toujours chaud au cƓur, et je finirai aussi juste en revenant sur l’Insta, tu vois, ce qu’on avait essayĂ© de voir, justement, avec Romain, c’Ă©tait… c’Ă©tait, au-delĂ  de prĂ©senter mes actualitĂ©s sportives, et ce qui est normal, on va dire, comme tous athlĂštes, essayer un petit peu de pousser le curseur un peu plus loin, on va dire, d’avoir une approche un petit peu diffĂ©renciante, de prĂ©senter des vidĂ©os oĂč je montre, justement, des gestes d’escrime, aux fleurs et aux sabres, ce que souvent, c’est que tout le monde me dit « Oh, l’escrime, c’est trop beau, mais ça va trop vite, je vois rien ! » Donc lĂ , justement, l’idĂ©e, c’est de dĂ©composer des gestes au ralenti pour expliquer un peu comment ça se passe, sur des petites vidĂ©os vraiment short,

Ludovic : et puis aussi, des publis avec thématiques de handicap, de matériel escrime, voilà, des petites choses aussi pour amener un peu de contenu supplémentaire, je vous invite à découvrir tout ça.

Ermanno : On va aller dĂ©couvrir tout ça, je remettrai de toute façon toutes les infos dans les notes de l’Ă©pisode. Ludo, merci beaucoup pour ce moment qu’on a passĂ© ensemble, et puis, Ă©coute, bon courage pour Paris, et on espĂšre te voir lĂ -bas, sur les… Comment on dit d’ailleurs ? Sur les terrains d’escrime ? Les pistes d’escrime. Sur les pistes d’escrime, Ă©coute. Bon courage, et puis Ă  trĂšs bientĂŽt !

Ludovic : Merci, Ă  bientĂŽt, avec plaisir.

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