#049 Margaux RIFKISS – s03e11

Saison III
Saison III
#049 Margaux RIFKISS - s03e11
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Bienvenue dans un nouvel épisode du podcast (dans les) Vestiaires, où nous plongeons profondément dans les histoires des sportifs de haut niveau, révélant les défis, les triomphes et les moments d’inspiration qui façonnent leur voyage.

Dans ce dernier épisode, je vous propose d’échanger avec une athlète polyvalente et inspirante sur le chemin des Jeux Olympiques de Paris 2024. Escrimeuse de haut niveau et sabreuse de talent, mon invitée mène de front une carrière sportive intense, préparant sa qualification aux prochains JO, tout en assumant un rôle de policière adjointe. Elle se distingue aussi par son impressionnant projet entrepreneurial, destiné à promouvoir l’escrime au sein des EHPAD.

Margaux s’est hissée au rang de sportive émérite et d’ambassadrice de l’escrime auprès des séniors. Ce projet audacieux prouve une chose : l’amour du sport n’a pas d’âge, et sa pratique apporte joie et vitalité à tous, des jeunes athlètes aux résidents des EHPAD.

Nous avons également abordé le financement des carrières des athlètes de haut niveau et la complexité de la planification d’après-jeux. Les récits de Margaux sur les challenges pour trouver des sponsors, notamment à l’approche des grands événements comme les JO, ont enrichi la discussion sur la réalité sportive et ses aléas.

Margaux RIFKISS ne se contente pas d’exceller au sabre, elle fait preuve d’une ambition et d’une énergie qui l’amènent à dépasser les attentes. Son projet en EHPAD, bien plus qu’une activité professionnelle, lui apporte une satisfaction personnelle et de profonds échanges humains. C’est ce côté entrepreneure sociale qui fascine et qui nous rappelle que le sport possède un pouvoir incroyable, celui de fédérer et de transformer les vies.

Les mots de Margaux, empreints d’humanité et de persévérance, résonnent comme une ode à la passion sportive et à la détermination sans faille.

En termes de palmarès, voici quelques infos :

  • 3 x vice championne de France
  • Vice-championne du Monde juniors
  • 3ème aux Jeux Européens 2015
  • Championne d’Europe 2023 par équipe
  • Vice-championne du monde 2023 par équipe
  • Championne du monde militaire 2019 par équipe

Dans cet épisode, vous pourrez découvrir (chapitres de l’épisode) :

  1. Parcours de Margaux et débuts en escrime
  2. Vie de sportive de haut niveau et préparation pour les JO de Paris 2024
  3. L’impact psychologique des sélections olympiques et la concurrence
  4. La double carrière d’athlète et de policière adjointe
  5. La reconversion professionnelle et le projet entrepreneurial en EHPAD
  6. Financement et soutien des carrières sportives
  7. Discussion sur la durabilité du support des sponsors après les JO
  8. Interaction avec l’entourage et sollicitation de l’aide pour le projet en EHPAD
  9. Conseils pour les jeunes sportifs et anticipation de l’avenir

Pour contacter notre invitée : https://www.instagram.com/margauxrifkiss / https://www.linkedin.com/in/margaux-rifkiss-68a87aa6

La transcription de notre échange

Grâce à Autoscript, sur le site vestiaires.org, on vous propose même de revivre l’échange que j’ai pu avoir avec Margaux. C’est parti !

Transcription Margaux Rifkiss

Derrière chaque médaille, chaque record, il y a une histoire et j’espère que vous avez apprécié celle de Argaux Rifkiss que vous venez d’entendre.

Venez nous raconter tout ça sur les réseaux sociaux du podcast, tous les liens sont dans les notes de l’épisode.

Et surtout, surtout, surtout, n’oubliez pas de visiter vestiaires.org/Rifkiss pour en savoir encore plus sur Margaux Rifkiss et nous aider à la soutenir financièrement dans ce magnifique double projet sportif : représenter la France aux JO et développer son entreprise. C’est grâce à vous que Margaux trouvera toutes les ressources pour travailler dur pour atteindre ses objectifs !

La philanthropie sportive, ça vous parle ? C’est notre mission sur podcast « (dans les) Vestiaires ». On vous fait découvrir les athlètes qui se battent chaque jour pour la gloire de leur nation. Mais ils ont besoin de VOUS. Chaque soutien compte. On est 💯% transparent : 1€ donné = 1€ pour l’athlète. Margaux a pu financer son année olympique, mais ce n’est pas la cas de tous les invités du podcast alors visitez notre site pour les soutenir et partagez cet épisode au maximum pour faire découvrir LES combats de ces guerriers ! Rejoignez-nous dans cette aventure sportive unique ! 

Sportez-vous bien, entrainez-vous bien, prenez-soin de vous et on se retrouve dans Dimanche pour un nouvel épisode. Salut les sportifs !

Ermanno : Salut les sportifs, c’est Ermanno et je suis très heureux de vous recevoir pour un nouvel épisode du podcast Dans les Vestiaires. Aujourd’hui, on reçoit une sportive avec qui j’ai été mise en relation par une de ses sœurs d’armes. On peut parler comme ça pour le coup ?

Margaux : Oui, on peut parler comme ça.

Ermanno : Voilà, on peut parler comme ça puisqu’on va aborder le sujet d’un sport de combat, en tout cas d’épée, de sabre plus précisément. Je suis très heureux de recevoir Margaux Rifkiss. Salut Margaux !

Margaux : Salut, moi aussi je suis très heureuse de te rencontrer. Et puis j’ai hâte de partager un peu mon parcours avec vous tous.

Ermanno : Je vais te donner la parole, mais je vais quand même faire un petit coucou à Clara Laurent que j’avais reçu sur le podcast. Je n’ai pas encore diffusé son épisode au moment où on se parle. On lui fait un petit coucou si elle nous écoute, voire même, allez, on peut se lâcher, on va lui faire un petit bisou, n’est-ce pas ?

Margaux : Oui, on peut lui faire un petit bisou.

Ermanno : Bon, Margaux, je l’ai dit rapidement, toi tu es sabreuse, c’est-à-dire que tu fais de l’escrime dans une spécialité qui est le sabre. Ce que je te propose avant de rentrer sur la discipline du sabre, c’est de te présenter. Donc, dis-nous tout, qui est Margaux Rifkiss ?

Margaux : Alors, Margaux Rifkiss, j’ai 27 ans, du coup, je suis sportive de haut niveau. Ma spécialité, c’est le sabre et je suis en préparation pour les Jeux Olympiques de Paris 2024. Actuellement, je m’entraîne à l’INSEP, donc en région parisienne. Et on a un groupe d’une bonne douzaine de filles qui se préparent pour les Jeux Olympiques. Et à la fin, dans quatre mois, il n’en restera plus que trois qui représenteront la France lors de ce magnifique championnat. Et sinon, à côté de ça, je suis entrepreneuse. Donc, j’ai un projet entrepreneurial qui est de développer la pratique de l’escrime en EHPAD. Et je suis aussi policière.

Ermanno : Bon, et puis c’est tout ? Non ?

Margaux : Pratiquement.

Ermanno : Les enfants, tout ça ? Non, pas tout de suite ?

Margaux : Pas encore, non.

Ermanno : Il faut laisser un peu de temps déjà pour tout le reste.

Margaux : Oui, c’est ça.

Ermanno : Oui, tu parles de la petite fête de campagne qui va avoir lieu cet été. Ce qu’on appelle les Jeux Olympiques. Je ne sais pas si il y en a beaucoup qui connaissent. Non, allez, trêve de plaisanterie. Belle, grosse échéance, surtout en France. Coco Rico, échéance qui sera chez nous. Comment ça se passe, une qualification pour les Jeux Olympiques ? Est-ce que tu es déjà qualifiée ? Est-ce que tu es en lice pour l’être ? On a compris que vous êtes un bon nombre déjà à travailler dessus, qu’il n’en restera plus que trois. D’ailleurs, j’ai cru que tu allais me faire une Highlander. “À la fin, il n’en restera plus qu’un !”. Non, il n’en restera plus que trois. Comment ça se passe, là, les prochains mois, justement, pour savoir si tu feras partie de la liste de ces trois sélectionnés ?

Margaux : Alors, je vais vraiment parler que pour ma discipline et même particulièrement pour mon arme, parce que chaque qualification dépend du sport, de la fédération. Mais pour nous, ça se passe que la qualification a lieu l’année avant les Jeux Olympiques. On va être une douzaine de filles à participer toute l’année aux Coupes du Monde. Les Coupes du Monde, elles sont en nombre de huit. Et il y en aura six qui seront considérées comme sélectives pour les Jeux. Et sur les six coupes du monde, la meilleure, celle qui fera les meilleurs résultats sur ces épreuves-là, on appellera ça la première au point, elle sera qualifiée d’office pour les Jeux Olympiques. Et ensuite, c’est la meilleure française. Et ensuite, viendra se greffer deux autres filles qui seront choisies à la commission par la Fédération française d’escrime. Et donc, ça fera trois filles qui vont participer à l’épreuve individuelle. Une quatrième viendra se rajouter. Et cette quatrième-là, elle sera remplaçante pour l’épreuve par équipe. Donc là, il nous reste quatre grosses Coupes du Monde pour cette qualification. Il y en a déjà deux qui sont passées. Sachant que moi, j’ai fait des résultats moyens et qu’il y a déjà trois filles qui ont fait un podium. Donc, il y a trois filles qui sont très bien engagées. Après, quatre Coupes du Monde, c’est encore beaucoup. Et puis, c’est une année olympique. Et on sait que jusqu’à la dernière, tout est possible. Donc, voilà un peu comment ça se passe au sabre féminin.

Ermanno : C’est un peu le moment de se transcender. Surtout quand les JO ont lieu à la maison.

Margaux : Oui, bien sûr.

Ermanno : Tu parlais d’une quatrième qui sera remplaçante pour l’épreuve par équipe. C’est une épreuve où vous êtes trois concurrentes. Et il y a une remplaçante au cas où il y en a une qui se blesse, c’est ça ?

Margaux : Pas exactement. Alors, c’est très particulier parce que toute l’année, cette épreuve par équipe, elle se joue vraiment à quatre. Et on peut faire rentrer la remplaçante soit sur blessure ou soit parce qu’il y a une fille qui est moins en forme ou qui se sent moins de combattre contre une nation en particulier ou une athlète qu’elle aime pas. À rencontrer, on peut faire ce changement qui est un changement plutôt stratégique. Et après, il existe aussi de faire ce changement parce qu’il y a une blessure. Alors qu’aux Olympiques, on n’est pas en droit de faire un changement stratégique. C’est seulement s’il y a blessure. Donc, cette place de quatrième, elle est moins… Je dirais pas moins intéressante, mais elle est moins probable. On rentre moins. Et du coup, il y a une grosse particularité. C’est que sur n’importe quelle épreuve internationale, au cours de l’année, quand on a un Coupe du monde, si les quatre athlètes… qualifiés par équipe sur les quatre athlètes, s’il y en a une qui ne participe pas à l’épreuve, mais qui est sur le banc, elle va être médaillée, quoi qu’il se passe. Aux Jeux olympiques, non. Aux Jeux olympiques, c’est possible qu’il y ait une fille, la fille qui sera quatrième. C’est possible qu’elle soit là toute la journée, qu’elle s’échauffe, qu’elle échauffe ses partenaires, qu’elle participe à toute la compétition, sauf qu’elle va pas rentrer sur la piste. Et si jamais les filles, à la fin de la journée, sont championnes olympiques, elle, elle le sera pas. Du coup, c’est pour ça que j’ai quand même dit trois, parce que cette place, elle est vraiment très, très particulière, que personnellement, elle me donne pas très envie. Alors évidemment, si jamais j’arrivais pas à me qualifier dans les trois, cette place, c’est une place au jeu, et elle est non négligeable. Mais j’espère vraiment plutôt être dans les trois.

Ermanno : Bon, de toute façon, il reste encore quelques mois, et comme tu l’as dit, il reste aussi quatre Coupes du Monde, même s’il y en a trois qui ont déjà fait des podiums. Ça veut rien dire. On peut toujours se blesser. La route, on leur souhaite pas, évidemment, mais tu peux toujours rattraper ton retard, entre guillemets. Et puis 2024 commence bientôt, une nouvelle année. Donc, plein de bonnes choses qui arrivent.

Margaux : Ouais, non, c’est ça. Mais je suis pas stressée à l’idée que certaines filles aient déjà fait des performances, parce qu’on est un groupe très fort, et que c’était quelque chose qui était une évidence en début de saison. On savait très bien, pour ce groupe-là particulièrement, que les Jeux olympiques vont se jouer à des podiums sur les Coupes du Monde. On est numéro une mondiale actuellement, par équipe, et on a la numéro une mondiale aussi en individuelle. Donc, pour dire vraiment que ce groupe-là, c’est un groupe très fort. Et moi, j’ai la conviction que les filles qui participeront aux Jeux cet été, et j’espère en faire partie, elles seront médaillées. Ça, c’est sûr. Franchement, c’est sûr, parce que ce groupe est très fort. Et du coup, il y a eu des podiums, mais c’était une évidence. Et maintenant, c’est cette classe, c’est une classe qu’on va chercher individuellement en faisant des podiums. Donc, voilà, il y a quatre Coupes du Monde pour aller faire les plus belles performances, et aller chercher ce ticket. Et c’est ce que je vais faire.

Ermanno : On sent bien la détermination. Justement, en parlant de détermination, je te propose qu’on fasse un petit flashback, un petit retour en arrière pour parler de toi. Comment est-ce que tu as commencé à découvrir le sport et les scrims en particulier ? Et le sabre encore plus spécifiquement ?

Margaux : Alors, mon histoire avec le sport, elle a commencé très jeune parce que ma mère a toujours estimé que le sport, c’est l’école de la vie et que les enfants, ça leur fait du bien. Enfin, de se défouler, donc… C’est quelqu’un de bien, ta maman. Oui, on a toujours fait du sport après l’école ou pendant les vacances, des activités. Ça a toujours été, même dans notre éducation, quoi. Et pour les scrims particulièrement, ce qui s’est passé, c’est que j’étais inscrite à des cours d’anglais. Comme j’avais un bon niveau, je pouvais participer aux cours d’anglais avec les filles, enfin, les filles et les garçons, d’ailleurs, qui étaient plus âgées que moi, mais j’avais une heure de trou entre les deux cours d’anglais. Donc, je me suis assise sur un banc et il y avait un cours d’escrime. En fait, c’était une activité périscolaire dans une école. Et du coup, il y avait un cours d’escrime et le maître d’armes m’a dit « Mais si t’es là toutes les semaines à attendre une heure ton cours d’anglais, t’as qu’à faire le cours d’escrime avec nous. » Et c’est comme ça que j’ai commencé.

Ermanno : Évidemment, entre ta maman, qui a de bonnes idées, notamment sur les valeurs du sport, et ce maître d’armes qui t’a vu et qui t’a proposé de rejoindre l’équipe, c’était des bonnes rencontres, enfin, des bonnes personnes.

Margaux : J’ai beaucoup de chance, j’ai un super entourage. Et d’ailleurs, ce maître d’armes, il a été décisif dans ma carrière parce que ce qui s’est passé, c’est qu’après m’avoir fait découvrir ce sport lors de cette initiation, d’une heure par semaine à l’école, en fin d’année, il a voulu rencontrer ma mère et il lui a dit que j’avais un talent et que si jamais ça m’intéressait, ça serait bien que j’intègre un club et que j’essaye la compétition parce qu’il pensait que j’allais être forte. Et donc, c’est comme ça que je me suis inscrite dans son club et que j’ai eu l’occasion de faire un cours d’escrime. Et que j’ai commencé la compétition.

Ermanno : Et tu avais quel âge à ce moment-là ?

Margaux : La première année, quand j’ai commencé l’escrime, j’avais 10 ans. Et ensuite, j’ai intégré le club l’année suivante, à 11 ans.

Ermanno : Bon, maintenant, ça fait 17 ans que tu pratiques. L’année prochaine, tu seras majeure d’escrime, n’est-ce pas ? Oui, exactement. Et comment est-ce que tu en es arrivée, justement, à 27 ans, à être en lice pour les Jeux Olympiques ? Quel a été un peu le film, le schéma de ta carrière de 10 à 27 ?

Margaux : Du coup, la première chose que tu as dit, je crois que c’est quand même les belles rencontres. Parce que c’est cette première rencontre, déjà, à ce maître d’armes-là. Ensuite, on s’est suivi longtemps, jusqu’à ce que j’intègre l’INSEP, finalement. Donc, dans un parcours de sportif de haut niveau, en général, ce qui se passe, c’est qu’on commence en club, puis on intègre un pôle jeune. Et ensuite, si jamais ça se passe très bien, on intègre le pôle senior, donc la catégorie des Jeux Olympiques, qui, pour nous, est à l’INSEP. Et moi, comme j’étais en région parisienne, j’avais un club qui était suffisamment… grand pour ne pas avoir à aller en structure pour trouver de l’opposition. Il y avait des garçons qui étaient forts, donc moi, je m’entraînais avec les garçons, et c’était largement suffisant. Et j’avais aussi ce lien avec cet entraîneur qui était très fort et qui a cru en moi dès le premier jour. Donc, je n’avais pas du tout envie d’intégrer un pôle jeune. Donc, ce que j’ai fait, c’est que j’ai évolué avec lui et arrivé à 18 ans, l’année du bac, j’ai intégré l’INSEP parce que j’avais besoin d’aménagement pour… pour pouvoir continuer, enfin, pour pouvoir passer mon bac en toute sérénité. Et du coup, c’est lui qui m’a poussée à vraiment intégrer en disant maintenant, il est temps que tu aies un aménagement, que tu puisses allier les deux que c’était des entraînements avec les adultes, donc de 20h à 22h le soir, des entraînements le midi au lycée à aller prendre des leçons individuelles sur la pause du repas, donc manger sur le pouce. Et du coup, pour l’année du bac, c’était un peu lui toujours, le guide, qui m’a dit… Oui, c’est maintenant, tu es prête.

Ermanno : Donc, de 10 ans à 10 ans, on est quoi ? On est en CM1. Donc, du CM1 jusqu’à la terminale, pas de sport-études, l’école, le collège, le lycée, normal. Et puis, par contre, en terminale, tu changes tout, t’intègres l’INSEP, donc clairement en sport-études et plutôt en sport-que-études, mais avec les conditions qu’il fallait pour étudier.

Margaux : Eh bien, j’avais pas de sport-études, mais j’ai eu de la chance, j’ai eu des aménagements. D’abord, donc, j’ai commencé les scrims où j’ai intégré le club, c’était dans le 8e arrondissement et moi, j’habitais dans le 15e. Donc, j’avais école dans le 15e, je prenais les transports en commun et je revenais le soir très tard, ce qui ne rassurait pas beaucoup ma mère. Ensuite, j’ai changé d’école pour être dans le 8e arrondissement. Donc, j’avais toujours le trajet, mais c’était mieux parce que ça me permettait de ne pas le faire après les cours. Donc, ce que je faisais, c’est que je faisais le trajet le matin. J’avais les cours dans le 8e arrondissement et ensuite, entre l’entraînement et l’école, j’allais à la bibliothèque où je pouvais faire mes devoirs. Ou deux fois, j’allais au club. Je me posais au club avec mes cahiers. Et ensuite, j’ai eu la chance d’intégrer déjà au collège, c’était une classe. Alors, c’était à horaires aménagés, mais c’était pour les personnes qui étaient en conservatoire. Donc, ce n’était pas des sportives avec moi, ce n’était pas un sport études, mais ils avaient des horaires un petit peu aménagés. Donc, l’après-midi, on finissait un petit peu plus tôt pour qu’eux puissent aller au conservatoire et du coup, moi, à l’entraînement plus tôt. Et après ça, au lycée, pareil, j’ai pu intégrer une classe qui avait des horaires aménagés. Donc, toujours pas un sport études, mais avec des facilités où une journée qui était consacrée, l’aménagement des horaires permettait de libérer un petit peu plus de temps qu’en emploi du temps normal. Je n’ai pas été non plus totalement, totalement full cours et full entraînement, mais j’avais un petit aménagement quand même.

Ermanno : Est-ce que du coup, cette année de terminale a changé beaucoup de choses chez toi, que ce soit au niveau des études, au niveau de la maturité, je pense que tu étais déjà assez mature et indépendante, tu viens de nous l’expliquer, mais est-ce que ça a changé chez toi beaucoup de choses au niveau des études, cadre peut-être pour pouvoir étudier dans de meilleures conditions et puis aussi au niveau sportif, au niveau de l’escrime ?

Margaux : Alors, au niveau des cours, j’avais la chance de ne pas avoir, je n’avais pas beaucoup de difficultés en cours, mais ce qui était difficile avant, c’était que j’étais très absente avec les compétitions. Je faisais des compétitions en surclassé, double surclassé, plus les stages, c’était vraiment beaucoup d’absence et quand on est absent, les profs ne vont pas reprendre le cours pour une élève, ils ne vont pas récupérer les cours, tout ça, c’était assez compliqué, alors qu’à l’UNICEF, c’était vraiment adapté totalement, donc la différence à ce niveau-là, elle était incroyable. On pouvait programmer nos compétitions, nos stages, ils nous envoyaient les cours à l’avance, on pouvait commencer les cours, ne pas accumuler du retard, ça, c’était vraiment beaucoup plus confortable et c’était vraiment l’aménagement aussi des horaires de cours, c’était quand même non négligeable et après, au niveau de la carrière, ce qui a beaucoup changé, déjà, c’est de quitter l’ambiance club, qui est une ambiance très familiale, très amicale, quitter aussi ceux avec qui j’ai grandi pour aller évoluer dans le groupe des meilleures françaises avec l’entraîneur national qui devient l’entraîneur aussi, qui est aussi l’entraîneur sélectionneur, ça, ça n’avait rien à voir, c’était beaucoup plus professionnel par rapport à ce qu’on fait en club avec le préparateur physique, les rendez-vous médicaux pour voir ton corps, comment il évolue, enfin, toutes ces choses-là, c’était vraiment, oui, différent quand même.

Ermanno : Oui, ça t’a permis, j’imagine, de progresser de façon notable ?

Margaux : Oui, j’ai progressé, mais c’était, il y a en fait, quand tu changes de structure, d’entraîneur et aussi d’opposition, on a un gros temps d’adaptation, un gros temps de doute et ça, ça prend quand même du temps. Donc, on ne sait pas, on entre à l’INSEP et on voit une progression fulgurante, pas du tout, c’est souvent même un peu le contraire, c’est, on note un peu une stagnation, voire même, peut-être, on commence à douter de beaucoup de choses. Travailler avec un nouvel entraîneur, c’est de nouvelles méthodes, donc, c’est ne plus continuer sur le chemin que peut-être on suivait, mais aller vers quelque chose de nouveau. Tout ça, c’était quand même assez long, ça n’a pas été tout de suite une montée en puissance.

Ermanno : Bon, maintenant, on est dix ans après, enfin, presque. Qu’est-ce que ça t’a apporté avec le recul, l’INSEP ? Et est-ce que tu y es toujours ?

Margaux : Oui, alors, j’ai mis en train toujours et ce que ça m’a apporté, c’est beaucoup d’autonomie.

Ermanno : C’était déjà pas mal, avant de ce que je comprends.

Margaux : C’était pas mal, mais quand on arrive à l’INSEP, c’est plus, on a son entraîneur de club qui nous soutient, non, là, maintenant, on a un entraîneur qui entraîne nos concurrentes tous les jours et qui n’est pas là pour nous faire progresser, nous, mais qui est là pour faire progresser un collectif. C’est plus la même chose, là, on est vraiment beaucoup plus livré à nous-mêmes et on est responsable de nos entraînements, de la qualité de nos entraînements. On ne va pas avoir quelqu’un derrière nous qui va nous dire « Allez, bouge-toi, pas du tout, si jamais on ne se bouge pas, au suivant. » Donc, sur ça, ça m’a quand même fait gagner en autonomie, en adaptation.

Margaux : Et, bah, j’ai grandi aussi, c’était grandir aussi dans la vie. Après le bac, on passe sur des études supérieures, on a plus de responsabilités. J’étais interne à l’époque, maintenant, je suis en appartement, donc c’est aussi gérer sa petite vie d’adulte.

Ermanno : Et puis, on en parle, on a parlé, justement, en off, il y a le sport, il y a eu les études, il y a un travail et il y a aussi autre chose, après, parce que tu nous as dit en introduction que tu es entrepreneuse. J’aime bien dire entrepreneur avec un E, mais c’est vrai que ça s’entend moins en audio. Mais, écoute, chacun son point de vue, les deux sont acceptés, a priori. Ton travail de gardien de la paix, comment est-ce que tu rentres dans la police nationale ? Pourquoi ? À quel moment ? Enfin, voilà, il y a quelques interrogations autour de ça.

Margaux : Alors, moi, je ne suis pas gardien de la paix, je suis policière adjointe, c’est le niveau juste en dessous. Donc, pour rentrer dans la police nationale, c’est un concours que j’ai passé, un concours avec une épreuve écrite, une épreuve orale, une épreuve sportive et ensuite, on a un questionnaire de déontologie, enfin, quelque chose pour vérifier qu’on est vraiment de bonne personne et c’est quelque chose d’assez poussé. Et donc, moi, c’est ce que j’ai fait, j’ai passé le concours et après, à l’issue du concours, si on est dans les meilleurs, on suit une école et donc, on entre en école. Moi, j’ai suivi une école de trois mois et c’est pour ça que je me suis orientée vers l’école de policière adjointe parce que si jamais j’avais fait gardien de la paix, c’est une école de un an et pendant qu’on est en école, c’est très difficile de s’entraîner et c’est très difficile de partir en stage et en compétition. Donc, ce n’était pas envisageable pour moi, en tout cas, avec mon sport où on est obligé de faire des entraînements, on a besoin d’opposition, donc d’être ensemble à l’entraînement en même temps, ce n’était pas envisageable de partir un an en école de police. Et alors, comment, pourquoi la police ? La police, finalement, c’est assez logique, déjà l’aspect sportif du métier, quel que soit le métier. Ensuite, il y a les valeurs, le fait qu’on représente la France, qu’on défend, qu’on porte un uniforme, donc il y a d’un côté un uniforme et d’un autre côté, on porte le survêt France. Il y a toute la partie solidarité, l’esprit d’équipe qui ressemble beaucoup à ce qu’on a évolué dans un collectif, un groupe, être entouré de personnes. Et du coup, en fait, le dernier point, c’est les possibilités d’évolution quand on a fait une carrière de sportif de haut niveau. On a ressenti beaucoup d’émotions, on a beaucoup d’adrénaline, on a très peu de routine et j’avais aussi peur qu’après ça, de me trouver dans un métier où peut-être je ne retrouverais pas ça. Donc, je me suis dit, en fait, la police, une fois que tu es en dedans, il y a un nombre de métiers inimaginables. On peut beaucoup évoluer, changer de poste, changer de mission, être au contact des personnes, tout ça faisait que je me suis dit, en fait, je pense que ça me conviendrait bien. La différence,

Ermanno : notamment en termes de mission, entre l’adjoint de police et puis le gardien de la paix, ce n’est peut-être pas clair pour tout le monde, pour toutes celles et ceux qui nous écoutent ?

Margaux : La différence majeure est qu’en fait, le policier adjoint, il est forcément accompagné au moins d’un gardien de la paix. Donc, on évolue par… souvent par brigade, par exemple, de trois. Et on ne peut pas avoir dans une brigade que des policiers adjoints parce qu’on est considéré comme moins expérimenté, on a moins d’école derrière nous, on a moins de bagages techniques et même… Voilà. Donc, on a toujours au moins un gardien ou quelqu’un un peu gradé au-dessus de nous et on est sous les ordres de cette personne. Donc, on est moins indépendant dans ce qu’on va faire et après, il y a quelques tâches qu’on n’est pas autorisés à faire parce qu’on n’a pas encore le niveau. C’est souvent en bas, c’est souvent l’étape juste en dessous. Et après, il y a une autre différence, c’est que ce concours-là, il est accessible à tout le monde, le concours de policier adjoint. Quel que soit le niveau d’études, on peut le passer alors que le concours de gardien de la paix, il faut un minimum de bac. Donc, pour quelqu’un qui n’aurait pas fait d’études, il va pouvoir passer par le concours de policier adjoint et ensuite évoluer et passer le concours de gardien de la paix un an plus tard avec un an d’ancienneté, on peut déjà accéder à ce concours-là. C’est aussi une passerelle et ça permet de voir si ça nous plaît ce métier avant de s’engager sur un an d’école qui est quand même un bel engagement.

Ermanno : C’était la question d’après, est-ce que tu as des passerelles ou est-ce que tu peux après évoluer vers le métier de gardien de la paix ? Tu viens de répondre à la question. Et juste pour le fun, pour vous distinguer, si on croise dans la rue une brigade avec des policiers et des policiers adjoints, est-ce que c’est une question d’épaulette ? Est-ce que c’est une question de petit badge ?

Margaux : On a le droit de… On a un petit… Je ne sais pas comment on va dire écusson, mais on a un grade et en fait, le policier adjoint, c’est bleu et le gardien de la paix a un trait. Donc, on peut voir, oui, la différence. Les connaisseurs savent.

Ermanno : Mais comme ça, il y aura beaucoup de connaisseurs qui sauront repérer les adjoints et les gardiens de la paix et puis peut-être aller à l’encontre des brigades, ça peut aussi permettre d’ouvrir le dialogue et puis de dire oui, oui, j’ai entendu Margaux Refkis sur un podcast elle est adjointe pour l’instant et peut-être qu’après, on verra. Au niveau du port des armes, vous êtes pareil, vous avez aussi des armes ?

Margaux : Au port d’armes, on a passé tous les examens qui le permettent.

Ermanno : Donc, toi, tu sors avec un pistolet ou toi, tu as le droit de sortir avec un sabre ?

Margaux : Ni le pistolet ni le sabre. Alors, le sabre, c’est pareil, on a le droit de le sortir seulement sur les pistes d’escrime et le pistolet, c’est seulement si on est sur le terrain et que la situation le demande. on ne sort pas son arme et en plus, du coup, comme je suis sportive de haut niveau, en fait, je fais partie de l’équipe sportive de la police nationale et à l’approche des Jeux, la police a décidé de détacher à 100% ses athlètes pour qu’ils puissent s’entraîner à fond pour cette fête de fin d’année, la petite fête de campagne et du coup, en fait, ce qu’on fait, c’est que cette année, on est sur des missions de communication majoritairement. Donc, on va être plutôt sur des salons d’études et d’étudiants tout un village sportif lors d’une épreuve de rugby ou ce genre d’événement qu’on est beaucoup plus sur des missions de communication cette année et ça va être, on va devoir 25 jours à la police nationale et ça nous permet de nous consacrer pleinement à notre qualification olympique.

Ermanno : Alors, on te souhaite déjà que tu obtiennes la qualification, évidemment, et puis le retour peut-être après les JO, ça se passe comment ? Est-ce que du coup, il y aurait des possibilités si tu te qualifies pour que tu envisages les prochains JO olympiques et que tu sois à nouveau détaché ou pendant les 2-3 prochaines années, tu reviens à tes missions de base plus les jours que tu devrais pour cette année où tu as été un petit peu dégagé de tes obligations ?

Margaux : Alors, la chance qu’on a quand on est policier, c’est que si on est listé sur, donc si on est sportif de niveau reconnu par le ministère du sport, on peut avoir un détachement et ensuite, en fonction de quelles sont les échéances qu’on prépare, on a plus ou moins de détachement donc tant que je veux continuer ma carrière de sportif de haut niveau, la police me permettra de détacher, ça peut être 50, 60, 80 % en fonction de, comme je dis, de l’intensité de mes entraînements et de si ce que le policier veut parce que parfois, on peut être détaché à 100 %, comme là, c’est le cas cette année et certains policiers ont fait la demande de quand même garder un pied un peu plus gros sur le terrain parce qu’ils ont besoin de cette partie-là pour leur équilibre, de travailler et de avec leurs collègues donc ils adaptent beaucoup et on a beaucoup de chance d’être avec la police nationale, beaucoup.

Ermanno : Dans ce podcast, on parle évidemment du financement des carrières de sportifs et sportives de haut niveau, on parle aussi des reconversions, on aurait bien compris que toi, tu as déjà pensé à ça avant même presque d’être sportif de haut niveau et puis ce qui est sympa, c’est justement ton témoignage, peut-être que ça donnera des idées à certaines personnes qui se posent la question à des petits jeunes qui nous écoutent, d’ailleurs, si toi, toi, toi et toi, tu es petit jeune, tu nous écoutes, n’hésite pas à faire un coucou et puis à étudier la possibilité dont parle Margaux. À côté de ça, donc sportif de haut niveau, policière adjointe et entrepreneuse, entrepreneur, tu nous en dis plus sur ton projet entrepreneurial ?

Margaux : Alors oui, avec grand plaisir, c’est un projet qui est tout récent puisque du coup, je disais, je développe l’activité Escrime en EHPAD, donc ça existait déjà avant et moi, je me suis formée auprès de ma fédération, de la Fédération française d’Escrime pour pouvoir intervenir en EHPAD et auprès des personnes âgées et en fait, j’ai eu un coup de foot pour ce public et je me suis dit, mais c’est fou, c’est tellement, c’est un sport qui s’adapte parfaitement aux capacités physiques de chacun. Quand j’ai vu les réactions des résidents, les retours, je me suis dit, mais c’est incroyable le nombre de bienfaits qu’on peut avoir après seulement 30 minutes d’activité et du coup, je me suis dit, si je peux utiliser un peu ma notoriété de sportif de haut niveau pour faire connaître ces, cette activité et le développer un maximum, ben, ça serait top et voilà, maintenant, je rêve modestement qu’il y ait de l’Escrime dans tous les EHPAD de France.

Ermanno : Escrime ou n’importe quel autre sport, mais en l’occurrence, toi, c’est l’Escrime. Qu’est-ce que t’as noté justement comme bienfait sur les résidents et peut-être même sur les formateurs, sur les gens comme toi qui vont en EHPAD et qui enseignent, qui montrent, qui éduquent ces résidents à l’Escrime ?

Margaux : Alors, pour vous raconter une anecdote, c’est quand j’ai passé mon diplôme du coup auprès de la Fédération, on avait donc 30 minutes d’examen où on intervenait dans un établissement et puis, et puis, on validait qu’on avait bien les compétences pour pouvoir animer un atelier Escrime en EHPAD. Donc, je fais mon atelier, ça se passe très bien et j’ai une personne qui vient me voir, une résidente et qui me dit merci beaucoup pour cette intervention, je pensais pas qu’à mon âge je pourrais faire de l’Escrime et si ça, c’est possible. Tout est possible, ça redonne espoir. Waouh, recevoir ce genre de retour après 30 minutes d’activité, c’est vraiment fort et du coup, aujourd’hui, moi, j’interviens depuis septembre dans un établissement à Montreuil qui s’appelle la Maison des Vergers et dans les retours que j’ai, mais déjà, il y a une lutte contre l’isolement, il y a des résidents qui ont du mal à sortir de leur chambre, à se motiver. Quand ils savent que le mercredi après-midi, il y a le cours d’Escrime et qu’ils sont là une demi-heure, une heure avant devant la porte à attendre le cours, c’est une super chose et en plus, sur ces 30 minutes, mais aussi pendant le cours, d’autres résidents sont à côté donc ça permet de se sociabiliser, premièrement, ça permet de maintenir les capacités physiques, de les maintenir plus longtemps, de lutter contre le vieillissement. Le fait de faire une activité physique, ça ouvre la bêtise, c’est des choses un peu, c’est des choses toutes bêtes, mais ils ont de la bêtise, ça stimule, ils le sommeillent, toutes ces petites choses-là qui sont non négligeables pour ces personnes, donc il y a énormément de bienfaits de leur côté, pour l’établissement aussi parce que ça dynamise un établissement, pour l’instant, ce n’est pas tous les établissements qui proposent de l’Escrime, mais bientôt, ce sera le cas et après, pour moi, personnellement, ça m’aide beaucoup dans mon projet sportif parce que le monde du haut niveau, c’est quand même un milieu très concurrentiel qui peut des fois être rude, et en fait, c’est un moment de douceur d’aller en EHPAD le mercredi après-midi et de recevoir ces retours qui sont hyper bienveillants avec beaucoup de reconnaissance, c’est un moment de partage avec les personnes âgées, nos seniors, les aînés qui nous racontent un peu leur expérience de vie, c’est génial, pour tout le monde, c’est génial, du coup, moi, je suis convaincue et je me dis mais ça demande juste à être plus connue. Alors,

Ermanno : on fait souvent le parallèle entre le deuxième et le dernier et le troisième âge, donc en gros, les enfants et les sages, j’aime les appeler comme ça, aussi parce que je commence à moi aussi aller dans cette catégorie-là tout doucement, enfin, j’y serai avant toi, en tout cas, ça c’est sûr. Est-ce que tu crois que ce serait aussi adaptable chez les jeunes ?

Margaux : Ah, bien sûr, bien sûr, alors, la pratique de l’escrime, on dit, je crois qu’on commence l’escrime à deux ans, trois ans, il y a du baby-escrime, donc tout jeune, tout jeune, et moi, j’ai des centenaires, j’en ai déjà, j’en ai déjà deux, donc maintenant, on peut le dire, donc jusqu’à plus de cent ans.

Ermanno : Et donc, eux, ils reviennent à zéro, donc eux, ils repartent un an, deux ans, trois ans, c’est ça, et là, c’est du papier exprimé.

Margaux : Comme les mille-mortes aussi, à partir du moment où on a dépassé mille, on doit tout refaire.

Ermanno : C’est ça.

Margaux : Du coup, oui, c’est un sport qui s’adapte vraiment très, très bien. Moi, par exemple, dans la pratique que je leur propose, il y a une pratique assise pour toutes les personnes qui n’ont plus, qui ne peuvent plus se maintenir debout. On a un matériel qui est plus léger, c’est des kits en plastique. Tout s’adapte très, très bien. Et après, ça a une grande particularité, les scrims, mais ça fait voyager et ça envoye dans le temps et quand on est dans un établissement où des fois, le temps, il peut paraître un peu long, cette heure-là, en tout cas, c’est une heure hors du temps, ça, c’est sûr. Bon,

Ermanno : et puis, les scrims, c’est un sport assez vieux aussi et surtout le sabre. Donc, j’imagine que ça permet aussi de temps en temps à certaines personnes

Ermanno : dans des images de vieux films ou dans des histoires chevaleresques, rocambolesques où le sabre et l’épée prenaient sa place. Non,

Margaux : c’est vraiment ça. Du coup, il y a un aspect activité physique mais aussi culturel et ça, c’est non-exigeable. C’est pareil. C’est pour ça que, bon, évidemment, je prône les scrims parce que c’est ma passion, c’est mon sport, mais toute activité physique qui est proposée en établissement pour personnes âgées, c’est top. Mais du coup, les scrims, c’est peu connu et en fait, il y a beaucoup de gens qui ont du mal à visualiser un centenaire faire de les scrims et du coup, c’est possible.

Ermanno : En termes de logistique, toi, tu viens avec tout le matériel ou ce sont les établissements qui ont du matériel à disposition pour que tu puisses pratiquer cette activité avec les résidents ?

Margaux : Alors, en termes de logistique, pour l’instant, c’est moi qui est investie dans le matériel et qui finance le matériel. J’espère à un moment réussir à faire des levées de fonds parce que c’est la plus grosse activité et c’est ce qui me coûte le plus cher aujourd’hui mais l’idée du coup, comme je veux vraiment développer cette activité sur tout le territoire, c’est que chaque établissement possède son matériel donc on verra si c’est moi qui le mettra à disposition aux établissements ou si l’établissement voudra investir pour avoir son propre matériel et ensuite, comme ça, les intervenants, ils auront juste à venir faire leur intervention et repartir. Ils n’auront pas besoin de transporter le matériel parce que c’est quand même, ça prend de la palace et puis c’est assez lourd qu’on peut faire et qu’on ne peut pas se déplacer à vélo alors que moi, je me déplace à vélo donc ce n’est pas possible.

Ermanno : Et c’est des sessions avec combien de résidents, combien de personnes à chaque fois ?

Margaux : Les groupes sont au maximum 10 résidents.

Ermanno : Donc 10 tenues, 10 sabres, 10 casques, plus tous les problèmes au-delà de la logistique du transport du matériel en lui-même, le nettoyage, la désinfection, etc. Oui,

Margaux : c’est exactement ça.

Ermanno : Comment tu trouves du temps pour faire tout ça ? Parce qu’une heure, on se dit, bon allez, sportif de haut niveau, détaché par la police, préparation JO, OK, équilibre, charge mentale, diminution de la charge mentale, rencontre, sociabilisation, OK, une heure le mercredi, ça va. Mais non, en fait, ce n’est pas qu’une heure. Il faut y aller, il faut mettre le matos à dispo, il faut nettoyer le matos, il faut repartir. Donc tout ça, ça représente combien de temps pour toi ?

Margaux : Le mercredi après-midi, j’ai une intervention d’une heure et demie, une intervention d’une heure avec une demi-heure entre les deux pour la préparation du deuxième cours. J’arrive à peu près à une demi-heure avant et j’ai préparé la séance en amont. Donc en gros, ça me prend tout mon mercredi après-midi, on va dire environ 5, pour préparer mes deux cours, j’ai environ 5 heures de préparation. Et après, toute la partie entrepreneuriale, ça aussi, ça se rajoute parce que c’est de la facturation, c’est de la gestion de matériel, c’est aussi développer toute la partie communication qui n’est vraiment pas mon fort. Et j’ai de la chance que Clara m’aide depuis très peu de temps et je suis très, très contente.

Ermanno : Bon alors, on lui refait un deuxième bisou, voire même un câlin là, carrément.

Margaux : J’ai beaucoup de chance et puis je parle de mon projet autour de moi et encore une fois, j’ai un entourage très bienveillant. Alors des fois, j’ai une copine qui va me dire je peux peut-être t’aider pour le logo, moi je peux peut-être t’aider. J’ai par exemple Manon Brunet, une des filles de mon groupe qui m’a dit mais j’ai deux housses d’escrime que je n’utilise pas, est-ce que ça t’intéresse ? Ben oui, vraiment ça m’intéresse pour m’aider à transporter le matériel, c’est top. Donc j’ai un peu aussi tout mon petit monde qui participe en chacun en mettant une petite pierre à l’édifice et déjà c’est très touchant et en plus ça aide beaucoup.

Ermanno : Alors justement, si on ne fait pas encore partie de ton petit monde et si on veut t’aider, comment est-ce qu’on peut t’aider ? En démarchant les EHPAD, en te filant du matos si on en a, en venant assister, en venant applaudir les résidents qui font leur cours, comment on peut t’aider ?

Margaux : Alors déjà toi par exemple, grâce à ce podcast, en mettant en valeur mon projet, c’est top. Tout ce qui est communication sur les réseaux, repartager, liker, envoyer de la force, ça compte beaucoup parce que ça permet d’avoir de la visibilité et après pour tous les escrimeurs qui sont en activité ou qui ont été en activité et qui ont du matériel qu’ils n’utilisent plus, ça c’est super parce que ça permet de faire de la seconde main, de recycler et du coup que le matériel il se va réutiliser et après je pense que je vais à un moment donné ouvrir une cagnotte pour une cagnotte participative et avec plaisir mais c’est surtout aussi ouvert à toute compétence. Par exemple, il n’y a pas longtemps, j’ai ouvert un OCO ou un kiné qui me propose comment il peut aider, s’il a des exercices à proposer, des conseils pour bien gérer les personnes âgées, des choses qui peuvent partager son expérience, c’est toujours aussi très très bénéfique donc comme je disais, quelqu’un qui fait du webdesign et qui me dit je peux t’aider peut-être sur le site, je peux te donner des conseils sur la manière de rédiger, tout ça je suis preneuse parce que quand on est entrepreneur, on joue un peu, on doit porter toutes ces casquettes et à la fois des fois on n’a pas d’expérience là-dedans donc tous les conseils sont bons à prendre.

Ermanno : Bon écoute, le message est passé, le podcast s’attèle aussi au financement de la carrière des sportives et sportives de haut niveau, toi j’imagine qu’avec ton emploi dans la police, plus avec ton projet entrepreneurial, bon forcément le projet entrepreneurial ça prend du temps, ça prend de l’argent, tu l’as dit, t’as investi dans le matériel.

Margaux : Le projet entrepreneurial n’est pas une source de revenus actuel.

Ermanno : On espère que ça le sera, sur le financement de ta carrière justement, au-delà de ton travail, comment ça se passait jusqu’à ce que tu intègres à la police nationale ?

Margaux : C’est une très bonne question, le sportif de haut niveau est très très précaire et notamment en esprime particulièrement parce que c’est un sport amateur donc on n’est pas rémunéré par notre fédération ni par personne ni par l’État donc c’est comme ça qu’on différencie un sport amateur d’un sport professionnel et du coup à ce moment-là moi, j’ai travaillé à l’INSEP comme surveillante le soir donc j’avais repris finalement mes horaires de 20h-22h et j’ai fait je surveillais les bacheliers et je les aidais à préparer leurs épreuves de bac le soir et je surveillais aussi les devoirs sur table tous les mercredis après-midi et ça me permettait de faire un mi-temps donc je faisais un mi-temps en plus de mes entraînements et du coup c’était très précaire parce que c’était pour être très transparente un salaire de 500 euros donc 500 euros par mois pour vivre à ce moment-là j’étais encore interne donc ça allait pour vivre mais quand j’ai dû passer dans le sport de l’autre côté assumer un loyer la nourriture c’était beaucoup plus compliqué et j’ai eu la chance d’avoir la police qui arrivait au bon moment

Ermanno : bon fais attention quand même à ce que tu dis parce que quand tu dis passer de l’autre côté donc le côté obscur de la force tu es sabreuse forcément ça y est tout de suite on imagine bon t’as pas connu ok mais Star Wars etc il manquerait plus que ça que toi tu ne les sais pas et justement donc toi la police est arrivée au bon moment enfin ton en tout cas ton angle ton engagement pour la police nationale est arrivé au bon moment ça t’a permis d’avoir un emploi avec un salaire donc ça te met à l’abri du besoin ça te permet de financer ta carrière en plus de ton projet entrepreneurial qui lui

Margaux : non ça ne permet alors par contre ça va très vite mais non ça ne permet pas de financer ma carrière parce qu’un salaire de policier surtout le policier adjoint qui est le niveau le plus bas c’est pas un très gros salaire ça permet de vivre point final ça permet de payer le loyer de payer la nourriture mais pas plus c’est pas c’est c’est pas un gros salaire ensuite il reste à trouver des partenaires pour payer la saison qui est à peu près 10 000 euros minimum pour pouvoir payer juste les épreuves de coupe du monde les inscriptions l’hôtel l’avion et les épreuves nationales sans compter tout ce qui va être matériel sans compter

Ermanno : il y a un truc que je ne comprends pas c’est à dire que c’est toi enfin c’est vous les escrimeurs les escrimeuses qui payez votre saison la fédération vous n’intervient pas les clubs n’interviennent pas

Margaux : alors du coup ce que je disais c’est qu’on est on est 12 comme je disais au début du podcast début de l’année aussi

Ermanno : si tu veux mais ça fait pas si longtemps que ça qu’on se connait même si on a eu du mal à caler le rendez-vous

Margaux : on est 12 athlètes à partir sur les coupes du monde il y a 4 filles qui sont prises en charge par la fédération c’est les 4 meilleures si jamais d’une épreuve à l’autre tu réussis moins bien tu peux passer de frais fédés à tes frais donc ça varie donc chaque coupe du monde remet en question ces positions de ces 4 filles là donc moi j’ai j’ai été pas mal l’année dernière notamment dans les 4 meilleures françaises ce qui m’a permis d’être prise en charge par la fédération c’est absolument pas une garantie donc on peut pas se reposer sur ça c’est impossible parce que ces places elles sont très chères et qu’on n’est pas à l’abri d’une performance d’une autre d’une contre-performance de notre part ensuite en fonction du club auquel on appartient on a des aides du club qui nous soutiennent plus ou moins et ça c’est pareil moi à l’époque donc j’étais parisienne j’étais dans un club où il y a très peu d’aides de la ville et de la région parce que c’est très concurrentiel au Paris il y a énormément d’associations donc forcément c’est dilué et la priorité n’était pas mise sur les clubs d’escrime plus sur les clubs de foot donc c’est d’ailleurs une des raisons pour qui a fait que j’ai dû changer le club et que je ne suis plus dans un club parisien mais aujourd’hui je représente très fièrement le Jemenos Escrime Club qui est un club proche de Marseille c’est que moi mon club le club dans lequel j’ai commencé l’escrime ne pouvait pas se faire subvenir aux besoins minimum pour pouvoir m’accompagner sur les coupes du monde et ma famille non plus donc c’était très simple soit je trouvais un autre moyen soit j’arrêtais l’escrime de haut niveau parce qu’il n’y avait plus de moyens donc j’ai eu la chance de trouver un club qui participe si jamais je ne suis pas auprès de la fédération et bien le club m’aide sur les déplacements mais ce n’est pas le cas de toutes les escrimeuses

Ermanno : on est arrivé justement au point qui m’a fait créer ce podcast et qui me rend dingue c’est un moment c’est le choix entre continuer le sport de haut niveau ou pas et ce n’est pas que un choix lié aux performances alors oui forcément si t’es le meilleur plus ou moins ça aide à être financé ça aide à trouver des sponsors etc mais pour être le meilleur il y a un moment il faut quand même avoir les moyens de s’entraîner et diminuer la charge mentale qui est liée aussi à la recherche de financement donc merci d’avoir partagé ça avec nous Margaux en toute transparence et aussi sur le petit salaire que tu touchais quand tu faisais ce mi-temps pour pouvoir subvenir à tes besoins principaux et vitaux maintenant ça a un petit peu changé puisque tu travailles mais comme tu dis ça paye le loyer ça paye les épinards ça met un peu de beurre mais ça ne va pas plus loin du coup tu cherches systématiquement tu cherches toujours des partenaires des sponsors ou pour l’instant t’es vraiment concentré sur les JO et l’aide que peut t’apporter ton club alors

Margaux : pour les partenaires privés étant donné que l’été dernier avec mon équipe on a été vice-championne du monde et championne d’Europe et que je suis une grande potentielle pour les JO de Paris 2024 maintenant les sponsors sont arrivés et j’ai la chance d’être soutenue par deux autres entités qui me permettent de de ne pas avoir à me préoccuper des sponsors aujourd’hui en tout cas pour cette année parce que c’est des contrats sur un an

Ermanno : et tu peux leur rendre hommage si tu veux on n’est pas à la radio donc vas-y balance les noms

Margaux : ok bah je viens de signer un contrat avec Pôle Emploi et Air Liquide et je remercie énormément pour leur soutien qui est vraiment non négligeable et qui me permet de vivre cette année sereinement je crois que c’est ma première année que je vis aussi que je peux enfin vivre sereinement sans avoir à me préoccuper de si je réussis par la compétition ou que je suis pas au frais de la fédération comment je vais faire pour gérer telle ou telle chose et c’est vrai que ça a été en vrai c’est super que tu fasses un podcast sur ce sujet là parce que moi j’ai été confrontée au moment donc c’était en moins de 20 ans quand j’étais junior je finis mon année junior donc avec ce premier club dans lequel j’avais évolué en étant vice-champion de France senior donc dans la catégorie du dessus et mon club m’annonce qu’ils ont perdu les subventions donc là ils peuvent plus du tout m’aider sur les coupes du monde donc qu’il faut que je trouve un autre club parce que parce que donc eux pourront plus participer et du coup je me mets à la recherche d’un club sauf que c’était très difficile de trouver un club à ce moment là de la saison quand les championnats de France sont finis c’est fin de fin de saison pour nous à l’escrime c’est la dernière épreuve un peu de l’année normalement et du coup les budgets sont clôturés donc aller chercher un club même si t’es une athlète très prometteuse c’est un gros budget et

Margaux : les choses ont changé à l’approche des Jeux c’est la première fois qu’on vit ça et on en a une pousse les sportifs de niveau ont une crainte c’est de savoir qu’est-ce qui va se passer après les Jeux qu’est-ce que les sponsors qui se sont engagés là qu’est-ce qu’ils vont faire après les Jeux est-ce qu’ils vont rester avec nous ou est-ce que c’était juste l’effervescence de Paris 2024 parce que tout le monde veut prendre part à cette fête qui va être incroyable mais donc on aura la réponse bientôt mais j’espère vraiment que les entreprises qui se sont engagées auprès des sportifs vont rester plus longtemps et vont pérenniser les partenariats parce que c’est pas juste des partenariats financiers évidemment c’est des liens concrets avec les entreprises des échanges donc on va voir mais j’espère vraiment que les entreprises qui se sont engagées là et qui s’engagent ne vont pas abandonner les sportifs l’année après les Jeux

Ermanno : Écoute c’est super que t’en parles justement dans l’épisode que j’ai diffusé la semaine dernière j’avais donné le micro à Mathilde Pétriot qui est gardienne de l’équipe de France de hockey sur gazon qui elle aussi est en lice pour être la gardienne de l’équipe de France qui ira aux Jeux Olympiques et qui me disait là cette année j’ai des sponsors mais après la petite fête de campagne qui aura lieu cet été en France qu’est-ce qu’il se passe on verra donc elle est comme toi elle a déjà préparé sa reconversion depuis longtemps donc elle a toujours des pistes mais c’est vrai que se reconvertir pour faute de moyens c’est quand même pas la meilleure des portes de sortie pour un sportif ou une sportive de haut niveau

Margaux : c’est sûr que c’est dommage mais on souhaite et on espère que ça ne se passera pas comme ça et que oui que les partenaires vont rester j’espère

Ermanno : écoute on croise les doigts j’ai encore deux petites questions pour toi la première si tu pouvais te projeter et rencontrer la petite Margaux de 10 ans qui va découvrir l’escrime tu sais t’es assise sur le banc à côté entre tes deux cours d’anglais qu’est-ce que tu crois qu’elle dirait de toi en te voyant qu’est-ce qu’elle te dirait en te voyant avec le palmarès les 17 années de plus que t’as que t’as vécu alors

Margaux : là moi je suis la Margaux qui parle à la petite de 10 ans je suis la petite de 10 ans

Ermanno : toi t’es la Margaux que tu es là maintenant avec tout ton vécu avec tout ton palmarès et t’es à côté d’elle elle te voit donc elle sait que c’est c’est c’est toi ce sera toi dans 17 ans après qu’est-ce que tu crois qu’elle dirait en te voyant qu’est-ce qu’elle penserait de toi

Margaux : impossible

Margaux : je dirais c’est c’est impossible tu vas qui toi tu vas faire tout ça c’est impossible non je pense que oui j’ai j’ai vraiment bien dépassé toutes mes espérances je pense que je rêvais pas aussi grand et enfin mais déjà sur cette année quand j’étais assise sur ce banc je rêvais enfin c’est le premier qui m’a fait rêver c’est vraiment mon entraîneur formateur qui m’a dit qui a cru en moi dès le premier jour mais moi à ce moment-là je croyais pas je croyais en rien déjà je croyais vraiment pas en moi je me doutais pas donc si je voyais la grand-mère d’autre je vais être belle plus tard

Margaux : ouais musclée et tout je me dirais waouh non je serais je pense que je me dirais waouh si je deviens ça après mais trop cool incroyable

Ermanno : écoute c’est c’est un message plein d’espoir j’adore et puis dernière petite question tu nous disais tout à l’heure qu’il faut partager tous les messages que tu laisses notamment pour faire la promotion de ton entreprise donc où est-ce que ça se passe où est-ce qu’on te retrouve sur les réseaux sociaux si on veut rentrer en contact avec toi te suivre t’aider

Margaux : alors sur les réseaux sociaux c’est Margaux Rifkiss donc M-A-R-G-A-U-X et Rifkiss R-I-F et Kiss comme un bisou en anglais et après il y a un lien pour mon projet c’est mon projet il s’appelle Escrime Ehpad et on peut retrouver ça sur Instagram Facebook et LinkedIn super

Ermanno : de toute façon on mettra tout ça dans les notes de l’épisode merci beaucoup Margaux on te souhaite une bonne journée bonne continuation plein de bonnes réussites sois la meilleure et puis on suivra ça j’espère à la télé cet été pendant les Jeux Olympiques

Margaux : et bien merci beaucoup de m’avoir reçu et de m’avoir donné la parole et c’était très sympa

Ermanno : super à bientôt !

Margaux : Salut !

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