#062 Yannick MATEJICEK – La passion et la persévérance du Triathlon – s03e24

Saison I
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#062 Yannick MATEJICEK - La passion et la persévérance du Triathlon - s03e24
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🏊‍♂️ Yannick Matejicek brille dans le triathlon, démontrant un engagement total à cette discipline. À 31 ans, son passage du cyclisme au triathlon marque sa soif de nouveaux défis, prouvant son désir d’explorer ses limites. 🚴‍♂️

👮‍♂️ Entre sa carrière de policier et sa passion pour le triathlon, Yannick jongle avec 25 heures d’entraînement par semaine, illustrant son incroyable dévouement. 🏃‍♂️

💪 Malgré les obstacles financiers, le soutien de son entourage et de ses partenaires lui donne la force de se dépasser, soulignant l’importance de la communauté dans sa réussite. 🤝

🌟 Avec une vision optimiste de l’avenir, Yannick reste déterminé à repousser ses limites et à inspirer le monde du sport et au-delà. Sa carrière est un vibrant témoignage de passion, résilience et persévérance. 🏅

🎙️ Yannick partage son quotidien d’athlète et l’importance du soutien pour exceller, offrant une source d’inspiration à travers son histoire de détermination et de sacrifice. 🎧

#Triathlon 🚴‍♂️ #Ironman 🏊‍♂️ #SportDeHautNiveau 🏃‍♂️ #Entraînement 💪 #Passion ❤️ #Challenge 🎯 #CarrièreSportive 🏅 #Soutien 🤝 #Motivation 💥 #Financement 💰

💪 Venez soutenir les invitées et invités du podcast, autant d’athlètes talentueux, en vous joignant à leur quête pour trouver des partenaires et réaliser leurs rêves. (lien de collecte de fonds sur https://vestiaires.org/pour-les-aider-a-atteindre-leurs-reves). Notre podcast “(dans les) Vestiaires” est une fenêtre sur les histoires extraordinaires d’athlètes déterminés, prêts à tout pour hisser leur pays sur la scène sportive internationale. 🤝🌟

Dans cet épisode, vous pourrez découvrir (chapitres de l’épisode) :

1. Introduction et accueil de Yannick Matejicek

2. Présentation personnelle et sportive de Yannick

3. Explication sur le triathlon et ses distances

4. Le quotidien d’entraînement d’un triathlète

5. Yannick parle de son passage du cyclisme au triathlon

6. Son palmarès et son passage au statut professionnel

7. Les défis du financement d’une carrière en triathlon

8. L’importance de l’écosystème de soutien autour de Yannick

9. La motivation derrière la poursuite de cette passion

10. Les perspectives d’avenir de Yannick dans le triathlon

Pour suivre et soutenir notre invité : https://www.linkedin.com/in/yannick-matejicek-525162221 / https://www.instagram.com/yannickmatej

Grâce à Autoscript, on vous propose même de revivre l’échange que j’ai pu avoir avec Yannick.

Ermanno : Salut les sportifs, c’est Ermanno et je suis très heureux de vous recevoir pour un nouvel épisode du podcast Dans les Vestiaires. Aujourd’hui, mon invité est quelqu’un que j’ai déjà reçu sur un autre podcast qui s’appelle Devenir Triathlète et vous allez comprendre pourquoi, parce qu’il pratique le triple effort, ce sport qui finalement en contient trois. Je passe sur son palmarès, je laisserai l’expliquer, aussi parce que ça fait partie justement de l’épisode d’aujourd’hui. Vous l’aurez compris, je le connais déjà, mais on va rentrer dans les détails de mon invité. Je vais faire comme si je ne le connaissais pas pour me mettre à votre place. Je suis très heureux de recevoir Yannick MATEJICEK. Salut Yannick !

Yannick : Salut Ermanno, ravi encore de pouvoir échanger avec toi à nouveau. Et comme tu le disais en off, ça fait trois ans maintenant déjà qu’on se connaît.

Ermanno : Yes, exactement, ça fait trois ans qu’on se connaît. Tu avais répondu deux fois sur le podcast Devenir Triathlète à mon invitation. La première fois, c’était pour te connaître toi, pour savoir qui tu étais, comment tu vivais, comment tu vivais ton rêve de triathlète. Et puis la deuxième fois, c’était pour faire un débrief de l’Ironman de Vitoria Gasteiz, où j’avais eu la chance de venir te soutenir, tout en soutenant Olivier et d’autres copains qui étaient là-bas. C’était sympa de pouvoir courir cinq mètres à côté de toi, parce que de toute façon, tu courais tellement vite que je n’arrivais pas à suivre.

Yannick : Pas non plus, mais c’était top de vous avoir entreaperçu dans ma douleur extrême. C’était cool, c’est vraiment cool.

Ermanno : Je te l’ai dit, je vais me mettre à la place de notre audience, et je vais faire comme si je ne te connaissais pas. Je vais même faire comme si je ne connaissais pas ton sport, même si on a déjà eu des triathlètes aussi sur ce podcast. Mais d’abord, dis-nous tout, Yannick. Qui est Yannick MATEJICEK ?

Yannick : Alors, Yannick MATEJICEK, j’ai 31 ans, donc je suis actuellement en police de soirée. Je travaille de 16h à 1h30 du matin à 100%. Et à côté de ça, je suis triathlète longue distance depuis 2019. C’est ça ? Je suis triathlète long en 2017, mais j’ai commencé de longue distance en 2019. Et j’ai commencé étape par étape à faire au début des S, des M, puis des Alpha Ironman en 2019, puis après mon premier Ironman où on s’est vu du coup à Vitoria en 2021 en post-Covid. J’ai toujours été sportif, je suis passé par les sports collectifs. Du coup, j’ai fait 6 ans de foot, j’ai fait un an de rugby, j’ai fait du tennis, j’ai fait… Du badminton, j’ai fait plein, plein, plein de sports. J’ai aussi fait évidemment 9 ans de cyclisme en division nationale où j’ai commencé en MiniB2 avec quelques petits résultats, on va dire, sympas. Mais je ne me prenais vraiment pas la tête, je ne me suis vraiment jamais pris la tête. Et après, en fait, au fur et à mesure des années, comme ce que tu as vu depuis qu’on s’est rencontrés en 2021 et avant, j’aspire un peu à ce que je puisse faire. J’aspire un peu à pousser, si tu veux, le côté professionnel et la professionnalisation au plus haut point où j’ai l’ambition de pouvoir essayer et me donner le moyen de réussir dans ce sport au maximum. Et puis, je mets les choses en place. J’essaie de les partager aussi, comme tu le vois sur les réseaux, notamment LinkedIn et même sur les autres réseaux, pour que les gens puissent aussi déjà se retrouver, se dire que c’est possible. Ce n’est pas parce qu’on travaille qu’on ne peut pas y arriver. Et aussi de pouvoir donner de la force à toutes ces personnes-là qui auraient des doutes. Et après, si un jour ça y arrive, j’en serai très, très fier. Je suis déjà fier de ce que j’ai parcouru, mais j’en serai fier. Et je serai toujours disponible pour pouvoir partager ces expériences que je vis, parce que chaque année, c’est des nouvelles expériences. Désolé, c’était un peu long.

Ermanno : Non, c’était une super présentation. J’ai presque envie de te dire, on peut en rester là, mais non, il y a quand même le sujet principal du podcast qu’on n’a pas encore abordé. J’aimerais aussi que tu nous expliques ce que c’est que le triathlon. Évidemment, je ne peux pas dire que je ne sais pas ce que c’est. J’ai pratiqué, je produis un podcast sur le triathlon depuis 4 ans. Mais pour celles et ceux qui nous écoutent, qui ne connaîtraient pas, est-ce que tu peux revenir avec nous sur ce que c’est le triathlon et puis les différentes distances que toi, tu as pratiquées, parce que tu nous as dit que tu as commencé du plus court jusqu’à l’Ironman. C’est quoi en fait l’Ironman ? C’est quoi le plus court ? C’est quoi ce qu’il y a entre les deux ? Raconte-nous tout.

Yannick : Alors, le triathlon, c’est un enchaînement de trois disciplines, qui est la natation, le vélo, la course à pied, où en fait, à partir du moment où on te donne le départ, le but, c’est de finir ces trois disciplines et les trois distances le plus rapidement possible. Et du coup, les distances les plus courtes, ça va être du XS, SM, tout ce qui est olympique, ce que vous allez voir à la télé, par exemple, qui n’est pas la distance la plus courte, mais une distance courte, ou pour les JO qui vont arriver, je vais dire les distances qu’il y aura, ce sera la distance olympique. C’est 1000m. 1500m de natation, 40km à vélo et 10km à pied. Et ensuite, après, on va, à partir de ces distances-là, on va rentrer dans la catégorie, ce qu’ils appellent la catégorie longue distance, où là, on va aller sur des distances plus élevées, notamment la distance reine, où la distance reine, c’est 3800m de natation, 180km à vélo et le marathon à pied, le marathon qu’on connaît tous. Et le Alpha Ironman, c’est cette distance divisée en deux. Et donc, il faut le faire. Il faut le faire le plus rapidement possible et le terminer le plus rapidement possible et essayer de bien le finir. Et dans tous les cas, tu finis en PLS. En tout cas, moi, j’ai connu que ça.

Ermanno : Alors, pour ceux qui n’auraient pas la notion de la distance, tu nous parlais de l’Ironman, qui est la distance reine. Ce n’est pas la plus longue, parce que maintenant, il y a du double Ironman, du déca-Ironman. Il y a des gens qui enchaînent. Je crois que j’avais reçu sur le podcast de Vientraithlette, Pascal Piche, qui a fait, je crois, 140 Ironmans. Bref, c’est la distance reine, mais pas la plus longue. Donc, qui fait 3,8 kilomètres de natation. 3,8 kilomètres de natation, 180 vélos. Donc, c’est presque une petite étape du Tour de France et un marathon à la fin. Tu dis marathon qu’on connaît tous. Il y a quand même encore des gens qui me demandent un marathon de combien de kilomètres. Donc, un marathon, c’est 42 kilomètres et 195 mètres, s’il vous plaît. Et tout ça, en plus, les meilleurs comme toi, ils l’enchaînent en 8, un peu moins de 8 heures maintenant. Donc, ça vous donne un peu une idée. Il y en a, déjà sur marathon, ils mettent 5 heures. Donc, il ne resterait finalement que 3 heures pour les 180 de vélo et les 3,8 de natation. Donc, évidemment, ce n’est pas le même ordre d’idée pour vous, sportifs de niveau, mais c’était pour replacer un peu le cadre pour que les gens se rendent compte de l’effort que ça demande. Et tout ça, ça demande aussi beaucoup d’entraînement au quotidien. Et ça, ça fait partie, toi, de ton quotidien. En plus, tu nous as dit, tu as un travail à côté, à temps plein. Déjà, sur l’entraînement en lui-même, c’est quoi l’entraînement d’un triathlète qui s’aligne sur des Ironman ?

Yannick : Alors, il y a forcément une base clé, c’est le volume. Parce que dans l’Ironman, comme tu disais, tu as des grosses distances. Après, oui, tu as les ultra, ultra distances où c’est différent. Mais c’est vrai que moi, je reste sur la distance Ironman, c’est beaucoup de distance. Donc, en fait, déjà, il faut être capable de pouvoir faire ces distances-là rapidement, le plus rapidement possible. Qu’est-ce que tu peux faire au niveau physiquement, mentalement, et puis forcément avec les à-côtés que tu as. Et donc, je fais forcément pas mal de sacrifices dans mon quotidien pour pouvoir faire du volume où je tourne aux alentours en moyenne de 25 heures d’entraînement par semaine où il y a des journées, je vais tripler, même parfois quadrupler parce que je rajoute aussi de la préparation physique générale qui est tout aussi importante d’apporter ce quotidien. Donc, c’est vraiment le côté là. Mais minimum, en tout cas, je fais deux sports par jour. C’est le minimum.

Ermanno : Alors, 25 heures. En France, on est à 35 heures par semaine au niveau d’un vrai travail temps plein. Toi, tu fais un vrai travail de nuit en plus et 25 heures d’entraînement par semaine. Et ça, c’est que les heures effectives parce qu’il faut compter le temps de partir de la maison pour aller jusqu’à la piscine, le temps d’aller de la piscine jusqu’au prochain spot d’entraînement ou rentrer à la maison. Le temps d’aller sur la piste quand c’est une séance de piste. Le vélo, il faut le sortir, il faut le ranger, il faut le nettoyer, etc. Donc, les 25 heures que tu nous annonces, c’est du 25 heures effectif. Ça n’englobe pas toutes ces demi-heures, une heure en plus chaque jour à chaque entraînement.

Yannick : Ah non, non, ça c’est clair. Si après, tu veux prendre l’effectif et forcément du sportif de manière même aussi générale, tu peux compter le sommeil, la sieste que je ne connais pas. Moi, je ne sais pas ce que c’est la sieste. Je n’ai pas le temps. Mais voilà, c’est tout ce genre de choses. En fait, quand on est sportif de haut niveau, et ça, c’est pour tous les sports, que tous ceux que tu as interviewés, forcément, on est sur 24-24 au final. Mais après, oui, moi, je dois caler ça forcément en fonction de tous ces à-côtés, ce côté organisationnel qui est le travail. Et puis forcément, comme tu dis, aller nager, revenir de nager, prendre le vélo, s’habiller. Parce que là, quand tu sors en cours, tu mets deux minutes pour y aller. Mais là, tu dois mettre ton long, ton tour de cou, tes gants, tout ça. Puis tu reviens et ainsi de suite. Et non, c’est clair. Tout est très, très, très, très minuté.

Ermanno : Tu nous dis que le sommeil, OK, mais la sieste, tu ne connais pas. Là, je ne suis pas content, Yannick. Tu sais que pour la préparation de mon défi, j’ai échangé avec Lucille Maffre, qui était une invitée que j’avais eue aussi sur le podcast Devenir Traitlette, qui est spécialiste en sommeil. Et elle m’a appris à faire des siestes. Mais faire une sieste, ça ne veut pas dire prendre une demi-heure ou une heure. Et tu pourrais, en témoignerais d’ailleurs Bertrand Soulier qui m’avait rejoint sur mon défi. Pendant ma traversée de la France, une sieste pour moi, c’était cinq minutes. Cinq minutes, montre en main, top chrono, après le repas. Et je t’assure que ça requinque un homme, ça. Donc, il faudra qu’on parle en off de cette histoire de sieste. Je suis sûr que tu as beaucoup à gagner. Cinq minutes, tu les trouves quand même.

Yannick : Ah oui, les cinq minutes, je les trouverais. Mais pour moi, c’est vrai qu’une sieste, de ce que tu vois en tout cas, ce qui est partagé, on dit toujours, c’est minimum 20 minutes, pas plus que, je n’ai pas envie de dire de bêtises, mais 30, 40 minutes avant de rentrer dans un sommeil profond. Et là, du coup, tu seras un petit peu azimuté, tu vois. Mais bien sûr, moi, avec plaisir. Pour apprendre. Donc, toujours des nouvelles choses et des moyens d’optimiser. On parlera de ça avec plaisir.

Ermanno : Oui, non, non, ça, il n’y a pas de souci. C’est assez simple, les techniques qu’elle m’avait transmises, mais on en reparlera en off. OK, donc, pour toi, il y a l’entraînement et il y a le boulot. Et on va revenir sur le pourquoi il y a le boulot. Avant, j’aimerais qu’on revienne un petit peu sur toi. Tu nous as dit que tu as toujours fait du sport, parfois du sport collectif, parfois du sport individuel, du foot, du rugby, du badminton, tu m’as dit. Qu’est-ce qui a… Et du sport, tu m’as dit, et du cyclisme. Qu’est-ce qui a fait que, justement, tu aies switché vers le triathlon ?

Yannick : Alors, en fait, c’était un pote à moi. C’est un pote à moi qui était aussi cycliste. On se connaissait bien et qui est passé sur le triathlon après. Et en fait, moi, si tu veux, pendant la période professionnelle, j’ai arrêté ma carrière, entre guillemets, ma carrière en division nationale de cycliste. Quand j’ai… Je suis rentré en école sous off, gendarmerie. Parce qu’avant, j’étais en école sous off. Avant d’être policier, j’étais gendarme. Et après, j’ai fait la passerelle. Et en fait, quand je suis rentré, si tu veux, pour tout te dire, j’avais la possibilité de rentrer en équipe de France militaire. La personne qui gérait ça le proposait. Mais vu que je suis passé par la case concours et la case normale, entre guillemets, le chemin normal, moi, quand je leur ai demandé, quand j’ai demandé à mon commandant d’unité de l’époque de pouvoir m’intégrer et parfois me détacher, en fait, là-bas, lui a refusé. Et il m’a dit, non, nous, on a besoin des hommes sur le terrain. Le sport, voilà, c’est, entre guillemets, j’ai envie de dire, on s’en fout, quoi. Et du coup, voilà, je n’ai pas fait plus. Je me suis dit, OK, je mets ça de côté. Et là, en fait, j’ai arrêté le cyclisme. Je le gardais en off, mais j’ai arrêté vraiment le côté haut niveau dans le cyclisme que j’avais à l’époque, où je ne m’entraînais que pour ça. Le but, c’était les compétitions, tous les week-ends, etc., les courses à étapes. Et là, je me suis arrêté. Et là, je suis rentré dans le mood côté un peu militaire, tu vois. Et je voulais préparer l’effort spécial. Je voulais préparer l’effort spécial, le GIGN. Donc, dans mon coin, là, j’étais jeune gendarme, élève gendarme. Tac, je commençais, je préparais traction, tout ce qui était les workouts, les wods, là, en poids de corps, avec du lesté, etc. Là, je commençais un petit peu à courir. Voilà, parce qu’il fallait être capable de tout. Et après, je voulais, du coup, m’y présenter. Mais, en fait, je n’en avais pas suffisamment parlé autour de moi et je ne m’étais pas assez renseigné. Petite erreur de débutant. J’ai fait un post LinkedIn, d’ailleurs, récemment, il n’y a pas longtemps, je pense que tu l’as peut-être vu. Et, en fait, c’est parce que je ne rentrais pas dans les clous au niveau médical, en fait. J’étais vu que je suis méop. Je suis considéré comme Y4. S’il faut en dire plus, je le dirai plus. Mais les réseaux diront les choses. Et, en fait, du coup, mon dossier, mon dossier de base, de départ, n’était pas recevable. Alors que je m’entraînais, si tu veux, avec deux potes de l’époque, deux amis qui sont à l’heure actuelle au GI. Eux, ils n’ont pas eu de soucis, etc. Ils ont se préparé ensemble et eux, ils sont à l’heure actuelle au GIGN. Alors, je ne dis pas que j’aurais réussi, attention. Mais physiquement, j’étais prêt. Ça, c’était une certitude. Après, mentalement et tenir le coup, c’est autre chose. Et après, du coup, j’ai eu ce gros coup sur la tête. Vraiment, un gros, gros coup sur la tête. Ça ne m’a mis vraiment pas très bien pendant un moment. Parce qu’après, on t’explique que pour pouvoir le passer, il faut être Y2. Donc, pour être Y2, c’est quoi ? Il faut attendre un an de stabilisation de ta vue. Il faut te faire opérer. Puis après, un an, encore d’autres stabilisations. Puis après, il faut passer en commission. Autant dire que c’est la croix à la bannière, c’est la merde. Oui, tu intègres le GIGN à 45 ans

Ermanno : et c’est mort.

Yannick : Voilà, je crois que j’aurais été bloqué. Mais bref. Et du coup, après, c’est ouvert d’autres opportunités perso. Je partais beaucoup en déplacement, justement, en mobile. C’est pour ça que je ne pouvais pas faire des heures et des heures de sport aussi. Je partais jusqu’à 8 mois sur 12. Donc, tu n’étais pas chez toi. Tu fais beaucoup de poids de corps, justement, et de la course à pied au final parce que c’est le plus simple. C’est le plus simple quand tu es en déplacement. Tu n’as pas toujours une salle de sport ou autre. Moi, je me promenais des wods simples. Pompe, fente, squat, tout ce genre de choses. Tu faisais ça pendant une heure. Tu faisais ça en circuit. Tu te mettais la misère et puis après, ça allait bien. Tu prenais ta douche, tu commençais ton service ou sinon, après, tu allais au lit. Ça m’est arrivé déjà de faire du sport à 23 heures. C’était la nuit. Le lendemain, je devais me lever à 5 heures du mat. Mais je faisais ça 45 minutes. Je me mettais la mine et après, j’allais me doucher et hop, au lit direct. Et bref, du coup, je suis un peu long, excuse-moi. Mais après, si tu veux, ça m’a un petit peu manqué. Donc, j’ai fait cette passerelle entre-temps aussi. Là, du coup, j’ai pu plus me poser. J’avais des horaires plus calmes, si tu veux, où en fait, c’était toujours les mêmes. J’avais un roulement de deux semaines, mais c’était toujours pareil. Voilà, 16 heures, 1h30, 1h30, tel jour, tel jour, tel jour. Au moins, c’est réglé. Tu sais quand tu peux t’entraîner et combien de temps ou pas. Et du coup, là, je me disais le vélo, ça manque quand même parce que ça reste quand même mon sport de base que j’adore. Passionné de ça. Mais j’avais quand même un petit peu un peu de voir du changement, si tu veux. Et mon ami, dont je te parlais au tout début, qui était cycliste aussi avant, a fait du triathlon.

Ermanno : Tu peux balancer les noms.

Yannick : Non, mais là, maintenant, il s’est mis au trial. Pierre-André Anizan, très, très bon. Il a un gros, gros talent. Lui, qui est médecin, d’ailleurs. Et si tu veux, il faisait du triathlon. Et je me suis dit, tiens, je vais tester. Et donc, lui, il était coach. Il était coaché par un coach perso. Et moi, du coup, je me rajoutais de temps en temps parce qu’on n’était pas loin quand on était sur Lyon tous les deux. Et en fait, voilà, il me disait, là, je fais ça. Bon, vas-y, je viens avec toi. Bon, il me mettait la mine. Il me mettait la mine, mais je faisais un peu ce que je pouvais et je trouvais ça cool. Et du coup, j’ai fait mon premier tri et après, voilà, je suis tombé dedans et je t’avoue que je n’ai plus envie de m’en retirer. Et après, ça s’en est suivi les étapes que tu connais jusqu’à arriver à me dire bon, le cours de distance, ce n’est pas trop pour un mec comme moi parce que je suis arrivé à, je crois, à 20, je n’ai pas envie de te dire de bêtises, mais je crois que c’était 26 ou 27 ans. Donc, la vitesse, ce n’était pas trop mon truc. La natation, encore pire parce que, voilà, je n’ai jamais vraiment trop nagé. Donc, après, j’avais plus un physique qui retient bien la douleur et résistant à la fatigue. Donc, en fait, la distance qui me convient bien, au final, c’est l’Ironman. Donc, après, pour pouvoir et performer, du coup, aussi prendre du plaisir et tout un ensemble, je suis parti sur le long de distance.

Ermanno : Tu aurais pu aussi faire des choses, mais sans la partie natation. D’ailleurs, si je ne m’abuse, ta première victoire en groupe d’âge, c’était à Vitraga Stays quand ils ont transformé l’Ironman en duathlon parce qu’il y avait trop de problèmes avec l’eau.

Yannick : Par mon pur bonheur, c’est ça. J’avoue que j’étais content. Ce n’est pas ce que j’ai demandé, mais c’est vrai que ça m’a profité où on est parti directement à vélo et vélo-course à pied. Comme ça s’est passé là, tu vois, à Cousumel, ça peut arriver. C’est des choses que tu ne contrôles pas. Cousumel, là, c’est la semaine dernière où régulièrement, tu sais, à Avichy, etc., beaucoup, ça a été vélo-cap. Mais c’est ça. C’est ça. Mais bon, le duathlon, je pense que je me ferais quand même… Je prendrais quand même des sacrés fessés parce que ça court quand même très, très

Ermanno : vite. En tout cas, ça court quand même aussi vite sur Ironman à ton niveau. Tu ne nous as pas parlé de ton palmarès, justement. J’ai dit que tu avais gagné à Vittoria Gasteiz en 2020, si je ne m’abuse, en sortie de COVID. Et puis après, qu’est-ce que tu fais dans le triathlon et en particulier dans l’Ironman ?

Yannick : Du coup, après, là, on s’est retrouvés 2022. Tu vois, c’était une année, l’année, on va dire, dernière année où je savais que c’était la dernière année amateur parce que suite à cette victoire, je me suis qualifié au championnat du monde à Hawaï. Et je me dis, j’axe toute ma saison sur ces championnats du monde pour pouvoir le mieux performer possible. Et après, je veux tester le côté catégorie pro, donc cette année-là qu’on connaît, qui est 2023. Mais donc, en 2022, je me dis, bon, c’est bien passé. En plus, je vais retourner à Vittoria, tu vois. Donc là, cette fois-ci, il y aura les pros. Voilà, j’ai axé ma saison dessus. J’ai fait DL, je crois que j’ai fait Aix-en-Provence, je crois que j’ai refait Vichy en 70.3, donc en Alpha Ironman. J’ai fait du coup Vittoria et après, j’ai terminé par l’Ironman d’Hawaii. Et en fait, toutes les courses, hormis Hawaï, j’ai remporté en amateur complet, tout âgé. Je me classais en fait avec les professionnels. Et par exemple, à Vittoria, je fais huitième avec les pros. Et je crois que je fais, si je ne dis pas de bêtises, je fais 8h12, un truc comme ça, avec les professionnels. Donc là, il y avait la partie natation, vélo, course à pied, voilà. Et du coup, à Hawaï, quand j’y suis allé, je m’étais bien préparé et je fais cinquième, je n’ai pas envie de dire de bêtises, mais il me semble bien sinon à revérifier, mais cinquième amateur de mon groupe d’âge et sixième total. Celui qui gagne, d’ailleurs, c’est un Américain qui est en train de tout

Yannick : défoncer chez les pros à l’heure actuelle. Lui, il est passé pro. Contrairement à moi, lui, là, il fait des podiums chez les pros. Il est en 8h38, je crois, à Hawaï, de mémoire. Et moi, je fais 8h45. 8h45. Et il a passé un maxi, un très, très beau palier. Et du coup, je fais, avec les pros, je crois que je fais 44 ou 45ème de la course. Ça ne s’est pas très bien fini. Malheureusement, j’ai un peu subi la partie marathon, tu vois, pour le coup. Je fais 3h04 là-bas, mais j’ai chopé un point de côté sur les dix derniers kilomètres. C’était horrible, c’était horrible, l’enfer. L’enfer. Mais voilà, je suis quand même très content de ce que j’ai pu faire et j’ai donné le maximum et j’ai fait la course que je devais faire. Et vraiment content de pouvoir me dire que, voilà, j’ai fini en tout cas sixième amateur du monde en 2022 et puis me classer quand même un peu avec les professionnels.

Ermanno : Sacrée performance. Je me souviens de Vitoria où j’avais, je le disais, couru un petit peu avec toi parce que la partie, la particularité de la course à pied, c’est que c’est des boucles, en fait. Je ne sais plus s’il y en avait trois ou quatre. Et à chaque fois que tu passais, j’essayais de… de t’encourager et courir un peu à côté de toi. Et à un moment, je me souviens, tu passes. Ah, j’ai mal au bide, j’en peux plus, j’en peux plus. Mais bon, t’étais juste en tête et en fait, tu serrais les dents et tu y allais, tu y allais. Je ne sais pas si tu te souviens de ce passage-là.

Yannick : Ouais, ouais, si, si. Mais c’est vrai qu’en plus, moi, déjà, je pense que tu pourrais me reconnaître auprès de mille, déjà, de ma manière de courir. Le mec, c’est un robot, tu sais.

Ermanno : Ouais, mais tu cours comme un cycliste, quoi. T’es assis sur ta selle quand tu cours.

Yannick : Ouais, exactement. Le mec, tu te dis, il a une chaise imaginaire, un robot, en même temps, tu vois, tu te dis comment c’est possible. En plus, avec la fatigue et la difficulté, la tête en arrière, les yeux à moitié fermés. Heureusement, quand je pense à mettre mes lunettes, tu ne le vois pas, ça. Mais il y a des moments où j’ai les yeux à moitié fermés tellement je souffre. Mais ouais, c’est clair, mais ça fait des… Quand tu es sur le moment, tu te dis, putain, il faut que ça finisse. Et c’est top d’avoir des personnes qui nous encouragent, tu vois, comme toi. Parce que, même si on ne répond pas, parce qu’en vrai, tu n’as plus la force. Au début, tu es le premier 10 kills, tu es bien, tac, tac, tu fais signe, tu fais des sourires, tu vois. Mais quand tu es au 30e et que tu es en train de subir tout ce que tu peux, tu t’entends, tu sais que les gens sont là, tu sais que ça te fait du bien, tu sais que ça te rebooste. Mais tu as envie de rallier l’arrivée et quand tu rallies, tu fais, wow, trop bien, quoi. Je suis content, quoi.

Ermanno : Tu as raflé quasiment tout en groupe d’âge avant de passer pro. Donc, pour ceux qui ne connaissent pas, dans le triathlon, il y a deux catégories. Il y a les catégories professionnelles, où là, du professionnel qui a 18 ans jusqu’au professionnel qui a 70 ans, vous êtes tous ensemble, vous partez tous en même temps et vous êtes tous classés ensemble. Et puis, il y a la catégorie dite amateur, qu’on appelle plutôt groupe d’âge. C’est plus politiquement correct. Mais surtout, ça s’appelle groupe d’âge parce qu’il y a des groupes d’âge. Sur Ironman, c’est plus ou moins tous les 5 ans. Et donc, en gros, ceux qui ont entre 18 et 20 ans, ils courent, enfin, ils courent, tout le monde court ensemble, même si, de plus en plus, sur Ironman, il y a des rolling starts, c’est-à-dire qu’on part par 2 ou 5 ou 10 et pas en mass start comme ça a été le cas pendant longtemps. Mais, en gros, tous les groupes d’âge, tous les amateurs sont classés en même temps, dans une grosse catégorie et il y a des sous-catégories par catégorie d’âge, donc 18-20, 20-24, 25-29, etc. Et ça, ça permet de départager un peu les gens qui sont censés être plus ou moins du même niveau par rapport à leur âge. Et puis, ça permet aussi, aussi, sur les courses à label, notamment Ironman, qui est un label privé, de distribuer des slots, des places, des droits à aller au championnat du monde, à Hawaï, dont tu parlais, maintenant, avec la particularité que c’est une fois à Hawaï, une fois à Nice, une année sur deux. Mais, voilà, c’est un petit peu le fonctionnement. Et donc, toi, tu gagnes plusieurs fois en groupe d’âge, avant de devenir pro, avec ton sésame, ton slot, comme ça s’appelle, tu vas à Hawaï et là, tu fais sixième des groupes d’âge, cinquième dans ta catégorie d’âge. C’est une sacrée performance, ça, Moyenik ?

Yannick : C’est clair que je suis content de tout ça.

Yannick : Tu le prépares, tu sais que tu prépares tout ça pour le faire. Tu sais que c’est difficile, parce qu’en plus, Hawaï, qui est, comme on dit, le mythe, parce que c’est de là qu’a été créée la distance Ironman, avec les Navy Seals américains, où ils ont créé cette histoire-là. Tu sais que t’as ce mythe-là, et puis c’est vrai que quand t’es là-bas, pour ceux qui l’ont peut-être pas fait ou pas regardé, mais t’as quand même une ambiance, mais c’est… En fait, elle est inégalable, si tu veux, cette ambiance. Alors, elle va peut-être changer maintenant, tristement, à cause qu’ils ont séparé les hommes et les femmes, et ça, je suis un peu triste pour ça. Je pense que, voilà, ça faisait peut-être beaucoup de monde sur l’île, etc. Je connais pas tout ce qui est la politique derrière, mais au final, la dernière année que j’ai pu le faire, où, en fait, il y avait et les hommes et les femmes, mais c’était un truc de malade. Tu vis triathlon pendant une semaine, même parfois plus, parce qu’il y en a qui viennent plus longtemps. Pendant une semaine, tu vis triathlon, t’as toutes les grandes marques qui sont présentes sur place, tu croises les champions, c’est là où j’ai pu croiser Jan Frodeno, qui est le goate du triathlon, et prendre une photo avec lui. J’ai croisé, forcément, tous les Norvégiens qu’on connaît tous, le champion du monde à l’époque, Gustav Iden. J’ai pris une photo aussi avec lui. Voilà, j’ai pu faire aussi ma groupie, tu vois, si tu veux. C’était cool.

Ermanno : Permets-moi, entre syndrome d’imposteur, de te mettre un petit coup derrière la tête. Tu fais partie des meilleurs, Yannick. Tu faisais peut-être la groupie avec ceux qui sont encore plus forts que toi, ou du moins qui ont écrit l’histoire depuis plus longtemps que toi au niveau professionnel, mais tu fais partie des meilleurs. Quand tu vas à Hawaï, quand tu vas au championnat du monde, que ce soit en pro ou en groupe d’âge, tu fais partie des meilleurs.

Yannick : C’est gentil, mon pote. Ça me fait plaisir de l’entendre.

Ermanno : Et puis, ça, c’était 2022. 2023, cette année, les championnats du monde, comme on l’a dit, une année surprenante, une année sur deux, c’est entre Nice et Hawaï. Cette année, les hommes, c’était à Nice. Tu y étais ?

Yannick : Non, je n’y étais pas.

Yannick : Stratégiquement, j’ai pris la décision. Je mets encore un bémol sur le fait que j’aurais eu la chance de m’y qualifier ou pas, parce que ça reste vraiment une catégorie au-dessus. On tombe vraiment sur des personnes qui peuvent vivre de ça et qui vivent de ça et qui sont dans le game depuis un petit moment. Forcément, ils évoluent très bien, parce que ce sport, en tout cas, il faut être patient. C’est de la régularité tout au long des années.

Yannick : Pas se blesser ou gérer à mieux les blessures. C’est une progression sur plusieurs années. Forcément, je fais un peu cette analogie-là. Dans mon cas, c’est un peu comme si je vais à la guerre avec des airsoft contre des kalachnikovs, si tu veux. Avec le fait que je travaille à côté, que je ne peux pas m’entraîner autant, que je récupère moins, etc. Peu importe. Du coup, j’ai décidé de m’aligner sur des courses un peu hors label. J’ai juste fait deux courses à label. Il y a le label challenge privé, le contre de Ironman, du label Ironman. Après, j’ai fait des courses un peu à droite à gauche. J’ai fait le championnat d’Espagne, longue distance, à Playa de Aro. J’ai fait Peniscola aussi, un 73 en début d’année, où il y a d’ailleurs Pierre Lecor, olympien pour 2024, qui gagne là-bas. J’ai fait des courses dans ce sens-là. J’ai fait le challenge can sur mai, j’ai fini par un label à Qashqai, au Portugal. Donc, si tu veux, j’ai décidé un peu d’axer sur des courses pour prendre de l’expérience, voir un peu ce que ça allait donner, mon niveau, par rapport aux autres. J’ai fait aussi un triathlon français qui est vraiment sympa, qui est le longue distance de Royan, tu vois aussi, tant que j’y pense. Et ça m’a permis de voir un peu ce que ça allait donner par rapport aux autres et où me placer, de prendre aussi des points par rapport, tu sais, à PTO pour pouvoir vraiment me classer de manière, cette fois-ci, officielle au niveau mondial. Et maintenant, comme ça, je peux voir ce que j’ai à évoluer pour cet hiver, d’une part, et puis pour pouvoir m’axer sur les différentes courses pour l’année prochaine. Et là, pour le coup, pour 2024, je vais axer sur un peu plus de labels pour essayer de gagner plus de points. Et puis, j’ai fait en brahmane au Cypnès. Je l’oublie, mais c’est quand même un sacré mythe. Je me suis axé sur un brahmane qui est quand même une distance, un triathlon mythique en France et surtout qui ne me correspondait pas par rapport à son profil de parcours. Je me suis dit je vais le faire pour mon coach parce que mon coach, il aime beaucoup ce lieu là-bas. C’est un lieu, en fait, qui lui tient beaucoup à cœur. Moi aussi, je voulais faire ce mythe un jour, tôt ou tard. Bon, c’est venu plus tôt que tard. Et puis après, mon club aussi était un peu attaché à là-bas. Donc, j’ai pu le faire et j’ai pu aussi

Ermanno : me régaler. Alors, pour beaucoup de choses que tu as abordées, je renvoie pour le coup les auditrices et les auditeurs sur le podcast Devenir Traitlet. Tu parles de PTO, tu parles de licence pro, tu parles de label, tu parles d’embrun, tu parles de tout ça. C’est vrai que là, aujourd’hui, on va essayer de se concentrer un petit peu plus sur ce que tu abordais tout à l’heure. C’est comme si tu allais à la guerre avec des airsoft. Donc, airsoft, c’est les pistolets à billes et pas avec une Kalachnikov comme pourraient avoir tes adversaires en face. Parce que toi, en plus de tes entraînements, en plus de ton métier de sportif professionnel, tu as un vrai métier. Je mets bien des guillemets, un vrai métier. Tu fais, alors ce n’est pas un 9 to 5, mais presque. Tu travailles 40 heures par semaine. Tu es policier, tu nous l’as dit en introduction. Pourquoi ce choix ? Pourquoi continuer à travailler alors que tu es un sportif professionnel ?

Yannick : Alors, déjà, de base, quand j’ai voulu forcément rentrer dans ce métier-là, c’était par vocation, forcément. J’ai fait ce métier-là par vocation. Mais pour venir à ta question, et pas trop être long, ce pourquoi je suis encore, entre guillemets, obligé d’y travailler. Parce que c’est vrai que l’idée ça aurait été de pouvoir me mettre un peu en dispo ou adapter un peu le travail. Mais c’est vrai qu’on est quand même déjà, d’une part, en sous-effectif à l’heure actuelle. Donc, moi, ça a été refusé par ma hiérarchie de pouvoir me mettre, par exemple, ne serait-ce qu’à 75%. Ça a été refusé. Et si je veux pouvoir me mettre en disponibilité, c’est-à-dire que je garde mon poste, mais pendant le temps de ma carrière, je n’ai plus besoin de travailler et je ne suis plus payé par mon employeur. Il faut que je puisse gagner suffisamment d’argent via les sponsors et ceux qui veulent m’accompagner dans ce projet-là. Et c’est un combat au quotidien que je mène, où j’essaye forcément de trouver des fonds. Que ça soit sur les réseaux, j’essaie d’utiliser les réseaux forcément à bon escient. Aussi, de pouvoir partager une bonne image et une image de personne dynamique et un projet surtout qui est vendeur. Un projet humain, un projet aussi combattant, tout ce genre de choses pour pouvoir que les entreprises ou les personnes, les investisseurs puissent s’y retrouver, puissent se dire « Ok, on va accompagner ce mec-là parce que c’est un bon gars, parce qu’il reflète des belles valeurs, parce qu’il est dynamique, parce qu’il peut nous apporter quelque chose à l’entreprise, parce que forcément, il faut un gagnant-gagnant. » C’est bien de donner, mais moi, derrière, je sais que je veux donner aussi un retour. Je suis quelqu’un qui est très reconnaissant, si tu veux. Quand je sais qu’on me donne la main et en plus que c’est un investissement, c’est-à-dire qu’en fait tu penses et tu sais que tu dis « Je donne, mais je ne sais même pas ce que je vais avoir en retour. » Je me dis « Ouais, le mec, en fait, il me considère. » Là, forcément, je vais être très dispo pour lui, je vais écrire régulièrement, à la personne, je vais lui envoyer sac, t-shirt, ce genre de choses. Je vais essayer d’aller le voir selon où il habite, une fois par an minimum, etc. Mettre des choses en place. Et puis forcément, il y en a qui préfèrent de la com. Ça peut être fait. Il y en a qui préfèrent du relationnel vraiment face-à-face. Il y en a qui préfèrent des interventions, etc. Tout peut se faire. C’est ça qui est bien, c’est que quand on est en face-à-face,

Ermanno : tu peux tout adapter. Et sur la partie reconnaissance, j’en témoigne, on avait enregistré un premier épisode il y a trois ans, et on continue à garder le contact, et on s’envoie des petits messages de temps en temps. Et c’est assez rare d’avoir ce lien qu’on peut avoir tous les deux, même si on ne s’est encore jamais rencontrés. Mais j’en démords pas, j’en démords pas.

Yannick : On se rencontrera.

Ermanno : On se rencontrera. Parce que c’est vrai qu’on s’est vus à Vitoria, mais toi, tu courais, donc ce n’est pas vraiment ce que j’appelle se rencontrer. Je faisais la groupie au bord du parcours, et toi, tu essayais d’arriver jusqu’au bout. Donc clairement, tu gardes ton emploi de policier, parce que tu n’as pas les moyens de vivre de ton sport. Alors, je sais qu’en triathlon, il y a parfois des primes de course. Tu as parlé aussi du PTO tout à l’heure, on ne va pas s’étendre là-dessus. Avec toutes les courses que tu as gagnées, quand tu étais encore en groupe d’âge avant de prendre une licence pro, tu ne t’es pas fait un pactole ? Tu n’es pas parti au soleil ?

Yannick : Eh bien, malheureusement, non. Parce que dans le milieu du triathlon longue distance, ils donnent des primes de course qu’aux catégories professionnelles. Tu vois, pour l’exemple le plus concret, quand j’ai fait huitième à Vitoria en 2022,

Yannick : souvent, la prize monnaie, c’est pour les huit premiers. Tu te dis, je vais peut-être recevoir quelque chose. Mais non. En fait, après, dans le classement pro, ils t’enlèvent, parce que toi, tu t’es mis comme amateur, même si tu as battu les autres avant. Et le neuvième passe huitième. Et lui, il recevra la prime du huitième. Donc en fait, en amateur, si tu veux, tu ne gagnes rien. C’est juste des primes que tu reçois quand tu es professionnel, si tu fais dans le top huit. C’est bien souvent le top huit.

Ermanno : Maintenant que tu es professionnel, est-ce que tu as déjà fait des top huit et est-ce que tu as déjà touché des primes monnaie ?

Yannick : J’ai touché sur le début d’année, sur certaines courses qui sont hors label, parce que parfois, tu as des courses hors label qui donnent quand même des petites primes monnaie. Elles ne sont pas, comment dire, sur le label Ironman, si tu veux, c’est plus ou moins pas les mêmes. Elles sont déjà annoncées. Et là, par exemple, au championnat d’Espagne, je fais deuxième. Je pourrais dire, le mec, c’est un Français. En fait, on s’en fout. On ne le rentre pas dans la course. Mais heureusement, ça n’a pas été le cas. Là, j’ai touché quand même quelque chose. J’ai fait aussi

Yannick : après… En fait, j’ai fait deux top dix. Le souci, c’est qu’aussi, j’ai fait les places un peu bâtardes, excuse-moi du terme, mais je fais deux fois neuvième. Du coup, je suis à une place de la prize monnaie. C’est vrai que cette année, entre guillemets, elle ne m’a pas beaucoup souri à ce niveau-là parce que j’ai gagné qu’une prize monnaie sur les six courses ou six ou sept que je me suis aligné parce qu’après, en fait, je l’ai touché de peu et j’ai fait deux onzième place, deux neuvième place et j’ai fait ce podium-là, tu vois. Et après, j’ai eu la cache-caille. Malheureusement, je suis tombé malade. Donc, j’ai fini la course, mais j’ai fini loin parce que j’étais

Ermanno : malade. Et faisons sauter les doutes. Chères auditrices, chers auditeurs, n’allez pas croire que quand on fait premier, même sur un Ironman, ça paye une saison. Non. Sauf si on gagne à Hawaï. Éventuellement, ça peut aider. Si on gagne et si on fait un record de l’épreuve, ça peut aider. Mais sinon, en moyenne générale, hors Hawaï, une prime de course sur le label Ironman, ça tourne autour de combien ?

Yannick : Comme tu l’as dit, tu ne gagnes pas, ça tourne. En fait, une course, selon comment elle est placée, si tu veux, comment elle est vue par le calendrier Ironman, ça peut être un championnat sud-américain, championnat africain etc. Là, tu vas avoir un petit pactole où ça va être, par exemple, 100 000 dollars pour les hommes et les femmes, donc divisé en deux. Donc, 50 000 pour les 8 premiers hommes et 50 000 pour les 8 premières femmes. Et certaines courses, même labellisées et tout ça, ça va être que 25 000 pour hommes et femmes. Donc là aussi, tu vas vachement descendre selon aussi, comme je t’ai dit, la densité, si tu veux, un peu le degré de niveau de la course. Tu vas avoir un peu ces différents degrés-là. Alors, Hawaï, par exemple, c’est 75 000. La gagne, là, par contre. Non, 75 000, si, il me semble bien que c’est 75 000 la gagne. Donc là, oui, tu pourras payer ta saison de l’année prochaine sans souci. Et après, surtout, avec tous les sponsors qui vont en découler. Mais voilà, hormis Hawaï, forcément, tu vas pouvoir, par exemple, l’exemple concret, j’avais regardé, si je faisais 8e à Vitoria en tant que pro, je gagnais 1500 euros. Et après, il faut enlever, il faut aussi pas oublier, qu’il faut enlever les taxes que nous prend la France. Et les taxes, c’est, alors, j’ai pas envie de dire de bêtises, mais je crois que c’est 29%. Par exemple, quand j’ai touché ma prime à Plagiadalo, ils m’ont retiré 29% de ce que je devais toucher. Donc, forcément, l’argent en main, ça baisse. Ça baisse vite. Donc après, aussi, t’as pas des techniques, mais t’as des endroits où t’as pas ça. Par exemple, Dubaï, je crois, c’est un endroit de mémoire que tu touches complètement. Mais ça, c’est des ondis, je suis pas sûr à 100%. Mais certains endroits, tu peux toucher ce qui est marqué. Mais en tout cas, dans l’Europe, tu toucheras pas ce qui est marqué. Parce que tu vas dépendre de la loi après des lois et on va te retirer une taxe dessus. Et qui s’appelle la taxe, tu pourrais la retrouver si tu veux, mais c’est la taxe du sort, tu sais, un peu des jeux. Tu rentres dans la même

Ermanno : taxe que les taxes du poker et tout. Bah oui, normal, parce que vous jouez votre vie, donc c’est pour ça.

Yannick : Non, je te jure, je peux te retrouver l’article, tu vois, si tu veux. Mais c’est quand j’avais reçu ce mail-là qui disait, voilà, vous allez toucher du coût-temps parce que suite à l’article tel des jeux et je sais plus comment ça s’appelle, voilà, c’est tant de pourcents de taxes. Et là, tu dis, ah ouais,

Ermanno : ok. Et ça, c’est une taxe, c’est vraiment une taxe, ça contribue pas à tes charges sociales, à ta retraite, oui, donc les charges sociales, la sécurité sociale et autres. Non, là, c’est vraiment juste une taxe. L’État français a décidé que si un Français allait gagner à l’étranger, même si un Français a gagné en France, on prend 29%

Yannick : de taxes. Ouais, voilà, exactement. En fait, ça t’aide pas, comme tu dis, sur le côté social ou autre. Parce que, imagine demain, tu vas pour calculer ta retraite, tu dis, bon, j’ai gagné tant, voilà, j’aimerais bien le faire marcher. Ils vont te regarder, ils vont te dire, ouais, mais non. C’est après, c’est par contre, si tu le si ces taxes-là, je sais pas si c’est bien que je le dise, mais voilà, si ces taxes, donc, en gros, t’es taxé, mais si ce que tu reçois suite à la taxe, tu le déclares en tant qu’auto-entrepreneur, là, tu vas être re-taxé Donc, en gros, tu peux être taxé doublement, et là, ça sera compté sur ta retraite. Tu vois, par exemple, toi, t’es auto-entrepreneur, tu te gagnes 10 000 euros, entre-tirs 30%, tu vas gagner 7 000, tu vas enlever, je crois que c’est quoi, c’est 21%, je crois, la taxe auto-entrepreneur, tu vas à 7 000, t’enlèves tes 21%, et là, c’est ce que tu touches, et t’auras mis

Ermanno : un petit peu pour ta retraite. Mais par contre,

Yannick : pour ta saison, c’est pas grand-chose.

Ermanno : Ouais, et d’ailleurs, c’est un sujet aussi qu’on a abordé parfois, notamment avec Cédric Floreton, qui est aussi une légende du triathlon,

Yannick : qui, lui, faisait… Ah putain, j’adore ce mec. J’adore ce mec, je le connais bien.

Ermanno : Ouais, il est génial. Et lui faisait du tri à la grande époque du triathlon, donc avant, enfin, le début des années 2000, 2010 et autres, et en fait, en France, avant 2012, les sportifs de haut niveau ne marquaient pas de point pour leur retraite. Donc, les sportifs de haut niveau qui, finalement, n’étaient pas salariés par ailleurs, comme ça a pu être le cas, et comme ça peut toujours être le cas dans certaines grandes sociétés, dans certaines sociétés publiques, SNCF, EDF et autres, où là, ce sont des employés qui sont, certes, libérés d’un point de vue obligations professionnelles, mais par contre, qui font partie du payroll, donc de la liste des employés d’une société, eux, quand ils touchent leur salaire, ils payent leur charge sociale, et ça, ça va sur la retraite. Mais si avant 2012, ces gens n’étaient pas salariés par des entreprises partenaires, eh bien, elles marquaient pas de point pour la retraite. Et on se retrouve avec des sportifs de haut niveau qui

Ermanno : offraient entre guillemets 10, 15, 20 ans de leur vie pour défendre les couleurs du drapeau, qui se retrouvent avec rien à la retraite. Donc déjà, des gens qui galèrent toute leur vie en tant que sportif pour financer leur carrière, et qui, en plus, une fois qu’ils ont fini leur carrière, ne touchent pas de retraite. C’est beau, quand même.

Yannick : Ouais, c’est ce que tu dis, tu vois, Cédric Floreton, je l’ai côtoyé quand j’étais à Lyon, avant de la descendre dans le sud de la France, que je connais très bien, je veux dire, c’est vraiment un bon pote à moi, et j’ai beaucoup de respect pour sa carrière et tout ce qu’il a fait, donc s’il nous entend, je te fais des gros bisous, Cédric. Mais ouais, tu vois, je veux dire, on le voyait à la natte, lui, il bossait avant, il retournait bosser après, et pourtant, ce qu’il a fait pour la France, c’est ouf, quand même. Tu vois, je veux dire, moi, ce qu’il a fait au niveau sportif en parlant, et ce qu’il arrive encore à faire à son âge, le mec, il a quand même des capacités de fou, puis il continue de s’entraîner, etc., et il bosse comme toi, comme moi, comme tout le monde, et ben voilà, c’est la problématique

Ermanno : que tu as dit, tu vois. Ouais, Cédric Floreton, c’est quand même le mec qui a démocratisé le swimrun en France, grâce, entre autres, à son passage dans Intérieur Sport sur Canal+, et il est peut-être pas étranger au fait que la France soit le seul pays au monde pour lequel le swimrun a une fédération délégataire, qui en l’occurrence est la Fédération Française du Triathlon. Mais bon, on arrête sur Cédric, on lui enverra l’épisode, s’il écoute pas, Cédric, on t’embrasse. Pour revenir à toi, oui, effectivement, les primes de course, ça paye pas une saison, alors même si tu gagnes Hawaï, et il me semblait que la prime était plus élevée, mais admettons 75 000, admettons qu’il n’y ait pas de taxes sur les 75 000 que tu prends, et ben ça n’empêche qu’une saison de triathlon, ça coûte combien pour toi, un néo triathlète professionnel, une saison de triathlon entre le matos, l’alimentation, le vélo, les déplacements, si tu es qualifié pour les championnats du monde et qui sont à Hawaï, le billet d’avion, etc., etc., une saison, en gros, ça coûte

Yannick : combien pour un Yannick ? Alors, moi, j’avais fait justement ce calcul-là, et quand j’échange avec les entreprises, ou quand je fais mes mails, j’envoie mes mails un peu à certaines personnes pour me présenter, et forcément, il faut en parler. J’avais fait un calcul, mais vraiment, franchement, j’étais resté sur le plus bas possible. Là, le calcul que je vais vous donner, ça va être vraiment le plus bas possible. Justement, je retire le vélo en disant que tu l’as déjà acheté, que tu ne le changes pas chaque année, parce que sinon, tu peux rajouter 10 000 balles. Moi, j’avais compté 50 000, 50 000 à l’année, donc forcément, tu prends ton salaire que tu as à l’heure actuelle, moi, je n’ai pas de tabou pour l’argent, je gagne 2 000 euros en tant que fonctionnaire de police, travaillant de nuit, donc tu fais déjà tes 2 000 fois 12. Ensuite, après, tu enlèves forcément ce que tu vas payer en termes de DF, nourriture, enfin bref, ton quotidien, donc ça monte, puis après, forcément, tes déplacements de course, les hôtels. Si tu veux être à peu près bien, être sur place de la course qui t’évite de louer une voiture, qui t’évite des déplacements de taxi ou autre, l’hôtel coûte forcément plus cher. Plus après, pour y aller, ça peut être en avion, ça peut être en train, ça peut être en voiture. Par exemple, quand je suis descendu au Portugal, avec un très bon ami à moi, on a fait un road trip, on a décidé, on ne voulait pas prendre l’avion, on a décidé d’y descendre en voiture. Donc, on a fait sud de la France, Portugal. On a fait ça en… Donc, pareil, je l’avais partagé sur LinkedIn et les réseaux. On est descendu sur Burgos, on a fait les premières 6 heures, puis après, on est resté 2 jours là-bas, puis on est descendu sur Porto, on est resté un jour et demi, puis après, on est descendu sur Qashqai, et après, il a fallu remonter, et là, on est sur du 15 heures de route, 15 heures de route aller, 15 heures de route retour, si tu fais un total complet, tu vois. Donc, forcément, c’est du temps, de l’argent, l’essence, c’est plus donné. Ça n’a jamais été donné, mais c’est beaucoup plus cher, tout a augmenté. Donc, tous ces à-côtés, si tu veux, après calcul, qui peuvent être très bien démontrés, je peux le montrer, c’est plus les à-côtés médicaux, tu vois, aussi. Ça, forcément, on n’en parle pas, j’y pense, là, en même temps que je te parle. Voilà, ces accompagnements à côté, la préparation physique, ton coach, etc., tout ça, ça a un coût. Et moi, je pense que pour pouvoir vivre de ce sport, en tout cas, en restant vraiment, voilà, tu vois, je ne cherche pas à vivre dans un palace, je ne cherche pas à pouvoir manger du bio tout le temps, parce que ça coûte forcément plus cher, mais tu manges au moins de la base, tu vois. Je ne cherche pas à être dans des hôtels de luxe tout le temps, à me déplacer en, j’allais dire, en van, tu vois, plutôt, en van ou autre. C’est juste pouvoir vivre ma vie, tu vois, vivre ma vie de passionné et que je puisse le faire et je puisse partager tout ça. Et pour moi, je trouve que 50 000 euros avec tous les sponsors qui s’assemblent ensemble, ça peut être largement faisable. Le tout, c’est de trouver forcément que tu puisses leur apporter quelque chose. Ça reste toujours ça, le truc, et que leur politique d’entreprise forcément, elle aille sur un sport, malheureusement aussi, on ne va pas se mentir, qui est considéré comme individuel. Mais moi, je trouve que ce sport-là, tu es individuel dans l’effort, mais en fait, c’est quand même toute une équipe. Tu crées une équipe autour de toi. Et tout ce que je fais, moi, c’est grâce à une équipe. Je ne me dis pas quand je fais une place ou quoi. Moi, tout ce que je fais derrière, c’est que je vais remercier avec les larmes aux yeux les gens qui sont autour de moi. C’est la première chose à laquelle je pense une fois que j’ai passé la ligne et que ça m’a fait mes émotions. Parce que je sais qu’il y a des gens qui vont m’accompagner, qui vont me payer de leur poche pour pouvoir parfois me voir, que ce soit mes parents, ma compagne, ou parfois certains sponsors qui sont déjà venus à se déplacer pour pouvoir vivre un peu ça de l’intérieur, ou d’autres qui ont donné. Je me dis en fait, c’est grâce à vous. Parce que si vous n’étiez pas là, je n’aurais pas été dans les mêmes

Ermanno : conditions, tout simplement. Attends, parce que tu nous dis, une saison, en gros, pour être bien, ça coûte 50 000 euros. Malgré tout, toi, tu gagnes 24 000 euros par an. Et pourquoi, en fait ? Pourquoi tu continues, Yannick ?

Yannick : Parce que voilà, c’est la passion, le sport, en fait, toutes les valeurs qui sont autour. Tu vois, dans la société, en plus, alors actuelle qu’on vit, les choses qui fédèrent le plus, je le vois, et c’est vraiment bien. Quand tu parles du sport, en fait, tu es bien. Tu n’as pas de… Voilà, chacun amène un peu, parfois, certaines expertises où on peut échanger sur tout, tu vois. Il y en a, ils vont dire, voilà, toi, tu disais qu’une sieste, ça peut durer 5 minutes. Tu vois, je suis curieux de savoir. Il y en a, ils vont dire, non, il faut faire une sieste de 40 minutes. Tu vas avoir ces petits, pas accros, mais voilà, ces petits échanges-là. Mais en fait, on fédère tous sur un même point, c’est que ça nous fait du bien, c’est bon pour la santé, ça nous apporte du bonheur, tu as du partage. En fait, ça te permet même un peu d’oublier aussi ton quotidien, d’un quotidien qui peut être dur, justement, dans ton travail. Et même dans ton quotidien dur, ça t’aide à le passer. Moi, je vois, je pense que ça m’aide beaucoup mieux à… Ça a amélioré, pardon, mon quotidien, de pouvoir faire aussi tout ça. Bon, je le fais en mode vraiment poussé fort, parce que 25 heures, au final, c’est tellement minuté qu’il y a des moments où je n’ai plus de temps pour moi, mais ne serait-ce que d’en faire un petit peu. En fait, pour moi, c’est que du positif et ça me donne… En fait, ça me donne envie de pouvoir aller là-dedans pour en fait, voilà, donner du positif aux gens, partager du positif et tout ce qui entoure, quoi. En fait, c’est vraiment ça qui me donne envie et qui me donne envie de me lever le matin et c’est pourquoi

Ermanno : je me mets autant la mine à l’entraînement, tu vois. Bon, on l’aura compris, tu l’auras compris, je te taquinais un petit peu là-dessus, mais on comprend bien pourquoi est-ce que tu continues, pourquoi est-ce que tu continues à représenter la France aussi, parce que même si le triathlon longue distance et en particulier l’Ironman n’est pas une distance olympique, ça n’empêche que quand tu vas sur une course, déjà, on ne t’appelle pas par ton prénom, on t’appelle par ton nom de famille et puis en plus, on met en avant le pays d’où tu viens, donc finalement, toi, tu te déplaces, tu représentes la France et merci pour ça.

Yannick : Donc maintenant… Ça me fait plaisir, c’est le but, ça, moi, ça fait partie de mon ADN, c’est mon identité, moi, je suis patriote, tu vois, donc pour la… C’est clair que je suis content et le jour, c’est un jour, je peux avoir une tenue de l’équipe de France, mais vraiment faire quelque chose pour l’équipe de France, mais je serai le plus fier du monde, tu vois, le plus fier du monde. Mais dans tous les cas, même oui, sur des labels privés où généralement, comme tu dis, on ressort le drapeau, moi, je suis content d’être là en tant qu’athlète français, tu vois, même s’il n’y a pas le côté équipe de France, c’est clair.

Ermanno : Ça viendra, ça viendra. Comment est-ce que tu finances ta carrière à l’heure actuelle, en dehors de ton emploi ? Comment est-ce que, ben, justement, tu peux t’acheter un nouveau vélo, tu peux te nourrir, tu peux payer un coach, tu peux payer un kiné, tu peux payer un entraîneur, tu peux payer tes déplacements, tu peux payer ton hôtel ?

Yannick : Alors, il y a les sponsors qui m’accompagnent à l’heure actuelle, donc je remercie de tout cœur. Maintenant, en plus, ça commence à faire, ça va bien faire pour la plupart, minimum deux ans, qui m’accompagnent, donc c’est des personnes qui me donnent sur l’année pour pouvoir après faire tout ce que je fais, donc soit me déplacer ou autre. Vas-y, balance tes noms. Par exemple, t’as l’entreprise Formaraï qui est une entreprise dans le ferroviaire, t’as Porsche Montpellier, t’as l’entreprise Edbat, Nicolas de Hexacoffre qui, lui, est dans le côté de la sécurité privée, qui fait des coffres et autres, donc qui est beaucoup avec les forces de l’ordre, qui accompagne aussi Benoît Saint-Denis et compagnie. J’ai des nouveaux partenaires, normalement, qui devraient aussi arriver, Maxime, Johan, toutes ces personnes-là, je les remercie et sans eux, ce serait pas possible. Et puis, ils font partie si tu veux, de cet écosystème que j’ai réussi à créer, sain, tu vois, où on veut tous s’entraider, on veut tous aller de l’avant, tu vois, et ça va le faire. J’ai mon ami aussi, voilà, j’ai un ami, Richard, qui fait du triathlon, qui a une entreprise aussi, qui m’a donné, donc merci à lui, j’ai aussi Thierry Barre, qui est dans l’entreprise de récupération pour Orthonov, qui m’a aussi beaucoup aidé, voilà, j’ai un autre ami qui s’appelle Sébastien, que je remercie beaucoup, qui est coaché par le même coach, enfin bref, tout le monde a mis un petit peu sa pierre à l’édifice, si tu veux, voilà, l’entreprise Schmitt aussi, dans la cuisine, dans la cuisine, merci à Benjamin, merci à Amélie, Arthéa, enfin bref, voilà, tu vois, j’en ai des noms, tout le monde m’aide, ils sont au top, et j’espère que ça pourra le faire, et puis sans compter après les équipementiers, parce que forcément, là je te parle vraiment d’argent pur, mais t’as le côté équipementier, ou voilà, 6D Sports Nutrition, je suis avec eux depuis 4 ans, Aquaman, ça va faire, je pense du coup la 3e ou 4e année, Schwalbe, 3e ou 4e année, voilà, j’ai la chance en fait de me créer, si tu veux, un écosystème, et surtout fidèle, derrière, moi je suis fidèle à eux, ils sont fidèles à moi, et c’est sain, et c’est top, on discute, si par exemple ils veulent que je fasse quelque chose pour pouvoir les aider, justement, ben moi c’est avec plaisir, faut juste m’expliquer comment, parce que voilà, les réseaux c’est quand même aussi un métier, mais faut m’expliquer comment le tourner, et moi je le fais toujours avec grand plaisir, et puis moi pareil, si j’ai besoin, je leur demande, et puis ils sont toujours là pour essayer d’aider, tu vois.

Ermanno : Et en plus de tout ça, t’arrives à avoir une certaine présence sur les réseaux, est-ce que c’est cette présence que t’as développée, qui t’a permis d’aller décrocher tous ces partenaires, ou est-ce que c’était aussi

Yannick : un plus ? Ah c’est un plus, tu vois bon, t’as reçu Maya du coup, que je connais très bien, que tu vois, grâce à Lactic, donc on va les mettre aussi en avant, eux c’est une entreprise qui franchement ils gagnent rien, depuis qu’ils ont créé ça, tu vois c’est une entreprise qui veulent justement mettre en relation donc des entreprises, et les sportifs de haut niveau, ils se disent voilà, on a moyen de faire quelque chose sur les réseaux, justement les sportifs de haut niveau ont le droit à la parole, et peuvent partager des choses intéressantes, qui peuvent s’apparenter au monde du travail, et moi c’est vrai que depuis que j’ai réfléchi de cette manière là, il y a beaucoup d’analogies dans le sport de haut niveau et dans le milieu du travail qui se font, en fait c’est quasi tout le temps, il y a des analogies pour tout, et eux ils nous ont appris, si tu veux, à le mettre en forme, à écrire un peu, à le storytelliser si tu veux, alors voilà, Maya par exemple s’en sort très très bien, elle m’inspire aussi beaucoup, moi il y a des fois voilà, c’est peut-être sa touche féminine qui fait qu’elle arrive à bien sortir les trucs, moi j’ai encore un petit peu de mal, j’essaye tu vois, de bien tourner les sports, que mes posts que ça soit, que vous pouvez ressentir en fait ce que j’ai envie de dire, tu vois si tu veux et du coup, grâce à eux qui nous ont formés, qui nous ont expliqués, bah c’est grâce à eux que j’ai rencontré l’entreprise Artonov, tu vois, par exemple mais voilà, on va voir si ça va pouvoir évoluer, mais ça m’aide en tout cas à être présent sur ce réseau social-là, notamment LinkedIn et ça va peut-être m’aider à pouvoir en trouver d’autres au fur et à mesure, le but c’est d’être régulièrement présent, de pouvoir en fait on se met un petit peu aussi, on parle de nos expériences, mais on se met aussi un petit peu à nu tu vois, j’ai, moi c’était rare que je parlais de mon de mon boulot c’était rare que je parlais de mon boulot parce que voilà, j’avais peur un peu de tu sais ça clive, mon boulot il est clivant, tu vois, dans la manière de penser et et j’avais peur d’en parler je crois que je m’en souviens dans le premier épisode qu’on a fait je sais même pas si j’en avais parlé entre nous je crois que j’avais parlé, que j’étais fonctionnaire public, tu vois, et je me suis dit qu’en fait, mais pourquoi avoir peur ou honte d’un métier en fait qui est tout aussi honorable tu vois, et que je le fais justement pour des des bonnes choses et voilà, tu vois, tu te mets un peu à nu et j’ai vu que d’en parler au final en fait c’est plutôt positif donc je vais plus plus aussi axer sur le côté perso pour que les gens puissent plus se rendre compte de la côté du derrière dans les vestiaires quoi, en fait

Ermanno : oh ça c’est bien, ça c’est joliment placé merci Yannick de ouais, et d’ailleurs chez Lactique et aussi chez Aubaine, j’ai pas eu que Maya et toi il y en a eu beaucoup d’autres

Yannick : il y a eu chez Aubaine, d’ailleurs on pourra parler de parler d’Aubaine, de Paul et Clément, merci à eux qui eux ont mis en place une plateforme de, en fait de, comment dire de donation participative, je sais pas si ça s’appelle exactement comme ça mais eux ils donnent et nous en échange en fait on fait du contenu vraiment particulier, spécifique et surtout on va dans les, on va vraiment dans le fond du triathlon, ceux qui veulent me suivre et qui m’aident, moi je leur fais trois vidéos par exemple par mois, et après je réponds et je fais gagner des choses, on fait gagner des concours, on essaye de mettre des choses en place parce que forcément quelqu’un qui va te donner 5 euros par mois, et ben il faut qu’il y ait quelque chose derrière, c’est un soutien c’est cool mais moi j’ai envie de leur partager ma passion, tous les tips, mais le maximum en disant tout, tout, tout, tout, il y a rien qui est gardé parce que justement c’est pour moi c’est la moindre des choses

Ermanno : tu vois. Bon ben voilà vous l’aurez compris, si vous voulez vous aussi soutenir Yannick, et ben direction aubaine.fr, vous pouvez aussi suivre tous ses posts sur les réseaux et puis les liker, ceux-là ils viennent de la formation qu’il a reçu chez Lactique, et puis n’hésitez pas à partager aussi cet épisode de podcast Yannick, on fait super long, je m’étais dit qu’on ferait qu’une demi-heure mais finalement c’est pas grave pour autant que notre audience apprécie, et je suis sûr que ce sera le cas, et ben on va doucement clôturer il y a une question que je pose de plus en plus à mes invités sur ce podcast c’est que je leur demande de se projeter si tu retrouvais le petit Yannick quand t’as commencé le vélo, pas le triathlon, parce que le triathlon ça fait pas si longtemps que ça pour toi, mais quand t’as commencé le vélo qu’est-ce que tu crois que lui te dirait, qu’est-ce qu’il dirait de toi, qu’est-ce qu’il penserait de toi en te voyant le Yannick maintenant de 31 ans ?

Yannick : Je pense qu’il serait quand même fier de l’évolution que j’ai pris, forcément l’expérience que j’ai eu, que ça soit dans mon métier ce que je suis devenu aujourd’hui c’est suite à mes parents, mon éducation et forcément le sport aussi le sport à haut niveau t’éduque, les gens que tu rencontres tout ça, et je pense que voilà, moi je suis fier de ce que je suis devenu j’ai vu comment j’ai évolué, j’oublie pas d’où je viens et je pense que c’est ce qu’il dirait et j’espère que ça va continuer dans ce sens là, et en tout cas je vais tout faire pour continuer dans ce sens là

Ermanno : Tu sais que quand j’ai commencé le triathlon en 1996, et oui ça nous rajeunit pas, enfin en tout cas moi, toi t’étais même pas encore né

Yannick : Ouais en 92 !

Ermanno : Quand j’ai commencé en 96 donc, t’avais 4 ans, tu commençais à peine à marcher

Ermanno : on disait à l’époque que l’Ironman le triathlon de distance Ironman c’était un sport de sportifs matures et qu’on commençait à éclore vers 35-40 ans donc t’as encore quelques années devant toi

Yannick : Ouais voilà, c’est ce que je me dis aussi, je me dis que j’ai pas encore tout donné il y a encore du potentiel moi je pense que je suis encore à 60% de ce que je peux faire, parce qu’on peut encore plus s’entrainer, on peut optimiser la récup etc, donc il y a toujours à améliorer, comme je te dis c’est un sport, comme tu dis, mature mais de régularité, et il faut faire ça tout au long de l’année, donc chaque année t’évolues tu passes des caps, tu le vois de toute façon maintenant on a beaucoup de data moi je vois que je m’améliore chaque année et je pense qu’on peut encore faire mieux et c’est ce que je vais m’atteler à faire

Ermanno : Eh bien écoute Yannick merci beaucoup pour ce partage cet échange, pour toutes les informations que tu as délivrées on te souhaite bonne continuation, bon courage pour tes entraînements, prépare-toi parce que là tu vas bientôt aller bosser et puis merci d’avoir pris une heure avec nous dans ton emploi du temps chargé il faut encore que tu te prépares pour aller bosser il faut encore que tu fasses ton poste du jour il faut encore que tu ailles t’entraîner, donc bref on t’embrasse, on te souhaite une bonne continuation et puis chères auditrices, chers auditeurs moi je vous donne rendez-vous la semaine prochaine pour un nouvel épisode et surtout n’hésitez pas comme je vous le dis à chaque fois à partager cet épisode au plus grand nombre, il faut que l’on arrive à évangéliser chacune et chacun pour que les gens comprennent que le sport de haut niveau ce n’est pas que pratiquer le sport que l’on aime, que s’amuser c’est aussi beaucoup de galères, notamment pour financer sa carrière

Yannick : Voilà, merci beaucoup à toi Hermano ça a été un plaisir d’échanger tout ça avec toi j’espère que ça te fera prendre conscience à du monde et puis n’hésitez pas, si vous voulez me solliciter sur les réseaux, je serai disponible j’ai dit que je serai toujours disponible et ce sera toujours le cas, merci à vous et à bientôt

Ermanno : et je mettrai tous les liens dans les notes de l’épisode parce que MATEJISEK, même si ça s’écrit comme ça se prononce des fois on ne le sait pas donc je mettrai tous les liens pour te contacter dans les notes de l’épisode, salut Yannick

Yannick : ça fait peur, allez salut ciao

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